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 The big bad wolf [PV]

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Narumi Karuzaki
Narumi Karuzaki
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MessageSujet: The big bad wolf [PV]   The big bad wolf [PV] ClockMer 15 Jan 2020 - 21:40
Le lendemain de sa soirée passée seule - mais pas totalement, car la nature et les animaux s’étaient installé tout près d’elle - à contempler la pleine lune et le ciel étoilé, Narumi était revenue à ses affaires courantes. En tant que cheffe de l’armée, elle avait fort à faire en ces temps troublés par les récents événements. Celle-ci ne s’arrêtait jamais de travailler, à un tel point qu’elle faisait des semaines à plus de quatre-vingt heures facilement. Fallait-il dire qu’elle était une “belle gaillarde”, surtout lorsque cette dernière revêtait sa forme de loup-garou; qui lui permettait d’être rapide et efficace pour les travaux manuels que demandaient l’état actuel des lieux.

Cela avait toujours fonctionné ainsi depuis toutes ces années où Narumi avait été placée à la tête de l’armée: l’alpha marchait parmi ses hommes. Il n’y avait aucune différence entre elle et un autre soldat: la louve n’était qu’un guerrier parmi tant d’autres, au final. Seule sa place et ses responsabilités pouvait les différencier quant au travail en lui-même, mais dans la réalité, la jeune femme s’était toujours montré comme quelqu’un de très humble, n’aimant pas se retrouver sur le devant de la scène, n’aimant pas non plus passer dans des émissions TV branchées. Cela était une perte de temps à ses yeux, sauf si elle pouvait passer des messages importants par ce biais.

Bref, la cheffe des armées terriennes était vue une comme personnalité discrète, n’aimant pas être glorifiée comme une personne “à part” des autres, au caractère bien trempé cela dit. La rumeur disait qu’il valait mieux se tenir à carreaux en sa présence, et essayer de lui faire du rentre-dedans c’était s’assurer un passage à tabac. On la disait très serviable, même un peu trop, elle ne comptait jamais ses heures et persévérait sans cesse. Ceci dit, la cheffe n’a pas que des qualités: celle-ci est dépeinte comme ayant le sang chaud, comme étant taciturne (ce qui fait dire à certains qu’elle n’est pas très aimable d’apparence) et très méfiante, ce qui peut la rendre difficile d’accès aux premiers abords.

Quoi qu’il en soit, à travers ses années de service, Narumi avait su démontrer l’essentiel: le fait qu’elle était là pour tous, qu’elle s’investissait plus que n’importe qui pour améliorer les conditions de vie des militaires, leurs infrastructures, leurs vies de famille, leurs entraînements. Elle ne cessait d’innover, tout en participant chaque fois, chaque jour, à chaque type d’entraînements existants ou en cours d’élaboration afin de constater par elle-même si ses instructeurs étaient bons, s’il fallait améliorer des choses, etc. En plus bien sûr d’écouter les doléances de ses hommes.

Malheureusement, sa vie personnelle, c’est à dire l’amour qu’elle portait à Seishiro et qui l’a rendu aveugle, était venu ternir sa réputation en ces temps horrifiques. Certains la défendait d’autant plus en disant qu’elle ne pouvait de toute évidence pas revenir en arrière et que, malgré son erreur induite par amour, elle faisait encore et toujours de son mieux au présent pour améliorer les choses et aller de l’avant. D’autres la tenait aussi responsable de ce massacre et voulaient sa mort. Mais il était passé des mois depuis toutes les accusations qu’elle avait essuyé, et son investissement sans faille pour reconstruire et aider ses frères et soeurs terriens avait apaisé leurs coeurs.

Il restait forcément des personnes pour faire d’elle une coupable, mais Narumi s’était construite une réputation solide de personne de bien depuis ce temps; et ses actions encore aujourd’hui le prouvait. La louve n’avait ni abandonner, ni fuit ses responsabilités. Elle était là, fermement appuyer sur ses convictions, prête à aider le peuple. SON peuple.

Ce soir, après des mois à ne plus sortir pour se divertir, trop obnubilé par l’urgence de la situation, aider, reconstruire, apporter l’espoir - et à organiser dans son bureau comment répartir les tâches des militaires chaque jour, dans lequel elle ne passait pas beaucoup de temps car Narumi tenait toujours à être sur le terrain, aux côtés de ses soldats - ses hommes la suppliaient encore une fois de venir dans le fameux bar. Depuis la destruction de plusieurs grandes parties de Satan-City; une sorte d’énorme bar avait ouvert pour divertir les foules et faire en sorte que tout le monde puisse se détendre après les journées de travail acharnées en ces temps critiques. Narumi elle-même, ses connaissances richissimes tel que le multimillionnaire Darcia, la scientifique Queen Nemor et sa société, et un tas d’autres extraterrestres et terriens avaient investi, entre autre, dans ce bâtiment.

