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 Promenons-nous dans les bois . . . [PV : Yukko]

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Orrive
Demi-Sayen
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MessageSujet: Promenons-nous dans les bois . . . [PV : Yukko]   Promenons-nous dans les bois . . .  [PV : Yukko] ClockMar 4 Fév 2020 - 16:36
À milles lieux de la civilisation métropolitaine, celle dont on voit s'émanciper les déchets carboniques par delà les territoires sous sa tutelle, celle dont on ouïe le tumulte sanguinaire et encré de solipsisme idéologique - même chez ses fervents et mensongers libéraux - alors même que notre vie est celle d'un vagabond, déserteur ou rejeton, apprivoisant le monde à l'instar d'un ermite ayant assimilé une règle d'or : celle selon laquelle l'humain est le plus stupide en groupe - et bonté divine que ce dernier avait déjà placé la barre très haute même dans la plus pathétique exil - se recueillait le spectacle des sous-doués en conglomération dans une symbiose parfaite en le jeu de l'opposition entre la vie et la mort sanctifié dans une atmosphère d'objectivité et de nihilisme, loin de ce bon vieux et écœurant jeu du chat et de la souris - et où le chat est toujours gagnant par loi de la jungle, une vérité cocasse venant briser leur voile d'impérialisme - en cette misérable civilisation. Misérable, était-elle pour ceux la regardant de loin : les prédateurs terrifiant pour l'homo sapiens mais qui n'atteignent ni le pinacle ni la fondation de sa dangerosité, et misérable encore davantage pour ceux qui l'eurent connu : goûter au supplice du rejet et de l'humiliation publique sans Casus Belli et revenir tel un toutou maté rapportant la balle à son maître est une preuve que la mort intérieur est une punition appropriée pour l'abruti fini quémandeur de sa souffrance. Cette contrariété éternelle et aveugle se fait dans les petites broutilles comme dans les plus distingués débats politiques et philosophiques : les conservateurs n'abandonneront jamais l'idée que la femme doit les servir comme des rois assistés - dénomination les rabaissant qu'ils n'accepteront jamais - merci au milieu ayant vu le jour maudit de leur naissance, et les progressistes ne lâcheront jamais l'idée selon laquelle la femme est un égal de l'homme mais jamais un rival, rebelote, en concordance avec leur éducation. Voici ce qui dissocie l'un de l'autre, et ce qui les rapproche est la phylogénie : les suprématistes occidentaux qui torturèrent, battirent et violèrent hommes, femmes et enfants tribaux sont de la même espèce que les patrons, dirigeants des associations de lutte contre le cancer : l'être humain est une créature capable du pire. Cela, l'homme au cheveu bleu que d'aucuns dévisagent avec sidération du fait de son cosmétique l'a très bien compris. Tenant sur ses bras frileux le combat des deux mondes, il brisa la glace entre lui et l'opposition : c'était un homme relativement ridé, relativement long de taille et relativement horriblement dressé, presque encore plus que le pignouf se dressant face à lui sans aucune forme d'élan de rationalité ; il tenait, quant à lui, et plus littéralement, une petite guitare en bois sur laquelle on voyait davantage la neige et la pourriture que les cordes, ceci expliquerait le mélomane raté qu'il incarne, si l'on était dans une forme quelconque de procès : les sourires dédaigneux adressés à un homme dépité et piteux n'étaient point dans le besoin d'une justification, hélas ! La force  du nombre suffit parfaitement, mais l'interlocuteur hasardeux est seul : il est le seul à porter des cheveux texturés du ciel en début de soirée, il est le seul à porter un accoutrement de clown et il est le seul à ne pas fortifier crédibilité grâce à meute, alors pourquoi diable douter de l'amitié de son sourire ?

« Salutations ! »

Ainsi débuta la conversation.

« Qui êtes-vous ? »

Du récepteur fut la protestation, véritable signe de son humeur fantasmagorique.

« Je suis Corar, un Saiyan. »

Surtout un menteur, devait se dire le misérable au vu de ses sourcils froncés, de sa tête penchée vers la droite et légèrement courbée vers l'arrière.

« Je ne savais pas que les Saiyans avaient des cheveux bleus. »

Un soupir aurait été émis de la part du clampin moyen, mais un long sourire, à la place, se dessinait sur le visage du faquin alors qu'il mouvait son museau, aurait-on juré, de la même façon qu'un renard.

« Une grande gueule, on dirait ; j'aime votre visée normative, cela devrait vous mener loin : j'ai une teinture. »
Tout s'éclaircissait sur le faciès du post-ahuri, même son dégoût se dissipait.

« Écoutez, je vous ai mal parlé, je m'en excuse ; ça ne va pas très bien pour moi en ce moment. »

Avec une moue railleuse, une lèvre inférieure relevée et des paupières plissées, presque pour dédramatiser, répondit-il.

« Je parie que tout ne peut être très jojo pour quelqu'un qui sort jouer de la guitare en pleine tempête. »

Commençant à la ranger avec tout ce qui lui restait d'atténuée force, comme pour se résigner à la vérité émise par l'arriviste, il développa :

« J'y viens : je ramasse tout l'argent que je peux pour sauver la vie de ma fille qui souffre d'une pneumonie. »

Une métamorphose véritable de sa mimique pointait le bout de son nez alors que ce drôle de bonhomme ne mettait les mains dans ses poches comme par désarroi.

« Oh ! Je suis sincèrement désolé, monsieur . . . »

Achevant d'éclipser son instrument dans une boîte noire, longue et de forme adéquate, il déclina enfin son identité :

« Bertrand Gontrand. »

Quand il se releva, « Corar » pouvait voir sur son faciès ayant fait long chemin depuis la fleur de l'âge le mélange morose parfait dilué entre fatigue physique et malheur psychique.

« Vous savez, je sais que c'est très dur à avaler, mais, pour une raison comme pour une autre, une raison peut-être non justifiée, eu-je été annoncé gagnant de la loterie. »

Crachant tout ce qui passait de gazeux en son larynx dans un rire dément, il clama :

« Soit vous vous moquez de moi, soit vous n'êtes pas un prix Nobel : quoiqu'il n'y a nulle besoin de l'être pour comprendre la stupidité de votre affirmation. »

Baissant le regard telle un émanation de la honte, il tâta :

« Je savais que c'était stupide de ma part, je voulais juste sacrifier les pièces que j'ai reçu sans mérite sur l'autel d'une bonne cause. Peu importe, excusez le dérangement. »

Conclut-il dans un retournement prêtant à penser qu'il dégageait de la vision du père pour de bon.

« Attendez ! Bien évidemment que j'accepte votre proposition, je ne perds rien à vous faire confiance. »

Un grand sourire remplaça son expression grondée.

« Superbe ! Je savais que vous étiez de la graine des champions, suivez-moi. »

Alors marchèrent-ils, scrutant de l'œil leur droite et leur gauche à chaque passage au milieu des routes, d'autant plus que la nuit noire menaçait de s'abattre sur la pinède de Satan-City. Puis marchèrent-ils encore, une fatigue sur le dos du plus malheureux, voilée par son ardeur, certes ; mais une ardeur qui s'éclipsait à chaque passage dans les infinies et grouillantes artères de la métropole. Après quoi, rien de nouveau sous le soleil, marchèrent-ils, mais cette fois celui qui ouvrait la marche comme le lourd de la bande s'avançaient d'un pas avertis ; au milieu des pins sauvages et au détour de chaque buisson, les monstres étaient de sortie : sangliers, ours et serpents, même, ne demandaient qu'à en découdre avec pléthore. Subséquemment - et il vaut mieux tard que jamais - leur chemin du salut s'acheva devant une cabane en bois de chêne et dont les protagonistes pouvaient sentir la chaleur de réconfort et d'accueil émanant de la cheminée.

« Qu'est-ce qu'il est bon d'être chez soi ! »

Effectivement fut-il bon de mener ses efforts à échéance et de croquer à pleine dent la pomme d'énergie et de confiance que constituait la sérénité, dés lors arrivé à résidence : celui qui n'a guère de toit n'a, d'aucune manière, quoi que ce soit d'autre, fut-ce t'il un toit de bois, rongé par les termites et abîmé par le poids de l'âge, menacé par la pluie battante ainsi que par la coléreuse mère Gaïa ; d'aucuns n'ont pas d'exigences aristocratiques. Ainsi, s'affranchissant le portail en mauvaise écorce, non sans un bruit similaire à celui d'une poutre menaçant de s'écraser, « Corar » et Bertrand Gontrand, le musicien de dévotion, s'abritèrent de la folie des regards noirs, des grognements de la faune et de l'orage punitif. Soupirant dans un soulagement compréhensible et spontané, Bertrand Gontrand ne se fit point prier pour se jeter sur le canapé, tan pis pour son épouvantable qualité, tan pis pour la blatte qu'il vint à déloger des matelas rouges foncé et qui menaçait de lui déchirer son ersatz de tenue.

