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 Ces choses qui ne changent jamais

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Alex Lecomte
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Terrien
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MessageSujet: Ces choses qui ne changent jamais   Ces choses qui ne changent jamais ClockLun 26 Oct 2020 - 21:30
"Alors Alex, comment te sens-tu, aujourd'hui ?"

Alex était allongé sur le dos, un canapé en cuir. Sa tête était posée sur l'un des accoudoirs, ses yeux fixaient le plafond, comptant le nombre de carreaux qui le composaient. Ses mains étaient croisés sur son ventre, et ses jambes repliées vers lui, genou vers le haut. Ses pieds, couverts simplement de chaussettes, étaient posés sur le canapé.

Le canapé était en face d'un fauteuil, et les deux meubles étaient séparés d'une petite table basse avec une plaque en verre. Un homme était assis dans ce fauteuil, jambes croisées, mains jointes par le bout de chaque doigt posé l'un contre l'autre de façon symétrique. Derrière ses petites lunettes rondes, l'homme au crâne légèrement dégarni fixait le jeune lycéen, en attente de sa réponse.


"Ça peut aller... Comme d'hab' quoi."
répondit l'orphelin.

"Est-ce que tu as mieux dormi ces derniers jours ?"

Alex hocha affirmativement de la tête.

"Les anxiolytiques que vous m'avez prescrits ont l'air de faire effet... Je m'endors plus facilement. Mais les cauchemars continuent de me réveiller."

"Toujours les mêmes ?"

"Plus ou moins... Enfin, non, ces derniers temps ils ont un peu changé. Avant, je revoyais surtout les explosions, les espèces de champignons atomiques... Je voyais mes proches partir en poussière... Mais là, depuis quelques semaines, c'est surtout le massacre au lycée qui revient me hanter."

"Oui, ce n'est pas très étonnant en cette période de l'année, puisqu'elle est liée à ton premier traumatisme. Et la journée, comment vis-tu l'arrivée de l'automne ?"

"... J'en sais rien. Il fait froid, il fait nuit tôt, le ciel est gris. C'est comme si l'ambiance générale était à l'image de mon état d'esprit."

"Est-ce que tu as fait les exercices dont nous avions discuté la dernière fois ?"

"J'ai essayé... Mais bon, je n'ai toujours aucune envie. Aucune motivation. Y a absolument rien que j'aie envie de faire, rien qui me procure un semblant de plaisir. C'est vraiment con... Je sais que j'ai de fortes chances de crever d'ici quelques années, voire même plus tôt, et je devrais profiter de la vie, mais pourtant y a absolument rien qui me fait envie. Tout est si gris, si morne. C'est comme s'il n'y avait plus aucune vie à Satan City."

"La situation s'est quand même améliorée ces dernières semaines, tu ne trouves pas ? Les bâtiments se sont reconstruits, les gens recommencent petit-à-petit à reprendre une vie normale. Ne vois-tu pas des perspectives intéressantes qui pourraient te donner de la joie et de la motivation là-dedans ?"

"Des perspectives intéressantes ? Pour qu'Auros finisse par tous nous buter, ou un autre psychopathe dans son genre ? Je vois pas l'intérêt... Les gens font juste semblant d'avoir une vie normale. Ils font comme si rien ne s'était passé."

"Tu sais, chaque personne a une façon différente de faire son deuil et d'aller de l'avant, le processus peut prendre du temps. Pour certaines personnes, c'est plus facile que pour d'autres. Mais tu finiras toi aussi par aller de l'avant."

"Mouais, si mon cœur me lâche pas avant."

"Parle-moi un peu du lycée."

"J'ai rien à dire de particulier sur ça... J'apprends des trucs qui me serviront jamais, et en même temps j'ai rien de mieux à faire donc bon..."

"Je vois. Qu'est-ce qui te fait croire que cela ne te servira jamais ?"

Alex haussa un sourcil.

"Ma maladie du cœur qui m'empêchera très probablement de dépasser les 25 ans, peut-être ?" répondit-il d'un air sarcastique.

"Rien n'est gravé dans le marbre non plus à ce sujet, il se pourrait très bien que tu atteignes 70 voire 80 ans. Tu ne devrais pas t'empêcher d'accomplir des choses en partant du principe que ça ne servira à rien. Essaie de faire des plans sur le long terme, de trouver ce qui te plairait. Est-ce que tu es parvenu à te faire des amis au lycée ?"

"Je vous l'ai déjà dit. J'ai aucune envie de me faire des amis si c'est pour qu'ils crèvent tous à cause d'un Saiyan ou d'un autre enfoiré du genre."

"Tu as une vision trop pessimiste du monde. Tout ne se résume pas à la mort, tu sais. Certes, la Terre a toujours été exposée à de dangereux criminels, mais nous avons aussi des héros pour nous protéger. Encore une fois, la perspective de mourir ou de perdre tes proches ne doit pas être un frein pour créer des liens sociaux et t'épanouir."

"Tous les gens que j'aime finissent par se faire tuer par des psychopathes... Je ne veux plus ressentir cette souffrance. Désolé doc', je préfère rester seul."

"Allons Alex, les choses peuvent changer. Il n'y a aucune malédiction qui pèse sur toi, tes futurs amis ne sont pas condamnés. Il ne faut pas que tu te renfermes. Tous les humains ont besoin de contacts sociaux, d'amis, c'est la première clé du bonheur. Fort heureusement, nous ne sommes pas tous condamnés à nous faire tuer par des êtres supérieurs !"

Soudain, le mur à gauche du psy s'effondra sous l'impulsion d'une voiture qui venait de le traverser et de percuter de plein fouet le monsieur. Alex se releva en sursaut, les yeux écarquillés, tremblotant.

"Putain de bordel de merde !" s'exclama t-il.

Le corps du psychothérapeute était désormais écrasé par la carcasse de la voiture, une flaque de sang inondait le sol sous son corps.
Alex se précipita vers lui, le teint blême.


"Do-docteur ! V-vous allez bien ?"

Question stupide, vu qu'il était en train d'agoniser, essayant de murmurer quelque chose d'inaudible en fixant Alex avec des yeux écarquillés, et un filet de sang qui coulait de sa bouche, avant de lâcher son dernier soupir.
Le lycéen couvrit sa bouche de ses deux mains et retint un haut-le-cœur.


"Putain... putain... putain.... Merde !"

Ses mains remontèrent en glissant le long de son visage puis passèrent dans ses cheveux. Il recula d'un pas, regarda à droite, à gauche. Que faire ?!
Une ambulance ! Oui, ça semblait être la meilleure chose à faire. Il sortit son téléphone d'un geste tremblant, le fit maladroitement tomber, se pencha pour le récupérer. Peut-être ne devrait-il pas rester dans cette pièce ?
Il tapota sur l'écran tactile pour appeler les urgences mais le stress le fit composer un mauvais numéro. Il dut revenir en arrière. Sa respiration était haletante. Son cœur s'était emballé, et déjà, il commençait à ressentir une petite douleur aigüe dans la poitrine. Il colla le téléphone à son oreille.


"Allez, décrochez... Décrochez putain !"

Il s'approcha d'une fenêtre à quelques mètres du trou dans le mur que la voiture avait traversé. Ils étaient au deuxième étage. Comment cette bagnole avait-elle pu atterrir ici ? Tout en prenant soin de rester caché en longeant le mur, il jeta un coup d’œil par la fenêtre. Deux surhumains étaient en train de se battre dans la rue, l'un d'eux avait l'air méchant et devait être celui qui avait balancé une voiture, l'autre était sûrement le gentil de l'histoire. Pour Alex, c'était du pareil au même. Des sortes de dieux qui foutaient en l'air la vie de millions de personnes, juste pour savoir qui avait la plus grosse.

"Service des Urgences de Satan City."

"Allo ?...Heu... Y a - y a eu un accident !  Chez le psy ! heu... Docteur M-Molland ! Venez vite ! C'est, heu, en face du centre commercial de la Grande Place ! Et faites gaffe y a des types surpuissants qui se battent dehors !"

"On arrive tout de suite, ne bougez pas."

Ne bougez pas ? C'était des petits comiques, au service des urgences. S'ils croyaient qu'Alex allait rester à côté d'un cadavre dans l'arène de combat de deux entités supérieures, ils se fourraient le doigt dans l’œil. Le lycéen raccrocha et quitta le cabinet du psy en passant par la porte d'entrée, descendit les escaliers précipitamment, puis quitta le bâtiment. Il regarda à droite, puis à gauche. Il y avait des gens normaux qui courraient en criant, d'autres qui semblaient avoir les yeux rivés vers le ciel et qui filmaient des choses avec leurs smartphones, mais Alex ne vit pas les deux surhumains qui se battaient. Par curiosité, il leva les yeux au ciel, et ne vit qu'une succession d'onde de chocs dans le ciel, sans pouvoir distinguer les deux combattants. Il courut vers le centre commercial en suivant des gens qui fuyaient, lorsque soudain une météorite s'écrasa à quelques mètres devant lui. Il s'arrêta net.

"Oh putain !"

Ce n'était pas une météorite, mais l'un des deux combattants qui venaient d'être envoyé contre le sol et qui se relevaient au milieu des décombres et d'un petit cratère, comme si de rien n'était. Est-ce que c'était le gentil ou le méchant ? Ou bien peut-être que le combat n'était pas aussi manichéen ? Alex n'en savait rien et, en toute honnêteté, n'en avait rien à faire. Tout ce qu'il voulait, c'était se sortir vivant de cet enfer.

Paralysé par la peur en voyant l'entité transcendantale se relever après avoir fait une chute de plusieurs centaines de mètres, il resta là, immobile, sur le trottoir, à quelques mètres de lui.


*Pourvu qu'il m'ignore, pourvu qu'il m'ignore, pourvu qu'il m'ignore !*

Soudain, le surhumain tourna lentement la tête vers lui, et Alex sentit son sang se glacer. Un frisson lui parcourut l'échine.

*Il va me buter.*

Puis, le combattant détourna la tête de lui, et se propulsa pour repartir dans les airs et reprendre son combat.

Aussitôt, Alex tomba sur ses fesses, la respiration toujours haletante, et une pointe de douleur au niveau du cœur. Instinctivement, il posa sa main sur la zone douloureuse. Il était déjà épuisé et n'avait plus la force de se relever, son corps était tout tremblant, il avait l'impression que tout tournait autour de lui, extrêmement rapidement. Pourquoi est-ce que ça recommençait tout le temps ?
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MessageSujet: Re: Ces choses qui ne changent jamais   Ces choses qui ne changent jamais ClockSam 31 Oct 2020 - 0:32



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Ces choses qui ne changent jamais



Le bien et le mal, des notions connues de tous, mais pourtant si vagues. Les plus arriérés d’entre vous me diront que les gentils sont ceux qui combattent les méchants. Pourtant en regardant une action d’une personne on pourrait la considérer comme mauvaise. Cependant, en décalant notre point de vue elle deviendrait bonne. Oui, ces notions paraissent absurdes et ne peuvent exister qu’à travers cette relation de l’une envers l’autre. Du coup, si ces notions sont absurdes, existent-elles vraiment ? En tant que t-elle non, elles n’existent qu’au travers de notre existence. Le bien étant ce qui sert à la conversation de notre être.

Vous vous demandez sans doute pourquoi je vous ai embarqués dans cette réflexion ? Tout simplement, car ce combat qui était entrain de se dérouler devant mes yeux en était le parfait exemple. Pour mieux comprendre, appliquons à présent ma pensée à ce combat en inventant une explication.

Admettons que combattant 1 a trouvé un antidote pour soigner l’un de ses proches et quelqu’un cherche à lui voler. Son but étant de sauver l’un de ses proches, on peut admettre qu’il cherche à faire le bien en voulant protéger son bien. De l’autre côté combattant 2 a un proche près de la mort. Il apprend subitement que combattant 1 a trouvé un remède qui pourrait soigner son proche. Néanmoins, combattant 2 refuse de l’aider, préférant aller soigner en priorité son proche à lui. Ne voyant pas d’autres solutions, combattant 2 décide de tenter de dérober l’antidote de combattant 1. Il cherche également à sauver l’un de ses proches, de son plan il effectue donc bien le bien. Pourtant ironiquement, les deux combattants se voient réciproquement comme une représentation du mal.

En voilà un bel exemple ! Mais ce n’est pas fini. Ah, vous ne me croyez pas ? Certes, ce combat ne concerne que deux personnes, pourtant il y a une multitude d’existences qui sont en train de le regarder … ou de le subir. Prenons par exemple cet immeuble où une voiture s’était encastrée. Une personne était en train de dépérir. Il ne connaissait clairement pas le but du combat et cela n’allait pas changer grand-chose à son point de vue : ils ne faisaient clairement pas le bien.

On peut donc bien confirmer que ces notions ne sont qu’une interprétation de nos sentiments. De ce fait, il n’y a pas à se prendre la tête à vouloir faire le bien ou le mal, il suffit simplement de faire ce que l’on souhaite. Après, libre à vous de prendre au mot ce que je dis, mais attention au retour de karma. Plus vous devenez mauvais sur les plans d’existences des gens, plus vous serez une cible. Comme un bon thé, tout ceci est une question de proportion. Le plus simple reste d’être le plus discret possible, au point que votre existence même soit ignorée. Comme par exemple ce jeune homme qui venait de s’enfuir du bâtiment en panique.

Cependant, il y a une notion importante que j’ai oubliée : la chance. Certains la confondent avec une action divine. Les humains ayant toujours besoin d’une explication, ils prendront n’importe quelle excuse. Plus une civilisation est primitive plus ils manqueront de connaissances et plus ils accuseront une activité divine. En voyant la Terre, fort est de constaté que la planète est encore primitive. Néanmoins, je m’éloigne de mon sujet de base. Pourquoi ai-je parlé de la chance ? Car ce jeune homme semblait en manquer grandement. Il se trouvait dans une situation critique alors qu’il était invisible sur le plan d’existence d’autres personnes.

Une question me tarauda alors l’esprit : quel nom était-il en train de donner à la chance ? Cela me donna envie d’aller directement vers lui pour en savoir plus à son sujet. Mais alors que venait d’entamer ma marche vers le lycéen, un petit débris éjecté par la collision du combat se projeta dans ma direction. Habillement, je décalai légèrement ma tête vers la droite, esquivant ainsi de peu le projectile. C’était un coup de chance ? Ne soyez pas si injurieux, je suis suffisamment forte pour pouvoir compter sur moi et non sur le hasard. C’est sans doute ce qu’il manquait à ce jeune homme : de la force, sous toutes ses formes. Lui laissant hélas que le choix de se confronter continuellement au hasard, ne cherchant même pas à être maître de sa propre destiné.

" Oya oya jeune homme, besoin d’aide ? "

Je m’arrêtai face à lui, alors qu’il venait tout juste de tomber sur le trottoir suite à sa rencontre avec l’un des deux guerriers. Les autres terriens étaient en train de s’enfuir sans même prêter attention à lui, prouvant une nouvelle fois sa grande transparence. Je regardai alors attentivement ce dernier : sa forte respiration, son visage crispé ainsi que sa main positionner vers son cœur semblaient indiquer un profond malaise.

