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 [Château du Diable] Dear Old Junk

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Comte Lucifer
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MessageSujet: [Château du Diable] Dear Old Junk   [Château du Diable] Dear Old Junk ClockMar 8 Nov 2022 - 9:02

Lucifer occupait la Main du Diable depuis des temps immémoriaux.
Ce n'était pas qu'une façon de parler : le moment où il y avait pris ses quartiers remontait à plus loin que ce que la mémoire humaine pouvait enregistrer - et pour cause ; l'être humain n'existait pas. Certes, sa propre mémoire aurait potentiellement pu lui rappeler quand il en avait pris possession, mais voilà longtemps qu'il avait oublié. Il avait mieux à faire de son espace mental que de se remémorer quand il avait fait l'acquisition de l'une ou l'autre propriété - fut-elle son lieu de vie principal, désormais.

S'étant installé il y a de cela fort longtemps, il avait donc eu tout le loisir d'y accumuler trésors, babioles et autres possessions terrestres en quantités faramineuses. Et si fort heureusement le domaine était assez immense pour tous les entreposer, se rappeler de tout ce qu'il avait été une autre affaire.
Tout comme il lui était compliqué de se rappeler à quoi servait chaque pièce du château tant il y en avait - certaines n'ayant plus reçu sa visite depuis des siècles, voire même des millénaires, pour peu que son contenu ne soit pas récemment imposé à son esprit pour une raison ou pour une autre.
Celle qu'il arpentait actuellement en faisait indéniablement partie, au point qu'il ne puisse s'empêcher de se demander si elle n'avait pas été récemment creusée - l'expansion progressive de leur armée les ayant incité à faire des travaux d'agrandissement pour ne pas manquer de place.

Néanmoins, aucun de ses serviteurs ne se serait permis de se déplacer ses affaires sans d'abord lui en demander la permission ; or, plus il descendait les marches menant à ce sous-sol méconnu et plus il le trouvait jonché de choses et d'autres ayant autrefois eu à ses yeux une quelconque valeur. Et de toute manière, leur effarante quantité était telle qu'aucun être isolé - tout démon soit-il - n'aurait été capable d'en acheminer autant d'un bout à l'autre du palaissans se faire remarquer.
Non, sans doute s'agissait-il simplement de reliques d'une période oubliée, d'une partie de sa vie qu'il avait préféré laisser de côté - au point de ne même plus pouvoir identifier ce que ces vieilleries étaient censées lui évoquer. Si Black n'avait ouvert cette porte par erreur, qui sait combien de temps encore aurait pu passer sans qu'il s'engouffre dans les profondeurs pour retrouver cette ancienne collection ?
Comme souvent, il n'y avait pas de cohérence particulière entre les objets ici rassemblés, au point qu'ils ne soient pas même issus de la même époque. La toile de maître y côtoyait la peinture rupestre arrachée au mur de sa grotte, le gourdin né d'une racine jouxtait la masse d'armes ornementée ; certaines des inventions les plus absurdes conçues au cours des derniers millénaires avaient vu échouer ici leur seul exemplaire.
« On ne sait jamais », s'était-il probablement dit au moment de les jeter parmi toutes ces autres breloques, se justifiant moins auprès des autres que de lui-même de vouloir garder tel ou tel article à portée de main. Peut-être même y avait-il cru. Et voilà le résultat.

Pour quelqu'un dont la magie lui permettait de créer ce qu'il voulait ou peu s'en faut - aussi dérisoire soit-elle en-dehors de ses plus simples applications -, Lucifer avait une fâcheuse tendance à vouloir garder auprès de lui des créations artisanales. Pourtant, celles-ci étaient parfois bien inférieures à ce qu'il pouvait produire d'un simple claquement de doigts, mais ce n'était pas leur qualité qui l'intéressait.
C'était après tout l'inventivité des êtres humains qui l'avait en bonne partie convaincu de rester sur Terre, ne serait-ce que pour voir ce qu'ils seraient capables de bâtir si on leur en laissait le temps.
Contrairement à bon nombre de ses pairs, ce n'étaient même pas nécessairement les armes, les bombes et autres engins de destruction qui l'intéressaient ; il prenait un réel plaisir à les voir développer une technologie au-delà de ce dont même les plus habiles de ses congénères auraient été capables, fut-ce pour les besoins les plus secondaires du quotidien.
N'être pas naturellement doté des mêmes avantages les avait poussés à évoluer dans une autre direction, à s'en remettre à la science pour compenser des faiblesses inhérentes à leur espèce. Les voir tenter tant bien que mal de devenir plus que le peu qu'ils étaient pour des entités de son calibre était véritablement fascinant.

Tout à cette réflexion, une ventouse pour toilettes à la main - l'une des premières que le monde ait compté -, il eut la surprise d'entendre, par-delà les monts du capharnaüm, un bruit ressemblant vaguement à celui d'une voix.
S'il crut tout d'abord que ce n'était qu'un quelconque appareil sonore qui se serait déclenché par accident, les grésillements caractéristiques d'un tel objet refusaient obstinément d'emplir l'atmosphère, suggérant que ce timbre était bel et bien naturel. Les chances que ce ne soit qu'un rat ou quelque autre rongeur furent donc également écartées dans la foulée.
Quoique conscient que les chances qu'un ennemi se soit introduit dans ses propres murs par cette pièce enfouie en profondeur étaient minces - pour ne pas dire inexistante -, le comte se mit néanmoins sur ses gardes ; mieux valait prévenir que guérir.

« Qui va là ? » interrogea le maître des lieux, le caoutchouteux ustensile encore à la main.

Il n'hésiterait pas à s'en servir, s'il le fallait.
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MessageSujet: Re: [Château du Diable] Dear Old Junk   [Château du Diable] Dear Old Junk ClockMar 8 Nov 2022 - 15:15
Dans la beauté du geste il y a la beauté du geste il y a la gestuelle et les ombres sur les murs et on se fait bien chier quand on ne peut pas bouger, on se fait bien chier, on se fait bien chieeeeeer —- Personne pour la commémorer en ce moment. Personne pour lui dire que tout allait mal ou personne pour lui dire que tout allait très mal. Le tumult nerveux présent dans son unique oeil faisait rebondir son iris comme un bille dans un bol, de bois ou de fange séchée. Le bric-à-brac était plutôt confortable aujourd’hui. Elle pouvait presque sentir sa léchouille sur sa nuque. Ah, non, c’est juste que la cave avait décidé d’être humide, aujourd’hui. Comme une nouille qui pissait dans son œil. Pas pire que d’habitude, donc. Les chats lui manquaient. Elle avait faim de chat, aujourd’hui. Les déplumer, les rôtir, les bouffer. Leurs vieilles serres sous les coussinets, là. Elle voulait se battre contre un chat. Elle voulait se battre de manière générale mais personne n’avait les couilles de la combattre. Personne n’avait les couilles de venir la chercher. Mais c’était pas grave. C’était pas grave. C’était peut-être mérité, après tout. C’était son enfer personnel après tout.

Les déliriums commençaient à faire leur marche habituelle. Ils étaient en file, à la queuleuleu. Le tambouriste tapotait sur son bidon pour faire résonner les percussions dans ce trou de balle chaud et sale qui logeait l’épée interdite. Les flûtistes sifflaient à travers leurs nez où tordaient leurs quéquettes comme des clarinettes traversières. Il y avait une femme qui se faisait écraser la tête, sinon c’était pas drôle. D’abord c’était les majors et les chefs de file qui lui marchaient dessus avec les sabots, puis ce fut les trompettistes avec leurs langues qui sortaient des trous de cuivre. Les gros tas qui se tapaient le ventre. Les éléphants avec leurs trois trompes. Les hippopotames avec leurs balistes montées sur le dos. Les singes qui sortaient leurs entrailles et les plaçaient dans des couvercles. Les invitations pour la soirée et le bal. Et puis les mini-Léviathan se mirent à apparaître.