« Vous pourriez faire le ménage de temps en temps ! »

Faisant suite à la boutade du guitariste résolu dans sa quête pérenne de maintien de la cohésion familial, un court mais intense fou rire est partagé au sein du duo alors que « Corar » ouvrait le plat déjà posé depuis l'on ne sait combien de temps sur la table ronde séparant les deux transats.

« En vérité, je le fais tout le temps ; à chaque ville où je vais j'essaie de purifier un-peu les environs. »

Une vapeur d'eau décolle de la nourriture, étouffante et trop voyante, il faut une bonne fraction de secondes pour que le père ne puisse, à la dissipation de ce gaz belliqueux, discerner ce qui lui fut concocté en même temps que le propriétaire du domicile ne s'assoie de l'autre côté. C'était un gigot rôti servi sur un lit de tomates tranchées en fines rondelles.

« Les légumes sont un supplément, je comprendrais que vous rejetiez les idéaux du fascisme Végane, à l'instar de mézigue. »

Avec une formation faciale décrivant une certaine inquiétude, Bertrand Gontrand rétorqua :

« En vérité, c'est davantage la partie prédatrice qui me repousse, la viande n'est pas trop mon genre, mais je peux faire des concessions pour quelqu'un qui s'apprête à me donner le coup de main du siècle. »

De sa seule main disponible - l'autre étant trop occupé à s'accouder au canapé - il attrapa fermement le bout de viande avant de le sentir, affichant un visage agréablement surpris qui explique le peu d'hésitation qu'il met avant de prendre la première bouchée.

« Je pense que la viande est le genre de tout le monde ; il suffit juste de tremper le repas dans un bon jus avant de s'en sustenter, ou même de se suffire de celui que lui a, de base, légué mère nature. »

Suite à cette discussion, Bertrand Gontrand mâcha un bout après l'autre, le regard de « Corar » rivé vers lui ; il n'était pas chose abrupt que de deviner l'empathie qui prenait son corps alors qu'il avait, de son côté, l'eau à la bouche, mais pour une raison comme pour une autre, ses pupilles étaient davantage fixées en direction de son nouvel ami que sur la nourriture de laquelle il se régale.

« Pour tout vous dire, vous m'avez un-peu troublé. Rares sont ceux à s'aventurer au beaux milieux des bois, véritables nids à loups et à charognes, avec quelqu'un qu'ils ne connaissent ni d'Eve ni d'Adam. »

Finissant de se délecter de son bout d'animal décédé,  il rétorqua.

« Pour sauver la vie de mon enfant, je ferai l'absolue intégralité des concessions possibles et imaginables. »

Un raclement de gorge, comme une fierté que de voir un être humain aussi valeureux de la part de « Corar » est émis par ce dernier, avant qu'il ne poursuive.

« Vous savez, je connais la douleur de perdre une amitié que l'on croyait éternelle. Il y a un an de cela, j'ai été envoyé en mission par la patrouille temporelle : un malade mental avait mis en danger les réalités en essayant de devenir le premier Super Saiyan de la légende. J'y suis allé avec mes soldats, ces loups fous se sont battus bravement, jusqu'à ce que je ne reçoive le rapport du . . . »

Une longue inspiration coupa le débit de son contage, alors qu'il avalait sa salive et que Bertrand Gontrand ne constatait, non sans pitié, le blanc des yeux de l'homme aux cheveux bleus s'injecter de sang.

« Nombre de petits gars tombés dans la bataille. »

Un silence glaçant et sinistre s'installa dans la déjà si calme petite cabane en bois.

« Je suis sincèrement désolé. »

Il compressa ses lèvres, comme pour évacuer la peine, avant de continuer.

« Les loups sont des créatures plus évolués que tous les humains que j'ai rencontré, présente compagnie incluse. »

Se fit entendre, après cette phrase, le bruit d'un gloussement amusé ; enfin un ! Il en était de même pour les cordes vocales de Bertrand, juste avant qu'il ne rétracte sa tête en fermant les yeux.

« Je suis désolé, je ne me sens pas très bien. »

Il tremblait un-peu, il suait, aussi : il hurla à l'agonie en tenant son manteau à l'emplacement où se trouvait son cœur jusqu'à risquer de déchirer sa chemise. Il grinçait des dents et susurrait quelques bribes de mots, les seuls dont il était capable.

« Qu'est-ce que, qu'est-ce que vous . . . »

Un long sourire, une véritable crevasse s'ouvrant sur une dentition carnassière dont le blanc était minoritaire dans un amas jaunâtre de pourriture et de caries se dessinait sur le faciès dément du menteur, juste avant que Bertrand Gontrand ne s'écrase avec force sur un parquais manquant de se briser pour laisser les deux protagonistes arriver au sous-sol à leur insu.

« Tout ira bien, tout ira bien, gibier. »

Le comblé « Corar » se tortilla un-peu, comme pour s'étirer et s'expulser de son canapé, après exécution, il releva un-peu ses bras au niveau de son visage et se mit à mimer un applaudissement, non sans un bruit plus discret. Après cela, il s'avança vers le corps inerte de son pauvre copain, s'agenouillant pour arriver à son niveau et approcher son visage de sa gorge. Puis, non sans prendre une grande inspiration, il ouvrit sa bouche, laissant davantage voir toutes ses dents : des plus manifestes, aux moins avouées, elles s'installèrent toutes sur un épiderme qu'elles tentèrent sans mal de creuser dans une ébullition sanguine d'extase pour le tortionnaire.  Se délectant un-peu chaque seconde du jus de groseille qui s'offrait à ses papilles gustatives, il dut se résoudre à trouver une autre source d'alimentation après que l'anémie n'ait planté son drapeau sur Betrand Gontrand ; alors il retira brutalement son visage pour déchirer une bonne partie de la jugulaire du père qu'il avala sans même s'ennuyer avec les formalités de la mastication. Il répéta l'opération, il ne semblait plus pouvoir s'arrêter, il tremblait d'excitation alors que sa langue n'était toujours coincée entre ses gencives, le gorgeant du pourpre sanguin s'étant fait texture de ses babines, sa salive se joignant à la mélasse d'hémoglobine pour couler à l'instar d'une cascade qui pousserait davantage son haut dans les extrêmes du répugnant. Après s'être repu, il tâta au cadavre :

« Dieu que cela m'avait manqué, le goût des êtres de chair et puis d'os. »

Attrapant l'organisme privé de vitalité tel un nourrisson que d'aucuns porteraient dans leurs bras, il effectua quelques pas en direction du tapis : un tapis qui, pour mettre davantage en rogne son perfectionniste invité, fut du sang de sa victime entièrement taché ; qu'à cela ne tienne, il le repoussa de son pied puis, partant rouler, le revêtement de sol n'était plus un obstacle entre « Corar » et la petite plaque fermée en dessous de lui. Habilement ouverte, elle permit à « Corar » de s'agripper à l'échelle, tel un rat d'un unique bras, et de s'enfoncer dans le sous-sol : en contre bas fut-il accueilli par les habituels murs de faïence et marqué dans l'essence de vivant qui couvraient encore davantage le plan de cuisine lui faisant dés lors face ; ce fut sur ce plan que Bertrand Gontrand fut posé.

« Loin de moi l'idée de critiquer ton goût, mon bon vieux Bertrand, mais il ne faut pas abuser des bonnes choses. »

Attrapant un crochet qui pendait du plafond, il l'ancra dans l'épaule de sa victime ; un bruit visqueux caractéristique du sectionnement en deux parties du muscle se faisait ouïr alors que, simultanément, s'approchait-il d'une chaîne située de l'autre côté de la pièce. Au même moment, le téléphone de Bertrand Gontrand se mit à sonner, comme pour interrompre ce moment privilégié entre les deux amis.

« Quelqu'un s'inquiète pour Bertrand ! »

Chantait-il dans une prosodie d'opéra. Le téléphone n'eut de cesse de vibrer.

« Cela fait du bien de savoir que quelqu'un en a quelque-chose à foutre de notre existence, n'est-ce pas ? »

Tirant la chaîne, le corps inanimé s'élevait vers les cieux. De son côté, « Corar » s'approcha du téléphone qu'il prit avant de décrocher.

« Qu'est-ce que tu fais, Bertrand ? Je t'attends depuis ce matin ! »

 Écoutant les belles paroles de l'interlocutrice, il répondit en conséquent.