" Tu devrais t’allonger, fermer tes yeux et reprendre ton souffle. Il serait triste que ce soit ton propre corps qui ait raison de toi. Sois rassuré, rien ne pourra t’arriver aujourd’hui, c’est ton jour de chance. "

Je déployai derrière moi un grand bouclier qui arrêta net un nouveau projectile. Il était difficile de prévoir comment il allait réagir. Prendre une nouvelle fois peur ? Allait-il enfin pouvoir prendre son souffle ? Ne voulant pas le perdre, et voulant avoir une réponse à ma question je lui demandai :

" Désolée de te brusquer, mais la situation est dangereuse donc on doit agir vite. Que veux-tu que je fasse ? Te mettre en sécurité ou bien que je mette un terme à ce combat ? Je t’offre aujourd’hui la chance que ta voix puisse enfin se faire entendre. "

Allait-il saisir cette chance lui souriant enfin pour se faire entendre ou tout simplement s’enfuir pour se mettre en sécurité ? Lequel de ces choix serait le plus considéré comme le bien ? J’étais impatience de découvrir son choix. Une autre question resta sur toutes les lèvres : le lycéen a-t-il eu de la chance de faire ma rencontre ?



(c)Kazu de C.G


Dernière édition par Morana Hellébore le Dim 1 Nov 2020 - 20:14, édité 1 fois
Alex Lecomte
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MessageSujet: Re: Ces choses qui ne changent jamais   Ces choses qui ne changent jamais ClockSam 31 Oct 2020 - 15:37
Saving Us


Son cœur battait à tout rompre. Chaque battement lui infligeait une pointe de douleur, comme pour lui rappeler la maladie qu'il se traînait et qui allait probablement l'emporter dans la tombe, s'il ne se faisait pas d'abord tuer par un monstre aux pouvoirs titanesques. Il avait la respiration haletante, rapide et saccadée.

"ça recommence... ça... recommence..."
balbutiait-il d'une voix tremblottante, alors que son regard vide était dirigé vers ses chaussettes.

Il avait en effet laissé ses baskets dans le cabinet du psychothérapeute, étant parti assez précipitamment et en état de panique. A cause de ses traumatismes du passé, le pauvre Alex était en proie à une véritable crise d'angoisse. Des flashs lui revinrent soudainement en tête. Des visions qui remontaient déjà à trois ans auparavant, au lycée Orange Star, et durant cette même période d'Halloween. Il revit les cadavres des élèves qui jonchaient les couloirs déserts, le sol et les murs repeints de sang, les casiers décorés avec des tripes.
Devant ces visions cauchemardesques qui revenaient le hanter, il se sentit nauséeux. Il avait comme une boule qui lui obstruait la gorge et semblait rendre sa respiration difficile. Il se prit la tête entre ses mains et la secoua, pour faire partir les visions.

Les gens couraient dans tous les sens, fuyant la zone du combat, passant à côté de lui sans même le voir. Tel un fantôme, il était transparent et invisible. Mais il était toujours en vie, contrairement à tous ses proches. Parfois, il aurait tout simplement préféré être mort, que sa souffrance perpétuelle prenne fin. Il aurait fait n'importe quoi pour échanger sa vie contre celle de sa petite sœur, Rose, qu'il surnommait affectueusement Rosie autrefois. Et il aurait volontiers prit la place de sa petite amie Sophie lorsque cette dernière se fit exploser par la monstrueuse Saiyanne Célérya qui avait attaqué le lycée Orange Star et assassiné tous ces élèves juste pour satisfaire ses pulsions sadiques. Mais, chaque fois, il survivait, alors que tous les autres mourraient. Et maintenant, c'était au tour de son psy, l'un des seuls en ce monde qui l'écoutait, qui semblait faire attention à lui. Pourquoi fallait-il que tout le monde meure alors que lui restait en vie ? C'était injuste ! Il était de toutes façons condamné à cause de sa maladie du cœur. C'était lui qui aurait dû mourir ! Pas Sophie ! Ni Rose, ni son frère Charles, ni ses parents, ni tous ses amis ! Et voilà que ça recommençait, encore et encore. Un cauchemar éternel.

Une dame s'arrêta devant lui et lui adressa la parole, ce qui le fit sortir de ses pensées noires et lui permit de mettre fin à ses mauvais souvenirs. Il leva lentement la tête vers elle, avec un air quelque peu étonné. Elle faisait attention à lui ? Il n'était pourtant qu'un humain insignifiant, parmi des millions d'autres. Même le combattant l'avait ignoré à l'instant, alors qu'Alex, dans la panique, avait cru qu'il allait le tuer. C'était pourtant logique, pourquoi un être aussi supérieur, en plein combat, aurait-il perdu du temps à tuer un simple être humain qui n'avait pas la moindre importance dans ce monde ? Et pourquoi, maintenant, cette dame lui accordait-elle de l'attention ? Était-elle venue pour l'aider ? C'était dangereux, pourquoi ne fuyait-elle pas avec tous les autres ?

Peut-être, justement, parce qu'elle n'était pas comme tous les autres. Elle était calme et paraissait sûre d'elle. Aucun être humain normalement constitué resterait aussi stoïque dans une telle situation. Est-ce qu'elle était l'une d'entre eux ? L'une de ces entités tellement supérieures qu'elles n'accordaient aucune importance aux humains ? L'un de ces monstres capables de détruire toute une planète comme l'on donne un coup de pied dans une fourmilière ?

Il écouta ses paroles avec un mélange d'étonnement et de méfiance alors qu'elle lui donnait des conseils. Elle lui assura que rien ne pourrait lui arriver, que c'était son jour de chance. Il était si chanceux qu'il venait de voir son psy se faire écraser par une voiture encastrée au deuxième étage d'un immeuble. Si c'était ce qu'elle appelait un jour de chance, alors il préférait rester malchanceux pour le reste de son existence. Il avait, de toutes façons, déjà été trop chanceux, en pouvant survivre au massacre du lycée Orange Star trois ans plus tôt, puis à la guerre entre les Saiyans et les Black Feathers, anciens dirigeants de la Terre, qui avait fait des millions d'innocentes victimes. Mais était-ce vraiment de la chance ? Être le seul survivant, devoir vivre avec le fardeau d'avoir perdu tous ses proches, sa famille, ses amis, être condamné à la solitude et à la dépression. Était-ce réellement une chance ? Peut-être aurait-il mieux valu qu'il soit mort, en même temps que tous ses proches. Alex ne croyait pas en la vie après la mort, il ne suivait aucun dogme religieux et ignorait qu'il existait un Royaume des Morts. Il n'espérait donc pas revoir ses proches après sa mort, il était convaincu qu'il n'y avait tout simplement rien après cela. Ce n'était donc pas pour revoir ses proches qu'il espérait parfois être déjà mort, mais plutôt, pour ne plus avoir à ressentir cette souffrance qui l'accompagnait tous les jours.

A peine eut-elle fini de le rassurer, que l'inconnue fit apparaître un bouclier d'énergie derrière elle, sous les yeux écarquillés du jeune garçon. Il eut alors la confirmation qu'elle n'était définitivement pas un être humain normal et insignifiant tel que lui. Avec tout ce qu'il lui était arrivé, Alex avait toujours une méfiance naturelle vis-à-vis de ces êtres aux pouvoirs démentiels, même s'il savait qu'une poignée d'entre eux faisaient le bien, comme cette Saiyanne qui lui avait malheureusement sauvé la vie le jour où les explosions causèrent la mort de millions de terriens durant la dernière guerre sur Terre. Il savait bien qu'il ne fallait pas mettre tout le monde dans le même panier, mais il avait trop souffert à cause de ces êtres quasi-divins pour pouvoir leur faire confiance. Il comprit rapidement, davantage par la prestance et le calme olympien qui émanait de cette femme que par sa faculté à générer un bouclier énergétique, qu'elle pourrait le tuer en moins d'une demi-seconde si elle le souhaitait. Et s'il lui arrivait fréquemment de souhaiter être mort, son instinct de survie prenait toujours le dessus.

Toutefois, Alex était tout bonnement incapable de bouger, de se relever et de s'enfuir, même s'il l'avait voulu.  Comme lorsque vous surprenez une araignée, et qu'elle s'immobilise, parce qu'elle a peur de vous, et qu'elle tente peut-être de se faire oublier.

Mais la suite des paroles de la surhumaine n'allait pas réduire l'état de perplexité dans lequel le lycéen se trouvait. En effet, et de façon surprenante, elle lui demanda ce qu'il voulait qu'elle fasse, lui donnant le choix entre le mettre à l'abri, uniquement lui, ou bien mettre un terme à ce combat.

Dans une situation normale, Alexandre n'aurait pas hésité. Il lui aurait d'abord rétorqué, avec une certaine insolence, que ce n'était pas à lui de lui dire quoi faire. Et, s'il avait été capable de mettre fin à ce combat lui-même, il l'aurait sans doute fait sans attendre qu'il y ait de nouvelles victimes collatérales. Il aimait à penser que s'il avait eu des pouvoirs surnaturels, il les aurait utilisés pour protéger les gens. Mais qui peut vraiment dire ce que l'on ferait dans une telle situation ? Lorsque l'on est à ce point supérieur au commun des mortels, il peut être très difficile de ne pas prendre la grosse tête. Peut-être que le pouvoir l'aurait perverti, lui aussi, peut-être qu'il l'aurait utilisé de façon égoïste, quand bien même cela allait à l'encontre des idéaux d'égalité et de liberté qu'il avait actuellement, en tant qu'être humain ordinaire.

Cependant, la situation était loin d'être normale, et l'orphelin était dans un état de détresse incontrôlable. Dans ces circonstances, il lui était impossible de réfléchir raisonnablement, ou même de s'exprimer comme il le faisait habituellement.

Avec des gestes tremblants et manquant d'assurance et de précision, il sortit une petite bouteille de gélules de la poche de son sweat-shirt noir qui arborait un logo de groupe de métal. Il l'ouvrit maladroitement, et fit tomber une gélule dans le creux de sa main droite.


"Je... Je veux juste..." commença t-il d'une voix fébrile.

Il referma la boîte, puis envoya la gélule au fond de sa gorge avant de l'avaler avec difficulté.


"Je veux juste que ça s'arrête... Pitié... Faites que tout ça s'arrête..." finit-il par articuler.

Sa réponse vague pouvait être interprétée de différentes manières. Voulait-il simplement que le combat cesse ? Ou, de façon plus générale, voulait-il sortir définitivement du cauchemar que représentait sa vie ?
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MessageSujet: Re: Ces choses qui ne changent jamais   Ces choses qui ne changent jamais ClockDim 1 Nov 2020 - 20:31



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Ces choses qui ne changent jamais



Précédemment je vous avais parlé de bien et de mal, une dualité à l’origine de nombreuses peines. L’une de ces victimes est un jeune garçon qui vient de croiser ma route. J’avais ensuite parlé de la chance, et ironiquement ce dernier semblait en manquer. Pour couronner le tout, il semblait être insignifiant, ignoré par la population et même par les deux guerriers. J’étais légitimement intriguée par son point de vue sur la situation et j’avais décidé de l’aborder pour combler ma curiosité grandissante.

En voyant son visage abasourdi, j’eus la confirmation qu’il se voyait lui-même comme un être insignifiant. Je me demandai alors si cet événement était juste une anomalie dans son quotidien ? De ce fait, la réponse devrait être sans doute qu’il devait juste se sentir malchanceux. Serait-il possible que je n’aie rien à tirer d’intéressant ? Après tout, toutes les expériences ne donnent pas de résultats concluants. Constatant son long silence et voulant tout de même le tester je me hâtai de lui poser un dilemme. J’allais lui laisser le choix entre fuir ou mettre un terme à cet affrontement.
 
Techniquement dans les deux cas il serait en sécurité. Néanmoins, l’une ne sauverait que lui, et prouverait alors une certaine lâcheté. Est-ce mauvais d’être lâche ? Pas forcement, surtout quand on est quelconque et pas habitué à prendre une décision. Le moment venu, on se trouve pris au dépourvu et on cherche à déléguer à quelqu’un d’autre. Bien entendu, si une personne se retrouve incapable de déléguer, prise de panique il cherchera la solution la moins risquée. Aujourd’hui, ce jeune homme se trouve dans cette configuration.
 
On s’éloigne un peu de ma question de base, non ? En effet, en voyant ce garçon, une autre idée avait germé dans mon esprit. Une au combien plus intéressante que de connaitre son point de vue sur mes cogitations. Que se passerait-il si un être insignifiant qui n’avait aucun moyen de s’exprimer se retrouvait soudainement capable de le faire ? Quel choix ferait-il ? Le bien, le mal ? Verrait-il justement cette opportunité comme une chance par le fait d’enfin pouvoir briller ou une malédiction, celle de justement prendre une décision ?
 
Doucement, le lycéen tâcha de répondre tout en cherchant à avaler une gélule. Ce dernier devait avoir des problèmes de santés, semblant tendre vers le fait qu’il ne fasse qu’un avec la malchance. Il arriva tant bien que mal à finir sa phrase. Je ne peux réprimer le sourire grandissant sur mon visage, grandement satisfaite de sa réponse. À vrai dire, il m’avait surpris. Ce dernier resta extrêmement vague sur sa réponse, semblant plutôt montrer un véritable ras-le-bol. Magnifique, il était donc le parfait cobaye pour mon expérience. Mon envie de le tester convergeait avec son exaspération sur son impuissance.
 
" Très bien. Je vais donc commencer par dissoudre cette échauffourée. "
 
Je tournai le dos au jeune homme afin de me concentrer sur ces deux cloches prenant les immeubles pour les cordes d’un ring de boxe. Ne voulant pas trop me fouler j’avançai uniquement de quelques pas, afin d’éviter tout de même d’être trop proche du lycéen. Une fois satisfaite par la distance de sécurité, je sifflais en leurs directions afin de les attirer. Bien entendu pour ce genre de brut, il fallait un peu les provoquer.
 
" Les garçons, vous faites beaucoup de bruits pour pas grand-chose. Un manque à compenser peut-être ? "
 
Je lançai ses mots pour les appâter, comme du pain lancer aux pigeons. Je pense que pour le coup, cette analogie était plutôt pertinente. Il ne fallut que quelques secondes pour que les deux volatiles viennent dans ma direction, cherchant au passage à m’impressionner. Il est vrai qu’ils étaient bien plus larges et grands que moi, mais il se trouve que je suis plutôt du genre à voir au travers des illusions.
 
" Hé sale pute, le bruit que tu entends ça doit être le four qui vient de sonner. Tu devrais retourner dans ta putain de cuisine. "
 
De la vulgarité pour commencer, grand signe que je venais sans doute de toucher un point sensible. Pour couronner le tout, il chercha à me remettre en place en utilisant une bonne réplique sexiste. Je l’avais bien provoqué certes, mais ce genre de réponse semblait prouver son grand intérêt pour l’égalité homme femme. Quoi qu’il en soit, j’avais obtenu ce que je souhaitais, l’autre guerrier venant aussi de faire son apparition.
 
" Désolée, je n’ai pas le temps de vous cuisiner. "
 
Je posai mes deux mains simultanément sur les deux guerriers qui disparurent immédiatement. La population s’arrêta subitement de courir, se rendant tout doucement compte que la tempête venait de coucher. Un type se trouvant non loin me remercia, et je lui répondis simplement par un sourire. De son point de vue j’avais fait une bonne action, alors qu’en fait j’ai juste dégagé deux types sans chercher à savoir si l’un était innocent. L’avantage de cette téléportation, c’est que c’était l’action la plus douce que je pouvais faire. Un nouveau jaillissement de sang n’aurait sans doute pas répondu à l’attente du lycéen : comme il l’avait souhaité, tout s’est arrêté.
 