Contrairement à ce qu’on aurait pu s'imaginer, il n’avait pas l’air d’un bar de fortune. Non, les moyens y avaient été mis car c’est extrêmement important d’apporter confort, détente, rigolades et beuverie dans un endroit chaleureux où la camaraderie peut s’exprimer, au peuple, surtout dans des temps pareils. Il y avait foule de gens. Même dehors, il y avait des tables, des mini golf, des tables de ping-pong, des jeux de fléchettes… c’était bondé.

Narumi ne se sentait nullement gênée ou intimidée par la foule. Elle avait toujours vécu en meute, donc avec beaucoup de personnes. Ceci dit, celle-ci se sentit par contre un peu embarrassé par rapport à sa tenue. Tout le monde faisait en sorte de bien s’habiller, apportait même juste une petite touche de quelque chose de chic - et l’alpha, fidèle à elle-même, était venue avec un simple débardeur noir, un treillis militaire, des docs martens, les cheveux attachés en une haute et longue queue de chevale, il ne manquait plus que son sabre solidement accroché dans son dos, mais elle avait dû le laisser dans son bureau. Personne ne devait venir armé, sauf les forces de l’ordre et les militaires en service évidemment. Une sécurité renforcée veillait à fouiller et scanner tout le monde à l’entrée de la grille menant au bar.


Des gens de tous les milieux se rencontraient ici, mais majoritairement des ouvriers et des soldats. Des personnalités connues et richissimes venaient également pour montrer une bonne image d’eux-même. Les breloques d’or qui leurs pendaient du cou ou des oreilles répugnait Narumi, tant d’opulence et pour la plupart d’entre-eux si peu de réels bons sentiments. Des femmes habillées de robes brillantes, telles des lumières aveuglantes, savaient user de leur tact et de leur charme pour négocier. Des hommes en costard cravate serraient des tas de main pour se faire élire. Certains étaient probablement sincère, mais tout ce cirque ne pouvait que mettre l’alpha d’autant plus sur ses gardes. Ce monde n’était pas son monde. Heureusement, ce n’était qu’une petite partie de la population qui peuplait le bar. La majorité étaient des monsieurs et madames tout le monde, comme elle, et ça la rassurait.

Cheffe !

Vous êtes venue !

Alors on s’en jette un m’dame ?

C’est Narumi ! Elle est finalement venue !

Plus elle s’engouffrait dans le bar, plus les gens la remarquaient, évidemment, et venaient la saluer. Personne n’ignorait qui Mme Karuzaki était, malgré elle qui aurait préféré ne pas avoir la notoriété d’une “starlette”. D’ailleurs, la majorité des stars lui sortaient par les trous de nez, comme on dit. Narumi ne supportait pas les petits jeux qui se jouaient à la TV, les trucs débiles que disent les stars pour faire le buzz, etc. Ceci dit, les gens étaient la plupart du temps aussi aimable avec la louve qu’elle l’était avec la foule, parmis les siens, là où elle se sentait enfin chez elle et à l’aise. Cette dernière souriait à gogo, tapotait des épaules, serrait des mains amicalement, ricanait aux blagues et aux remarques sur sa tenue “qui faisait très nature et officielle, ce qui lui ressemblait bien” - Narumi se détendait enfin pour une nuit, loin du bordel habituel.

Finalement, on l’invita à une table de poker.

Les autres joueurs vont arriver Mme Karuzaki ! Il paraît que vous aimez les jeux de cartes, et comme les ‘go m’ont dit que vous v’niez ce soir, j’ai sélectionné la crème de la crème en guise d’adversaires pour vous !

C’est très aimable Annie. Je vais prendre une chope d’un litre de bière et trois shooter maison. Paie autant de tournée à ces braves gens que ma carte bancaire te laissera en payer.” Dit alors Narumi en lui tendant sa carte sous les exclamations généralisées.