« Bonjour, j'ai trouvé Bertrand ; mes sincères excuses pour la mauvaise nouvelle. Il longeait le sol au milieu de la pluie, je l'ai naturellement ramené chez moi : il est infirme, pour l'instant, il apprécierait vraiment que vous veniez le voir dans ma modeste cabane ; elle se trouve dans la pinède à l'est de la capitale. »

Horrifié, très certainement, madame répondit :

« Est-ce que c'est une blague ? Merde, dites lui qu'on arrive ! »

Raccrochant sur le champ et jetant le téléphone qu'il brisa sous le poids de sa chaussure pour éviter d'éventuels traçages, il déploya tout son appareil respiratoire dans un rire dément et singulier. Félicité nutritive atteinte et tel tout loup qui se respecte, il faisait davantage des réserves pour l'hiver qu'autre-chose. Il quitta son abri sous-terrain et s'aventura en dehors de sa tanière pour attendre les mouches dans la toile de l'araignée, non sans se jeter sur une petite chaise en bois à quelques pas de l'entrée.

« Deux pour le prix d'un ! »
Yukko
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MessageSujet: Re: Promenons-nous dans les bois . . . [PV : Yukko]   Promenons-nous dans les bois . . .  [PV : Yukko] ClockMer 5 Fév 2020 - 3:56


Bien loin des préoccupations de l’Horrible, sur le distant mais non moins éminent monde azuréen de Dösatz, pittoresque capitale touristique du macrocosme et conurbation rassemblant toutes et tous à l’occasion d’un événement sportif majeur, l’astre solaire commençait à s’effacer sous l’horizon. Affalée sur l’un des nombreux bancs mis à la disposition des prolétaires qui parsemaient le fameux jardin public de la mégalopole cosmopolite, Yukko profitait de la fantasmagorie qui s’offrait à elle entre deux gratte-ciels, charmée par ce là-haut crépusculaire qui inondait l’immense cité de son teint safrané. La gamine peinait toutefois à profiter pleinement du moment; ce munificent spectacle naturel se voyant rendu amer par l’affliction qui serpentait le corps de la martialiste, un fâcheux souvenir de sa dernière joute en date en tant que participante du tournoi de la planète éponyme. L’affrontement dantesque contre son concurrent à la force divine avait laissé la demoiselle dans un bien piètre état. Ses efforts lors de ce quart de finale avaient réduit ses bras à un état proche de la consistance du pudding et elle fut atteinte d’une hémorragie si démesurément importante que même l’auréole qui trônait au sommet de sa jolie bouille manqua de finir dans l’au-delà. Son rafistolage fugace, quelques bandages apposés de façon hasardeuse sur ses membres meurtris supportés par une attelle improvisée, ôtait à la tête blonde toute expectance d’une cure rapide mais le temps qu’elle ne perdait pas à paresser dans un lit d’hôpital, selon elle, bien la peine de se priver de la médication experte d’un professionnel.

Car le temps lui était compté. Décédée depuis quelques longs mois déjà, seules les bonnes grâces du juge résidant au Poste des frontières permettaient à la jouvencelle de s’aventurer par-delà de l’au-delà, et ce pour une durée d’un jour uniquement. Une échéance qui arrivait prestement à terme. La Super Saiyan qui pensait profiter des longues avenues et belles venelles de la localité pour se dérober à ce tourment tant physique que moral qui lui fut infligé lors de sa défaite, et ainsi épargner son fragile mais ô si essentiel égo, n’avait aucune idée de l’aventure loufoque qui l’attendait. Un enchaînement de mauvais choix et de coïncidences malheureuses subséquentes à sa rencontre avec le Roi des guerriers de l’espace et voilà déjà que les ennuis se multipliaient sur son dos. Point le temps de dire “ouf” que déjà Yukko se retrouvait encore obligée à se livrer à une suite de combats éreintants. À peine ce souvenir peu lointain se frayait-il un chemin jusqu’au las esprit de la demoiselle qu’un râle incongru s’échappait du coin de sa bouche, peinée par la douleur qui serpentait ses deux bras. L’endorphine que produisait naturellement le corps lors d’efforts importants permettait à l’adolescente de ne pas s’écrouler sous la tourmente dans le feu de l’action mais maintenant qu’elle était au repos, le contre-coup n’en était que plus douloureux. Cela dit, et même si l’excès d’action auquel elle fut confrontée lors de ses courtes déboires avec Pythar avait ruiné tout espoir de répit, cette aventure aussi grossière qu’atypique avait au moins eut le mérite de lui changer les idées.

À la suite de ses péripéties insolites aux côtés du monarque, la gamine couetté avait eut vent, non sans tirer de l’oreille pour attraper quelques mots d’une conversation qui ne la regardait aucunement, d’un vent de terreur ayant soufflé sur la planète Terre. Le bruit qui courait était celui d’un ravage causé par une catastrophe qui n’avait rien de naturel, un triste et quelque peu dubitable tribut, rendu malheureusement plus probant par la popularité de l’information qui atteignait jusqu’aux écrans géants qui jonchaient les façades des plus hauts buildings. Un véritable choc pour la jeune femme dont le coeur fit mine de manquer une pulsation salvatrice. Elle qui y avait grandi refusait de croire que les irrésistibles guerriers qui y résidaient auraient pu échouer à préserver l’intégrité de leur civilisation. Défiant la réalité, Yukko comprit vite qu’il ne lui restait qu’à s’y rendre afin de constater par elle-même la véracité du communiqué malheureux. Ce fut rapidement chose faite grâce à sa maîtrise intime du Shunkan Idō, grâce auquel la Super Saiyan pouvait se mouvoir d’un corps céleste à l’autre en moins de temps qu’il n’en fallait pour le dire, tant seulement qu’il s’y trouvait une forme de vie dont elle pouvait user des émanations d’énergie afin de se guider. Et ces dernières, au grand désarroi de l’Artiste Martiale, étaient sur Terre plus rares et éparses qu’à l’accoutumée, signe que le désastre qu’elle redoutait avait bel-et-bien eu lieu.

Baignant dans le ciel nébuleux et constellé d’intempéries d’une rare violence, il ne suffisait à Yukko que de poser son exubérant regard sur les trop nombreuses étendues désertiques, vestiges d’agglomérations densément peuplées, pour reconnaître que les reportages alarmistes des médias extra-terrestres ne dépréciaient en rien la factualité de la désolation. Venue d’une lointaine temporalité, seule la technicité de son existence, qui appartenait à une dimension sans lien avec celle-ci et impliquait par conséquent que cette Terre n’était pas véritablement le monde natal de la jouvencelle, empêchait à cette dernière de fondre en larmes. Plutôt, c’était animée d’un désir inquisiteur qu’elle poursuivit son envol à la recherche de quiconque capable d’éclairer sa lanterne. Là où, il aurait sans nul doute été plus sensé de se rendre vers l’une des conglomérations d’énergie vitale où, tant bien que mal, les survivants de la calamité s’ordonnaient dans un semblant de civilité, la gamine aux épis ocrés prit une toute autre décision afin de permettre à ce sujet d’avoir lieu.

Ainsi fut-elle mené sur le sentier de chasse du plus perfide des prédateurs, celui dont elle ignorait tout sinon l’appartenance à la race des fiers guerriers de l’espace, un détail rendu évident par la nature de l’aura que dégageait l’inconnu vautré sur son fauteuil de futaie. Quêtant l’information à tout prix, Yukko fit le choix potentiellement délétère de solliciter le zigoto, sa Danse de l’air la menant droit devant le porche de la très humble demeure de ce dernier sous une abattée à même de plier les plus mastards parapluies à sa merci mais qui ne parvenait pas même à bouter la martialiste. Immédiatement agressée par l’apparente décadence physique du repoussant gaillard qui avait manifestement cessé de s’encombrer des normes de tenue si proches du coeur des Hommes d’aujourd’hui -mais rendues possiblement obsolètes par le présent cataclysme-, la jouvencelle fit tout-de-même l’effort de présenter à son futur interlocuteur un sourire des plus complaisants, bien que visiblement garni d’une touche d’anxiété on-ne-peut-plus excusable pour quiconque venant de découvrir le piètre état de la planète bleue.