" Avec ce vacarme il était difficile de t’entendre, nous allons pouvoir à présent discuter. Je sens en toi une énorme frustration. Je comprends, devoir vivre ici et subir de genre d’atrocité ne devait pas être possible. Je dois avouer, je ne suis pas resté insensible à ton malheur. Je veux t’aider, à ce que ton mal-être cesse. J’ai l’impression que jusqu’à présent personne n’a pu percevoir le son de ta détresse, mais aujourd’hui quelqu’un l’a entendue. "
 
Je lui proposai ma main, afin de pouvoir l’aider à se relever. Ce qui était cocasse, c’est que cette phrase pouvait être également une métaphore. Il n’avait pas les moyens pour arriver à ses fins, et je comptais lui proposer les outils pour.
 
" Je me présente, Morana, enchantée. Quel est ton nom, jeune homme ? "
 
Avant de retourner dans le vif du sujet, il me semblait plutôt approprié de me présenter. En me dévoilant, je ne serais plus un inconnu à ses yeux, et il serait forcement inconsciemment plus apte à discuter avec moi. Oui, comme j’avais évoqué précédemment, les hommes n’ont pas confiance aux choses qu’ils ne connaissent pas.
 
" Je pense que tu as beaucoup de choses sur le cœur. Nous devrions nous poser dans le coin pour en discuter. J’ai vu à quelques mètres une belle terrasse. "
 
Je lui montrai au loin une petite terrasse qui ne fut pas impactée par le combat. Bien entendu, ce dernier pourrait profiter de ce calme pour fuir. Néanmoins, pouvait-il refuser l’opportunité de voir enfin son entéléchie ?



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MessageSujet: Re: Ces choses qui ne changent jamais   Ces choses qui ne changent jamais ClockMar 3 Nov 2020 - 20:05
Le sourire qu'elle arbora après qu'Alex lui eut répondu n'échappa pas à ce dernier malgré l'état de détresse et de panique dans lequel il était plongé. Que pouvait-elle trouver de si amusant ? Tout cela n'était-il qu'un jeu pour elle ? En réalité, cela ne l'étonnait même pas. Pour ces gens-là, ces êtres infiniment supérieurs aux terriens ordinaires, tout n'était qu'un jeu. Lorsque des guerriers surpuissants comme les Saiyans et les Black Feathers disputaient une partie d'échec, c'était la Terre entière qui en pâtissait. Et les pions sacrifiés représentaient les millions d'êtres humains qui mourraient simplement parce qu'ils se trouvaient au mauvais endroit au mauvais moment, emportés par une guerre qui ne les concernait pas.

Et cette fois encore, deux monstres avaient décidé de s'amuser, et leur terrain de jeu n'était autre que Satan City. Pour eux, ce n'était qu'une petite querelle, un combat de rue comme il pouvait y en avoir tant parmi les gens ordinaires, pour tout et n'importe quoi. Sauf que quand ces êtres-là se battaient, cela faisait trembler la terre et, bien souvent, des immeubles étaient détruits. Un mort était déjà à déplorer. Et bientôt, la dame qui avait accordé de l'attention au jeune homme allait rejoindre la partie. La situation allait-elle s'envenimer ? Si le combat gagnait en ampleur, il pourrait y avoir encore plus de morts et de blessés. Alex se sentait complétement impuissant face à la situation, il n'y avait rien qu'il pût faire. Il en avait juste marre de tout ça. Il avait beau savoir qu'il était en vie, il ne pouvait même pas s'en réjouir, car, tous les jours, il avait l'impression d'être en Enfer.

Il la regarda faire son numéro avec les deux surhommes. L'échange de paroles entre les différents protagonistes ne l'amusa même pas. Il était dépité, complétement démoralisé. Et, encore sous le choc, il n'avait même pas encore pleinement réalisé que son psy était mort. Après le court échange, elle fit disparaître les deux hommes d'un simple touché. Est-ce qu'elle les avait tué ? Fait disparaître de la réalité par le biais d'une magie quelconque ? Ou bien les avait-elle téléporté loin d'ici ? Au final, Alex n'en avait pas grand chose à faire. Peu lui importait la raison du combat, et le sort de ces guerriers. Pourtant, il n'était pas favorable à la peine de mort, il n'était pas du tout partisan du meurtre. Mais, avec ces êtres, il était pratiquement impossible de faire régner un semblant de justice. Les règles qui s'appliquaient aux humains ordinaires ne pouvaient pas s'appliquer à ces entités supérieures. Dans un monde idéal, ils auraient dû être arrêtés et jugés. Mais c'était impossible, ou tout du moins, extrêmement complexe, en particulier sur Terre. S'il y avait quelques personnes surhumaines parmi les forces de l'ordre, ce n'était clairement pas une majorité. Et puis, il faudrait des prisons qui puissent les retenir, mais vu que certains d'entre eux pouvaient facilement détruire des montagnes voire des planètes... les solutions étaient peu nombreuses.

Mais une autre question tarauda l'esprit du lycéen. Vu la facilité avec laquelle elle avait pu mettre fin au combat, sans même se forcer... pourquoi ne pas l'avoir fait plus tôt ? Pourquoi avoir d'abord demandé l'avis d'un ado terrifié et insignifiant, assis par terre sur le trottoir ? Du point de vue d'Alex, si elle avait été une bonne personne, une sorte de super-héroïne, elle aurait agi directement, elle aurait fait passer la protection de l'ensemble des gens avant lui. Pourquoi s'était-elle intéressé à lui particulièrement alors qu'il n'avait pas la moindre importance ?

Il n'allait pas tarder à avoir un début de réponse, puisqu'elle revint vers lui si tôt le travail fini. Elle affirma vouloir discuter avec lui, et prétendit avoir été touchée par sa détresse. Alex la regarda avec un léger mélange d'étonnement et de perplexité. Il était naturellement méfiant à l'égard de ces êtres surpuissants qui avaient gâché sa vie à maintes reprises. Il ne voulait pas faire d'amalgame ou de généralités, mais le fait qu'elle avait attendu sa réponse avant de mettre fin au combat alors qu'elle aurait pu le faire dés le début l'intriguait et ne l'incitait pas à lui faire confiance.

Lorsqu'elle lui tendit la main pour l'aider à se relever, il hésita un instant. Est-ce que c'était un piège ? Et si elle avait un pouvoir particulier qui s'activerait en le touchant ? Non, ce n'était qu'une poignée de main. Si elle avait voulu lui faire du mal, elle l'aurait déjà fait et il n'aurait même pas eu le temps de réagir. A cette pensée, Alex se figea de nouveau. Il avait l'impression d'être une souris en face d'un chat. Ou un simple jouet, une poupée, dont elle pouvait faire tout ce qu'elle voulait. Il n'avait pas le choix. Il était obligé de jouer le jeu. Parce que, même s'il ne pouvait lui faire confiance pour le moment, en admettant qu'elle avait de mauvaises intentions, elle pourrait très bien décider de le décapiter en un battement de cil s'il décidait de s'enfuir. Il était pris au piège. Ce qui était sûr, c'est qu'elle n'allait pas le tuer en lui prenant la main, sinon elle l'aurait déjà fait. Il espérait juste que le simple fait de la toucher n'allait pas activer une capacité chez elle. Il ne pouvait pas non plus refuser son aide. En effet, imaginons qu'il refuse sa poignée de main pour se relever, elle pourrait se vexer, et cela ne ferait qu'augmenter les risques qu'elle décide de l'écraser comme un moustique. Certes, Alex souffrait de dépression depuis quelques années et songeait parfois à la mort, mais ça ne voulait pas dire qu'il avait réellement envie de mourir sur l'instant présent.

Sa main toujours tremblante agrippa celle de la surhumaine et il se releva avec son aide. Il ne sentit aucun changement particulier en lui, mais peut-être qu'elle avait utilisé une technique complétement indétectable pour la victime, en particulier pour un humain sans pouvoir. Ou bien, peut-être qu'il se faisait simplement des idées. A force de souffrir à cause de ces monstres, il y avait de quoi devenir parano.


"Merci..."
affirma t-il mollement.

Elle se présenta sous le prénom de Morana. Alex hésita à donner son vrai prénom. Peut-être que s'il se présentait sous un faux nom, elle aurait plus de mal à le retrouver une fois qu'ils se seraient séparés, si jamais elle lui voulait du mal et que par chance il parvenait à s'en sortir ? Non, c'était trop risqué encore une fois : elle pouvait très bien être capable de déceler les mensonges. Certains êtres pouvaient même écouter les battements de cœur ou observer en détail la gestuelle d'une personne pour savoir si elle mentait ou non. Et pour le coup, s'il commençait à mentir, ça allait encore augmenter ses risques de se faire tuer. Il n'avait aucune marge de manœuvre. Il devait juste être lui-même et rester honnête, et prier pour qu'elle ne lui veuille vraiment pas de mal. Sauf qu'il ne croyait en aucun dieu, donc il ne priait pas. Il fallait dire que les dieux étaient constamment autour de lui, pour son plus grand malheur.


"Alex..." répondit-il, toujours un peu déboussolé.

Elle disait vouloir écouter ce qu'il avait sur le cœur. C'était plutôt cocasse, parce qu'il avait vraiment des problèmes de cœur, à la fois au sens littéral d'un point de vue médical, et au sens métaphorique depuis que sa petite amie s'était faite assassiner. Elle lui présenta une terrasse pour s'asseoir et parler.

Le problème, c'était qu'Alex n'avait aucune envie de se confier à une inconnue. C'était très dur pour lui de parler oralement de ses problèmes, de ce qu'il ressentait. Il était resté mué dans le silence durant des semaines avant d'enfin réussir à parler à son psy. Et puis, il ne comprenait toujours pas pourquoi elle s'intéressait à quelqu'un d'insignifiant comme lui. Ce n'était pas comme s'il avait quoique ce soit d'intéressant.

La tête baissée, il remarqua une seconde fois qu'il avait oublié ses chaussures. Il tourna alors la tête vers l'immeuble dans lequel une voiture s'était encastré. Des sirènes se firent entendre au loin, et l'orphelin repensa alors à son psychiatre. Il sentit monter en lui une envie de pleurer, mais fit des efforts pour retenir ses larmes et ne pas s'effondrer.

Il tourna la tête vers Morana mais n'osa pas la regarder dans les yeux. Le regard fuyant, il prit enfin la parole :


"Excusez-moi... Il y a un homme blessé, dans le bâtiment là-bas..."

Il pointa du doigt l'immeuble dans lequel il se trouvait plus tôt. Au final, Alex ne savait pas si le psy était vraiment mort ou bien s'il s'était juste évanoui à cause des blessures et de la perte de sang. Il n'avait que peu d'espoir, mais peut-être que le Dr. Molland pouvait encore s'en sortir ? Avec ses pouvoirs, elle pourrait sans doute l'amener à l'hôpital bien plus rapidement que l'ambulance qui arriverait d'ici quelques minutes. Peut-être même qu'elle avait des pouvoirs pour soigner ou ressusciter des gens ?

"Vous pouvez l'aider ?... S'il vous plait."

Il pourrait aussi en profiter pour récupérer ses chaussures même si c'était certainement la dernière chose qui le préoccupait en cet instant.
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MessageSujet: Re: Ces choses qui ne changent jamais   Ces choses qui ne changent jamais ClockMer 11 Nov 2020 - 1:25



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Ces choses qui ne changent jamais



La vie d’une personne lambda est par défaut inintéressante. Qui suivrait avec entrain les mésaventures régulières d’un vulgaire éboueur, effectuant quotidiennement les mêmes tâches ? Pas grand monde, lui-même peinant déjà à supporter sa propre vie. Les gens préfèrent suivre les aventures d’une personne extraordinaire pouvant impacter le monde. Cela apporte un lot de péripéties intéressantes et permet même de rêver un tant soit peu. En se projetant au travers de ce héros, les gens oublient l’espace d’un instant qu’eux, n’auront aucun impact.

Ironiquement, les gens préfèrent tout de même cette normalité. Depuis toujours, les hommes ont craint la différence. Il reste plus confortable de se cacher dans la masse, que d’être une anomalie pointée du doigt pour tous. Craignant cette crainte, les gens sortant de l’ordinaire pourraient même avoir tendance à se cacher. Cet effet est à son apogée pendant l’adolescence. Alors que le corps est en train de se former, l’identité se forge également. Si certains cherchent à se démarquer par simple esprit de contradiction, la plupart ne suivront que bêtement. Ce jeune étudiant devait en faire partie.
 
Dans un monde comme nous vivons où de plus en plus de gens manifestant des capacités apparaissent, la normalité perd de son sens. Certes, le nombre reste faible, mais il est amplifié grâce à la puissance des médias. Ces gens sortant de l’ordinaire faisant la une, ils paraissent donc la nouvelle norme aux yeux des gens. Le sentiment d’impuissance commence à grandir, la population normale se demandant pourquoi eux et pas nous.
 
Ce qui devient alors intéressant, c’est justement le contact entre ces deux entités, et c’est pour cela que j’ai contacté ce jeune homme. Par contre, j’ai visiblement sous-estimé cette donnée, vu la réaction apeurée du lycéen, peinant à dire merci. Habitué à être tapis dans l’ombre il ne s’attendait pas à ce que quelqu’un puisse venir le contacter. Pourtant les gens normaux s’intéressent aux gens surpuissants, il me semble donc logique que la réciproque s’applique.
 
Il prit alors du temps pour donner son nom. Ce dernier aurait-il oublié son prénom ? Ou bien se demandait-il s’il ne devait pas utiliser une fausse identité. Si ce dernier se tournait vers ce genre d’idée, je le saurais de toute façon bien rapidement. Il donna finalement son véritable prénom, visiblement encore perturbé. À présent ce jeune homme ne faisait plus partie de la masse à mes yeux, ayant l’identité de cet individu. Je lui proposai ensuite d’échanger un peu plus loin, mais étrangement il se focalisa sur autre chose. Oui, il voulait sauver la vie d’un homme.
 
" Très bien Alex. Allons sauver cet homme. "
 
J’invitai de cette façon le lycéen à me suivre, il était trop dangereux pour lui de rester seul. Ma première question était : ambitionnait-il de devenir un héros ? Sauvant alors les gens de ce genre de situation. Il serait alors intéressant de savoir ce qu’il percevait comme le bien et le mal. Autre solution et des plus crédibles : il connaissait cet homme. Il était dans le même coin que lui, la probabilité était donc assez importante. Cependant, le lycéen ne semblait pas montrer une profonde peine en son égard, laissant donc le doute à ce sujet. J’en profitai pour questionner Alex, alors qu’on approchait à grande enjambée du blessé.
 