Elle payait souvent des coups à tous les Hommes (et donc femmes) qui venaient se reposer ici après leurs dures journées, alors même que Narumi de son côté n’était pas là. L’alpha faisait passer l’addition sur son compte personnel, qui de toute façon n’était pas sans fond mais, lui donnait une vie tellement aisée, une vie trop pleine de fric pour quelqu’un comme elle qui avait toujours vécu avec le strict minimum. Depuis toutes ces années de fonction, Narumi n’avait fait que baisser son propre salaire pour le redistribuer plus judicieusement. Elle ne gardait qu’un minimum pour vivre. Ce n’était pas pour elle, le pognon, de toute évidence. Ce pourquoi il se dilapidait en dons de toutes sortes avant la catastrophe et, maintenant, il était entièrement versé à la ville et aux habitants.

La tavernière, qui possédait une bonne centaine d’employés tant le lieu était fréquenté et immense, apporta cependant en personne la commande de Narumi afin de la remercier. Celle-ci la remercia à son tour et siffla les trois shooter d'affilée, ce qui lui valu d’être sifflée et acclamer une fois encore. Ses joues s’empourprèrent légèrement et elle éclata d’un rire sincère.

Au même moment, son esprit la fit penser à Tentra. Son rougissement s’accentua, mais son regard devint mélancolique l’espace d’un instant. L’alpha aurait tant voulu qu’il soit là, à ses côtés. Lui qui était si sérieux et distant… lui montrer tout ça, ces gens qui s’entre-aident, la gaieté du lieu… peut-être se serait-il un peu décoincé, et…
Une idée la troubla.
Son regard chercha désespérément une scène drôle dans la pièce pour se changer les idées. Ce n’est pas ce qui manque. Mais nulle distraction de ce type, au final, ne saurait lui enlever Tentra de la tête.

Il fallait essayer d’enfouir sa peine ce soir, il fallait tenter de s’amuser un peu.

On lui proposa un cigare, un black stone aromatisé à la cerise. Cette dernière l’accepta de bon coeur, allumant la drogue qui pendait au bout de ses lèvres avec gaieté. Un flash lui parcourut la tête. Elle se rappelait de Seishiro allumant ses cigarettes de son pouce. Cette dernière manqua de recracher sa première bouffée de cigare, maudissant intérieurement son cerveau de vouloir lui faire tant de mal. La louve croisa ses bras sur sa poitrine et s’installa confortablement au fond de son fauteuil, visiblement prête à recevoir ses adversaires.

Certains des joueurs de poker étaient arrivé. L’un d’eux était clairement une démone issue du Monde des Démons et non pas de Dark, au vue de son appartenance à une espèce démoniaque connue habitant là-bas, les cobales, pour être précis. Un autre était une magma musclée mais très coquette. Il manquait encore un dernier joueur, et… L’instinct de Narumi la fit fouiller des yeux dans la foule. Il y avait… une présence très spéciale qui se rapprochait.
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MessageSujet: Re: The big bad wolf [PV]   The big bad wolf [PV] ClockJeu 16 Jan 2020 - 21:52
La chasse a été bonne. Le Loup dépose au sol le parasaurolophus qu'il tient dans la gueule. C'est un dinosaure herbivore, l'un des nombreux dinosaures qui n'ont pas disparu sur cette Terre. Comme bon nombre de ses congénères bipèdes, il possède de toutes petites pattes avant. Il se caractérise essentiellement par une longue crête légèrement incurvée à l'arrière du crâne, et une longue queue. Celui-ci mesure un peu moins de six mètres de long, du museau jusqu'au bout de la queue. Comme il est toujours légèrement penché en avant, lorsqu'il est debout, en réalité sa tête n'est qu'à entre deux et trois mètres du sol. Il n'est pas particulièrement dangereux, ni agressif, mais sa queue et son crâne sont puissants, et sa grande taille lui permet d'inciter les prédateurs mammifères à ne pas l'attaquer. Généralement, les loups ne s'en prennent pas à lui, ils le fuient, car ils pourraient facilement se faire piétiner par ses puissantes pattes arrières. Pas ce Loup-là. Il fait environ quatre fois la taille d'un loup moyen. Il est plus grand que le parasaurolophus. Plus fort, aussi. La peau dure et écailleuse du saurien n'a pas été suffisamment résistante pour lui permettre d'échapper aux crocs du Loup géant.

Il dépose donc sa proie sur le sol. Il est heureux. Il va y avoir beaucoup à manger. Même pour lui, qui mange comme cinq. Rapidement, sa meute, composée d'une demi-douzaine de loups de taille normale, s'approche. Le Grand Loup utilise les griffes d'une de ses pattes avant pour taillader la peau du saurien, car il sait que ses semblables n'y parviendront pas, elle est trop résistante pour eux. Ainsi, une fois la carapace de la proie arrachée, ils peuvent se nourrir de l'intérieur du dinosaure, de ses viscères.