C’était un spectacle toujours malaisant, les mini-Léviathan. C’était tout ce qu’elle aimait pas. Des grosses putes sans muscle et sans armure et avec du parfum dans la nuque et du blanc dans les coins de bouche. Alors elle regarda ailleurs. Oh, il y avait de la lumière aujourd’hui. C’était beau. Son imagination avait décidé d’être gentille. Peut-être qu’elle allait tenter de se rappeler ce que c’était que de ressentir des goûts, aujourd’hui. Peut-être qu’elle serait contente de déguster un bon petit poulet. Oh, pire que ça, il y avait des grands dadets dans la lumière. Des ombres avec des braies qui ressemblaient à des grandes, grandes couches, au cas où ils se chieraient dessus. C’était rigolo, ça. Léviathan tenta de se remémorer quel était son organe pour rigoler. Son oesophage, peut-être ? Non, l’oesophage c’était… pour respirer ? Elle savait pas. Donc elle ne rigola pas. Elle était pas très concentrée sur son humour. Elle voyait juste la grande ombre clair-obscur caca-boudin gesticuler et se rapprocher d’elle jusqu’à ce qu’évidemment -

”Aïe !”

… Heh beh, attends une seconde. Contrairement à tous les coups de pieds que lui avaient donnés ses hallucinations, celui-là lui avait donné un pic. Un… une pénétration, un pilum dans la moelle épinière, une chute libre, une énorme chiasse, un coup de genou dans les burnes, un soudain élan d’énergie. Elle ne savait pas pourquoi, mais quelque chose l’avait légitimement touché. Elle ne savait pas non plus comment elle savait qu’elle venait d’être touchée. Peut-être que c’était une sensation qu’elle avait eu avant d’être séparé de la main de Lulu et de la dernière fois qu’elle avait vu sa sale gueule. Ce n’était pas une hallucination, une imagination, un résultat de l’envie de dormir sans pouvoir jamais fermer son œil. Quelque chose l’avait touché. Elle était extatique. La honte.

”REGARDE OÙ TU MARCHES LE CONSANGUIN, OÙ J’T’ASPIRE LES AORTES COMME DES SPAGHETTIS !!”

… La voix résonna dans sa tête d’une manière peu piquée des hannetons, comme si un pantagruélique souvenir plus refoulé qu’une pénétration juvénile par oncle alcoolisé était en train de refaire surface. Le ton pathétiquement hermaphrodite d’un dégingandé aux cheveux plus noir que goudron et au drapeau plus blanc que plume. Un teint très bleu qui l’accompagnait, aussi, normalement. Mais hélas, ce n’était pas hallucinogène que ce voyageur au pantalon de ragoût et au regard rouge menstruation. Mais l’oeil vide et brisé de l’épée aigrise et pas assez grisée à son goût put avoir une vue d’ensemble, habituée comme elle l’était à l’obscurité de cette panse béante et putréfiée qui l’avait accueilli comme le ventre d’une mère pendant… plus d’une semaine, on va dire. Le fils de pute demandait qui allait par là. Il ressemblait tristement à Lucifer. Et il sonnait tristement à Lucifer. C’était juste une version plus nulle, comme une conception des lamashtus entre deux léchages de chatte débridée. C’était un Lucifer qui ressemblait plus à une gouine qu’autre chose.

”L…Lulu ?...”

Mais qu’importe l’animosité qu’elle pouvait avoir, le vortex de frustration dans ce qu’elle pouvait qualifier d’estomac et la douleur hémorroïdale de son pommeau - ou plutôt, une migraine ? C’était très, très énervant, en tout cas - sa voix ne put se permettre de ne pas craquer. Elle avait de l’affection pour cet espèce d’amas de comorbidités et de boutons roses… Tout ressortait en même temps, en soi. Des souvenirs. Des rigolades. Des soutiens. Des défenses. Ils ressortaient en cacophonie. Beaucoup étaient trop stupides pour être réels. Certains avaient une Lucifer. D’autres en avaient plusieurs. Certains encore étaient trop dissociatifs. Elle avait été Lucifer en train de se complimenter. Beaucoup de résultats de son isolement. Beaucoup de… beaucoup trop de résultats de son isolement.

Y avait-il des organes dans son fer et sa garde pour lui permettre de ressentir ce qu’elle ressentait, de décrire les croisements et les autoroutes à l’intérieur de sa chair ?... Enfin, enfin, putain ! Enfin, après quatre jours d’isolation sans ne pouvoir rien faire, Lucifer venait la chercher ! C’était la terre promise ! La chair promise ! Il avait un… c’était quoi, déjà ? Un hôte ! Ouiiiiii ! Un hôte !! Un tas de viande qu’elle allait utiliser pour se remettre dans un corps et se remettre à seeeentiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiir tout ce qu’elle navait pas sentiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii depuis si longtemps !! Ah ah ! Enfin, elle allait pouvoir faire claquer ses doigts de pieds ! Ha ha ha ! Enfin, elle allait pouvoir arrêter de s’imaginer des scénarii de sauvetage ! Elle avait suffisamment attendu ! Lucifer était là !

”Lucifer ! C’est moi, Léviathan ! Je suis par terre ! Je t’ai attendue ! Je t’ai fidèlement attendue ! Tu m’as enfin retrouvée ! J’étais sûr que t’allais y arriver !”

Aux pieds de celui qui avait encore un corps, une belle et fine et longue lame était en train de beugler des âneries. Quand bien même il était impossible qu’une épée puisse bouger d’elle-même, il pouvait presque être sûr que celle-ci s’agitait comme un landau.

”T’as un hôte ? T’as un hôte pour moi, comme tu me l’avais promis, dis ? Qu’on reprenne la conquête et qu’on retourne enculer des shedims ?”

D'après ce qu'elle savait, les épées étaient incapables d'avoir une voix qui se casse sous le coup de l'émotion, ou de pleurer.
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MessageSujet: Re: [Château du Diable] Dear Old Junk   [Château du Diable] Dear Old Junk ClockJeu 8 Déc 2022 - 4:06

Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?

Sourcils froncés, Lucifer sondait les environs à la recherche de ce bruit qui l'avait troublé dans ses fouilles - dans l'excavation de ce passé oublié ; étant donné la quantité de bric-à-brac qu'il devait soulever pour accéder à certaines denrées, des compétences en archéologie n'auraient pas été de refus. Néanmoins, rien ne justifiait que qui que ce soit soit venu se perdre au sein de sa collection, malgré son manque d'entretien.
Tout d'abord parce que la plupart des démons à son service auraient été incapables d'ouvrir la porte menant à ce sous-sol, encore moins de s'engager dans l'étroit escalier permettant d'y descendre. Le château avait été conçu pour lui plus que pour eux, après tout ; ils pouvaient déjà s'estimer heureux d'avoir un endroit où loger, quand bien même ils pouvaient facilement se fendre le crâne sur un chambranle trop étroit pour eux s'ils n'y prenaient pas garde.

Et surtout, si l'un d'entre eux avait eu le malheur de choir dans les entrailles du palais, il devait bien admettre qu'il aurait pu se passer un certain temps avant qu'il s'en rende compte - et si ses sbires bénéficiaient d'une longévité bien supérieure à celle des humains, ils n'en avaient pas moins certains besoins vitaux à assouvir s'ils voulaient rester en vie.
Or, à moins de se satisfaire de repas à base de bois et de ferraille, ce n'était pas ici qu'ils risqueraient de trouver les nutriments nécessaires à leur survie, dussent-ils s'y trouver enfermés, à moins qu'une famille de rats y ait élu domicile à son insu. Mystère.