" C’est une connaissance à toi ? "
 
De cette façon j’allais être fixée. En continuant ma marche, je m’approchai du blessé, encastré par une voiture. Avant toute chose, je m’approchai de lui pour vérifier s’il était toujours vivant. Son souffle était court, mais toujours présent. Je reculai d’un pas afin d’admirer la scène. Une véritable scène d’horreur, qui aurait été parfaite pour accompagner Halloween. La voiture avait sectionné en deux le corps du pauvre psychologue au niveau de son ventre. De nombreux organes devaient être touchés, engendrant quasiment le diagnostic vital. Si ce dernier par chance arrivait à survivre, il finirait au mieux tétraplégique. En terminant ainsi, pouvons vraiment dire qu’il avait eu de la chance ? Ne préférait-il pas mourir ? Je m’approchai une nouvelle fois de lui et je posai ma main sur son corps. Subitement, ce dernier disparut à son tour. Je me retournai rapidement en direction de ce très cher Alex avant qu’il puisse être inquiété davantage.
 
" Je l’ai envoyé dans le meilleur hôpital de la ville. "
 
J’ai employé la stratégie lui offrant le plus de chance de survie, reste à voir si les médecins seront capables de faire quelque chose pour lui. Je m’attardai ensuite sur ce qu’il restait de la pièce. Je compris très rapidement que ce type était psy, ce qui pouvait sans doute dire que ce type était son psychologue. Nul doute que jeune Alex devait avoir énormément de mal avec sa vie.
 
" Je sens que ta présence te rend mal à l’aise. Je comprends, ce genre de types qui se sont affrontés dehors sont effrayants et cela te dépasse. Voyant mes capacités, tu ne m’associes indirectement à ce genre de personne. Je pense que je pourrais t’aider à mieux comprendre cet univers. Crois-moi, toutes ces choses sont bien plus simples à assimiler que tu pourrais le croire. "

Un psy faisant partie de la normalité ne pouvait pas plus comprendre qu’Alex ces gens surpuissants.



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MessageSujet: Re: Ces choses qui ne changent jamais   Ces choses qui ne changent jamais ClockJeu 12 Nov 2020 - 18:41
Le pré-adulte de 17 ans fut rassuré lorsque Morana accepta d'aider son psy. Toutefois, la façon dont elle répondit le laissa quelque peu interrogateur. En effet, elle avait dit "allons le sauver", incluant donc Alex. Ce n'était pas comme si le garçon ordinaire allait pouvoir être d'une quelconque utilité. Tout au plus, il pouvait lui montrer le chemin à l'intérieur du bâtiment, mais ce n'était pas très compliqué de s'y retrouver tout seul.
L'espace d'un instant, en demandant à la surhumaine d'aider le blessé, il avait espéré qu'elle le laisse ici, seul. Aurait-il eu le courage de s'enfuir, en sachant qu'elle pourrait certainement le rattraper très facilement ? Rien n'était moins sûr.

Il suivit la dame aux cheveux foncés, ne souhaitant pas la contrarier. Mais c'était aussi un bon moyen de voir ce qu'elle allait vraiment faire. En chemin, elle lui demanda si le blessé était une connaissance à lui.


"On peut dire ça..." répondit-il vaguement.

Alex n'avait pas vraiment envie de révéler des choses sur sa vie privée pour le moment. Et puis, il avait toujours un peu honte de dire qu'il consultait un psy. Probablement par peur du jugement des autres. Les gens normaux, ceux qui sont heureux, ou qui font semblant de l'être, ont parfois tendance à éviter et à ne pas comprendre ceux qui ont des problèmes. Alex ne voulait pas non plus qu'on le plaigne ou que des gens s'inquiètent pour lui - ce qui ne risquait plus d'arriver maintenant qu'il n'avait plus de proches. Mais il évitait généralement de dire qu'il allait mal, et encore plus d'en expliquer les raisons, sauf à son psy qui était justement là pour ça. Toutefois il n'était pas particulièrement doué pour masquer ses émotions, alors même s'il ne voulait pas dire aux gens qu'il allait mal, ça avait tendance à se voir dans son attitude.

Lorsqu'ils arrivèrent à l'intérieur du cabinet du docteur, Alex détourna le regard pour ne pas voir à nouveau cette scène horrifique. Il avait déjà eu suffisamment de visions cauchemardesques dans la journée, voire même au cours de sa vie. Il n'était pas particulièrement sensible au gore dans les films d'horreur, mais dans la vraie vie, c'était très différent. En particulier quand il s'agissait de ses anciens camarades de classe ou ses amis qui s'étaient trouvés vidés de leurs boyaux pour décorer les couloirs du lycée à Halloween. Désormais, il en fallait peu pour qu'il soit assailli de visions d'horreur issues de ses souvenirs, et qui le réveillaient sans arrêt la nuit.

Alors qu'il regardait ailleurs, il retrouva ses baskets un peu plus loin dans la pièce. Il s'y dirigea et les enfila pendant que Morana faisait son truc. Il était en train de nouer ses lacets lorsqu'elle affirma l'avoir téléporté à l'hôpital. Instinctivement, il jeta un regard à l'endroit où avait eu lieu "l'accident", il n'y avait plus qu'une grosse tâche de sang. Elle avait sûrement dû utiliser la même technique qu'avec les deux combattants. Soit elle disait vrai, auquel cas elle avait également téléporté ces deux-là loin d'ici. Soit elle mentait : peut-être qu'elle avait tout simplement désintégré le docteur en faisant croire qu'elle l'avait téléporté. Après tout, Alex n'avait aucun moyen de vérifier ses dires. Il n'avait pas de dons particuliers pour déceler le mensonge d'une vérité, donc Morana pouvait très bien le berner. Il était également possible qu'elle eût utilisé deux techniques différentes mais proches dans leur fonctionnement : une technique de désintégration pour les combattants et une technique de téléportation pour le docteur, deux techniques qui, visuellement, seraient identiques.

Alexandre était devenu un peu paranoïaque vis-à-vis des êtres surpuissants à cause de ce qu'il avait vécu. Mais il décida de la croire. Après tout, à quoi ça servait d'imaginer le pire scénario possible ? Soit elle se jouait de lui depuis le début, auquel cas il mourrait probablement bientôt, mais il ne voyait pas d'intérêt pour elle autre que le simple amusement de faire tourner en bourrique un ado effrayé. Soit elle était sincère, et dans ce cas il n'avait pas à s'inquiéter, bien qu'il se demandait ce qu'elle pouvait bien trouver d'intéressant chez lui. Il valait mieux partir du principe qu'elle voulait vraiment l'aider. Parce que si ce n'était pas le cas, de toutes façons, ce serait certainement trop tard pour lui lorsqu'il s'en rendrait compte.

Il se releva après avoir fini de mettre ses chaussures, et écouta Morana qui se fit rassurante. L'adrénaline qu'avait eue Alex face à tous ces évènements était en train de redescendre, et son médicament commençait déjà à faire effet. C'était un relaxant, qui lui permettait donc de se détendre, de ralentir son rythme cardiaque et de faire cesser les douleurs qui y étaient liés. En somme, cela diminuait ses risques de faire une crise cardiaque en cas de panique ou d'énervement. Il commençait donc à retrouver son calme, peu à peu.

Alors qu'il l'écoutait, le regard du lycéen ne croisa jamais celui de la dame aux multiples pouvoirs. En effet, il se sentait si inférieur à elle qu'il n'arrivait pas à la regarder dans les yeux et préférait les poser sur la décoration, le sol ou les fenêtres. Peut-être était-ce un moyen d'ignorer le fait qu'il était en présence d'une personne capable de le tuer quasiment instantanément, bien qu'il restait attentif à ce qu'elle disait. Ou peut-être était-ce parce qu'il préférait ne pas regarder la mort en face, et que si elle décidait de le tuer, il préférait ne rien voir venir.

Lorsqu'elle eut fini, son regard se posa sur la tâche de sang sous la voiture.


"Est-ce qu'il va s'en sortir...?" finit-il par demander.

Après la réponse éventuelle de Morana, il finit par prendre son courage à deux mains et la regarder, avant de lui adresser de nouveau la parole.


"Comment... Comment vous faire confiance ? D'habitude, les gens comme vous n'en ont rien à faire des gens comme moi. Et d'ailleurs, vous auriez pu mettre fin à ce combat dés le début. Pourquoi vous m'avez d'abord demandé ce que je voulais ?"
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MessageSujet: Re: Ces choses qui ne changent jamais   Ces choses qui ne changent jamais ClockVen 20 Nov 2020 - 0:17



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Quel merveilleux métier qu’est celui de psychologue, rien qu’à son nom il l’est déjà. Provenant du grec 'psukhê' signifiant l’âme et de 'logos' pour la parole, il signifie littéralement dialogue de l’âme. Oui, l’âme, notre véritable nous sans tous ces mensonges. Soit une discussion honnête, ce qui change du quotidien non ? Comment ça, vous êtes toujours honnête dans vos discours ? N’avez-vous jamais répondu oui à un 'ça va' dans des jours sans ? Feinte une absence par pure paresse ? Ce sont certes de petits mensonges, mais plus ils seront nombreux, plus votre carapace de l’âme sera importante. Le psychologue aura justement le rôle de percer cette carapace.

Alors oui, si je devais trouver un métier, ce serait bien vers ce genre de domaine que je me tournerais. L’étude du comportement humain est vraiment fascinante. L’un de ces clients se trouve justement à mes côtés, le dénommé Alex. Ce dernier avait confirmé qu’il connaissait ce dernier sans rentrer dans les détails, et venait de récupérer discrètement ses chaussures. Soit, ce dernier était son psychologue soit son amant. Vu son âge, la seconde solution semblait hautement improbable. Il s’approcha de moi pour me demander s’il allait s’en sortir.
 
" Étant donné que je l’ai directement envoyé dans un hôpital, il sera donc traité rapidement. Tout dépendra à présent de la compétence de ces médecins. Néanmoins quoiqu’il arrive il gardera de profondes séquelles, et je doute sincèrement qu’il puisse encore être ton psy. "
 
Je me tournai vers ce dernier, me demandant comment il allait réagir. Il était peut-être le seul moyen pour lui de faire communiquer son âme. Je n’avais pas le choix, il fallait lui donner un peu d’espoir.
 
" Après dans ce monde, il existe sans doute des gens capables de le guérir. "
 
Certaines personnes ont des dons de soins, ces derniers seraient sans doute capables de faire quelque chose pour lui. Mais encore, il fallait les trouver … ou bien apprendre à maitriser cette capacité. Je trouve d’ailleurs étonnant que sur cette planète, les gens préfèrent utiliser leurs pouvoirs pour combattre que pour sauver des vies. Sans doute l’effet de la testostérone.
 
Finalement, d’un sursaut de courage le jeune lycéen me demanda pourquoi je l’abordais. Une question qui devait lui trotter dans la tête depuis un moment. J’avais pressenti ça et finalement me voilà donc face à la question. Je pourrais être totalement honnête, néanmoins n’était-il pas plutôt du genre à plutôt vouloir entendre ce qu’il voulait entendre ?  
 
" Comment me faire confiance ? Si je te voulais du mal, je t’aurais laissé mourir sous les contrecoups de cette bataille. Bien entendu, je pense que tu t’es déjà fait cette réflexion et tu espérais sans aucun doute que je te dise ça. Néanmoins, cela ne rendrait pas pour autant cette pensée valide, car c’est ce qu’on appelle le biais de confirmation. Tu attendais peut-être sinon que je te donne un argument irréfutable qui t’aurait rassuré. Après tout, n’est-ce pas dans notre habitude d’avoir besoin de confirmations ? "
 
Mince, à force de me perdre dans mes pensées, j’ai commencé un monologue. Pas grave, c’est toujours agréable de pouvoir discuter. Il fallait cependant que je lui donne des réponses claires afin de le rassurer.
 
" Si je ne suis intervenu, c'est parce que ce combat ne me concernait pas. Ce n’est pas parce que je suis puissante que je suis homologué à décider de ce qui est bien est mal. C’est déjà une notion abstraite, mais l’amalgame entre justice et puissance se fait souvent sur Terre. En causant des dégâts autour d’eux, ils t’ont entrainé malgré eux dans la bataille, te donnant un regard bien plus légitime sur la situation que le mien. "
 
Bon, j’ai peut-être omis que j’avais surtout posé cette question pour le tester, mais je doute que cette réponse puisse le convenir. Il ne restait donc plus qu’à lui expliquer concrètement pourquoi je l’avais abordé.
 
" La raison pour laquelle j’ai abordé une personne comme toi est justement celle qui justifie pourquoi tu peux me faire confiance. Dans un certain sens, on se ressemble. Je cherche à vivre ma vie simplement et je tente de comprendre ce qui m’entoure. Si tu cherches à déchiffrer les gens avec des pouvoirs, je tente d’en faire de même avec ceux qui n’en ont pas. "
 
Cette explication était celle la plus proche de la vérité et également la plus compréhensible. Maintenant que j’avais répondu aux questions, il devait être rassuré. Néanmoins, cela ne sera pas suffisant. Comme je l’avais expliqué à Alex, les humains ont sans cesse besoin de confirmations. Après tout, les humains apprennent en recopiant ce qu’ils ont vu. En voyant une autre personne se livrer, ils seront plus aptes à en faire de même.
 
" Contrairement à beaucoup d’êtres vivants, je ne cherche pas à être actrice de ce monde, mais une spectatrice. Je sillonne l’univers pour mieux le comprendre. Plus le temps passe, plus une évidence m’a sauté aux yeux. Personne ne nait égal, créant des inégalités. La justice ne se fait qu’à celui qui tape le plus fort, laissant au silence la voix des personnes des plus faibles. Cela me laisse perplexe, je me demande du coup comment devrait se porter un monde juste. "
 
Mon regard resta braqué sur la voiture, espérant avoir réussi à capter l’attention du lycéen. Je me retournai dans sa direction, afin de lui demander simplement :
 
" Qu’est-ce que tu en penses ? "
 
Son avis comptait tout autant que les deux salopiots qui se sont débattus.



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MessageSujet: Re: Ces choses qui ne changent jamais   Ces choses qui ne changent jamais ClockVen 20 Nov 2020 - 22:00
La réponse de Morana à propos de l'état de santé du psy était logique et semblait honnête. C'était vrai si elle avait bel et bien téléporté le docteur à l'hôpital comme elle l'affirmait, mais Alex n'avait aucune preuve de cela. Il y avait donc toujours la possibilité qu'elle l'eût simplement désintégré, ou même téléporté dans le vide spatial ou n'importe où ailleurs. Le seul moyen de vérifier cette information était d'aller directement à l'hôpital où elle prétendait avoir téléporté le psy. Mais devait-il à ce point douter d'elle ? Peut-être qu'elle n'avait, en réalité, aucun moyen d'aider le psy. Que son pouvoir qui faisait disparaître les individus était juste un moyen de les désintégrer de façon soft, sans étaler des bouts de cervelle partout, et non de les téléporter. En partant de cette hypothèse, elle avait pu faire croire qu'elle avait téléporté le psy ailleurs alors qu'en réalité, elle l'avait tout simplement tué, et ce dans le but d'acquérir la confiance du jeune homme. Le psy était-il vivant ou mort ? Tel le chat de Schrödinger, Alex n'avait aucun moyen de le savoir, tant qu'il ne pourrait observer de lui-même son état. Le psy était donc dans deux états superposés, à la fois vivant et mort. C'était donc devenu un mort-vivant. Les pensées d'Alex venaient de s'égarer dans un moment inopportun, ce qui lui arracha un petit sourire amusé malgré la situation désastreuse, mais c'était certainement nerveux et causé par l'angoisse.