Le Loup est heureux, sans doute pour l'une des premières fois de sa vie. Sa meute l'a adopté. Naturellement, instinctivement, il en est devenu l'alpha, sans même vraiment le vouloir. Ils se sont simplement soumis à lui. Il mène la chasse, il ramène des proies bien plus grosses que les loups normaux, et il les protège. Il essaie, en tout cas. Il a complètement abandonné son déguisement humain depuis plusieurs semaines. Il n'en a pas besoin, ici, au beau milieu de la forêt, parmi les siens. Il peut être lui-même, et être accepté tel qu'il est. Le Grand Méchant Loup ? Non. Simplement le Grand Loup.

Ils se délectent de la chair fraîche. C'est un véritable festin. Mais soudain, quelque chose attire l'attention du dominant. Il relève la tête, aux aguets. Ses oreilles se dressent. Il renifle à plusieurs reprises.


PAN !

Un coup de feu retentit. Il entend un couinement, un gémissement plaintif, juste à côté de lui. Puis le son d'un corps qui tombe lourdement sur le sol. L'odeur du sang. Puis plus rien.


================================================================================


Il se réveilla en sursaut. Un mauvais rêve ? Non. Un mauvais souvenir.
Il se redressa, puis se leva. Il avait forme humaine, à présent. Mais il avait changé par rapport à autrefois. Ses cheveux, noirs comme le charbon, avaient poussé. Tout comme sa pilosité faciale. Ses yeux jaunes aux pupilles ovales n'étaient plus cachés par des lunettes de soleil. Il n'avait plus de costard ni de cravate, à la place, il portait de vieux vêtements usés, sales et troués. Et son visage était sombre, ses traits plus durs que jamais auparavant. Il ne souriait plus. Il ne feintait plus la joie, ni la sympathie. Il ne se cachait plus derrière un masque. Il était redevenu lui-même. A quoi bon se faire passer pour quelqu'un d'autre, de toutes façons ? Le Mal finissait toujours par le rattraper. Il avait pourtant essayé de changer, de devenir quelqu'un d'autre, de devenir quelqu'un de bon. Mais il était le Grand Méchant Loup. Il était né ainsi, et il mourrait ainsi. Ce n'était pas lui qui l'avait décidé. On lui avait attribué ce rôle, et malgré tous ses efforts, il ne parvenait pas à s'en détacher. Il demeurait lui-même... mais dans un déguisement d'humain. C'était plus pratique pour marcher parmi les gens. Pour les approcher sans être fui.

La nuit était tombée depuis peu. Il était temps pour le vagabond de reprendre sa route, une route qui conduisait inexorablement vers la vengeance. Il était une bête nocturne. Cela faisait des mois qu'il dormait le jour et errait la nuit. C'était plus facile ainsi. On l'embêtait moins. Il pouvait aller droit au but.

Un manoir isolé en périphérie de la grande ville. Cela lui avait prit une trentaine de minutes pour venir ici à pied depuis la tanière dans laquelle il avait dormi. Mais cela lui avait prit des mois pour trouver cette piste et localiser cette immense bâtisse. Il avait dû en interroger, des gens, pour arriver jusque là. Effrayer, menacer, briser quelques bras aussi. Les uns après les autres, ils avaient craché les différents morceaux du puzzle. Et petit-à-petit, il avait pu remonter la trace, jusqu'à ce manoir.
Le manoir était entouré d'une grande cour, protégée par un muret qui l'encerclait. Seule une grande grille noire aux barreaux en forme de pics permettait d'y accéder. Devant cette grille, il y avait un écriteau où était indiqué :


Manoir des van Bröghen.

En le lisant, Wolfgang - si tant était qu'il se fût encore appeler ainsi - poussa un léger râle, une sorte de petit grognement.

"Hnrrrrh..."

Il s'approcha de la grille, et agrippa les barreaux avec ses mains. Dans un bruit métallique, il l'arracha si facilement qu'elle ne semblait même pas accrochée aux murets, puis la projeta derrière lui. Il entra dans la cour et marcha lentement vers le manoir.
Alertés par le bruit, des gardes accoururent.


"Hé toi ! C'est une propriété privée ici ! Fais demi-tour sur le champ !"