« Osu. Saluait-elle d’un ton typiquement oriental sans la moindre trace du respect traditionnellement si cher à ce peuple vieillissant. Elle poursuivit, non sans une certaine méfiance, sachant les Saiyans dont le repoussant semblait faire partie capables de causer des dommages d’une telle échelle. À tout hasard, tu ne saurais pas ce qu’il s’est passé ? »

« Il suffit que je m’absente quelques jours pour que la Terre se retrouve en ruine. Je t’avoue que ça m’emmerde pas mal. »
Orrive
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MessageSujet: Re: Promenons-nous dans les bois . . . [PV : Yukko]   Promenons-nous dans les bois . . .  [PV : Yukko] ClockJeu 6 Fév 2020 - 19:19
Dubitatif, les amas gazeux tantôt solennels par l’immaculé de leur revêtement tantôt insolents par leur existence impérieuse et volatile dans sa délimitation spatiale draconienne - doublée d’une résolution de « maître de la nature » - mais temporellement éphémère, rendaient-ils le faciès encré d’yeux rouge sang à des kilomètres de leur fanfaronnade. Insolemment volatiles, furent-ils puisque à l’instar d’un nourrisson rêveur, et à la vision de ces immenses merveilles de mère Gaïa qui apparaissaient, à s’y méprendre, être de géantes barbes à papa – un syntagme nominal que le pignouf se serait plu à utiliser pour les décrire – l’homme aux cheveux bleus semblait dans un état d’absence hypnotique à la vue de leur majesté. Si espion, le campeur de passage aurait juré l’entendre se raconter à lui-même, dans un plaisir trahi par son sourire ahuri, les nombreuses nuit passées à regarder les étoiles avec son « monsieur Croc » : en fait, ce pathétique – si tant est qu’il existe – délateur cernerait que le mendiant émotionnel isolé du monde physique vivant par des hectares de territoires coupés du monde se lamentait davantage de leur présence que ne rejoignait leur dithyrambe. À la place, il s’imaginait pléthore d’aurores boréales animant les festins et illuminant le destin de l’australopithèque et de son canidé, des étoiles miroirs de ceux apportant plénitude à ses grands yeux gonflés de nostalgie. Pour autant, son espion n’existait pas en ce sosie de l’île Devon, bien qu’il l’aurait invité élégamment pour des raisons évidentes de complétion sociale et d’enrichissement personnel grâce à un humain certainement passionnant à se lier d’amitié avec ; mais peu se risqueraient à pénétrer un cloaque puant au milieu de bois tressés durcissant une éventuelle fuite en cas de dérapage. Ils auraient raison, même son propriétaire se disait : qui diable a envie d’habiter dans un substitut de studio au milieu de la cambrousse, d’autant plus quand ses constituants sont des morceaux de bois à peine taillés et dont les proportions étaient si mal calibrés que l’on jurerait avoir vu un rat s’introduire entre deux de ses planches murales ? Un être encore davantage répugnant, semblerait-il. Au-delà de ses bavures claires, les finitions de la caverne construite étaient épouvantables : se mettant sur le toit, il n’est pas difficile de constater la pluie se faufilant à l’intérieur de la bâtisse ; si l’explorateur n’est pas déjà tombé avec ce plafond de pacotille, tout du moins. En contrebas des centaines et des centaines de petites choses rampantes se mouvaient et la mélasse boueuse en fit de même, creusée avec honte par les créatures visqueuses qui n’avaient d’yeux que pour une cachette sous terre ou pour s’en extirper et rejoindre leur simulacre de vie ; elles apparaissaient fiers dans leur tendance à se coller aux fondations de la petite cabane et raccourcir encore davantage sa durée de vie, personne n’approcherait de plein gré d’une telle porcherie.

« Et pourtant . . . »

Une énergie, comme une sur un million, gagnant au change de la prétention agressive en ce désert de faune et de flore – et rendant le « m’as-tu vu » de sa présence caduc – au mieux envoyait balader et au pire décimait les particules d’oxygène sur son sillage alors qu’elle ne hurlait dans les octaves d’un avion de chasse son agilité en plein vol : la vitesse sonique manqua de boucher l’une des oreilles du pignouf se contentant, quant à lui, de ce bon vieux terroir tenancier de toute la paix que pouvait rechercher les vagabonds solitaires à l’instar de sézigue. Malgré tout, il ne put s'empêcher de la scruter, cette créature se pavanant dans l’air, rappelant davantage une feuille morte transportée au gré du vent par le concours de circonstances alors que son regard vide ne dévisageait les étendues pétrifiées dans les cendres funestes des petits patelins comme des centres névralgiques desquelles se complaisaient civils citoyens comme campagnards de passage. Elle semblait se rapprocher de la deuxième catégorie car, atterrie, exhiba-t-elle l’étendue de son cosmétique : c’était une jeune fille aux cheveux d’or – merci à sa métamorphose connue de petits et grands – caressant les airs comme des branches d’arbres célestes et dont le prestigieux jeu de danse détenait comme point de départ une tête brodée dans un tissu d’inquiétudes qu’elle tenta de dissimuler, par protection pour son crédit, grâce à une désuète force d’esprit. Son haut ressemblait, à s’y méprendre, à celui d’un moine dont les souvenirs autant que l’épopée fut plus que ne sera – en particulier si elle venait à faire l’erreur de sa vie en cette région aux antipodes de la masse métropolitaine – dense en aventures chimériques. Son, au vu du regard qu’elle lui porte, déroutant interlocuteur, était, semblerait-il, biens moins distingué : il avait un visage pâle et faiblard sur lequel à peine voyait-on un muscle que se remarquait une dizaine de creux et qui semblait se peindre d’une joie rare et réelle à la vue d’un vivant comme lui ; vivant de l’intérieur, tout du moins, car en observant avec davantage d’attention, il était chose aisée de constater l’immobile de son situationnel : la chaise sur laquelle il était assis ne tenait qu’à la merci de deux modérément proportionnés cercles et qui se collaient à elle par leur épicentre. Ce dernier était relié aux roues grâce à quelques planches en bois dont les fissures étaient aussi manifestes que pitoyables. Quand ce dernier se retournait, abandonnant la vue des cieux et de leur piété, et ce avec une laborieuse lenteur, l’on pouvait entendre un bruit de grincements produit par le frottement entre les roues fragiles et le plancher calamiteux.

« Salutations, commençons par les présentations, voulez-vous ? Je m’appelle Ringo ; pour beaucoup, ce nom semble directement sortir d’une mauvaise comédie, mais je l’affectionne particulièrement, je dois dire. »
Répondit-il dans une diction parfaite, point d’échappatoire médiocre pour les liaisons et la phonétique n’y avait-il alors qu’il afficha un sourire discret qui ouvrait un tantinet sa mâchoire.


« Pour répondre à votre question, je ne me suis pas contenté de savoir : j’ai vu, entendu et vécu les atrocités qui se sont passés sur Terre. Mais tout d’abord, il serait plus agréable si vous vous asseyez sur la chaise, là-bas ; de plus, le fait de vous regarder de ma hauteur est un calvaire innommable. »

D’un gloussement ponctua-t-il cette boutade, poussant dans ses derniers retranchements la pression qui incombait la demoiselle que de voir ses repères effondrés.

« Il y a un an, une guerre éclata entre les forces des plumes noires et de l’armée Saiyan. Les demi-Saiyans comme moi étaient considérés comme une denrée rare par les officiers merci à notre potentiel qui créerait rapidement de grands combattants. Malheureusement pour eux, j’ai refusé de me joindre au combat, ayant déjà vu l’étendu de la cruauté des Black Feathers, des démagogues fascistes m’ayant brisé les jambes : c’est à compter de ce jour que je suis incapable de quitter cette bicoque maudite, je ne me sustente que grâce à la nourriture commandée sur la toile, mais au vu de son dysfonctionnement prématuré et qui ne semble guère en finir, il m’est sûr que ce soit fini pour ma peau. »

Il soupira un-peu en plissant les paupières, comme si le choc psychologique dépassait l’handicap physique acquis et tourmentait toujours son esprit.

« Quand les bombes, placées depuis le début de sa montée au pouvoir par le suprématiste Seishiro Kasai dans toutes les villes, ont explosés, ne laissant plus des agglomérations résidentielles ou économiques que des cimetières, je me savais incapable de faire quoi que ce soit contre cette finalité. »

Il évita la demoiselle du regard, un message non-verbal témoignant de sa honte.
« Mon maître, paix à son âme, ne m’a jamais enseigné à me battre : il pensait que les mots et la diplomatie étaient capables de régler tous les conflits idéologiques. Je suis en rogne du fait que je ne puisse plus lui demander conseil en des temps aussi épouvantables. »

Se ressaisissant, et ce en agitant sa tête dans toutes les directions, il reprit.