La dame aux pouvoirs avait également affirmé qu'il ne pourrait probablement plus être son psy à cause des séquelles. Il haussa des épaules. Ça lui était égal, au fond. Ce n'était pas comme s'il avait l'impression que ça l'aidait vraiment, il ne pouvait pas affirmer que son état s'était amélioré depuis qu'il le voyait. Au moins, il lui avait prescrit des médicaments pour l'aider à dormir, c'était déjà ça. Mais ce qui lui importait, c'était surtout que le psy survive. Il aurait exprimé la même requête à Morana s'il avait s'agit d'un simple inconnu. Pour Alex, la vie était importante, enfin, surtout quand il ne s'agissait pas de la sienne. Il attribuait une grande valeur à la vie des divers êtres vivants, c'était d'ailleurs l'une des raisons pour lesquelles il était végétarien, et contre la peine de mort.

Elle affirma aussi qu'il devait exister des gens capables de soigner les autres. Il acquiesça d'un signe de tête avant de répondre :


"Oui... Je connais une fille qui peut soigner les blessures légères... Je ne sais pas si elle pourrait faire quelque chose pour lui..."

Cela pourrait valoir le coup d'essayer. Pour cela, il allait falloir demander à Alicia, qui était l'une des personnes travaillant à l'orphelinat pour s'occuper des enfants qui n'avaient plus de famille, tels que lui. C'était l'une des seules personnes à pouvoir dont il ne se méfiait pas, parce qu'elle était très douce et qu'en dehors des pouvoirs de soin, elle avait l'air plutôt normale, dans le sens où elle n'avait pas une force surhumaine ou ce genre de choses.

Ensuite, le lycéen avait demandé à la surhumaine comment lui faire confiance, et pourquoi elle lui avait demandé son avis avant de mettre un terme au combat, ce qui était la deuxième raison pour laquelle il avait du mal à lui faire confiance, après le fait qu'elle fasse partie des êtres "surhumains".

En écoutant le début de sa réponse, Alex avait l'impression qu'elle cherchait à noyer le poisson, en répondant vaguement et en lui posant des questions probablement pour éviter de répondre directement à la question.


*Elle devrait faire carrière en politique.* se dit-il.

Elle prétendit ensuite qu'elle n'était pas intervenue plus tôt car elle ne se considérait pas compétente à décider du bien et du mal et voulait donc s'appuyer sur un avis extérieur avant de prendre une décision, considérant que l'avis d'Alex, directement embarqué car en danger, était plus à même de savoir quoi faire.
Cette réponse le laissa quelque peu perplexe. D'une part, parce que pour Alex, ce n'était pas très difficile de différencier le bien du mal dans la plupart des cas. En se battant dans la ville avec leur grande puissance, ces deux types mettaient les autres en danger, ce qui, de facto, faisait d'eux un problème à régler. En fait, il ne s'agissait pas de savoir s'ils étaient gentils ou méchants, peu importe leurs intentions finales. Ce qui importait, c'était la situation : elle était dangereuse pour les gens normaux qui se trouvaient sur le champ de bataille. Afin de les protéger, il était donc essentiel de mettre fin à cette situation. Peu importe qui l'avait provoquée et pourquoi, ce genre de questions devaient se poser après.
En refusant d'intervenir plus tôt, elle avait laissé des gens, comme son psy, se faire blesser, peut-être mortellement.

Mais Alex était loin d'être objectif. Alors, il essaya de prendre du recul, de se mettre à sa place. Si lui-même se baladait dans la rue, et voyait deux ados se disputer, sans connaître les tenants et aboutissants de la dispute. Serait-il intervenu, au risque de se prendre un mauvais coup, ou de faire pencher la balance pour l'un ou l'autre sans savoir si l'un des deux avait des raisons légitimes de se battre ? Ou bien les aurait-il ignoré ? En fait, une situation similaire s'était posée à lui quelques semaines plus tôt. Alors qu'il était sorti de l'hôpital pour des examens médicaux et avait appris que sa maladie du cœur avait apparemment empiré et qu'il ne lui resterait plus que quelques années à vivre - probablement que la dépression, l'angoisse d'avoir perdu tous ses proches, et le stress ambiant à cause des êtres surpuissants avaient augmenté ses risques - il était tombé sur deux ados assez costauds qui s'en prenaient à un plus faible, probablement pour le racketter. Sur le moment, Alex était intervenu, mais les conditions étaient particulières : sachant qu'il allait mourir dans quelques années, il s'était dit, sur le moment, qu'il n'avait plus rien à perdre, alors autant qu'il fasse tout pour aider les gens dans le besoin. Finalement, il s'était pris une rouste par les deux brutes, et serait peut-être mort ou gravement blessé si un Saiyan du nom de Cortae n'était pas intervenu pour l'aider.

Toutefois, la situation imaginaire de Alex rencontrant deux adolescents inconnus en train de se battre n'était pas tout-à-fait la même que celle de Morana. Certes, c'était une situation proche : une personne se trouve sur un lieu de combat entre deux inconnus de puissance plus ou moins équivalente. Mais dans la situation imaginaire, les deux adolescents ne risquaient pas de faire d'autres victimes, puisqu'ils ne pouvaient pas détruire des immeubles à coups de poing. Donc au final, Alex pourrait très bien décider de les ignorer en se disant que ça ne concernait que les deux bagarreurs, puisqu'ils ne mettaient personne d'autre en danger. Pour que la situation soit plus proche, il faudrait y ajouter plein de bébés, des chatons et des chiots, autour des deux bagarreurs, risquant à tout moment de se prendre un mauvais coup, ou de se faire piétiner. Dans ce cas, Alex serait probablement intervenu, au moins pour éviter que les bébés, chatons et chiots ne soient blessés. Il n'aurait pas demandé l'avis à un petit chaton apeuré.


*Ouais mais ça n'a rien à voir, en fait.*

Ce fut sur cette conclusion qu'il arrêta de penser à des chatons.

Morana, bien plus loquace que lui, avait également affirmé que selon elle, ils se ressemblaient, car elle cherchait à comprendre les gens normaux et sans pouvoir là où lui cherchait à comprendre les êtres supérieurs. En réalité, Alex ne se posait pas tant de questions à propos d'eux. Il éprouvait plus une sorte d'inimitié involontaire à leur égard à cause de ce que certains d'entre eux lui avaient fait subir, tout en se persuadant qu'ils n'étaient pas tous comme ça. Au fond, il ne voulait pas les détester, il savait bien que certains d'entre eux étaient bons, peut-être même une majorité silencieuse finalement. Mais, c'était plus fort que lui, il avait de l'hostilité à l'égard de ces êtres, il partait avec un à-priori négatif, parce qu'il les craignait même si certains n'avaient aucune mauvaise intention. Comme lorsque vous vous faites agresser par certains types de personnes, et que par la suite, vous éprouvez un peu d'antipathie et de la méfiance pour les personnes qui peuvent leur ressembler, en vous basant sur des caractéristiques communes mais pas forcément pertinentes.
Il ne voulait pas spécialement les comprendre, encore moins les étudier. Il voulait juste que ces êtres supérieurs prennent conscience de l'existence et de la valeur de la vie des humains ordinaires. Qu'ils arrêtent de se battre et de détruire des villes entières en faisant comme si les terriens lambdas n'existaient pas.

Toutefois, c'était compréhensible qu'un être supérieur puisse s'intéresser aux êtres ordinaires. Cela donnait l'impression à Alex d'être un peu comme une souris de laboratoire. Ça lui rappelait ces histoires d'extra-terrestres qui enlèvent les humains pour les étudier et faire des expériences dessus. En fait, c'était même un peu flippant. Il espérait qu'elle n'avait aucune intention de le viviséquer pour voir comment il était fait à l'intérieur.

Il était moyennement rassuré et pas totalement convaincu par les explications de la femme aux cheveux noirs, toutefois, il était désormais à peu près sûr qu'elle n'allait pas le tuer tout de suite. Il repensa aux dernières paroles que le docteur Molland lui avait dites. Qu'il devait essayer de se faire de nouveaux amis pour aller mieux car il ne pouvait pas passer le restant de sa vie seul par peur de devoir vivre de nouveaux deuils. Il avait aussi dit que les êtres surpuissants n'étaient pas tous mauvais et qu'il ne fallait pas vivre comme si l'on avait une épée de damoclés au-dessus de la tête, qu'il ne fallait pas que le danger de pouvoir mourir n'importe quand nous empêche de vivre comme on le souhaitait et de faire des projets. Bon, ça, c'était avant qu'il se prenne une voiture dans la gueule. Son opinion allait peut-être changer, maintenant.

Mais, d'une certaine manière, il avait quand même raison. Depuis la guerre, Alex se sentait très seul, et la solitude n'arrangeait en rien son état. Tout lui paraissait fade et sans intérêt, la vie n'avait plus aucune saveur. Mais s'il ne faisait jamais rien, ça n'allait pas s'arranger tout seul. C'était aussi à lui d'essayer d'aller vers les gens, de leur accorder sa confiance. Sa famille et ses amis étaient morts et ne reviendraient plus jamais, c'était un fait. C'était très difficile à accepter, mais il devait passer à autre chose, construire une nouvelle vie à partir de rien. Il ne lui restait peut-être plus que quelques années à vivre, mais il serait dommage de ne pas en profiter en restant enfermé dans son passé.

Morana reprit la parole en parlant un peu plus d'elle. Lorsqu'elle affirma qu'elle sillonnait l'univers, Alexandre se dit qu'elle avait dû voir plein de choses intéressantes. Malgré son apparence, il était probable qu'elle ne fût pas humaine, aussi se demandait-il sa race ainsi que son âge. Elle parla ensuite des inégalités, de l'injustice, de la loi du plus fort qui la laissait perplexe. Elle se demandait comment devait être un monde juste.

Alex remarqua alors quelque chose. Morana semblait n'avoir aucun préjugé, aucun avis tranché sur la plupart des choses. Elle semblait à peine faire la distinction entre le bien et le mal. Tout du moins, ce fut ce qu'il cru deviner par rapport à ce qu'elle avait dit à propos du combat un peu plus tôt, et de son dernier discours sur les injustices. Un peu comme un enfant à qui l'on avait pas inculqué les valeurs morales. C'était très intriguant étant  donné qu'elle avait l'air plus âgée que lui d'au moins dix ans si l'on se basait sur les critères d'apparences humaines.

Elle lui demanda alors son avis sur ce qu'elle venait d'énoncer, ce qui le surprit un peu. Alex esquissa un léger sourire.


"Wow, c'est un sujet vaste et complexe." commença t-il.

Alexandre avait des opinions politiques très orientées à gauche, et ce depuis plusieurs années. Des opinions qui, dans la société capitaliste dans laquelle ils étaient, n'étaient que très peu partagées.


"Pour moi, on devrait s'en foutre de comment sont les gens, peu importe qu'ils soient forts ou faibles, ou ce genre de trucs... Ça devrait pas être aux puissants de dire aux faibles comment ils doivent mener leurs vies, chacun devrait pouvoir être maître de son destin. Et les types qui foutent la merde en se battant et en détruisant des immeubles devraient répondre de leurs actes et rendre des comptes à l'ensemble de la population. Et pourtant, ils continuent de faire n'importe quoi et de tuer des millions de gens, et personne ne fait rien. Les Saiyans et les Black Feathers seront jamais punis pour les dégâts qu'ils ont fait sur Terre..."

Repenser à tout cela avait le don de le mettre en rogne. Savoir que ces odieux criminels ne seraient jamais punis et allaient recommencer à massacrer des populations sur d'autres planètes juste pour s'amuser. Ça le répugnait. Il n'y avait aucune justice dans ce foutu univers.

Il se dirigea vers la sortie de la pièce, ils n'avaient plus aucune raison de rester ici et l'odeur de sang qui imprégnait ses poumons lui rappelait de trop mauvais souvenirs.

Il sortit aussi son téléphone de sa poche.


"Excusez-moi, je vais passer un coup de fil, juste quelques secondes."

Il chercha dans ses contacts le nom d'Alicia Runhour, la fille qui travaillait à l'orphelinat et qui avait des pouvoirs de guérison, et l'appela. Il colla le téléphone à son oreille et attendit quelques secondes.

"Allo..."

"Allo Alicia ? Salut, c'est Alex. Ça va ?"

"Oh, bonjour Alex. Je vais bien et toi ?"

"Ouais, ça va." mentit-il.

"Dis, j'ai une question sur ton pouvoir de soin."

"Ah. Je t'écoute ?"

"Quelle est la limite de ton pouvoir ? Genre, est-ce que tu peux faire repousser des jambes, ou ce genre de choses ?"

"Hm, non, je ne pense pas que ce soit possible. Je n'arrive qu'à refermer des petites égratignures." mentit-elle, à son tour.

Elle n'avait pas envie que les gens soient au courant de ses pouvoirs temporels, déjà qu'elle avait mis du temps avant de dévoiler aux autres une partie de ses pouvoirs et qu'elle faisait passer cela uniquement pour un pouvoir de guérison.


"Ah ok."

"Pourquoi ? Tu as un problème ?"

"Ah non non t'inquiète, ça va... Enfin, en fait, y a un type gravement blessé à l'hôpital, et je sais pas s'il va s'en sortir, il a un peu été... coupé en deux, en fait..."

"Ah. Je vois." répondit-elle sans avoir l'air particulièrement choquée.

"Dans ce cas, peut-être que Meruem pourrait l'aider. C'est un extra-terrestre soigneur qui officiait souvent au camp de blessés principal, dans le centre-ville. Mais depuis que la ville a été reconstruite, tous les blessés ont été transférés dans les hôpitaux, alors tu le trouveras peut-être dans l'un d'eux."

Après la destruction des villes par les bombes des Black Feathers, les hôpitaux avaient été détruits, comme tous les autres bâtiments. Des campements s'étaient rapidement mis en place, pour soigner les blessés mais également pour venir en aide à ceux qui n'avaient plus de foyers, pour servir une sorte de soupe populaire, pour s'occuper des orphelins comme Alex, etc... Lorsque la ville avait été reconstruite par magie quelques mois plus tôt, la société avait commencé à reprendre une vie normale, les blessés avaient été transférés dans les hôpitaux, la plupart des gens avaient pu être logés dans les nombreux logements inhabités du fait du grand nombre de morts, et les orphelins pouvaient vivre dans un vrai orphelinat.

"Ok merci ! A plus !"

"Au revoir, bonne journée."

Il raccrocha et tourna la tête vers Morana.

"Bon, elle peut pas le soigner, mais elle m'a parlé d'un mec qui pourrait peut-être. Heu, vous voulez bien nous téléporter à l'hôpital ? Le mec dont elle m'a parlé y sera peut-être."

Alex prenait un gros risque, mais il était calculé. Soit Morana l'avait manipulé depuis le début et n'avait jamais téléporté le docteur, c'était l'hypothèse où son pouvoir consistait à désintégrer les gens en les faisant disparaître. Dans ce cas, elle ne pourrait pas le téléporter, mais elle ne voulait probablement pas le tuer non plus puisque sinon, elle l'aurait déjà fait. Soit elle pouvait bien téléporter les gens mais n'avait pas téléporté le docteur à l'hôpital comme mentionné, auquel cas elle devrait trouver une excuse pour expliquer que le psy n'y était pas. Soit elle disait vrai et il pouvait lui faire confiance, et donc elle allait bien le téléporter à l'hôpital et il pourrait vérifier ce qu'elle avait fait.