"Hgnnnhrrrrr...."

Il manifesta son agacement d'un long râle, comme un chien mécontent qui montre les crocs. Mais il continua de marcher vers l'entrée du manoir. Les gardes dégainèrent des armes à feu et les braquèrent sur lui.

"Stop ! Reculez ou je tire ! Dernière sommation !"

Mais le loup à visage humain continua de les ignorer en marchant tout droit. Un coup de feu retentit. Une odeur de sang.


=======================================================================


Son ami, non, un membre de sa famille, vient de s'écrouler à côté de lui et du dinosaure. Sa fourrure grise se peint en rouge. Sa respiration est forte et douloureuse, il gémit. Les pensées du Grand Loup fusent dans sa tête, elles se mélangent et se brouillent. Un danger imminent. Il faut protéger les autres. Mais il faut aussi sauver celui qui vient de tomber, il se refuse à le laisser mourir, ne voyant pas - ou se refusant de voir - qu'il est déjà trop tard. D'où provient le coup de feu ? Où se cache celui qui a osé tirer sur un membre de sa famille ? Il doit le débusquer et lui arracher la tête.
Un deuxième coup de feu. Un autre frère tombe. Il pousse un hurlement qui s'entend à travers toute la forêt.  Les autres loups se mettent à courir pour fuir le danger. Lui, il agite la tête de tout côté, il essaye de dénicher les chasseurs à l'aide de son ouïe et de son odorat. D'autres coups de feu retentissent. D'autres frères et sœurs tombent. Les hommes sont partout, ils les encerclent, cachés dans les fougères, armés de fusils, ils tirent à vue. C'est un massacre.


========================================================================


Il se tourna soudainement vers celui qui avait fait feu. Son tibias avait été éraflé par la balle, mais ce n'était qu'une égratignure sans importance. Il bondit sur le garde, le fit basculer en arrière, et le tabassa à coups de poing. D'autres coups de feu retentirent. Des piqûres de moustique dans son dos. Il entendit d'autres bruits de pas et des cris, des appels à l'aide. Lorsque le crâne du garde qu'il écrasa de son propre poids fut transformé en bouillie sous ses coups de poing, il se retourna vers un autre. Ses griffes éventrèrent. Ses crocs déchiquetèrent. Ses poings cassèrent des cotes et brisèrent des nuques. Il les massacra les uns après les autres. Ce n'étaient que des êtres humains armés, ils n'avaient pas l'ombre d'une chance. Il était trop rapide, trop résistant, trop endurant. Et surtout, il n'avait plus rien à perdre. C'était un massacre.

Lorsqu'il n'y eut plus aucun garde pour lui faire perdre son temps, il se redressa et reprit sa marche vers la porte d'entrée du manoir. Ses mains et ses crocs étaient couverts de sang, tout comme ses vêtements. Il monta les quelques marches du porche. Il donna un coup de pied dans la porte en bois, qui s'effondra devant lui, puis entra dans le hall.

Devant lui se trouvait une femme d'une quarantaine d'années, et son enfant qui devait en avoir une dizaine. Elle le tenait dans ses bras. Ils étaient terrorisés et tremblaient de tout leur corps, à cause des bruits qu'ils avaient entendus dehors. Sans doute avait-elle voulu aller réveiller son fils pour le cacher, mais n'en avait pas eu le temps. Alors elle se retrouvait là, avec lui dans ses bras comme pour le protéger, devant la silhouette massive qui avait massacré les gardes dehors.


"Je vous en prie... Quoique mon mari vous ait fait... Ne faites pas de mal à mon petit garçon..."

Sa voix était tremblante, elle pleurait et le suppliait. Un long silence s'installa. Le vagabond plongea ses yeux jaunes dans ceux de la femme, puis dans ceux de l'enfant. Puis à nouveau dans ceux de la femme. Tout en restant immobile, dans l'encadrement de la porte. Puis, après un moment qui parut durer une éternité pour les hôtes, l'étranger ouvrit enfin la bouche. Et, enfin, un son guttural en sortit. C'était un mot, grogné comme un râle.

"......Où ?!"

Il avait perdu l'habitude de parler. Voilà longtemps qu'il ne se socialisait plus. Il ne parlait que pour poser des questions très succinctes, et généralement accompagnées de menaces et de violences.

La femme regarda son fils quelques instants, avant de tourner de nouveau son visage vers l'inconnu.


"V-vous... vous voulez savoir où se trouve mon mari, c'est bien ça...?"