« Il me disait : si tu manges, tu meurs, alors partage ta nourriture et meurs. Puis-je donc me permettre de vous inviter à partager un repas avec moi ? Je sais qu’il n’est pas chose attirante que de pénétrer ma demeure, mais croyez-moi que si j’étais en mesure d’offrir davantage de confort à ceux que j’invite, je le ferais. Pour l’heure, sachez que je me sens très seul : je sais que c’est pathétique de dire ça, mais ça me ferait vraiment plaisir si vous pouviez rester un moment pour discuter avec moi, qu’en dites-vous ? »


Dernière édition par Orrive le Sam 15 Fév 2020 - 21:46, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Promenons-nous dans les bois . . . [PV : Yukko]   Promenons-nous dans les bois . . .  [PV : Yukko] ClockVen 14 Fév 2020 - 3:26


Entre les innombrables étendues délabrées qui jonchaient la surface meurtrie de ce monde en perdition et l’obscurcissement céleste total à l’origine de ces giboulées déferlantes de véhémence, le hasard avait œuvré à rendre l’horizon aussi apocalyptique qu’il ne le pouvait, étalant un tableau à la hauteur du cataclysme que la planète avait essuyé. Battant de toute force sur son tricot ruisselant, cette pluie torrentielle n’était pourtant que la moindre des menaces face à cette réaction naturelle d’aversion qui manquait de prendre le pas sur le faciès de la jouvencelle, elle qui se retrouvait nez-à-nez avec ce Saiyan qui n’avait de guerrier que l’aura. Il ne semblait guère nécessaire de s’attarder plus longuement encore sur la dégénérescence physique de l’ascète lui faisant face; seul importait à la gamine la véracité des explications que celui-ci pourrait lui fournir, si tenté qu’il en soit seulement capable.

L’inconnu, entre deux chavirements de sa selle de mort-bois, se permit de reprendre la demoiselle sur ses piètres manières, elle qui n’avait pas prit le temps, ne le jugeant que peu nécessaire, de se présenter. Déroutée par cet appel au savoir-vivre, que d’aucuns trouveraient bienséant mais rendu décemment inopiné par le poids des circonstances, Yukko balbutiait quelques mots en retour à cette préface impromptue. Non pas qu’il existait un cas où la gamine penserait à s’attarder à ce genre de politesses, sauf auprès des personnalités les plus éminentes du monde des Arts Martiaux.

« … Yukko. »

Mais parce qu’entendre la jeune femme ânonner son doux sobriquet ne suffisait apparemment pas à Ringo, ce dernier lui proposa, par le biais d’un dialecte autrement surprenant venant d’un personnage aussi peu décrotté, de prendre place sur l’une des chaises de son gîte. Un artifice on-ne-peut-plus superflu selon la demi-Saiyan dont la patience arrivait lentement mais sûrement à bout, mais s’il s’agissait-là de la seule, et surtout dernière, condition émise par l’ermite afin que ce dernier ne puisse lui délivrer les renseignements tant convoité, elle pouvait bien accéder à sa requête. L’âcre mélodie orchestrée par la charpente faiblissante du siège qui lui fut indiqué suffit à arracher une grimace piteuse à la fillette. Loin d’elle le souvenir de s’être un jour assise sur une escabelle d’une si lamentable qualité, manquant de céder sous la charge du corps vaillant mais nullement burlesque de la galopine. Chagrinée, elle n’en était pas le moins du monde surpris; à l’aune de l’état déplorable du logis de Ringo, la martialiste n’attendait pas beaucoup plus de la part de cette chaise que de remplir sa plus basique fonction, et même cela n’était chose gagnée.

Enfin, le récit catastrophique de la dévastation de la Terre pu lui être conté. Une fable se voulant apitoyante, en accord avec la condition déplorable du physique de Ringo comme de celui de son logement, à milles lieues cependant d’évoquer la moindre miséricorde chez la tête blonde. Elle qui n’était point du genre compatissante n’avait par surcroît pas l’humeur à s’apitoyer du sort d’un seul homme quand c’était la planète toute entière qui avait dû subir le courroux de l'infâme Seishiro Kasai. Plutôt que de prendre part à l'opprobre de l’infirme, le visage de l’adolescente se voyait marqué d’une certaine irritation, animé d’une bouillante colère à l’égard de la tête pensante des Black Feathers. Elle ne s’était jamais opposé à eux, les jugeant inoffensifs, à tort rétrospectivement, et certainement incapables de faire plier le genou aux grands champions de la Terre, et encore moins à l’armée Saiyan.

« Des bombes. L’enfoiré. Il avait trop peur de se battre à la loyale et a préféré faire payer à la planète entière le prix de sa faiblesse. »

Poursuivant sur une mention de son défunt mentor, Ringo évoquait son incapacité à prendre part au combat. Un gâchis pour un demi-Saiyan, ceux-ci étant généralement doué d’un pouvoir latent sans commune mesure.

« Je sais pas pour ton maître mais si tu veux mon avis, les mots ne suffisent pas. Pourquoi s’embêter à négocier si tu peux prendre tout ce que tu désires par la force. C’est ce que tout ces mégalomanes se disent; les compromis, c’est pour quand tu ne peux pas imposer ta volonté. »

Mettant un point final à son résumé, auquel Yukko n’avait d’autre choix pour le moment que de croire, car elle savait l’alliance de la Plume Noire incapable de défaire les guerriers Z autrement que par fourberie, l’ermite ne put s’empêcher d’inviter la fillette à partager avec lui sa pitance, engendrant un début de grimace froissante de la part de la martialiste. Elle ne pouvait qu’imaginer que la qualité de la nourriture de son hôte serait en juste accord avec le délabrement aigu de sa bicoque, sans oublier qu’il avait lui-même mentionné que son handicap l’obligeait à dépendre de commandes sur internet et, au vu de l’état actuel de la Terre, il y avait peu de chances qu’il dispose du premier choix. En outre, la Super Saiyan n’avait pas faim, et l’auréole qui ondoyait par dessus son épaisse touffe d’épis, témoignage de son statut de visiteur de l’au-delà, impliquait que le temps qui lui restait dans ce monde était limité. Ainsi, et s’il aurait été plus civil de partager ces quelques instants avec l’invalide, la jouvencelle ne put qu’objecter les dents serrées.

« Désolée, mais je ne peux pas rester avec toi. Merci d’avoir bien voulu prendre de ton temps pour m’expliquer la situation mais malheureusement, le temps c’est bien ce qu’il me manque ! Et puis, je pense que ta nourriture te sera plus utile à toi qu’à moi. Bye ! »
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MessageSujet: Re: Promenons-nous dans les bois . . . [PV : Yukko]   Promenons-nous dans les bois . . .  [PV : Yukko] ClockMer 19 Fév 2020 - 19:08
Dans une pensée diffuse et en le cadre d’une échelle partant de la stature d’un pignouf errant à celle d’un aristocrate suffisant englobant hommes, femmes et enfants, ces derniers étaient confondus depuis la nuit des temps avec leurs congénères d’infamie expansionniste et totalitaire : quand hurlaient au satellite de mère Gaïa les dessins de béhémoths bêtes, c’étaient leurs desseins de chasse mortuaire qui inquiétaient les êtres. L’ombre de leur ongle invoquait éclipse pour sybarites comme artisans et pourtant l’ultérieur de leur existence ne fut jamais moins obscur qu’en ces mausolées résidentielles ; ils pouvaient presque lire la date de leur enterrement – s’ils ne seront jetés dans des fosses communes merci à la surcharge en cadavre qu’avait exigé le génocide – dans le magma coulant les rues et imbibé de la teinture de toutes les roses avec lesquelles pratiquaient la célébration de leur victoire ces titans de mépris et de suprématisme. Insaisissables, paraissaient-ils pour les vétérans ayant croisé le fer avec le sadisme personnifié et holistique pour tout vivants : un seul car au carrefour de chaque trachée déchirée et dont l’essence fut bu et apprécié comme l’on se délecterait d’un bon verre de jus en pleine journée d’été, l’unicité de leurs cris était jumelée avec une congrégation sans bavure ; quand l’on entendait deux, dix ou vingt primates draconiens produire pléthore de manifestations langagières ayant pour seul référentiel une satanée raillerie sadique, l’on pourrait jurer que ce cri de guerre ne provenait que d’un seul appareil respiratoire, n’avait pris forme qu’à la merci d’un seul larynx et avait été articulé par des cavités supra-glottiques s’inscrivant dans un organisme unique. Dans un tel contexte, il fut facile de penser que l’apothéose dans les rapports de force de ces dégénérés serait une épouvante, hécatombe sanctifiée dans les larmes et les cris des mourants innocents ; à contre-courant de la pensée venait s’affirmer le guerrier d’or et de lumière – celui qui triompha de l’impérialiste méprisant pourpre et opalin – comme instrument de la justice ; c’était l’idole des guerriers de l’espace et de leur nouvelle idéologie pimpante : celle de la pénitence éternelle. En vérité, et aussi résolu que ne soit leur quête de puritanisme, rien ne rendrait crédible leur apocryphe sainteté aux yeux du menteur : ses atours distinctifs dans leur laideur surinait le regard de la jeune dame dans l’invocation d’un mélange de stupeur et de curiosité appelé dégoût. Il pouvait presque l’entendre médire à son égard si l’hypocrisie la caractérisant ne s’était pas faite maître de sa pensée ; et pourtant, au diable la politesse quand il s’agissait de s’intéresser à l’autre, cet autre à qui elle dévouait pourtant et paradoxalement corps et âme dans sa défense, cet autre à qui elle fermait machinalement la marche, sacrifiant amour propre et ambitions sur l’autel de sa félicité ; en ce sens, l’ermite la questionna-t-elle à chaque parole de souffrance mais survivante qu’il lui adressait : n’était-il pas, lui aussi, un de ces autres ?