Alors, la chose parla à nouveau, lui permettant de situer un peu plus précisément son emplacement. Voilà au moins qui lui confirmait qu'il n'avait pas rêvé : il n'en demandait pas davantage. Après tout, les fondations de sa forteresse s'enfonçaient si profondément dans la Terre qu'il n'était pas à exclure qu'elles aient percé quelque poche de gaz. Nombre de ses subalternes exhalant une odeur de souffre même après avoir fait leur toilette mensuelle, il eut été malaisé de s'en rendre compte en leur présence.
Étant néanmoins conscient désormais qu'il y avait bel et bien une forme de vie entre ces murs, sans qu'il sache comment ni pourquoi, il daigna faire l'effort d'en apprendre plus à son sujet.
Certes, il aurait tout aussi bien pu la sceller à nouveau et attendre de voir si elle était toujours là à son prochain passage, mais il pouvait bien se permettre de prolonger un peu son escale avant de rejoindre en ville sa compagne et son nouvel ami. Cela ne ferait que donner à ceux-ci l'occasion de faire plus amples connaissances - et à Evie d'exercer ses méthodes de conditionnement.

Rechignant toutefois à déplacer à la main tout ce qui se trouvait entre lui et la source apparente du bruit - certes, c'étaient ses affaires, mais il n'avait pas pour autant envie d'en respirer toute la poussière -, il se contenta de les pousser distraitement du bout de sa canne, jusqu'à discerner ce qui ressemblait vaguement à un pommeau. Ce n'est qu'alors que la mémoire lui revint.

« Oh. Oooh. »

Ah, oui. Ça. songea le Dieu-Démon, comme on le ferait en se rappelant avoir oublié de racheter du lait - des millions d'années auparavant. Hélas, les posts-its n'avaient alors pas encore été inventés, et il ne possédait aucun frigidaire sur lequel il aurait pu le disposer bien en évidence ; un manquement heureusement réparé depuis.
Au moins se rappelait-il. Un peu tard, certes - mais qu'il en soit seulement capable était déjà un exploit, dans la mesure où la dernière fois qu'il avait aperçu cet objet remontait littéralement à un autre âge. Objet n'était cependant pas le terme exact, ou plutôt qu'à moitié, car s'il s'agissait bien d'une pièce d'équipement... Ce n'était pas là sa seule fonction. Comme l'épée en question se fit forte de lui rappeler dès que le déplacement des babioles sans valeur lui ayant tenu compagnie jusqu'alors la rendit visible à nouveau.
Cette trouvaille le ramenait longtemps en arrière, à une époque... Dont il ne gardait finalement qu'assez peu de souvenirs, malgré le fait qu'elle ait pourtant constitué une part importante de son existence. Après tout, sa condition le dotait certes d'une mémoire infiniment plus vaste que celle d'un simple mortel, mais elle n'était pas sans limites ; venait un moment où il fallait faire de la place pour la nouveauté. L'on en venait donc à... Mettre de côté le superflu, en quelque sorte.
Une explication qui risquait malheureusement de ne pas suffire à la malheureuse enfermée dans cette lame. Le mieux à faire était peut-être encore de jouer le jeu dans l'immédiat ; il serait toujours envisageable de lui expliquer plus tard les raisons de ce fâcheux contre-temps - le temps pour lui d'en inventer. Il se racla donc la gorge et se dota de sa voix la plus envoûtante, une qualité que pas même les millénaires qu'il avait au compteur n'avaient su lui enlever.

« Oui, c'est bien moi. » s'empressa-t-il de confirmer avant qu'elle continue de s'époumoner - malgré l'évidente absence de poumons au sein de son enveloppe actuelle. Si sa voix grinçante et suraiguë n'était déjà pas la plus agréable à l'oreille lorsqu'elle était encore dotée d'un corps, du souvenir qu'il en gardait, qu'elle soit dorénavant propagée par voie de raclement du métal sur la pierre n'aidait en rien. « Je suis désolé de ne revenir te chercher que maintenant, quelques affaires ont... Accaparé mon attention. »

Parmi lesquelles changer de dimension, bâtir une nouvelle antre du vice et regarder s'accroître une population d'êtres primitifs depuis les premiers balbutiements - des activités certes passionnantes, mais qui, même toutes réunies, peineraient à justifier qu'il ait tant traîné. Avec un peu de chance, la joie d'être enfin retrouvée - qui, pour l'heure, semblait primer - saurait lui faire perdre de vue la longueur de son abandon. Par chance, son bagout l'avait déjà tiré de situations pires que celles-là.

« Je me réjouis cependant de voir que cela n'a pas entamé ta bonne humeur ! Malheureusement, je peine à trouver un hôte capable de t'accueillir. Cependant, les gens de ce monde organisent une grande fête ce soir, je ne doute pas que nous aurons l'occasion de trouver chaussure à ton pied. Enfin, si je puis dire. »
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MessageSujet: Re: [Château du Diable] Dear Old Junk   [Château du Diable] Dear Old Junk ClockJeu 8 Déc 2022 - 22:07
Toutes ces couleurs qui lui remontaient dans le cerveau, toutes ces mémoires qui lui réchauffaient le coeur ! Porter l’étendard pigmenté en dreuse, avec ses bandes mélangeant blanc et berbouelet. Les fêtes à boire des coupes et des pintes de birraplasmes avec les troupes. Planter les cadavres avec des hallebardes, des épées et des tendonniers. Les catapultes envoyaient leurs orbosouffres dans les douves d’Ishtar - cette grosse pute ! Plus de semence dans sa gorge que ses canivaux, ignoble tchoin ! Butez-la ! Butez-la ! Butez-la ! Pendre ses ennemis dans ses ribambelles de balalaïka. Battre des oeufs dans les crânes ennemis ! Du bleu ! Du blanc ! De la baston ! Des bretelles ! Des balances ! Des baies ! Des Buh-buh-buh-buh-buh !! Bah bah bih bah bouuuuuh ! Fantômes ! Fantômes partout !!

Oh, les hallucinations et les hurlements provenant des coins de la salle s’étaient relancés. Tant pis pour eux ! Ils avaient mieux à faire que de se faire écouter par une épée qui allait enfin quitter son grenier-refuge. Retournez-vous faire enculer par le Baron Pastèque et sa garde personnalisée de citronnades ! Des brochettes et des Kébabs comme on en faisait il y a trois ans ! Ou cinq ans ? Non. Juste trois ans. Il pouvait pas s’être passé plus de quelques années. Ouais. Juste quelques années. C’était horrible. Mais c’était que quelques années. Lulu avait pas son armure - ce qui était l’évidence que la conquête interminable était enfin terminée. Elle n’avait aucune maîtrise de l’étiquette et de la maîtrise des cravates et des fraises. Cela devait être des vêtements civils. Des vêtements de noble. Des vêtements de politique. Léviathan n’était pas une politique. Elle était une soldate. Elle avait des ordres à suivre et elle les exécutait comme tout ennemi, en armure, en haillons, en morceau. Maintenant que Luifer l’avait retrouvé - qu’est-ce qui donc lui resterait comme vie ? L’entraînement, l’attente d’une autre conquête, la préparation des narines à l’odeur cendrée de la prochaine terre brûlée.