Elle n'était pas dupe. Elle savait que son mari avait des ennemis. Elle savait qu'en dépit des apparences, il avait traîné dans des affaires louches. Bien sûr, aux yeux de tous, c'était un homme respectable, un homme riche, influent et bienveillant, qui avait beaucoup donné pour reconstruire Satan City après les bombes. C'était aussi un grand amateur de chasse, et un collectionneur de trophées. Les murs du hall d'entrée étaient d'ailleurs ornés de nombreuses têtes d'animaux. Et comme beaucoup d'hommes riches et influents, il avait des secrets et des ennemis. Alors, elle se doutait bien qu'un jour ou l'autre, quelqu'un viendrait pour le tuer.

Wolfgang ne répondit pas. Il se contenta de la fixer dans les yeux, toujours de son air renfrogné et menaçant. Elle reprit d'elle-même la parole.


"Il... Boris n'est pas ici... Il a reçu une invitation... P-pour participer à une partie de Poker... Dans cet énorme bar en centre-ville..."

Il connaissait désormais sa destination. Il n'avait plus rien à faire ici. Il tourna les talons.

"Attendez !" s'exclama t-elle.

"Je vous en prie... Ne tuez pas mon mari... Nous avons beaucoup d'argent, nous pouvons vous offrir tout ce que vous voudrez, tout ce que vous voudrez ! Je vous en supplie..."

Elle avait des larmes aux yeux et sa voix était étranglée par les sanglots. Il tourna d'un quart de tour la tête vers elle, et lui envoya un regard assassin. L'espace d'un instant, l'idée de les tuer tous les deux, cette femme et son petit garçon, lui traversa l'esprit. Boris lui avait prit sa famille. Qu'il lui fasse subir la même chose pouvait paraître légitime. Jadis, il n'aurait même pas hésité, et ils seraient déjà en train de se vider de leur sang. Mais, il fallait croire qu'en dépit de ce qu'il croyait, il était parvenu à changer.
Il redressa la tête pour regarder droit devant lui, et reprit la route, laissant la famille de Boris saine et sauve. Ce n'était pas eux qui avaient assassiné ses frères et sœurs.

Plusieurs minutes s'écoulèrent. Il avait atteint la ville et marchait vers son centre, les mains dans les poches, tête baissée. Il évitait les gens et ignorait les regards qu'on lui lançait. Après un certain temps, le bruit de fête et l'odeur d'alcool l'alertèrent que sa destination était proche. Il s'approcha de l'entrée du fameux bar, mais des vigiles lui barrèrent la route.


"Hé ! C'est un bâtiment respectable ici, les clochards sont pas admis !"

Dire que son apparence était négligée était un euphémisme. Des longs cheveux gras, des vêtements en piteux état et tâchés de sang, il était sale et sentait mauvais. Pas étonnant qu'on le prît pour un clochard. En fait, il en était un. Mais il s'en fichait. Il poussa un petit grognement, et tenta quand même d'entrer. Un vigile le poussa en arrière.

"On t'a dit de ficher le camp !" s'exclama t-il.

Ce soir là, il y avait du beau monde, au bar. Des gens riches et célèbres. Des gens respectables. Comme la générale Narumi Karuzaki. Il ne fallait pas les ennuyer. Laisser un clochard comme lui entrer et approcher ces gens fortunés serait une insulte envers eux. C'était ce que pensaient les gardes. Car rapidement après avoir été ébranlée, la société humaine avait repris ses travers. Il y avait les riches, et il y avait les pauvres. Ceux qui avaient du pouvoir, et les laissés-pour-compte. Ceux qui commandaient, et ceux qui s'usaient à la tâche. Rien n'avait changé, au fond.


".... Boire.... À... boire..." s'efforça de dire le loup solitaire.

Chaque mot lui écorchait la gorge. Il avait perdu son don pour l'éloquence. Il n'était plus qu'une bête.


"Si t'as soif, t'as qu'à boire dans le caniveau !"

Les gardes se mirent à rire. Mais Wolfgang devait entrer. Sa proie l'attendait à l'intérieur. Cela faisait des mois qu'il attendait cela, il n'avait jamais été aussi proche du but. Il pouvait sentir son odeur nauséabonde de là où il était, cette odeur de gros porc bourgeois qui prenait son pied en tirant sur des animaux et en clouant leurs têtes sur ses murs. Non, c'était insulter les cochons que de dire ça. Et Dieu sait que les cochons, le Grand Méchant Loup ne les aimait pas beaucoup depuis cette histoire avec trois gorets. Mais il les appréciait toujours plus que cette abomination de la nature.