Non, lui répondit-elle, quand elle se résigna à l’abandonner à son sort au milieu des pins morts et en surnombre ; il se maudissait à cet instant-là puisque, tel un idiot, eut il commit un déterminant faux pas : celui d’assurer n’avoir qu’assez pour passer l’hiver, juste avant de l’inviter à partager ses maigres réserves qu’il ne pourrait plus se procurer à cause du climat politique délétère résolu sur terre. Il pouvait presque la voir viser les nuages dans son envol, s’il n’avait pas eu la présence d’esprit de lui bricoler un nouveau et pimpant prétexte.

« En fait, Seishiro Kasai voulait le beurre, l’argent du beurre et le cul de la crémière ; passez-moi l’expression. »

Inspirant lourdement et ce comme pour se préparer à conter davantage de ses témoignages, il ne babilla point quand il s’exclama avec certitude :

« L’un de mes amis, au paradis en ce jour, avait infiltré l’organisation fasciste de cet ersatz de politicien. »

Puis regarda-t-il le vide de sa propre droite avec insistance, comme pour dépoussiérer sa si chargée mémoire.

« Il m’a assuré, tout en fournissant des preuves photographiques, qu’il existait des bombes, d’autres bombes que celles que nous avions mentionnées, et beaucoup plus. »

Il fronça les sourcils, comme inquiété par ce qu’il apprêtait à tâter.

« Si nombreuses, en vérité, qu’il n'existe pas un seul village qui n’en contienne pas au moins une.»

Il lança ensuite un regard désolé à la demoiselle, avant de poursuivre.

« Le fait est que les bombes principales n’ont pas éliminé toute la population, les nombreux hommes et femmes, autrefois au sourire si magnifique. Ils gisaient à mes pieds alors que j’essayais de rejoindre la pinède en rampant ; je remercie le ciel que personne ne m’ait défendu le passage, et je me maudis d’avoir quitté ces lieux avec tant d’insolence. »

Ses yeux s’injectaient de sang alors qu’il avalait sa salive comme pour se ressaisir, ses pupilles se dilatant avant de fixer la demoiselle. Il tira sur les roues de son fauteuil, s’approchant un tout petit peu de son interlocutrice.

« Alors je vous en supplie, laissez-moi saisir ma chance de me rattraper auprès de ces innocents. Ces vies qui restent, elles n’aspirent qu’à prospérité : aidez-moi à la leur donner, acceptez que je vous procure les codes des bombes pour que vous alliez en mettre hors d’état de nuire autant que possible. C’est ce que je veux, et c’est ce que voudrait mon ami qui me les a communiqué par émetteur ; je les ai tous cachés chez moi pour éviter qu’ils ne tombent entre de mauvaises mains, en attendant que quelqu’un en meilleur situation physique que moi n’accepte de sauver les innocents avec mon aide. Il nous reste peut-être du temps pour sauver tout le monde, avec un-peu de chance, Seishiro Kasai ne sait pas encore qu’il existe des survivants sur terre. »
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MessageSujet: Re: Promenons-nous dans les bois . . . [PV : Yukko]   Promenons-nous dans les bois . . .  [PV : Yukko] ClockMer 26 Fév 2020 - 3:13


Imminent était son départ, la gamine se pensant en possession de la totalité des informations. Quelques secondes seulement la séparait du là-haut nébuleux, quérant désormais de récolter les témoignages d’un autre afin de corroborer les révélations abracadabrantesques mais toutefois pas moins crédibles du prénommé Ringo. Hélas, ce dernier fit jeu d’une dernière tentative de s'accaparer la compagnie de la demi-Saiyan, elle qui venait de décliner son invitation à participer à un joyeux festin. Comprenant que seuls les renseignements concernant le pourquoi du comment du piteux état actuel de la Terre l’intéressait, le paraplégique clamait disposer d’informations inédites. Parmi lesquelles, l’existence d’une seconde vague d’explosifs, plus nombreux encore que la précédente, qui mettrait en danger même les plus lointaines et reculées bourgades, et que l’énonciateur ne pourrait neutraliser à cause de son handicap.

Son plaidoyer affligeant ne laisseraient d’aucuns indifférents et si tant est que sa tirade s’avère véridique, et que cet ermite aux molaires jaunâtres disposait effectivement d’un moyen de déjouer le piège, ou ce qu’il en restait tout du moins, du vil Seishiro Kasai, alors la garçonne serait dingue de l’ignorer. Et c’est donc ainsi qu’avalant allègrement l’hameçon et son appât, la jouvencelle daigna consacrer plus de temps à sa répugnante compagnie. Le choix n’était guère sien, mais elle ne pouvait pas risquer de se retrouver avec le poids de plusieurs milliers de morts potentielles sur les épaules. D’un ton ponctué d’un soupire de résignation, parfait complément à son las regard, elle s’énonça d’une phonation autoritaire.

« Bon, ok, écoute… Ringo. Donne-moi les codes et finissons-en. »

Amorçant sa marche vis-à-vis du porche de la malheureuse bicoque, le parquet poisseux de laquelle couinait avec autant de témérité que le reste du mobilier de l’infirme, Yukko reprenait non sans une certaine sévérité, tachant de possiblement s’épargner quelques futiles échanges supplémentaires.

« Que ce soit bien clair : je n’ai pas le temps de te tenir compagnie, ni de manger quoique ce soit. »

Pénétrer dans l’humble taudis qui faisait office de demeure à l’intriguant invalide exposait la demoiselle à une agression sur la quasi-totalité de ses cinq sens. Entre l’effluve méphitique qui s’était ici faite reine, un arôme d’aucuns croiraient stupéfiant et le délabrement général du séjour, Yukko se confortait dans son choix de ne pas s’attarder en ce sanctuaire de décrépitude plus longuement que nécessaire, ne prenant pas même la peine de commenter par crainte de retarder Ringo dans sa collecte. Les mains sur les hanches, elle attendait que son locuteur ne la rejoigne pour lui délivrer les fameux codes, poursuivant autrement son élocution.

« Ni de partir jouer au démineur, par ailleurs. Surtout s’il y’a des explosifs dans littéralement tout les villages de la planète comme tu l’as dit. Je vais remettre ces codes aux autorités compétentes, enfin ce qu’il en reste, et ils vont se débrouiller. »
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MessageSujet: Re: Promenons-nous dans les bois . . . [PV : Yukko]   Promenons-nous dans les bois . . .  [PV : Yukko] ClockLun 6 Avr 2020 - 22:06
Un sourire se dessinait, et pas des moindres puisque, par l’exagérée de son apparition, le sémioticien moyen pouvait décrypter un langage corporel conforté et lumineux : d’aucuns ne seraient de telles allègres qu’en face de leur félicité, cette populace qu’on pouvait presque entendre hurler « au diable l’autre » ; il n’en faisait pas partie, celui qui dévisageait la blondinette dans une visée communicative, accompagnant – voire renforçant – cet empathique regard qui déchirerait même le plus solide cœur de pierre par des bribes d’un conte que même le plus beau parleur ne saurait décrire sans babiller entre chaque syntagme tant le courroux s’étant abattu sur sézigue dépassait toute les limites de l’imagination humaine. Un sourire s’y dessinait, et seulement parce-que le cœur de pierre fut effectivement attendri ; il était certitude que l’héroïne n’en avait que peu si ce n’est rien à faire du sort de l’autre, elle avait dévoilé son véritable élan : charité rimait avec corvée pour celle qui le narguait presque de son insolence, et pourtant ne cessa-t-il d’implorer son aide, se faisant, par la même occasion, porte-parole de ceux dés lors six pieds sous terre et de ceux qui pourraient les rejoindre : il n’y eut de foi plus parfaite en cette délimitation géopolitique et gravitationnelle tarée.

« Bien sûr, je comprends que vous ne vouliez pas perdre de temps, les vies humaines valent mieux qu’une discussion. Suivez-moi. »

       De ses bras chétifs et dans l’inconfort saisit-il les cercles abîmés et en grand danger de s’émietter, ces très usées et très anciennes structures en bois de sapin eurent certainement connu de meilleurs jours. Fort heureusement, « Ringo » avait appris à manier son véhicule avec une certaine douceur bannissant les craintes d’un effondrement, mais à quel prix ? Son attention et son respect pour ses substituts de jambes hurlaient presque à la figure de ses interlocuteurs « lentement mais sûrement », une maxime que la donzelle se serait plu à changer en « sûrement mais lentement » : il aurait presque été drôle de la voir maudire son handicap.