[HRP : Je me suis permis de jouer mon DC Alicia directement dans ce post pour éviter de poster avec différents comptes.]
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MessageSujet: Re: Ces choses qui ne changent jamais   Ces choses qui ne changent jamais ClockLun 7 Déc 2020 - 1:30



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Alex avoua connaitre quelqu’un capable de soigner les blessures. Malgré son statut de banal habitant de la planète bleue, il avait visiblement déjà quelques contacts avec des gens possédant des pouvoirs. Il avait cependant annoncé qu’elle était capable de faibles soins, ce qu’il voulait sans doute dire que ses pouvoirs étaient limités. Peu de chance qu’elle puisse grand-chose pour une personne qui se trouvait être entre la vie et la mort. J’étais impatiente de le voir la contacter avec peut-être la chance de pouvoir la rencontrer. Il y aurait alors peut-être un peu plus d’interactions ?
 
Oui, car jusqu’à présent, Alex était resté discret. Il ne faisait aucun doute que ma présence l’intimidait et, malgré mes propos, restait sur la défensive. Afin de libérer un peu de cette timidité, je le laissai débattre. Grand bien me fasse, le lycéen ne perdit pas son temps pour donner son opinion en devenant bavard le temps d’un instant. N’ayant pas l’habitude de pouvoir donner son avis, il fonça sur cette opportunité pour lâcher ce qu’il avait sur le cœur sur ce sujet.
 
De son point de vue, toutes les personnes devraient être considérées de la même façon, qu’importe la puissance. En effet, c’était plus que justifié, néanmoins ce n’était pas le cas actuellement. Difficile en effet de contrôler ses ardeurs, quand on possède entre nos mains la clé nous ouvrant toutes les portes de la réussite. Néanmoins, cela ouvrait une multitude d’autres questions. Comment empêcher les gens d’utiliser leurs pouvoirs à mauvais escient ? Serait-il légitime d’empêcher toute utilisation offensive ? Le plus difficile restait de pouvoir tracer la limite de l’acceptable.
 
Il partit ensuite dans un jugement particulier sur les types mettant le bordel, voulant punir ceux qui détruisent. C’était louable, mais il y avait des limites à cette pensée. Réduire les gens qui détruisent à des criminels était une façon de voir un peu trop simpliste. Oui, il y a un tas de paramètres menant à ce résultat. D’ailleurs, son point de vue était visiblement biaisé par son propre vécu. Il donna en exemple un affrontement entre deux camps. Si je connais le premier camp, réputé pour leur barbarie, le second lui, ne me disait rien. Toute cette histoire me rappela une expérience de pensée. Alors qu’Alex se dirigea vers la sortie, je l’accompagnai tout en lui demandant :
 
" J’ai une question à te poser. Connais-tu le dilemme du tramway ? Prenons un exemple probable. Imaginons un vaisseau en train de s’écraser sur la terre, et tu es le pilote. S’il continue sa trajectoire, il va s’écraser sur une zone peuplée. Cependant, il a la possibilité de dévier et de s’écraser une zone moins habitée. Quel choix doit-il faire ? "
 
En toute logique, le choix le plus censé serait celui de sacrifier le moins de personnes possible. Néanmoins, changer subitement la destinée serait-il forcément une bonne chose ? Je lui laissai le temps de répondre puis je continuai mon petit interrogatoire.
 
" Mais corsons encore plus le débat. Imagine que tous tes proches se trouvent dans cette zone non peuplée. Quel choix moral dois-tu faire ? "
 
La question devenait bien plus complexe, car en prenant en compte des proches, notre avis ne peut plus être extérieur, et devient forcement biaisé. Le bon choix voudrait être de sacrifier ses proches, afin de tuer le moins de monde possible. Néanmoins comme le vaisseau n’est pas dirigé en leur direction, cela reviendrait consciemment à vouloir sacrifier toute sa vie. Une nouvelle fois, je lui laissai quelque temps pour répondre, et je terminai là où je voulais en venir.
 
" Pour conclure, prenons un dernier exemple. Imaginons que tu es puissant guerrier. Dos à toi, se trouve un puissant criminel. Ce dernier parcourt la terre de village en village pour les détruire. Tu as l’occasion de sauver ses prochaines cibles en t’en débarrassant. Cependant, en lançant ton attaque tu vas détruire plusieurs maisons et tuer quelques habitants. Quel choix dois-tu faire ? Et seconde question, seras-tu considéré à juste titre si tu lances ton attaque, comme un type foutant le bordel ? "
 
Mon objectif était de montrer toute la complexité de cette réflexion. Bien entendu, j’étais également curieuse de connaitre son avis. Il restait bien entendu possible qu’il soit simplement incapable de pouvoir donner la moindre réponse. Suite à cette petite histoire, le jeune homme sortit son téléphone et commença alors à contacter cette fameuse jeune fille. Je fis alors quelques pas pour me poser sur un rebord, non loin d’Alex. Il m’était difficile d’entendre les réponses de cette dernière, cependant je pouvais déceler quelques mots, ce qui était bien plus que suffisant pour moi.
 
Je suivais la conversation avec grand intérêt, découvrant déjà le nom de cette dernière : Alicia. Il ne fallut que quelques mots pour que le premier mensonge sorte. Une mise en pratique d’une précédente réflexion, avec le traditionnel ‘ça va’. Bien entendu, je n’eus pas besoin de mon pouvoir pour percevoir qu’il mentait. Il questionna alors sur les limites de ses pouvoirs, et surprise : je ressentis une petite décharge dans mon corps signalant qu’elle mentait. La petite cachotière ! Je n’avais pas entendu sa réponse, mais elle avait sans doute annoncé qu’elle n’était pas capable de soigner que de petites blessures.
 
Une question existentielle se posa alors à moi. Devais-je lui donner cette information ? En lui donnant, il aurait alors la certitude que je suis capable de percevoir ses mensonges et logiquement il aura peur de se livrer à moi. Ce serait dommage alors qu’il était justement tout doucement en train de se livrer. Je devrais plutôt garder cette information de côté, je lui donnerais sans doute plus tard.
 
C’est alors que le lycéen s’approcha de moi et me demanda de pouvoir nous téléporter auprès du psychologue. Ce petit était loin d’être un idiot. Cette question paraissait anodine, mais elle lui permettait de répondre à ses doutes. Il n’avait aucune preuve que j’avais téléporté le psychologue et ne l’avait pas annihilé. En nous téléportant, il aurait la preuve que je possède bien cette capacité, mais en plus il allait pouvoir constater que je l’ai bien envoyé dans un hôpital.
 
" Tu es inquiet pour lui ? Je comprends. Oui, je peux nous téléporter directement là-bas. "
 
Sans plus attendre, je posai une main sur le torse de ce dernier et je nous envoyai directement à l’hôpital. On venait de quitter un champ de guerre, vers un autre. Les médecins courraient dans tous les sens, visiblement le pauvre psychologue ne fut pas la seule victime. Je regardai tout autour de moi, je ne le vis pas. L’ayant envoyé ici même, son absence voulait sans doute dire qu’il était pris en charge. On se dirigea tranquillement en direction de l’accueil, et je laissai Alex se charger de la discussion. Ne connaissant pas son nom, il me serait impossible de demander des informations à ce sujet. 

Logiquement, il allait être informé qu’il est en cours d’opération, du moins dans le meilleur des cas. Oui, car ironiquement, le fameux dilemme pouvait également avoir lieu en ce moment même. Avec un surplus de blessés, il peut être forcé de faire des choix, en fonction de l’âge ou de l’état du mourant. Le psy n’étant plus tout jeune et se trouvant dans un état assez grave pourrait être sacrifié. Si c’était le cas, ce serait une sacrée ironie.



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MessageSujet: Re: Ces choses qui ne changent jamais   Ces choses qui ne changent jamais ClockSam 12 Déc 2020 - 16:38
L'adolescent tourna la tête vers celle qui lui avait peut-être sauvé la vie et afficha un air interrogateur quand elle affirma qu'elle voulait lui poser une question. Il n'avait encore jamais entendu parler du dilemme du tramway. Cela pouvait paraître étonnant car c'était très connu, mais étant encore très jeune, il y avait un grand nombre de choses dont il n'avait pas entendu parler. Elle lui présenta une situation et lui demanda ce qu'il choisirait entre : ne rien faire et laisser le vaisseau s'écraser dans une ville peuplée, ou bien agir et dévier le vaisseau vers une zone moins peuplée, et donc sacrifier moins de personnes. Malgré la grande détresse dans laquelle il se trouvait quelques minutes plus tôt, Alex sourit et répondit aussitôt sur un ton plaisantin :

"Je choisis l'option 3 : j'appelle Superman pour qu'il nous fasse atterrir dans un endroit désert !"

Maintenant qu'il n'était plus en danger de mort imminente, que Morana n'avait pas l'air méchante, et que son médicament commençait à faire effet, il se sentait un peu plus détendu et calme, malgré le fait qu'il se méfiait encore de la dame aux mystérieux pouvoirs. D'ailleurs, si cette dernière venait d'une autre planète, il était probable qu'elle n'eût jamais entendu parler de Superman et que sa blague tombe à l'eau. Il reprit :

"Plus sérieusement, c'est dur de savoir. En plus, je suis pas sûr de faire le bon choix, sur le moment, avec la panique et tout, impossible de savoir comment je réagirais. Peut-être que j'aurais trop peur pour agir, ou peut-être que je tenterais le tout pour le tout en agitant les commandes... Ce qui paraît le plus logique, ça serait de faire en sorte qu'à la fin, il y ait le moins de morts possibles, j'imagine... Donc s'écraser là où y a le moins de monde."

Mais était-ce un simple calcul mathématique ? Sacrifier 10 personnes au lieu d'en laisser mourir 100. Le choix pouvait-il être aussi simple ? Peut-être y avait-il plein d'autres facteurs à prendre en compte derrière. Par exemple, imaginons que les 100 personnes soient des tueurs psychopathes enfermés à perpétuité dans une prison de haute sécurité, et que, de l'autre côté, les 10 personnes étaient des gens qui n'avaient jamais fait de mal, voire même qui sauvaient des vies, comme des médecins ou des pompiers. Est-ce que le choix devait tenir compte de ce que les gens avaient fait durant leur vie et de ce qu'ils pouvaient apporter à la société ? Valait-il mieux sacrifier ceux qui étaient les plus nocifs pour les autres, ou encore les moins utiles ? Et si d'un côté on avait 100 vieux de plus de 80 ans, et de l'autre 10 jeunes de 20 ans qui avaient encore toute leur vie devant eux. Est-ce que ça changeait quelque chose ? Valait-il mieux sacrifier les personnes âgées, en fin de vie, même si elles étaient plus nombreuses ?

Le problème, c'était que dans telles circonstances, on ne disposait pas de ces informations. Donc en l'absence de ces informations, on pouvait partir du principe que chaque personne avait autant de "valeur" qu'une autre, que chacune méritait autant de vivre. Le choix ne devenait donc plus qu'un simple calcul mathématique. Même si pour Alex, c'était difficile d'accepter l'idée d'attribuer de la "valeur" à des êtres humains, de considérer que certains méritaient plus de vivre que d'autres. Néanmoins, s'il avait le choix entre sauver un enfant de 10 ans innocent, ou sauver un violeur psychopathe pédophile multi-récidiviste, il ne faisait aucun doute qu'il sauverait l'enfant. Donc, d'une certaine manière, la vie de l'enfant avait plus de "valeur" que celle du psychopathe. Peut-être était-ce parce qu'il pouvait apporter plus à la société, peut-être parce qu'il n'avait pas été nocif, qu'il n'avait rien fait de mal. Ou peut-être parce qu'il lui restait plus d'années à vivre. C'était probablement une combinaison de toutes ces choses-là qui poussaient Alex à choisir la vie d'un enfant innocent à celle d'un meurtrier, et donc d'attribuer plus de valeur au premier qu'au deuxième.

Morana compliqua le dilemme en reprenant la même situation mais en ajoutant l'hypothèse que dans le village peu peuplé, il y avait désormais les proches d'Alex. Ce dernier baissa légèrement la tête et sentit une boule de tristesse le prendre à la gorge. Même si des mois s'étaient écoulé depuis leur disparition, la douleur était toujours présente, surtout quand on les lui rappelait.


"Ça risque pas d'arriver..." marmonna t-il à voix basse.

Son visage était devenu plus sombre désormais. Mais il fit tout de même l'effort de lui répondre, tout en regardant le sol d'un air un peu vide.


"Je choisirais de sauver mes proches, évidemment. Je sais que c'est égoïste, que ce n'est pas le meilleur choix moral, mais c'est ce que moi je ferais."

Alex ne se faisait pas d'illusions. Il n'était pas meilleur qu'un autre, il était humain après tout. Il ne pouvait pas simplement penser froidement comme un robot. Il écouterait d'abord toujours ses sentiments avant la logique et la raison.

Morana énonça une troisième situation. Celle d'un guerrier qui avait le choix de mettre un terme aux mauvaises actions d'un monstre qui massacrait des villages, mais pour cela il fallait sacrifier quelques habitants innocents.


"Je pense pas que ça soit au puissant guerrier de prendre cette décision, si ça impacte la vie d'autres personnes... Il n'a pas le droit de décider de sacrifier des gens comme ça, il devrait attendre une meilleure occasion, distraire l'ennemi pour l'attirer dans un lieu désert, ou faire en sorte d'évacuer les gens... Je crois pas que la fin puisse toujours justifier les moyens."

Ensuite Alex passa son coup de fil pour apprendre qu'Alicia ne pouvait pas soigner le médecin, et elle lui parla d'un soigneur du nom de Meruem qui se trouvait peut-être à l'hôpital. Il avait alors demandé à celle qui l'accompagnait de le téléporter là-bas.

Il ferma les yeux et fit une petite grimace de peur, tout en se crispant, lorsqu'elle posa une main sur son torse. En une fraction de secondes, il se retrouva ailleurs, il s'en rendit compte via l'ambiance sonore qui avait complétement changé. Il rouvrit les yeux et regarda autour de lui : elle les avait bien téléporté à l'hôpital. Donc elle n'avait pas menti à propos de ce pouvoir, c'était déjà ça.

Il s'avança au guichet.


"Excusez-moi, est-ce que vous avez pris en charge un homme mortellement blessé, à l'instant, y a quelques minutes à peine ? Il était, genre, comment dire... coupé en deux..."

Alex se sentit un peu gêné de dire ça comme ça mais il n'avait pas d'autres mots, il se gratta l'arrière de la tête d'un air embarrassé.

"Oui tout-à-fait, il est apparu de nulle part et nous l'avons aussitôt pris en charge ! Mais son état est très critique comme vous pouvez l'imaginer... C'est vous qui l'avez amené ici ? Vous pouvez peut-être nous renseigner. Vous êtes de sa famille ? Vous connaissez son nom ? Et comment est-ce arrivé ?"

"Heu, non je suis pas de sa famille, c'est le docteur Frederic Molland, et il s'est fait écraser par une voiture pendant un combat entre deux tarés surpuissants... Vous avez pas genre des soigneurs avec des pouvoirs, pour le guérir ? On m'a parlé d'un certain Meruem qui travaillait au camp de blessés avant."