Pour quelle raison se trouvait-elle déjà dans ce sous-sol ? Lucifer disait revenir la chercher. Pour… quoi ? Déjà, pourquoi, parce que quoi ? Ah, elle savait ! Oui, c’était évident ! Il l’avait sauvé une première fois. Il lui avait fait tromper la mort en la scellant dans l’épée. Il lui avait sauvé la vie… et les ignobles - les ignobles -... Les ignobles - les ennemis ? Les… les ennemis ! Ouiiiii !! Les ennemis l’avaient capturé ! Ils l’avaient honteusement capturé et ne lui avaient laissé aucune chance de s’en sortir ! Mais maintenant - ouiiiiii, maintenant elle allait enfin revenir dans la bataille. La bataille était finie ? Elle les tortureraient elles-même. Ah, Tapati et ses heptads, d’Halicarnasse à Kamianka nous verrons son exsanguination ! Immortalité, tu fais la ronde avec la douleur ! Les rivières seront rouges de son sang et décorées des chibres de ses supléants. Chaque lampadaire sera accompagné d’un pendu ! Ouiiiii ! Enfin, nous sortons du donjon de Tapati, lanterne et… masse de rouge à demi-dome vers l’avant ? Qu’importe. Des milliers allaient mourir cet après-midi. Des dizaines allaient supplier la mort. Un million d’âmes déchirées pour annoncer le retour flamboyant de la terrible Léviathan !!

Lucifer disait qu’il avait été distrait par quelques affaires. Ce n’était pas grave. Ce n’était pas grave ! Chaque constipation n’était qu’une douleur précédant la sortie ! Chaque abcès n’avait pour objectif que d’être crevé. La solitude. Les voix dans la tête. L’inaptitude à décider si le silence était celui du vide ou de l’annihilation… L’épée sautillait presque… ou bien sa voix était si vulnérable et tremblante que l’on pourrait croire dans cette obscurité qu’elle était en train de danser.

”Non ! Non… C’est - c’est pas grave ! Je suis juste contente que ça se finisse enfin ! Tu m’as retrouvé ! C’est - ça veut dire qu’on a gagné ! On a gagné, hein ? C’est notre monde, pas vrai ! Obscur et nocturne comme on l’avait si souvent rêvé ! C’est - tout soldat accepte son sacrifice si sa cause est accomplie… Et on l’a accompli, hein ?”

Et ce fut-ce-t-alors qu’il lui parla du fait qu’il n’avait pas d’hôte pour l’accueillir.

Pas d’hôte ? Non, ça se comprend. Personne n’avait la puissance pour accueillir en lui la puissaaaaaaaaance de la grande Léviathan, incommensurable jusqu’à sa plus légère incarnation. L’épée elle-même était gorgée de surpuissance, quand bien même elle ne pouvait bouger d’elle-même. Non ! Tout était logique ! Tout était, très, très, très logique ! Il n’avait pas trouvé d’hôte, parce qu’il avait passé trop de temps à la chercher. Il voulait la chercher et il avait préféré penser à sa sûreté au lieu de penser à la suite ! Mais, connaissant Lucifer, il devait avoir un lieutenant suffisamment robuste et inapte pour l’accueillir et permettre à l’Apocalypse avec un grand A de reprendre le vol avec ses propres ailes.

”G-gens de ce monde ! Ah ! Les civils ! Tu ne les a pas tous massacrés ! Je vois - oui, oui, oui - de la main d’oeuvre ! Pas massacrer toute la main d’oeuvre d’un coup, et leur laisser leurs coutumes de troglodytes et de gigolos pour qu’il puisssent oublier leur nouveau maître - ah ah ah ah ahaaaaaaaaaaaaaaah ! T’es un génie !”

Elle regarda Lucifer avec beaucoup d’intensité, son œil si vide ayant l’air si focalisé sur le visage mesquin de son antique patron !

”Allez, qu’est-ce que t’attends, je hais les fêtes, faut impérativement leur ruiner leur bonheur ! Trouver leur champion et me lancer dans leurs tripes !!”

Attendant quelques instants pour se faire transporter, Léviathan eut quand même une bonne question à poser, sa voix brisée et aigüe mélangeant pathétique et insupportable :

”Combien de temps est-ce qu’il s’est passé depuis que j’sois coincée dans ce truc ? Et y s’est passé quoi pendant tout ce temps ?”
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MessageSujet: Re: [Château du Diable] Dear Old Junk   [Château du Diable] Dear Old Junk ClockMar 13 Déc 2022 - 7:10

« Et bien... Tout ne s'est pas passé exactement comme on l'avait prévu. »

Ce n'était pas peu dire. Jamais, même dans ses pires cauchemars, n'aurait-il pu imaginer qu'il suffirait d'un enfant à queue de singe pour ruiner des millions d'années de méthodiques préparations. Et même avant cela... Et bien, il n'aurait pas échoué sur la Terre si les choses se passaient selon ses plans dans le Sombre Royaume.
Oh, bien sûr, il avait fini par se satisfaire de sa nouvelle situation, mais l'on ne pouvait pas dire que c'était une suite ininterrompue de réussites qui l'avait mené jusque là - que du contraire, à vrai dire.
Même s'il s'était rappelé du moment exact où elle avait été emprisonnée dans cette épée - était-ce avant l'assaut de la colline de Megiddo, ou lors de la prise de Baalzephon ? Il avait tant livré de bataille à cette époque qu'elles se mélangeaient toutes un peu dans sa tête. Ce n'était pas comme s'il demeurait un album-photo qu'il aurait pu consulter pour se les remémorer ; l'une ou l'autre gravure sur un bas-relief, à la rigueur, mais celles-ci tendaient à ne pas être aussi exhaustives. Et encore, c'était à supposer que tout ce qu'il avait laissé derrière lui n'ait pas été détruit après son départ.
Pour autant, tout conscient de ses défaites soit-il, Lucifer n'avait pas non plus envie de perdre la face devant l'une de ses anciennes subordonnées - quand bien même elle n'en possédait plus pour sa part. D'ailleurs, pouvait-elle seulement le voir depuis ce bout de métal ? Si oui, par quel biais ?
Il lui semblait bien discerner quelque chose de vaguement semblable à un œil au niveau du pommeau, mais ce n'était pas comme si l'objet était doué d'une cornée, à sa connaissance. Non qu'il soit expert en forge, mais aux dernières nouvelles, l'on n'incorporait pas de restes humains dans la confection d'une arme - si ce n'est pour se donner un genre.

« Disons que suite à des événements indépendants de notre volonté, nous avons été contraints de délayer quelque peu nos projets. Mais ce n'est que partie remise. »

Car ce n'était pas parce qu'il avait été mis en échec qu'il renonçait à la mise en œuvre de son plan, loin de là. Peu importe combien de temps il lui faudrait pour recharger la Princesse Endormie, une pleine lune après l'autre ; une fois que ce serait fait, il comptait bien remettre en service ce canon solaire qui attendait sagement son heure. Au moins pouvait-il personnellement attester de son efficacité après avoir fait malgré lui l'expérience de ce « coup d'essai », il y a de cela quelques années... Son regard s'attarda sur la gemme en question, depuis lors enchâssée au sommet de sa canne ; au moins ainsi ne risquait-elle pas de tomber entre de mauvaises mains - enfin, pas plus mauvaises que les siennes.

« Enfin ! Tout ça n'est pas très important. Après tout, ce n'est l'affaire que de quelques années... »

Cinq mille, à peu près, s'il se fiait à la durée de la précédente procédure. En d'autres termes, une bagatelle pour des gens comme eux. Bien sûr, encore faudrait-il que les habitants de cette planète arrêtent de détruire la Lune pour un ou ou pour un non... Malgré ses formidables pouvoirs, même lui peinait à comprendre de quelle manière ils s'y prenaient pour la faire réapparaître après des mois d'absence. Et que dire de l'absence d'effet que cela pouvait avoir sur l'environnement ? Cette planète était décidément bien étrange, et le temps qu'il y avait déjà passé n'avait semble-t-il pas suffi à en percer tous les secrets.