Son bras peina à atteindre la porte, le rotateur peina à faire se mouvoir en cercle la poignet pour pousser l’obstacle et s’affranchir de l’accès à qui il avait laissé place. Après les efforts, le réconfort, pouvait-on se dire : il est des terres si belles encoffrées en milles épreuves olympiennes que ce situationnel était presque un automatisme. En fait, sans être un jardin d’éden, la maisonnette semblait plutôt propre sur elle ; l’on pouvait jurer qu’un ménage de fond en comble fut effectué très récemment, et face à la vraisemblable solitude dans laquelle se complaisait son demeurant, pléthore exprimèrent être touchés par la détermination du crapoussin à garder ce taudis puant en forme.

« Bienvenue chez moi. Je sais qu’il est presque indécent de recevoir quelqu’un dans une petite cabane étouffante, mais j’espère que mes efforts l’auront rendue vivable à vos yeux. Prenez place et attendez moi quelques minutes, je reviendrai avec tous les codes et je vous écrirai exactement où se trouve chaque bombe. »

Il montra le canapé de son bras, il se trouvait juste en face d’une table le séparant d’un autre fauteuil. Quand son ersatz de véhicule se déplaçait, l’on pouvait entendre le sol grincer, un grésillement qui ne tardera pas à disparaître puisque la pièce dans laquelle eurent été cachées les informations volées aux Black Feather n’était pas très loin : une aubaine, certainement, pour la demoiselle impatiente.

S’enfermant à double tour dans la petite pièce juste à côté du salon qui servait d’entrée à cette petite cabane, il vérifia bien d’être loin de la portée des trous de la serrure pour se lever de son fauteuil roulant. Le menteur descendit alors des marches en bois vers un sous-sol qui semblait contenir les fondations de la cabane : contrairement au bois entourant la bâtisse, c’était de la roche sculptée qui empêchait l’enclave d’être ensevelie par la terre. Si nyctalope – ou muni d’une lampe de torche – l’explorateur en herbe se retrouverait bien rapidement aux frontières de cette petite pièce sous-terraine, et par concours de circonstances, en face d’une multitude de tables de boucherie. L’un des couteaux posés sur l’une d’entre elles fut attrapé par le menteur qui se dirigea vers chaque coin de la pièce : à chaque fois, il plantait sa lame dans un tuyau. Il  se dirigea ensuite vers ceux se trouvant au milieu, et donc juste en dessous du canapé, pour le trouer ultimement. Pour finir, il ouvrit un petit coffre contenant des feuilles volumineuses et des marqueurs, sortant un objet de chaque catégorie avant de gribouiller des suites de lettres et de chiffres : il y avait neuf combinaisons en tout.

Il remonta les marches et s’approcha d’une petite manivelle qu’il tourna tout doucement, ouvrant l’accès à un gaz extrêmement toxique mais inodore et à qui il était immunisé, se faisant la réflexion sur la disparition dommageable du scientifique de la Capsule Corporation qu’il avait forcé à travailler pour lui et qui était assez talentueux pour créer un tel mécanisme. Peu importe, le gaz prendrait bien plusieurs minutes avant d’envahir intégralement le domaine, il avait donc bien le temps de, soi-disant, aider la demoiselle à  sauver des vies.

Il s’assit alors sur son véhicule à deux roues, tenant de sa main gauche la feuille sur laquelle étaient écrits tous les codes, et de la main droite la roue qui servirait à sa propulsion, et revenant sans plus tarder au selon. Il s’approcha de la table prés du canapé sur laquelle il posa la feuille.

« Voici tous les codes. »

Montrant le premier du doigt, il s’exclama.

« Cette bombe se trouve dans la capitale, dans un sous-terrain en dessous du palais du roi. »

Posant ensuite son doigt sur la deuxième, il poursuivit.

« Celle-ci se trouve dans une ville à sept-cent kilomètres de la capitale à l’est, elle est cachée dans un bâtiment résidentiel dans le centre-ville, je ne sais pas exactement dans quel bloc il est mais mon ami infiltré m’a dit qu’il était dans le gratte-ciel le plus habité. »

Pour le troisième, il posa sa main sur son menton.

« Attendez que je réfléchisse deux minutes pour le troisième, ma mémoire me joue des tours. »

Le gaz toxique commençait déjà à se répandre dans la pièce, le plan espéré par « Ringo » devait, s’il fonctionne, permettre d’ôter toute forme de vie du corps de la demoiselle sans même qu’elle ne s’en rende compte.
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MessageSujet: Re: Promenons-nous dans les bois . . . [PV : Yukko]   Promenons-nous dans les bois . . .  [PV : Yukko] ClockJeu 23 Avr 2020 - 0:01


Enfin, son calvaire paraissait toucher à sa fin. Par sa récurrente rudesse, la gamine était, semblerait-il, parvenue à faire comprendre à son locuteur qu’elle n’avait ni l’envie, ni le temps de lui tenir compagnie. Ne serait-ce que le site peu alléchant que l’infirme appelait chez-lui saurait conforter quiconque dans sa décision de passer son chemin, et seule la promesse de renseignements précieux qui pourraient potentiellement sauver des millions de vies aidait la jouvencelle à prendre son mal en patience. Pas de blabla et pas de repas comme l’avait fait comprendre l’impétueuse demoiselle à son hôte, seuls ces fameux codes l’intéressaient et même eux commençaient à perdre de leur attrait suite aux nombreuses simagrées de Ringo.

Humblement invitée à s'affaisser sur le modeste canapé, la demoiselle mit un point d’honneur à rester debout, espérant rendre sa hâte évidente tant par son discours que par son comportement. C’est que la patience n’est déjà pas son fort d’habitude alors compte tenu des circonstances et des multiples tentatives de la part de Ringo de tenter de s’arracher un brin de compagnie, la fillette préférait que le message soit clair et comptait bien le réitérer si besoin, tant qu’elle parvenait à conserver un semblant de sang-froid. Froid comme fut le glacial regard qu’elle adressa à son hôte lorsqu’il mentionna la poignée de minutes supplémentaire qu’elle devrait s’infliger. Ne portant guère d’attention au taudis malgré l’orchestre de bois faillant et de pluie battante, Yukko se perdait en réflexion, quérant le moyen le plus rapide de faire parvenir ces informations au gouvernement de la Terre une fois qu’elles seraient sienne.

Ses pensées furent coupées par le son des montants de porte grinçants suivis du parquet grésillant témoignant du retour de l’handicapé moteur. La main de celui-ci tenant un bout de papier manifestement recouvert de divers encodage manuscrits, lesquels firent vite de s’accaparer l’attention de la Saiyan.

« Nickel. Répondit-elle sous un simulacre d’entrain. Je vais emmener ça au poste de police encore debout le plus proche ! »

Mais alors qu’elle s’apprêtait à saisir le papelard, Ringo cru bon de commencer à décrire la position de chaque bombe en pointant le code respectif. Et ce, bien sûr, d’une lenteur innommable. Yukko se rendit alors compte que le manuscrit ne comprenait que quelques suites de chiffres sans la moindre précision supplémentaire quant à l’emplacement des explosifs. L’agacement se faisait de plus en plus évident sur le visage crispé de la jouvencelle, jusqu’à ce qu’elle en vienne à couper la parole à son locuteur, haussant la voix au point de manquer d’en faire trembler la frêle baraque.

« Mais merde ! Je vais jamais retenir tout ça ! Fallait l’écrire, le putain d’emplacement de la bombe ! »

Dire qu’elle était si proche du but.

« C’est toi-même qui l’a dit, les vies humaines valent mieux qu’une discussion ! Vas-y je perds mon temps ! »

Sortir de ses gonds de la sorte, voilà bien la dernière chose que Yukko aurait espérer faire avant de retourner dans l’au-delà. Mais voilà. En l’espace d’une petite heure à peine, l’adolescente avait prit connaissance de la destruction de sa planète natale pour ensuite apprendre qu’elle avait un moyen d’empêcher à ce mal de se reproduire pour finalement perdre du temps à blablater avec un ermite qui n’avait pas plus de bon sens qu’il avait de motricité. Pire encore, et sans qu’elle ne puisse l’expliquer, son énergie vitale commençait à lui faire défaut. Ce n’était pas grand chose, juste assez pour se rendre compte que quelque chose n’allait pas, sans pour autant pouvoir mettre le doigt dessus. À l’origine de cet éreintement soudain, la jouvencelle fit vite d’imaginer qu’il s’agissait d’un appel du Roi Enma, comme quoi son temps chez les vivants était écoulé, mais tout aussi promptement se ravisa-t-elle, sachant les défunts incapables de sentir la fatigue. Et pourtant, cette asthénie continuait de ronger le corps de la demoiselle, se fichant manifestement de l’état trépassé de cette dernière, à tel point qu’il en devenait laborieux de suivre le dialogue de son hôte rendu déjà pénible par son rythme pataud.