Alors, Wolfgang perdit patience. Il n'était plus question de ruser. Plus question de se déguiser en mère-grand et d'user de niaiseries pour les amadouer. Tout cela, c'était du passé. Mort et enterré. Désormais, il fonçait dans le tas. Alors, il prit un garde par le col, et le jeta dans la rue, derrière lui. Puis il poussa l'autre au niveau du torse, suffisamment fort pour le projeter sur trois mètres et le faire tomber à la renverse, ce qui ne manqua pas de surprendre les invités et d'attirer l'attention sur lui alors qu'il venait d'entrer de force dans le bar.

Le loup renifla à plusieurs reprises. L'odeur de sa proie lui permit de le localiser presque instantanément, il tourna la tête dans sa direction.
Boris van Bröghen venait tout juste de s'installer à la table de Poker, il était le dernier invité. Autour de la table se trouvaient trois femmes, qu'il n'avait jamais vues. Wolfgang ne s'était jamais vraiment tenu au courant de l'actualité. Et cela faisait des mois qu'il avait quitté la société humaine et qu'il n'était plus qu'un vagabond obnubilé par sa quête de vengeance. Voir et sentir Boris attisa sa colère, il sentit ses muscles se tendre et son cœur brûler de fureur.


"Grrrrrrhhhh..."

Mais, soudain, quelque chose l'interpella. Une odeur... presque familière ? Une odeur qui parvenait presque à l'apaiser, car elle lui rappelait sa meute, sa famille. Alors sa fureur se mélangea à de la mélancolie, et alors que son sang bouillonnait, son esprit s'embruma. D'où venait cette odeur ? Quelle était-elle ?

Il renifla à plusieurs reprises, et chercha dans la foule, ses grands yeux jaunes naviguant entre les différents visages, tentant d'associer les odeurs et les apparences. Et finalement, il la trouva, cette odeur familière était juste à côté de la pestilence qui se dégageait de sa cible. C'était cette femme à la queue de cheval, assise à la table de jeu aux côtés de Boris. Qu'est-ce que cela signifiait ? Pourquoi son odeur était-elle si semblable à celle des siens, et si différente des humains ? Qu'était-elle ? Et que faisait-elle aux côtés de ce bourreau ? Wolfgang resta pantois, ne sachant plus quoi faire ni quoi penser. Les gardes s'étaient relevés et accoururent vers lui pour l'immobiliser.


Dernière édition par Le Grand Méchant Loup le Dim 19 Jan 2020 - 17:16, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: The big bad wolf [PV]   The big bad wolf [PV] ClockVen 17 Jan 2020 - 9:49
Son coeur s’emballa. Est-ce que c’est toi, Tentra ? Cette pensée stupide parasita son cerveau. Il n’était plus là, pourquoi diable reviendrait-il déjà ? Sa décision avait été mûrement réfléchie. C’était les vains espoirs de Narumi que de le revoir qui se manifestaient. Le saiyan aussi dégageait quelque chose de très spéciale car il avait été élevé par une meute et faisait partie des siens. Mais, ce n’était pas seulement ça. Il y a un distinguo à faire: ressentir l’un des siens et ressentir une présence atypique appartenant aux siens sont deux choses bien distinctes. Un loup-garou est capable d’en distinguer un autre par ses sens, notamment son odorat car chacun dégage un “parfum” spécifique - mais certaines espèces ont des notes parfumées en commun, dont les loup-garou -, et par les phéromones qu’il dégage. Cela leur permet de se retrouver plus aisément, et de mémoriser certaines espèces non pas grâce uniquement à la vue, mais grâce au parfum unique qui se dégage d’une race.

Un individu loup-garou dont émane une présence si particulière, ce quelque chose de si rare; Narumi ne l’avait ressenti que peu de fois dans sa longue vie. Apercevoir la présence d’un confrère ou d’une consœur ayant cet “attrait” exceptionnel se traduisait par un mot simple: la louve se retrouvait en présence d’un autre alpha. Cela expliquait pourquoi ses sens s’affolaient. Notamment son odorat, qui détectait bien plus fortement les phéromones dégagé par cet individu. Tout bonnement car, le patrimoine génétique de cette personne est d’exception, et donc les instincts naturels poussent les Alpha tels qu’eux à se reproduire afin de donner naissance à une progéniture remarquable pour la race. Les petits développeraient certainement des aptitudes qui leur sont propres, ce qui est une prouesse évolutive non-négligeable en plus des compétences dont ils hériteraient déjà. Bref, comme d’habitude, la nature est “bien faite” et les individus dont la compatibilité génétique donnerait naissance à des êtres hors-norme sont capable de se repérer l’un l’autre, en l'occurrence grâce aux phéromones particulières qu’ils dégagent.