« Pour ce qui est de leur champion, et bien... » L'image du sale gamin qui avait failli l'éradiquer - sans doute devenu un homme depuis lors - passa devant ses yeux. « ...Si c'est bien celui auquel je pense, tu es libre d'en disposer à ta guise, mais encore va-t-il falloir le trouver. J'ai le plus grand mal à mettre la main dessus. »

En bonne partie parce qu'il n'avait pas essayé. Du peu d'informations qu'il avait pu obtenir à son sujet, ce malandrin était devenu encore plus fort - et si cela ne voulait pas dire qu'il était hors d'atteinte, le Dieu-Démon n'était pas plus pressé que cela de se retrouver à nouveau devant lui. Après tout, pourquoi se fatiguer à mener une quête de vengeance alors qu'il lui suffisait d'atteindre jusqu'à ce que l'âge ait raison de lui ? Il serait alors libre de reprendre ses activités sans avoir à craindre qu'il vienne s'en mêler une fois de plus. De toute façon, il devait déjà avoir fort à faire avec les autres menaces accablant la Terre... Tant mieux ; c'étaient autant de diversions que le comte accueillait à bras ouverts.

« Pas très longtemps, je te rassure. » fit Lucifer.

Et c'était techniquement vrai, la notion du temps que pouvait avoir leur race étant bien loin de celle des espèces mortelles qui foulaient cette Terre - ou plus globalement le plan matériel. Plongeant la main dans sa poche, il en extirpa un blanc mouchoir, dont il se servir pour agripper la poignée de l'épée sans établir de contact direct. Il n'était pas sûr que les talents de possession propre à cette dernière lui permettent de s'emparer d'un autre membre de leur espèce, mais dans le doute, il préférait ne pas le vérifier. Et puis, même sans cela, depuis le temps qu'elle traînait ici, elle avait sans doute besoin d'un bon nettoyage...

« Des choses et d'autres. Rien de très intéressant. Je te raconterai ce que tu as besoin de savoir sur le trajet. » Il regarda autour de lui et eut un reniflement dédaigneux. Ces affaires avaient beau être les siennes, leur état mettait quelque peu à mal l'intérêt qu'il pouvait y porter. « À moins que tu préfères rester ici encore un peu, évidemment. »

Ce qui arrangerait ses affaires en cela qu'il aurait plus de temps pour mettre au point une histoire cohérente. Hélas, minces étaient les chances que cela arrive ; sait-on jamais.
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MessageSujet: Re: [Château du Diable] Dear Old Junk   [Château du Diable] Dear Old Junk ClockMar 13 Déc 2022 - 18:45
Heureuse - Heureuse, heureuse, joie, joie… Heureuse, heureuse, joie, joie… Heureuse heu…reuse, joie, joie, joie. Heureuse, joie, heureuse, joie. Bientôt, la libération. Elle entendait des soupirs dire ce qu’elle pensait à voix haute, mais on dirait bien qu’il y avait quelques phacochères dans les roues de son carrosse. Princesse agrume et vitriol - qu’est-ce qui donc se passait dans ce petit coeur d’épée ? Oh, des fentes et des craquelures - qu’était-ce qui causait donc ça ? Ma parole, les paroles de Lucifer, bien sûr ! Des complications - des complications ! Des complications ! Ah, c’était triste à entendre, ça. Des complications ! Elle entendait des grincements ignobles de bronze contre bronze. Elle entendait des hurlements dignes des plus disparates putes harpies. Elle entendait sa frustration monter en bondissant de pierre en pierre, grimpant le ziggurat pour annoncer à son cerveau, glaive en main et tête dans l’autre, qu’elle avait simplement été sacrifiée… au prix de complications. Des complications ! Elle souriait, elle souriait et elle fixait le vide en pleurant et la réflexion se moquait d’elle comme le troubadour harlequin qu’elle était -

Non. Une épée ne souriait pas. Elle était plus mature que ça. Elle avait eu des échecs dans sa vie. Une soldate obéissait parfois à des ordres trompeurs. Elle n’était pas une telle abrutie qu’elle ne pouvait pas concevoir la possibilité que son sacrifice n’ait pas porté ses fruits. C’était ce qu’elle faisait, en donnant son corps au champ de bataille. En donnant sa vie pour une cause. Elle prenait un pari. Un putain de pari de merde qui n’avait pas encore suffisamment marché, mais un pari quand même. L’unique oeil de la lame eut quelques tics sur ce qui lui servait de paupière, le cataclysmique mélange d’émotions qu’elle ressentait à présent encore plus tumultueux de part l’ajout de la frustration. Elle était joyeuse de pouvoir enfin sortir de cette oubliette où elle avait passé tant - peut-être - de temps. Elle était malheureuse de revenir dans le monde réel, sa zone de confort et de souffrance étant devenue le ventre de chair et de chiotte qui l’avait accueilli jusqu’à ce qu’elle y soit habituée. Elle était anxieuse de redevenir un être vivant à part entière, de redevoir apprendre à communiquer et à être saine d’esprit. Elle était terrifiée par la possibilité de retrouver le monde changé et d’être une obsolète carcasse de guerrière qui n’avait plus de but dans la vie. Elle était maintenant frustrée. Frustrée de l’injustice de sa souffrance et du manque de réussite qu’elle entraîna. Elle avait passé du temps, emprisonnée dans une épée et kidnappée par… quelqu’un - et tout ça pour que tout ne ce soit pas exactement déroulé comme prévu.

”Mais - Mais qu’est-ce que - c’est… Qu’est-ce qu’il s’est passé ? C’est qui qui nous a bloqué ? C’est qui que je dois aller tuer ? J’le jure ! Je les tuerais ! Pointe moi vers l’ennemi et je les éviscèrerai !“

Bien sûr ! Cela faisait tout de suite plus de sens ! Lucifer n’avait pas encore gagné parce que Lucifer n’avait pas Léviathan à la tête de son armée ! Mais c’était bien sûr ! Sans la plus élite de ses troupes, il n’avait rien pu faire ! Oh, il tentait de garder la tête haute, mais on sait très bien pourquoi il n’y parvenait pas. Il essaie de garder les lèvres droites et de ne pas pleurer, mais on savait très bien que Léviathan lui avait manqué. Elle qui avait toujours eu une personnalité si adorable et si appréciable, et qui avait toujours massacré milliers et millions pour lui ! Sa loyauté avait toujours été sans égale, hormis pour sa prouesse au combat. Sans les cadavres qu’elle lui apportait, il n’avait plus assez de fondements pour son entreprise. Tout faisait du sens maintenant. Tout faisait du sens maintenant ! Ah ah ah ah aaaaah ! Gah gah gah gah gui gui gui gau gau gau - Oui ! Oui… Quoi ? Champion introuvable ? C’était sur eux que ça en disait long. C’était sur toute la troupe de dégénérés, de putes et d’attardé qu’on en apprenait plus en entendant que leur champion était une PETITE ! MERDE ! INTROUVABLE !!

”C’est un trouillard ! C’est un trouillard et faut lui casser la gueule ! Pourquoi il est pas à la tête de son armée, hein ? Pourquoi ? Je sais comment le faire sortir, moi ! Faut tout détruire ! Mener à feu et à sang ce maudit… Euh, cette maudite… Où est-ce qu’on se trouve au juste ? C’est l’antre de qui, ici, m-maintenant que j’y pense ?“

Elle avait compris avec le temps et tous les rêves de libération qu’il ne fallait pas forcément écouter les conclusions qui lui passaient dans la tête. Parce qu’elle n’en ferait que tomber de haut. Lucifer était à soixante-quinze pourcent pas une hallucination, ce qui était un plus haut pourcentage que tous les autres Lucifers qui étaient venu la chercher jusqu’à présent. Elle put ressentir une vague de satisfaction lui rafraichir la colonne vertébrale quand son sauveur lui annonça qu’il ne s’était pas passé tant de temps que ça. Et puis, étrangement, de la honte. Elle avait perdu la tête aussi vite que ça ? Les hallucinations, les terreurs dans les coins de l’oeil, l’inaptitude à interagir avec quoi que ce soit - est-ce que tout ça n’était le fruit de son isolation que pendant une poignée de temps ? Elle qui résistait à mille lances et cinq cent haches ? Incapable de résister à une mise au coin comme une braillarde ? Ce n’était pas possible. Ce n’était pas possible ! Non, mais c’était préférable. Une fierté à ravaler comme les bovins ravalent l’herbe et les catins ravalent le foutre.