D’une incongruité grandissante, et constatant qu’elle était la seule dans cet état d’incommodation et ce malgré la condition physique largement déplorable de son hôte, Yukko l’interpella une fois de plus d’un ton que la sévérité n’avait pas quitté, mais notablement moins énergique.

« J’me sens bizarre d’un coup. Tu m’a fait gueuler à en avoir la tête qui tourne. Elle rit jaune doucement avant de reprendre. Allez, magne-toi avec tes bombes. »

Elle était évidemment loin de se douter que l’état second dans lequel elle craignait de se retrouver était l’insidieuse besogne de vapeurs toxiques, lesquelles auraient dû la priver de toute vie si tout c’était passé comme l’avait souhaité le menteur. Malheureusement pour lui, terrienne pur-sang elle n’était pas, à l’inverse des précédentes proies du vicieux qui eurent tombé victime de sa létale concoction. Sa constitution génétique s’approchait certes au pourcent près de celle d’un natif de la planète bleue mais ce sont ces quelques parcelles d’hérédité Saiyan qui l’empêchaient de succomber à la perfide arme chimique de l’affreux. Cet héritage des guerriers de l’espace, présent en plus grande proportion chez Ringo, était probablement à l’origine de l’immunité de ce dernier. À moins que cela ne soit dû à la forme légendaire qu’arborait présentement la demoiselle. Quoi qu’il en soit, ce seul gaz ne saurait venir à bout de l’hybride au patrimoine génétique si singulier, mais ce n’était pas un hypothèse que Yukko se plairait à vérifier. Au contraire, comprenant que son état ne s’était détérioré qu’une fois qu’elle posé le pied dans la demeure pourrissante de l’invalide, la martialiste s’adressa une nouvelle fois à ce dernier tout en prenant la direction de la porte.

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MessageSujet: Re: Promenons-nous dans les bois . . . [PV : Yukko]   Promenons-nous dans les bois . . .  [PV : Yukko] ClockJeu 23 Avr 2020 - 14:15
Il était des fins aux antipodes des contes de fées, véritables gifles qu'incarnaient parfaitement la résolution humaine : alors qu'il pensait que le nuage toxique aurait raison de la donzelle, celle pour qui il avait un attachement affamé, de jolies signes de résistance vinrent l'abattre à deux mètres du buffet. Elle suait, certes, mais pas assez ; étouffement, connaissait-elle, oui, mais à un degré comparable à l'enfant qui avale trop vite. Elle n'avait rien d'un enfant, elle état une adulte, et l'une de ces adultes viles, animées de folie telles vipères bipèdes, l'une tuant l'autre pour survivre jusqu'à ce que n'arrive son tour.

Il inscrivit l'emplacement des fausses bombes, une par une, et la laissa gambader vers sa félicité unificatrice.  Alors qu'il la regardait, une rage lui serrait les tripes alors qu'une voix irritante mais convaincante lui criait : tue-la, tue-la. À quoi bon, répondit-il, des guerriers de l'amour commun et de l'entente se pavanent main dans la main sur leur chemin du salut, multidirectionnel autant que faire ce peut, il  promettait protection aux nouveaux-nés et autres apprentis : ceux qui l'eurent tracé à la sueur de leur front sont les mêmes qui l'interdirent par délit de faciès à quiconque ne s'inscrivait guère dans leur subjectivité. Égocentristes et ethnocentristes étaient égaux, lui eut rappelé l'une de ses nuits d'apprentissage avec Kassadin, rejeter dans la nature ce qui ne convient pas à un groupe est digne et typique de ces choses, aurait-il suffit que le courant de la pensée était au génocide pour que les normes du moyen-âge ne perdent point de leur splendeur. Une vague curieuse et charogne qui voulait connaître l'ennemi mais qui n'avait aucune idée de ce qu'elle était elle-même avait voulu prendre l'immuable, mais terré dans sa cabane, nul ne put l'aller détruire de plus belle.

Son fauteuil roulant jeté au sol de son domaine, il jura sur ses traînées consanguines qui ont interdit le bonheur et la félicité d'un enfant né immaculé, ceux qui l'ont regardé dans les yeux lorsqu'ils lui ont brisé son innocence et déchiré son cœur. Il n'avait pas besoin de leurs regards juges, de leurs visées normatives ni de leur bonté mensongère, alors une griffe vint à sortir de son doigt, s'enfonçant dans sa gorge ensanglantée juste avant qu'il ne s'écrase par terre.

Leur monde est à eux, et leur souffrance aussi. Puisse un démagogue se lever et les convaincre que s'entre-tuer est la meilleure solution, ils oublieront leurs fondations en papier, mais l'horrible n'avait ni la patience ni l'habilité d'un tel exploit.
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MessageSujet: Re: Promenons-nous dans les bois . . . [PV : Yukko]   Promenons-nous dans les bois . . .  [PV : Yukko] ClockVen 8 Mai 2020 - 20:11


Les minutes passèrent. Une dizaine. Peut-être deux. Mais celui qui disait détenir le savoir suprême, la cognition qui saurait épargner au peuple de la Terre un second cataclysme alors même qu’ils peinaient à se relever du premier, ne fit acte de présence. Pourtant mandaté d’une mission on-ne-peut plus simple, l’infirme se révélait incapable de poser sur papier une mince série de lieux dont, à l’exception d’un seul d’entre eux, il semblait avoir toutefois réussi à mémoriser. Ayant quitté la demeure de Ringo afin de s’exempter de l’air putride qui y avait fait office, lequel arrivait à incommoder même un super guerrier, Yukko espérait que l’ermite ne profitait pas de l’absence de la demoiselle pour procrastiner. Lui qui paraissait pleinement conscient de l’urgence qui animait la fillette, son comportement suggérait quant à lui qu’il préférait faire perdre le plus de temps possible à la gamine afin de s’accaparer une rare compagnie, au point que Yukko en vienne à douter de la véracité des propos avancés par l’invalide. Tout ceci n’était possiblement qu’une bonne pléthore de bobards usinés dans le seul but de s’épargner quelques minutes de solitude supplémentaires. Bien entendu, la demi-Saiyan n’en avait que faire de l’isolation quotidienne de l’ascète. D’autant la diraient égoïste mais finalement, elle était bien plus dans la norme qu’autre chose. Les illuminés qui font passer le bien d’autrui avant le leur sont la minorité, l’exception et non la règle. Yukko n’est pas uniquement indifférente mais à tendance à en avoir l’air à force de côtoyer les véritables légendes vivantes et parangons de vertu que sont certains de ses camarades.

La patience néanmoins, je le répète, n’est pas et n’a jamais été son fort. Ainsi, lorsqu’elle fut lassée de compter les gouttes dans le déluge qui inondait les bois voisins, et surtout, qu’elle ne ressentit soudainement plus aucune émanation d’énergie provenant de la bâtisse lui faisant dos, Yukko se hâta à l’intérieur où l’attendait une funeste découverte.

« »

Sa bouche entrouverte ne laissa pourtant aucun son s’échappe tandis que son regard, fin amalgame de colère et de stupeur, toisait le corps inanimé du potentiel sauveur de l’humanité. Non, un sauveur il n’était point, lui qui avait préféré mettre fin à ses jours en se tranchant la gorge pour une raison qui échappait à la demoiselle. Le seul motif qu’elle parvenait à déduire était, sans surprise, celui qui vint confirmer sa perplexité. Ringo ne savait rien des bombes, tout ce discours n’était qu’une création destinée à attirer la jouvencelle dans son répugnant foyer et, face à l’échec de ses plans malicieux dont elle ignorait encore toute la diablerie, le menteur a fait le choix de se laver de toute responsabilité. Saisissant le poignet de son hôte pour prendre son pouls et ainsi confirmer son décès, Yukko était forcé d’admettre que Ringo avait au moins réussi une chose ; faire perdre le plus de temps possible à celle dont le séjour sur Terre arrivait pourtant à terme.

Entre sa patience venu à bout depuis belle lurette et la rage de cette constatation, la Super Saiyan se retourna et, sans un traître mot, prit son envol dans les cieux anthracites. L’auréole qui affleurait sa figure, sans plus tarder, la rappellera chez les siens.
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