La dame à l'accueil nota des choses sur son ordinateur, sans doute pour entrer les informations sur le psy.

"Ah, oui. Mais Meruem est parti il y a plusieurs semaines déjà, nous ne l'avons plus revu depuis. Malheureusement, nous manquons déjà beaucoup de personnel humain, alors pour ce qui est des gens à pouvoir, vous imaginez bien que c'est extrêmement rare... Merci pour vos informations. Nos chirurgiens font tout ce qu'ils peuvent pour le docteur. Comme vous n'êtes pas de sa famille, nous ne pourrons pas vous indiquer son état quand l'opération sera terminée, désolée..."

"Je comprends, ça fait rien... Merci en tout cas, et bon courage."

Alex s'éloigna du guichet avec Morana, et tourna la tête vers elle.

"Merci d'avoir fait tout ce que vous pouviez pour lui... Et... Désolé si j'ai eu l'air un peu méfiant..."

Finalement, elle avait bel et bien amené le docteur ici. Il n'avait plus vraiment de raisons de douter d'elle à présent. Il commençait à lui faire confiance, petit-à-petit. Et puis, ses discussions étaient intéressantes, même si elles perturbaient parfois beaucoup Alex à cause du fait qu'il repensait à la perte de ses proches.

Alex n'avait plus rien à faire dans cet hôpital désormais. En fait, il n'avait même rien à faire tout court. A part peut-être quelques devoirs, ou regarder Netflix, ou jouer aux jeux vidéos. Rien de très intéressant ni passionnant pour lui, qui avait perdu goût à toutes ces choses simples de la vie depuis des mois. Mais cette fois, il y avait peut-être plus intéressant à faire. S'ouvrir. Peut-être que quitter la solitude allait lui faire du bien. Peut-être que cette mystérieuse femme, dont il ne connaissait rien, allait pouvoir rendre sa vie plus intéressante.

Il s'efforça de sourire, et dit d'un air un peu gêné :


"Bon, et si on allait se le prendre, ce verre sur la terrasse ?"
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MessageSujet: Re: Ces choses qui ne changent jamais   Ces choses qui ne changent jamais ClockSam 19 Déc 2020 - 2:12



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Enchainant les dilemmes je m’amusais à imaginer les réponses du lycéen. Serait-il capable de faire un choix ou même d’être honnête ? Il répondit rapidement à la première question tout en souriant. Il évoqua un certain Superman qui ne m’évoqua rien. N’étant que de passage sur la planète bleue, j’avais de grosses lacunes en connaissance terrienne. Cependant, je m’imaginais que ce Superman devait-être un service de secours de la planète.

En tout cas, cela était sans importance, car il venait tout simplement de faire une plaisanterie. J’affichai un léger rire en guise de réponse, répondant ainsi favorablement à sa prise de confiance. Oui, ce signe était prometteur, il venait de passer un cap et montrait une certaine forme de tranquillité. Il sera moins sur la défensive, ce qui sera une bonne chose pour nos conversations.
 
Fort heureusement, il bifurqua vers sa véritable réponse. Il partit vers le plus d’honnêteté possible, prenant en compte ses propres limites. En dehors du côté éthique du choix, il fallait bien entendu penser aux conditions de l’évènement poussant la personne à faire un choix qu’il ne ferait pas à tête reposée. Alex poussa tout de même la question jusqu’au bout, donnant tout de même le résultat qu’il souhaiterait avoir : avoir le moins de victimes possible. Je ne fus pas vraiment surprise par sa réponse, c’est sans doute ce que répondrait n’importe quelle personne de censé.
 
Cette question n’était qu’une préparation pour les deux autres qui allaient suivre. Mon but étant de pousser la réflexion de la moralité à son paroxysme. Le visage du jeune s’assombrit, montrant que la réflexion devenait un brin plus tendu. Sans sourciller, ce dernier ne cacha pas sa préférence à vouloir sauver ses proches. Il savait lui-même que le choix n’était pas le meilleur choix moral possible. Aucun mensonge de ses mots, juste la triste vérité d’une personne ne voulant pas perdre ses proches. Sans doute que de nombreuses personnes diraient qu’il faudrait plutôt sacrifier ses proches, mais dans les faits peu le feront. Quand on tient à quelque chose, on fera tout pour le protéger.
 
" C’est tout à ton honneur d’être honnête avec toi-même. "
 
Lui dis-je avec un léger sourire.  On arriva ensuite à la dernière question, là où je voulais justement en venir. Alex semblait plutôt catégorique sur son choix, le héros ne devait pas sacrifier la population. Cette réponse était amusante, car elle rentrait en conflit avec ma première question. Il ne fait aucun doute que le contexte de la question le pousse à prendre un choix différent. La vie qu’il a vécu le pousse à prendre des décisions différentes afin de tenter de ne pas reproduire les horreurs qu’il a subies.
 
" Si je résume, il serait donc plus moral de laisser un criminel tuer moult personnes que de sacrifier quelques personnes pour l’arrêter ? En continuant, peut-on affirmer que tuer des gens pour en sauver plus est amoral ? Pourtant, dans le premier cas c’est ce qu’on le fait : on va choisir volontairement de choisir de tuer certaines personnes pour qu’il y ait le moins de victimes possible. La meilleure réponse morale serait-il alors, de ne pas bouger le vaisseau ? "
 
La question était sacrément tordue, mais était intéressante. Difficile de pouvoir vraiment donner une réponse à ce genre de questions. Le choix de faire le moins de victimes possible et par défaut la meilleure solution possible. Cependant, le contexte peut faire changer ça. Je laissai suite à ma réponse Alex téléphoner. La suite vous la connaissez : nous partons en direction de l’hôpital afin qu’il puisse se rendre compte de l’état de son psychologue.
 
Nous y voilà, Alex face à sa destinée. Allait-il avoir la chance que son psychologue soit soigné à temps ? Légèrement en retrait, j’écoutais la conversation entre le lycéen et la standardiste. Fort heureusement pour lui, l’hôpital put traiter à temps la victime. Il n’était pas encore tiré d’affaire, mais au moins il était en bonne posture. Cette nouvelle devait enchanter Alex, son médecin avait une chance de s’en sortir et en plus il eut la preuve que j’ai été honnête avec lui. Sa méfiance s’envola, me permettant enfin de discuter sereinement avec lui.
 
" De rien. Ne t’inquiète pas, tu n’as pas à t’excuser. Tu as bien raison d’être méfiant, c’est un excellent instinct de survie. Cependant des fois, il faut aussi apprendre à faire confiance, cela peut nous donner de belles surprises. Reste juste à faire la part des choses. "
 
La page du psychologue allait pouvoir se tourner, mais ce passage fut loin d’être inutile. Une nouvelle fois, le nom de Meruem ressortit. Ce dernier semblait être un habitué du lieu et à l’aide de ses capacités ont déjà aidé à de nombreuses reprises les soignants. Il devait être une personne fascinante, j’espère qu’un jour nos routes se croiseront.  
 
Alexandre légèrement mal à l’aise changea de sujet, proposant finalement de prendre ce verre. Il n’y avait pas d’autres mots qui pouvaient me ravir davantage ! J’allais pouvoir réunir deux de mes activités préférées : discuter et boire du thé.
 
" Avec grand plaisir ! Suis-moi, je connais un endroit très sympa dans le coin. "
 
Par chance, il y avait justement une terrasse à quelques minutes de l’hôpital. J’aurais bien entendu pu utiliser la téléportation, mais il serait idiot de gaspiller mon énergie pour ça, la téléportation ayant un certain coût.
 
Après quelques minutes de marches, on se retrouva finalement devant une terrasse ornée d’un magnifique décor typique du centre-ville. Mon choix ne s’était pas porté sur la devanture, mais sur la carte proposant une grande variété de thé. Il fallait toujours faire très attention, de nombreuses restaurations sans vergogne proposaient la plupart du temps, de fades infusions provenant de sachets achetés à bas prix en grandes surfaces. Un serveur nous accueillit et nous proposa une petite table bordant le mur de l’établissement. On prit place et il ne fallut que peu de temps pour recevoir la carte.
 
" Que veux tu prendre ? "
 
Je lui posais la question, car mon choix était déjà fait. Mon envie de jour se tournait plutôt du côté du thé Oolong, un somptueux type de thé à la frontière entre le thé vert et le noir. Alex devrait plutôt se tourner vers un simple soda, à moins que l’envie de tester un thé passe par là. Le serveur revint juste après pour prendre en note les commandes.
 
" Je vais vous prendre un Thé Oolong s’il vous plait. "
 
Dis-je tout en montrant ce que je souhaitais sur la carte. Le serveur acquiesça puis se tourna vers le lycéen pour noter sa commande et s’en alla.
 
" Le mot Oolong signifie Dragon noir. La légende raconte qu’un planteur aurait vu surgir un dragon noir d’un théier. Espérons pour moi qu’il sera au repos aujourd’hui. "
 
Dis-je amusée. Il ne restait à présent plus qu’à attendre la commande qui devrait prendre quelques minutes, le temps de la préparation du thé. Je profitais de ce léger temps d’attente pour questionner ce très cher Alex, qui pourrait partir sur une longue conversation.
 
" Je me demande quelque chose. Es-tu heureux d’être sans capacité ou souhaiterais-tu en avoir ? En voyant tout ce qu’il se passe autour, ne pas en avoir pourrait être un soulagement : tu n’aurais pas de responsabilités sur tes actes. Cependant, en avoir pourrait te permettre de défendre tes convictions. "



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MessageSujet: Re: Ces choses qui ne changent jamais   Ces choses qui ne changent jamais ClockDim 27 Déc 2020 - 16:10
La réponse de Morana suite au dernier dilemme qu'elle avait proposé à Alex laissa ce dernier songeur et dubitatif. Il était vrai que la troisième réponse rentrait en contradiction avec la première. Mais pour Alex, il y avait une différence entre tuer, et laisser mourir de la main d'un autre. Si le guerrier décidait de sacrifier une partie de la population pour sauver le prochain village, il se rendait lui-même coupable de meurtre. Alors qu'en attendant une meilleure opportunité qui ne ferait pas de victimes collatérales, même si l'on part du principe qu'il n'y en ait pas d'autres, le guerrier n'était pas coupable, car c'était le criminel qui aurait tué les villageois. Si le guerrier choisit de ne pas sacrifier tout de suite des innocents, en pensant qu'il pourra arrêter le criminel un peu plus tard sans faire de sacrifices tout en sauvant le prochain village, il aura sans doute fait le choix le plus moral en tenant compte des informations qu'il a sur l'instant présent. En revanche, s'il est capable de calculer tous les futurs possibles, et qu'il sait à l'avance que le seul moyen de protéger le prochain village est de sacrifier immédiatement quelques habitants, sans doute que la décision la plus efficace serait de faire le sacrifice. Ce qui était sûr, c'était qu'Alex ne supporterait pas de vivre en ayant des meurtres sur la conscience, en particulier des innocents.

Après le passage à l'hôpital, l'extra-terrestre avait accepté de prendre un verre sur une terrasse avec Alex et sembla s'en réjouir. Le lycéen la suivit en dehors de l'hôpital jusqu'à une petite terrasse en centre-ville. Elle lui demanda ce qu'il allait commander.


"Hm, je sais pas encore..."
affirma t-il en regardant la carte.

Le serveur arriva rapidement pour prendre leur commande. Morana commanda un thé Oolong, c'était une boisson qu'Alex ne connaissait pas. Les boissons chaudes, ce n'était pas sa tasse de thé. Il posa la carte sur la table et regarda le serveur lorsque ce dernier se tourna vers lui pour prendre sa commande.


"Une bière s'il vous plait."

Pour une fois qu'il sortait, autant en profiter. Il n'avait pas le droit d'en boire à l'orphelinat. Sans doute que jeune Alex voulait donner l'impression d'être plus adulte en présence de Morana en commandant une boisson alcoolisée, un comportement qui, paradoxalement, était assez immature.

"Puis-je voir votre carte d'identité pour vérifier que vous êtes majeur ?"

Ils ne servaient pas d'alcool aux mineurs. Le serveur voulait vérifier l'âge d'Alexandre au vu de son apparence. Alex leva les yeux en l'air, déçu d'être tombé sur un serveur qui faisait attention à cela. Certains ne prenaient pas la peine de vérifier.

"Pas la peine, je vais prendre un diabolo-menthe finalement."

Après que le serveur fut parti, Morana raconta une petite histoire à propos de l'origine du thé Oolong, puis plaisanta en disant qu'elle espérait qu'il soit au repos. Il répondit avec un sourire amusé :

"Dans le cas contraire, vous n'aurez qu'à le téléporter ailleurs !"

Ensuite, la mystérieuse dame aux pouvoirs lui demanda s'il était heureux ainsi, d'être un terrien ordinaire sans pouvoir. En entendant sa question, il pouffa légèrement de façon sarcastique, en soufflant par le nez, et répéta mollement en baissant le regard :

"Heureux..."

Cela devait faire des années qu'il n'était plus vraiment heureux. Depuis la mort de sa copine et de certains de ses potes lorsque la Saiyanne Célérya s'était attaqué au lycée Orange Star. Le bonheur était devenu une notion inconnue pour lui, il avait peut-être même oublié ce que cela faisait d'être heureux.

"Non... J'aurais préféré avoir des pouvoirs comme vous, si ça avait pu me permettre de sauver mes proches..."

Il resta silencieux quelques secondes avec un regard mélancolique, puis secoua soudainement la tête et se força à sourire en relevant les yeux vers Morana.

"Mais assez parlé de moi, je veux en savoir plus sur vous, j'ai une tonne de questions à vous poser, moi aussi. Tout-à-l'heure, vous avez dit que vous sillonniez l'univers, est-ce que ça veut dire que vous voyagez dans l'espace ? Vous avez déjà visité d'autres planètes ? Et est-ce que vous voyagez seule, ou plutôt en famille ou avec des amis ?"

Alex ne savait pas si Morana était terrienne ou une extra-terrestre, il avait des doutes à ce sujet. Mais lui n'avait jamais voyagé sur d'autres planètes. D'ailleurs, même sur Terre, il n'avait pas beaucoup voyagé au cours de sa courte vie. Voyager à travers les étoiles, c'était comme un rêve inatteignable pour lui, et ce, malgré la présence de capsules spatiales mises gratuitement à disposition dans les bases de lancement. Il avait juste l'impression d'être prisonnier de sa vie, de ce monde. Être obligé d'aller au lycée tous les jours, rentrer à l'orphelinat, faire ce qu'on lui disait de faire, ce qu'on attendait de lui, toujours obéir. Il ne se sentait pas libre. Et pourtant, plus rien ne le retenait réellement ici, sur Terre, puisqu'il n'avait plus de famille, plus d'amis, plus d'avenir. Souvent, il avait envie de tout lâcher et partir loin d'ici sans se retourner, changer complétement de vie. La Terre lui avait apporté trop de malheur, il avait trop de mauvais souvenirs en ces lieux hantés qu'il arpentait tous les jours.
Il enviait Morana qui, en plus d'avoir des pouvoirs lui permettant de se protéger et de protéger ses proches, avait la chance de pouvoir voyager librement sans rendre de compte à qui que ce soit.
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MessageSujet: Re: Ces choses qui ne changent jamais   Ces choses qui ne changent jamais ClockMer 6 Jan 2021 - 1:50



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Nous y voilà finalement, tous les deux assis autour de cette table. Je n’attendais qu’une seule chose : de pouvoir me délecter de ce doux breuvage enivrant. Cette chaleur émanant de ma tasse aura de quoi me réchauffer en cette fraiche journée. Bien entendu, ce n’était pas mon unique centre d’intérêt, mon regard était tourné en direction d’Alex. Quelle boisson allait-il choisir ?