”Tant mieux. Je n’aurais pas beaucoup de choses à rattraper alors… Après, je -“

C’est alors qu’il lui attrapa le manche, ce qui lui procura à nouveau l’espèce de connection de vie qu’elle avait ressentie lors du coup de pied précédemment reçu. Comme si une horde de chatons venait de lui tomber sur la tête, elle manqua d’éclater en sanglots. C’était une preuve tactile de la présence de Lucifer. Il était vraiment là. Il était vraiment là ! IL ÉTAIT VRAIMENT LÀ ! ON SE TIRE ! ON SE TIRE DE CE REPERE ILLICO !! L’entendant émettre la possibilité de la laisser dans ce grenier de fange, elle ne le laissa même pas finir sa phrase, émettant avec une voix stridente et démantelée comme si elle avait consommé des fumées d’herbes brûlées pendant des heures. Le son inimaginablement pathétique résonna d’autant plus dans cette pièce close qu’on ne pourrait le croire.

”NOOOOOOOOON !! ON SE TIRE ! ON SE TIRE TOUT DE SUITE ! JE NE RESTERAIS PAS UNE SECONDE DE PLUS ICI !!“

Empoignée dans sa petite couverture-cape blanche de soie et de douceur, n’ayant durant toute la durée de cette courte altercation dans l’épée pas touché à quoi que ce soit proche d’un lit ou d’un vêtement, ce qui donnait à l’oeil au regard vide l’envie de se fermer et de dormir, quand bien même il n’y avait pas de fatigue possible pour une simple extension tranchante de ferraille.

”Raconte-moi tout. Et d’ailleurs, en attendant, qui est encore vivant ? Que je connais, je veux dire ? Je dois comptabiliser les pertes.“
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MessageSujet: Re: [Château du Diable] Dear Old Junk   [Château du Diable] Dear Old Junk ClockLun 2 Jan 2023 - 16:46
« Patience. » intima Lucifer, guère pressé d'avoir à s'expliquer en détails - ou à trouver des moyens de ne pas le faire - sur le pourquoi du comment de sa situation actuelle. Il n'aurait su par où commencer, de toute manière ; mieux valait donc ne pas avoir à le faire - ou, à tout le moins, le faire aussi peu qu'il pourrait se le permettre.
Bien sûr, ne rien dire du tout à Léviathan de la manière dont les choses avaient changé n'était pas une option ; il la connaissait assez pour savoir que même le fait d'être incapable de se déplacer par elle-même ne réduisait pas son potentiel de nuisance autant qu'il aurait pu l'espérer. Pour autant, cela ne l'empêchait pas de ne pas aimer ruminer le passé, surtout aussi lointain ; un juste milieu serait donc à trouver.

« Hmm... Je ne crois pas qu'il possède une armée. » intervint-il entre deux de ses élucubrations.

À moins bien sûr que l'on compte la bande d'ahuris qui accompagnait ce maudit gamin au moment des faits. Les images d'archives qu'il avait pu trouver suggérait qu'il s'était fait de nouveaux amis depuis, mais rien qui prête à croire qu'il avait autorité sur plus de quelques hommes - et femmes ; cette Bulma n'avait quant à elle pas échappé à sa mémoire.
Non que les démons eux-mêmes aient eu besoin d'une armée pour la plupart ; beaucoup ne s'arrogeaient les services de soldats que pour passer le temps, gardant pour eux les combats véritables. Le reste n'était en quelque sorte qu'un jeu de stratégie grandeur nature. Lucifer n'était pas de ceux-là ; mener une guerre à lui seul - ici ou ailleurs - semblerait être une terrible corvée.

Profitant qu'elle ne soit pas en mesure de se débattre, Lucifer en profita pour manipuler l'épée et l'examiner sous tous les angles. Il ne l'avait plus vue depuis longtemps et, à ce titre, avait presque oublié à quoi elle ressemblait - en plus de ne pas savoir dans quelle mesure sa possession avait pu l'altérer.
S'il devait se réaccoutumer à sa présence - et cela semblait bien parti pour -, mieux valait savoir exactement à quoi s'en tenir... Notamment concernant ce que cet œil pouvait voir et ne pas voir ; s'il paraissait compliqué de lui boucher les oreilles - encore eut-il fallu qu'elle en ait -, à tout le moins devrait-il pouvoir faire usage de son angle mort. C'était toujours mieux que rien.

« Nous sommes ici dans mon nouveau palais. » reprit-il en pleine inspection. « Avant que j'aie pu le baptiser, on l'appelait déjà le Château du Diable. Le nom est resté. »

Du moins est-ce ainsi qu'il avait interprété les borborygmes des êtres primitifs qui peuplaient la planète en ces temps reculé, mais il ne pensait pas être loin du compte. La notion selon laquelle un être profondément mauvais serait derrière tout le mal du monde ne datait pas d'hier - et il n'y était pas pour rien.

N'eut-il redouté de nouveaux éclats de voix, il aurait volontiers touché à cet orbite peu naturel, ne serait-ce que pour voir si sa paupière avait quoi que ce soit d'organique - mais c'était là une question à laquelle mieux valait peut-être ne pas chercher de réponse. Veillant à ce que pas un centimètre carré de sa peau n'entre en contact direct avec l'arme - que ce soit la poignée, le pommeau ou la garde -, il en reposa la pointe sur le sol, gardant pour lui le fond de sa pensée.

« J'ai bien peur que tu aies besoin d'un peu d'entretien. Enfin ! Nous verrons cela en temps et en heure... »

Ce qui n'était pas tout à fait faux : si le fait d'accueillir quelqu'un en son sein avait semble-t-il préservé la lame des pires avaries, elle n'en était pas pour autant en parfait état. C'était déjà plus qu'on ne pouvait en espérer considérant ses déplorables conditions de conservation. Et puis, toute ensorcelée soit-elle, toute arme digne de ce nom doit un jour passer entre les mains de quelqu'un capable de s'en occuper - et il s'agit rarement de celles de son propriétaire. Lucifer ne prétendait pas faire exception à la règle.

Par chance, la diversion avait fonctionné : la perspective d'échapper enfin à cet espace confiné prenait le pas sur toutes les questions qu'elle pourrait vouloir poser. Lucifer ne se fit donc pas prier davantage avant de reprendre le chemin des marches, l'arme à la main - où avait-il bien pu mettre le fourreau ? -, avec la ferme intention de lui trouver un corps, malgré son oubli préalable. Tant qu'à devoir parler avec quelqu'un, il préférait l'avoir en face de lui plutôt que de le le tenir à bout de bras - quand bien même ce n'était pas la chose la plus étrange qu'il ait pu faire, loin s'en faut.

« Voyons voir... Et bien, Ghastel est toujours parmi nous. Pour le reste... » Pensivement, il se caressa le menton. « Je ne crois pas que tu aies déjà rencontré Igor. »

La plupart des sbires aujourd'hui à son service n'avaient même pas de nom et n'en auraient sans doute jamais, car en obtenir un était déjà une forme de reconnaissance - une sorte de premier galon. Les noms avaient du pouvoir, et comme tout pouvoir, qui prétendait le manier devait d'abord s'en montrer digne... Même si tout cela n'avait pas grand sens si bas dans la chaîne alimentaire.
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MessageSujet: Re: [Château du Diable] Dear Old Junk   [Château du Diable] Dear Old Junk ClockMar 3 Jan 2023 - 0:14
Patience ?!! ENCORE DE LA PATIENCE ? MAIS QU’EST-CE TU VOULAIS QU’ELLE FASSE DE PATIENCE ??! ELLE S’ETAIT PRISE DE LA PATIENCE D’UNE OREILLE À L’AUTRE, DU CUL À LA GORGE PENDANT - PENDANT… non, oui, non, non, non, il pouvait lui dire d’être patiente. C’était démonstratif de maîtrise d’un sens tactique, la patience, c’était bien, c’était très bien, la patience. Oui ! Oui, c’est parce qu’elle était capable de faire preuve de… p a t i e n c e… qu’il lui disait d’en faire preuve un peu plus. Elle venait de le démontrer. Oui, de le démontrer. Le démontrer. Guerrière, oui, mais guerrière - intelligeeeeente… Est-ce qu’elle pouvait faire des exercices de méditation sous cette forme ? Pas vraiment, pas vraiment vraiment. Elle ne pouvait pas se calmer. Juste rester avec la boule au ventre - pas au ventre, au, au, au… À la lame, la partie centrale, de… la lame…

”Pas d’armée ?! PAS D’ARMEE ?! C’EST PAS - c’est pas possible ! Comment être un champion sans armée ! Ça n'a pas de sens ! Mais c’est mieux. On n’aura qu’à le buter à plusieurs. Et ensuite… Je prends ses trippes…”

Si l’on se fiait à l’épée, cela faisait du sens. Mais en attendant, Lucifer la regardait. Il la tournait dans tous les sens. Ce n’était pas pour lui déplaire, mais en fait si, c’était vraiment pour lui déplaire. L’oeil sur l’épée voyait Lucifer, puis ne le voyait plus, puis le voyait, mais de l’autre côté de l’épée. Est-ce qu’elle avait deux yeux liés, posés sur chaque côté comme les grands lézards d’antan ? Est-ce qu’elle n’avait qu’un oeil qui se retournait à chaque fois ? Est-ce que, est-ce que, est-ce que… elle voyait Lucifer et suffisamment de choses pour avoir la migraine, mais elle n’avait pas de tête pour avoir une migraine. Elle avait donc… une manche-graine ? L’inaptitude d’un champion à conduire une armée était pour Léviathan absolument ignoble et contre-nature. Chaque image de Léviathan qui ricochait dans son imagination légèrement fragmentée avait son bataillon et ses étendards. On ne vivait véritablement qu’avec sa troupe, la seule véritable amitié qu’une générale pouvait s’offrir, en dehors de celles d’autres généraux bien sûr. Savoir que ce sac à merde n’en avait pas lui insuflait une nouvelle frustration qui avait du mal à ne pas rejoindre les premières, donnant l’impression de bouillir comme une théière. Ou, le… l’eau dedans, plutôt.

”Est-ce que tu peux ARRÊTER DE ME RELUQUER comme ça, par contre ?! Je me sens déjà suffisamment indigne, n’en rajoute pas !”

Une armure. Elle voulait un casque sur sa tête et qui couvrait sa bouche. Elle voulait un plastron sur son torse, des épaulettes sur ses épaules, des spallières, des coudières, des gantelets, des cuissots, des genouillères, des grèves, des bruits de clink-clank quand elle marchait, quand elle roulait, quand elle se prenait des coups, le seul vêtement que la Femme méritait, car seule la Pute se permettait autre chose que l’armure ou les braies. Les robes n’étaient que des chiffons à foutre, et jamais n’en avait-elle porté. Un corps, un corps à harnacher de fer, c’est tout ce qu’elle désirait. Elle voulait sentir le froid du métal et les inflammations des frottement suivant des marathons et les infections qui suivaient les partages de sang qui les plaies ouvertes de partout déclenchaient. Juste ça. Juste ça. Le carnage. Le massacre. L’identité d’une guerrière. L’annihilation.

Mais au moins, ils étaient dans un palais. Le “Palais du Diable”, qui avait été nommé “Palais du Diable” avant d’être pris par le seul diable qu’elle connaissait.

Bien sûr ! Bien sûr… Lucifer, ce magicien, ce fou, ce fantasme cauchemardesque ! On a tenté de lui voler son titre. Elle voyait encore son ancien visage, son ancien heaume, son visage, son nez crochu - ou carré ! ou… en trompette ? Fin ? Long ? Petit ? Large ? Des visages. Des visages qui défilent. Une tapisserie à brûler avec le reste des idoles. La chaleur de la forge lui manquait. Elle voulait que toutes les statues de bronze soient recyclées en lances et offertes aux bachi bouzouks, à tous les cinglés qui composent la première ligne de front, tous ces bâtards à l’esprit brisé. Oui, leur hurlement de guerre accompagnait ses pensées, ses pensées… Pansements… Pâtisserie… Mmmh… Elle n’avait pas mangé depuis un moment. Mmh ? De l’entretien ?

”MON SEUL ENTRETIEN EST DANS LA VIOLENCE ! MON SAVON EST LE SANG DE NOS PROIES ET MA SERVIETTE EST L'ÉTENDARD EN FLAMME DE NOS ENNEMIS.”

Elle n’avait guère besoin d’entretien. Elle avait besoin de violence. Elle voulait de la violence. Quels mots pouvait-elle associer à violence. Violence… Conjugale ! Il fallait que Lucifer ait une femme, puis il pourrait battre sa femme avec l’épée ! C’était parfait ! Ghastel ? Igor ? Igor… Ce n’était pas un nom qu’elle reconnaissait. Ghastel. Ghastel. Ghastel, Ghastel, Ghastel GhastelGhastelGhastel ? Oui !

”Pas Igor… Mais… Ghastel… L’éphèbe danseur du ventre avec son écharpe de sodomite ? Oui, oui, je m’en rappelle, je lui avais balancé une fois, il se dandinait sur son bâton. Pourquoi ? Ne me dis pas qu’il s’est réimprovisé guerrier ?!”

C’était ça la guerre moderne ? Non. L’accessibilité devait être barrée. Pourquoi se souvenir de son nom ? Il n’était pas lieutenant. Il n’était pas lieutenant. Ghastel. Léviathan lui balançait de la nourriture dessus en le traitant de pédéraste et en se marrant. Mais ce n’était plus marrant quand les catins tentaient de le branler dans les couloirs. Si elle avait encore un oesophage pour vomir, elle vomirait, et revomirait encore. À moins que ce soit un autre salopard qui n’avait d’autre but que d’égayer les putes des généraux quand ces derniers étaient en train de coucher avec leurs tonneaux d’alcool. Aucun de ces dégénérés ne savait commettre un véritable massacre.

”Ce pédé de Ghastel a monté en grade durant mon absence, donc…”

La voix de Léviathan était dépitée, basse, contrairement à son habitude. Elle était… fatiguée, un court instant, avant qu’enfin la rage revienne. Personne d’autre ? Des noms étaient sur le bout de sa langue… de son estoc ?

”Personne d’autre ?... Il me faut une liste des morts. Quand j’aurais un corps, je me dois de leur faire une cérémonie.”

Des noms. Des mémoires. Des ombres qui étaient hors de portée. Des… morts. Elle reviendrait dans un groupe où elle ne reconnaîtrait rien. Le reste n’était plus là. Morts. Disparus. Déserteurs. Des guerriers à honorer. Et pourtant, elle ne pouvait que les oublier.

”Et… qui te fait office de camarade d’armes, maintenant ? Qui sont leurs illustres remplaçants ?”

Un éclair passa dans son regard, soudainement revigorée.