C’est finalement avec stupéfaction que je vis qu’il avait demandé de l’alcool. Certes la bière est loin d’être la boisson la plus alcoolisée, mais ce choix restait surprenant pour un lycéen. La loi sur cette planète interdisait l’alcool pour les jeunes personnes. Cependant le plus troublant restait sa demande imprécise. Tout comme le thé, la bière connait pléthore de saveurs. Juste annoncer 'Bière' était aussi abstrait que juste demande un plat à manger. C’était sans doute un signe évocateur qu’il n’était pas accoutumé à faire ce genre de demande. Il avait sans doute manqué de maturité et avait tenté de m’impressionner d’une façon ou d’une autre. Je ne montrai aucune réaction, ne voulant pas interférer avec son plan, me demandant s’il allait assumer jusqu’au bout.
 
Pas de chance pour le jeune homme, le serveur ayant également remarqué l’hésitation demanda simplement une vérification de l’âge. Ne cherchant pas à se faire humilier, Alex décida de partir sur une autre boisson, beaucoup plus neutre. Je n’évoquai pas cette mésaventure, me concentrant plutôt sur mon anecdote sur le thé Oolong et du dragon noir pouvant surgir. Le lycéen rétorqua que je n’aurais qu’à le téléporter.
 
" C’est en effet la solution la plus simple, hélas, on ne peut pas toujours éviter les affrontements. Plus on les retarde, plus cela sera difficile quand elles deviendront inévitables. "
 
Après cette petite anecdote sans but je décidai de partir sur une nouvelle conversation, curieuse d’en savoir plus sur son aventure de personne sans pouvoir. Nul besoin de boire ses paroles pour connaitre sa réponse, son regard en disait déjà long. Bien entendu ma question était loin d’être posée au hasard, je comptais l’utiliser pour rebondir sur un autre sujet. Je n’eus pas le temps, un peu surpris par la question posée par Alex.
 
Ce dernier était curieux d’en savoir plus sur moi. En effet, j’étais resté très énigmatique jusqu’à présent et il était logique que la conversation parte dans les deux sens. Très bien, je pourrais toujours utiliser ma réponse pour rebondir là où je voulais aller. Et puis, parler un peu de mes aventures, ça ne ferait pas de mal, non ?
 
" C’est exactement ce que je fais, je parcours l’univers afin de visiter de nombreuses planètes. Enfin, pour être exacte, je prends le temps d’imprégner pour mieux comprendre son environnement. Je suis plus sur l’étude de la planète que sur une visite touristique. Comme tu dois deviner, la Terre est mon centre d’intérêt actuel. Je suis arrivée il y a peu de temps, donc j’ai pas mal de lacunes. Par contre, c’est de loin le plus fascinant que j’ai découvert jusqu’à présent. "
 
Alex semblait envieux de cette vie, il n’avait sans doute pas eu la chance de voyager dans l’espace. J’ai remarqué que les habitants de cette planète avaient tendance à ne pas partir sur d’autres planètes, il n’était donc pas surprenant que le lycéen fasse partie de cette longue liste.
 
" Par contre je n’ai plus de famille depuis longtemps, donc je voyage seule. Je compense ça en discutant avec des gens que je croise. C’est la meilleure façon pour mieux comprendre les habitants. "
 
Ce qui était marrant, c’est justement ce que je faisais en ce moment même en échangeant avec Alex.
 
" Mais laisse-moi deviner, je sens que tu serais intéressé par la visite de cet univers, mais tu as sans doute trop peur pour te lancer. La Terre n’est déjà pas une planète sure, alors partir en terre inconnue semble hors de portée… Je vais te raconter quelque chose que j’ai appris au cours de mes nombreux périples : je ne connais aucune espèce qui ne peut pas développer de pouvoirs. "
 
Je fis soudainement apparaitre une petite boule jaune au bout de mon doigt tel un tour de passe-passe.
 
" Tout le monde n’y accède pas avec la même facilité, cependant toute espèce vivante est imprégnée d’énergie, ce qui fait qu’irrémédiablement elle est utilisable par tout le monde. Son nom diverge selon le peuple : elle est des fois appelée KI, Chakra ou encore même Cosmos et j’en oublie plein d’autres. Elle est donc universelle et à la portée de tous. Cependant, sa maitrise demande du travail et c’est là que de nombreuses personnes échouent. Non pas qu’ils n’y soient pas capables, mais car ils ne prenaient pas la bonne direction. Dans la vie personne n’est doué dans tous les domaines, les gens ont souvent des secteurs de prédilections. Avec l’énergie, c’est pareil. Il faut juste trouver sa voie. "
 
Après ce petit monologue, je fis apparaitre cette fois-ci un objet physique, une carte.
 
" Pouvoir ne rime pas forcement avec puissance et destruction. L’énergie peut également être utilisée de façon plus raffinée. Cela peut s’avérer souvent bien plus utile. "
 
Je tendis la carte à Alex et ce dernier put découvrir une fausse carte d’identité sur laquelle il avait 18 ans, qui semblait plus vraie que nature. Son nom était également différent, il était inscrit Alex Satan dessus. J’avais mis ça par défaut ne connaissant pas celui du lycéen.
 
" Là où je veux en venir, c’est aussi absurde qu’il puisse te paraitre, tu es aussi capable d’obtenir des pouvoirs. Tu ne seras pas forcement capable de lancer des rayons, mais tu pourrais obtenir des compétences qui te correspondent, comme par exemple soigner des gens ou simplement te protéger. "
 
Je tournais ma tête vers la droite, voyant le serveur arriver au loin, me forçant à me couper dans mon élan. J’attendis que ce dernier nous serve avant de terminer mon monologue.
 
" Je pourrais t’aider à développer ces capacités. Bien entendu, si tu l’acceptes. Ce que je souhaite c’est que tu sois libre de pouvoir vivre comme tu le souhaites. Aujourd’hui le choix que je te propose va dans ce sens. "
 
Difficile d’anticiper la réponse du lycéen. Soit ce dernier allait sauter sur l’occasion de pouvoir sortir de l’impuissance soit la responsabilité qu’il implique le ferait fuir. Pour une fois, ce dilemme n’était pas un jeu, mais bien la réalité ce qui allait rendre la décision bien plus délicate.



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MessageSujet: Re: Ces choses qui ne changent jamais   Ces choses qui ne changent jamais ClockSam 9 Jan 2021 - 18:34
Le jeune homme écouta sa réponse avec un vif intérêt. Morana confirma qu'elle voyageait bien de planète en planète, pour les étudier. Le terrien se dit qu'elle était peut-être une sorte de scientifique, une chercheuse qui s'intéressait aux cultures étrangères. En tout cas, cela lui faisait bizarre, car c'était la première fois qu'il discutait avec une extra-terrestre. Il se demanda si son apparence humaine était sa véritable apparence ou une sorte de camouflage qu'elle utilisait sur Terre ; il garderait cette question pour plus tard. Elle précisa également être arrivée il y a peu de temps sur Terre et qu'il lui manquait beaucoup de connaissances sur cette planète et son peuple, mais ça avait l'air d'être sa planète préférée pour le moment.

*Et pourtant, sa visite tombe mal...*

Morana arrivait sur Terre juste quelques mois après la guerre opposant les Saiyans aux Black Feathers et ayant causé la mort d'environ deux tiers de la population. Autrefois, la ville et ses environs étaient beaucoup plus peuplés. Heureusement, tous les dégâts matériels avaient été réparés par une sorte de magie divine sans que l'on ne sache pourquoi, et ça avait apparemment un rapport avec l'arrivée récente d'Auros qui avait pris le pouvoir en faisant une annonce à la télévision. Mais les morts, comme la famille et les amis d'Alex, n'étaient pas revenus. Les seules traces qui restaient de la guerre, désormais, c'était toutes ces rues désertiques, ces maisons inhabitées, et la profonde tristesse qui demeurait dans le cœur de la plupart des habitants. Des cicatrices encore très douloureuses même si, petit à petit, les gens essayaient de reprendre une vie normale. Le lycée, les commerces, les hôpitaux, tout cela avait rouvert et l'activité humaine avait repris son cours. Mais puisque la population terrienne avait été divisée par trois, l'image qu'en avait Morana devait être très différente de ce qu'était la planète auparavant.

Il s'apprêtait à lui parler de cela mais, ne souhaitant pas la couper, il garda cela pour plus tard et l'écouta jusqu'au bout. Elle affirma également qu'elle n'avait plus de famille depuis longtemps et qu'elle voyageait seule. Alexandre se demandait bien quel âge elle pouvait avoir, puisque du fait de ses origines extra-terrestre, il ne pouvait pas vraiment se fier à son apparence. Elle semblait avoir une trentaine d'années pour une humaine, mais elle pouvait très bien en avoir des centaines ou des milliers. Cette éventualité était un peu déroutante, pour lui qui n'avait vécu que dix-sept petites années. Imaginer se retrouver en face d'une personne ayant potentiellement vécu cent fois plus de temps que lui, voire même plus, c'était assez perturbant. Mais peut-être aussi qu'elle n'était pas si vieille, tout dépendait de l'échelle de temps à laquelle elle se référait lorsqu'elle disait "longtemps". En tout cas, le lycéen était tout de même un peu étonné qu'elle voyage seule malgré le fait qu'elle discutait facilement avec les gens. Elle aurait dû pouvoir se faire plein d'amis au fur et à mesure de ses nombreuses visites, après tout. Mais peut-être que ce n'était pas son truc de se faire des amis. Peut-être ne voyait-elle les autres que comme des sources de connaissance, des objets à analyser, et qu'elle s'en détachait complétement une fois qu'elle n'avait plus rien à en apprendre. Alex avait beaucoup de mal à la cerner. En même temps, il n'était pas psychologue. Mais il eut une pensée pour son psy et se dit que son propre psy aurait, lui aussi, beaucoup de mal à cerner Morana. D'une certaine manière, tout ce mystère ne faisait qu'intriguer davantage l'orphelin. Après tout, ce n'était pas tous les jours qu'il pouvait faire ce genre de rencontres, d'autant plus que la plupart du temps, il passait inaperçu aux yeux des autres. Mais si l'hypothèse qu'elle ne s'intéressait aux gens que pour les connaissances qu'ils pouvaient lui apporter, sans ressentir une quelconque affection pour eux, alors Alex avait tout intérêt à entretenir du mystère sur lui également. Car s'il lui révélait tout au point qu'il n'ait plus rien à lui apprendre, sans doute allait-elle vouloir passer à autre chose, et il se retrouverait de nouveau seul, sans but et sans activité intéressante à faire.

Elle avait deviné, probablement via l'attention qu'il lui portait, son envie de voyager dans la galaxie tout comme elle, et le fait qu'il était coincé ici. Elle expliqua ensuite que tout être vivant disposait d'une énergie vitale qu'il pouvait manipuler, quelque chose appelé Ki, et que même quelqu'un comme ui pourrait apprendre à l'utiliser.

Alex prit alors la carte qu'elle lui tendit, et écarquilla des yeux en constatant que c'était une fausse carte d'identité.


"Wow, impressionnant !" s'exclama t-il.

Avec un si grand pouvoir, elle pouvait frauder à volonté. Y avait-il des limites à son pouvoir de faire apparaître des objets ? Des contraintes de poids, de taille ou de densité ? Pouvait-elle faire apparaître des armes, par exemple ? Et ces objets étaient-ils créés de toute pièce rien qu'avec son imagination ? Tant de questions qui trottaient dans son esprit.
Il lut alors le nom sur la carte.


"Alex Satan ? Hey, mais je ne suis pas l'antéchrist pourtant." affirma t-il sur un ton plaisantin.

Elle n'allait probablement pas comprendre cette référence à la culture terrienne biblique. Bien sûr, il savait qu'elle avait mis cela par rapport au nom de la ville, Satan City, qui était lui-même une référence au héros de la Terre Hercule Satan. Une célébrité qu'Alex n'aimait pas beaucoup, d'ailleurs.

Le serveur arriva avec les commandes. Le lycéen commença à siroter sa boisson gazeuse de couleur verte tout en écoutant la fin du discours de la dame venue d'ailleurs. Elle lui proposa de l'aider à développer ses capacités. Alex s'arrêta aussitôt de boire et afficha un air surprise.


"Vous... Vous êtes sérieuse ?!"
s'exclama t-il.

Il était un peu sur le cul, il ne s'attendait pas du tout à ce qu'elle lui propose ça. Parce que du point de vue d'Alex, si elle avait raison et qu'il était bel et bien capable de développer des pouvoirs, ça allait certainement lui prendre des années. Ça allait coûter un temps fou à Morana, et si elle faisait cela gratuitement, ça ne lui apporterait rien. Il avait du mal à comprendre pourquoi elle lui proposait cela, pourquoi elle tenait tant à l'aider alors qu'ils ne se connaissaient pas.

Puis il baissa un peu la tête. La proposition était alléchante mais, de toutes façons, ce serait une perte de temps pour tous les deux. A cause de sa maladie du cœur, il n'avait plus que quelques années à vivre. Il mourrait avant d'avoir pu effleurer la surface de ses pouvoirs éventuels. Et il n'avait pas du tout envie de passer le peu de temps qu'il lui restait à s'entraîner et faire des efforts. Il voulait essayer d'en profiter pendant qu'il en était encore temps. Et ce qu'il aimerait faire avant de mourir, ce serait de découvrir un maximum de nouveaux paysages, de nouvelles races, de nouveaux modes de vie, bref se dépayser complétement, se sentir libre et se libérer des pensées et cauchemars qui le hantaient constamment.
Mais Alex ne voulait pas se faire plaindre. Il ne pouvait pas parler de sa maladie à Morana. Mais comment faire pour rejeter gentiment sa proposition sans pour autant qu'elle perde tout intérêt pour lui ?


"C'est vraiment cool de proposer ça, merci... Mais, je suis pas fait pour ça, désolé... " dit-il en fixant son verre.

"A moins que vous connaissiez un moyen de me donner un pouvoir en quelques jours ou semaines, pour me défendre, à la limite, ça serait plus efficace si je pouvais avoir une sorte de pistolet énergétique, je sais que ça existe."

C'était des armes à feu qui tiraient généralement des boules ou rayons énergétiques, et qui étaient utilisés par ceux qui ne savaient pas trop manier leur énergie, justement pour se défendre contre des extra-terrestres capables de résister aux balles des armes à feu terriennes traditionnelles.

"Mais bon, il faut être majeur pour en posséder une. Quoique maintenant, avec cette carte en ma possession, c'est jouable." reprit-il en souriant et en regardant de nouveau la carte d'identité qu'il avait posée sur la table.

Il releva la tête pour regarder de nouveau Morana.


"Vous pouvez créer n'importe quel objet, ou bien il y a des limites ?"
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