”ET LES PRISONNIERS ? CEUX QUI SONT DANS DES ARMES, COMME MOI ! IL FAUT LES SAUVER !! ON A DU MONDE À SAUVER ! SORTONS D’ICI ET TUONS NOS TORTIONNAAAAAAAAAAAAAAIRES !!”
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MessageSujet: Re: [Château du Diable] Dear Old Junk   [Château du Diable] Dear Old Junk ClockMar 24 Jan 2023 - 9:48
« Pas d'armée, non. » répéta calmement le comte. « Il n'en a pas besoin. »

Si surprenant que cela puisse paraître, l'homme-singe - trente ans plus tard, sans doute ne pouvait-il plus être considéré comme un enfant, si insignifiant soit son âge - semblait ne dépendre d'aucune organisation, ne pas représenter d'intérêts autres que les siens. Ce qui ne rendait son implication dans ses affaires que plus vexante tant elle semblait être le fruit du hasard, mais ruminer ne servirait à rien : il ne referait pas l'histoire. Même si garder à ses côtés un homme partageant l'exact même visage - quand bien même il était hors du château en ce moment - ne manquait pas de raviver ce douloureux souvenir.

Lucifer ne s'en formalisait cependant pas outre-mesure. Si la plupart des rois des enfers - ou quel que soit le titre qu'ils se donnaient à ce jour - avaient à leurs ordres une armée considérable, celles-ci n'étaient aucunement nécessaire, leur puissance excédant de loin celles des démons ordinaires. Tout affreusement pompeux qu'il soit, le nom de « Dieu-Démon » ne leur venait pas de nulle part. Mais que plaisir est-ce qu'il y aurait à s'affronter en un contre un quand ils avaient sous la main autant de chair à canon ?
Nul ne savait exactement qui avait été le premier à laisser les créatures inférieures se masser autour de lui, mais tous autant qu'ils sont, ils en avaient rapidement fait une habitude. C'était depuis devenu la norme - en supposant que ça n'ait pas changé depuis qu'il avait quitté les lieux ; refusant d'y remettre les pieds, il n'avait pas fait d'efforts pour se tenir au courant des dernières tendances.
Tout cela pour dire que s'il avait encore quelques poignées de soldats à ses ordres, ses propres effectifs n'étaient en rien comparables à ce qu'ils avaient pu être il y a de cela quelques millions d'années seulement. Juste quelques dizaines de ses plus proches serviteurs - ou était-ce des centaines ? C'était difficile à dire tant le palais était vaste et tous rarement visibles au même moment. « L'incident » d'il y a trois décennies avait aussi emporté avec lui une partie de ses hommes, mais ce n'était rien dont il ne puisse se remettre. Eux, en revanche...

« Excuse-moi. Je cherche simplement comment te manipuler au mieux. » se justifia Lucifer.

En particulier s'agissant de cet œil globuleux serti dans la garde de l'épée. Déterminer au plus vite son exact champ de vision ne semblait pas être une mauvaise idée, s'il voulait encore avoir droit à un peu de tranquillité.
Avant même son enfermement, Léviathan n'était déjà pas ce que l'on pourrait appeler une présence feutrée, et la privation prolongée de contact humain - ou démoniaque, qu'importe - n'avait rien fait pour lui apprendre les bonnes manières. Avec toute l'affection qu'il avait pour elle, mieux valait donc savoir dans quel sens la tourner s'il voulait échapper à son curieux regard.
Un luxe qu'il n'aurait hélas plus quand elle aurait retrouvé un corps, mais dont il comptait bien profiter tant qu'il le pouvait encore. Même si, selon toute vraisemblance, elle se montrerait plus posée - aussi infime que soit la différence - une fois en chair et en os, ne serait-ce que le temps de se réhabituer aux sensations allant de pair avec une telle enveloppe.
Cette réflexion eut le mérite de lui épargner une partie de ses vociférations, trop occupé qu'il était par ses propres pensées. Les habitudes lui revenaient rapidement, comme celle d'ignorer ses élans poétiques - si l'on peut dire - pour ne se concentrer que sur les informations pertinentes. Un réflexe nécessaire, estimait-il, à la préservation de sa santé mentale.

« Je suppose que c'est bien lui. » fut-il forcé d'admettre quand elle lui fit part du souvenir qu'elle gardait de ce bon Ghastel. Ce n'était pas un nom courant, même dans leur monde d'origine, et le peu d'éléments fournis entre deux insultes semblaient correspondre à sa description. « Ghastel est à présent le chef de la garde. En tant que tel, je me permets de t'inviter à le traiter avec un peu plus de respect. »

Une nouvelle qui ne risquait pas de la réjouir si c'était là le souvenir qu'elle gardait de lui, mais cela faisait partie des choses qu'elle ne pourrait lui cacher longtemps - d'autant que cela la plaisait théoriquement sous ses ordres, ne lui en déplaise. Non que l'intéressé risque de trouver grand chose à en faire tant qu'elle n'aurait pas repris une apparence plus traditionnelle ; qu'il soit question de manœuvres militaires ou de l'envoyer nettoyer les latrines pour lui faire payer ses offenses passées.
Encore que concernant cette dernière option, ce serait sans doute possible moyennant une aide extérieure.
L'extrême vacuité de ce sous-sol - la pile de vieilleries, si immense soit-elle, n'en emplissait qu'une infime partie - en faisant une chambre d'écho particulièrement désagréable pour la voix de sa subalterne, il entreprit de presser le pas pour remonter à l'étage.

« Pour le reste, je te laisserai en faire toi-même l'inventaire lorsque tu en seras en état. Je t'avoue ne pas garder souvenir de ceux avec qui tu as pu te lier d'amitié. »

Même si la vérité était que la plupart d'entre eux étaient sans doute morts, perdus ou pire encore ; Lucifer avait laissé beaucoup de choses derrière lui en déménageant dans le monde des humains, et n'était jamais retourné les chercher - à supposer qu'il reste quoi que ce soit à récupérer. Et puis, à l'exception des êtres tels que lui, même les démons peuvent mourir de vieillesse ; après tout ce temps, il n'était pas à exclure que ce soit arrivé à certains d'entre eux. De toute manière, il doutait qu'elle ait eu beaucoup d'amis - plutôt des souffre-douleurs, s'il devait parier.
Arrivé en haut des marches, il saisit l'anneau de fer forgé qui tenait lieu de poignée à la porte et l'ouvrit sans plus attendre.

« Quant à mes nouveaux compagnons d'armes... » Ses pensées allèrent vers Garlic et Piccolo Daimao : devait-il les considérer comme tels ? D'ailleurs, pourquoi n'étaient-ils toujours pas remontés des profondeurs du palais ? « ...Tu les rencontreras bien assez tôt. »

Mieux valait ne pas lui donner d'aprioris à leur sujet : elle s'en ferait très bien toute seule et n'avait, pour cela au moins, aucun besoin de son aide. Si elle devait avoir à vitupérer contre eux, quelles qu'en soient les raisons, cela attendrait ; autant que ce ne soit pas au détriment de ses délicates oreilles, que ces retrouvailles inopinées mettaient déjà à rude épreuve.
Et voilà déjà qu'elle se trouvait une autre cause à défendre, qu'il ne chercha pas même à comprendre. Tout cela était trop loin pour qu'il daigne fouiller sa mémoire en quête des quelques bribes qui pourraient encore y rester.

« Inutile de crier, je ne suis pas sourd. » précisa-t-il d'ailleurs, sans grand espoir quant au résultat. « Tâchons de trouver quelqu'un qui convienne, et tu pourras faire ce que tu veux. »

Ce qui, avec un peu de chance, lui permettrait de se défouler et d'être plus calme ensuite un tant soit peu - sait-on jamais. Au moins ne serait-elle pas son problème le temps que cela durerait.
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