Narumi se dandinait sur son siège. Il fallait qu’elle repère cet individu exceptionnel. Ce n’était pas une question d’alpha ou de reproduction pour elle, la louve était juste extrêmement surprise car elle ne connaissait pas l’autre alpha en approche. Son odeur lui était inconnue. C’était un hasard vraiment étrange, comment pouvait-elle rencontrer un autre Alpha en si peu de temps ? Le destin faisait parfois bien les choses, ou bien avait-elle écopée d’une bonne étoile grâce à sa rencontre avec Tentra ? C’était probablement fleur bleu comme manière de voir les choses, mais la cheffe avait envie d’y croire. En de tels temps troublés, le moindre espoir, la moindre belle chose est à prendre.

Dans ce brouhaha mêlée à l’entêtante musique Flashing Lights, l’ouïe de la militaire était tout de même perturbé, mais elle entendait distinctement les pas pressé, décidé de cette étrange personne qui s’approchait. Celle-ci se leva presque instantanément lorsque cet individu fut à portée. Mais sa recherche fut interrompue par l’arrivée du dernier joueur de poker de la partie. Un terrien à l’apparence humaine.

Boris Van Bröghen.” Se présentait le nouveau venu avec une manière un peu théâtrale, ce qui irrita Narumi car cela lui remémorait encore une fois Seishiro qui parlait et faisait les choses toujours de cette manière. “Préparez-vous à perdre toutes vos mises.” Ajoutait l’homme avec un sourire carnassier, s’asseyant dans le dernier fauteuil libre.

Les joueurs levèrent un sourcil interrogateur en direction de la cheffe des armées, ceci dit, lorsqu’elle se leva brusquement.

Vous vous coucher déjà, cheffe ? Ne me dites pas que ce blanc-bec d’humain vous a effrayé ?” Blaguait la magma musclée.

La militaire déposa son cigare sur le rebord du cendrier présent sur la table. La louve secoua la tête, à la fois pour lui répondre - comme si elle avait perdu l’usage de sa langue - et à la fois car ses yeux tombèrent enfin sur l’objet de ses convoitises. Un homme étrange, grand, aux cheveux bruns, gras et longs (Heureusement ce n’est pas Rogue), à la barbe mal taillée et aux vêtements rapiécés. La louve s’approcha d’un pas léger vers lui, une curiosité non-dissimulée sur son visage. Il semblait l’avoir repéré avant elle, il se tenait immobile en la fixant. Avant qu’elle ne puisse l’atteindre, les gardes gardant l’entrée du portail s’emparèrent de lui.

La cheffe s’approcha et attrapa l’avant-bras d’un des gardes d’une main ferme.

Qu’est-ce que cet homme a fait pour mériter un tel traitement ?

Les gardes échangèrent un regard silencieux, ils se sentaient penaud et leur transpiration indiquait leur honte.

Eh bien, m’dame… Il nous a violenté pour entrer ! Ce ne doit pas être quelqu’un de recommandable, il ne devrait pas être ici. Il ne devrait pas être parmi nous, et encore moins fouler le sol près de quelqu’un de votre étoffe.

Narumi ne regarda que brièvement le garde qui parlait. Ses yeux se plongèrent à nouveau dans ceux de ce vagabond. L’alpha n’arrivait pas à détacher son intérêt de lui. Tout d’un coup, un flot de souffrance, de terreur et surtout de colère se déversa de lui à elle. Cette dernière ne comprit pas d’où cela venait, mais ressentir les émotions de ses congénères était presque inné pour chaque loup-garou. Pour les non loup-garou, l’on pouvait aussi deviner leurs sentiments en écoutant “les signes externes ou internes” de leur corps, leur transpiration, la vitesse à laquelle leurs yeux balayent une pièce, la vitesse de leur coeur, etc. Mais là, c’était un ressenti bien plus intense.

La remarque du garde commença à lui chauffer les oreilles. Narumi était connue pour son sang-chaud, et elle grinça des dents en l’entendant prononcer ses dernières paroles. Ceci dit, elle essaya de se contenir.

Pourquoi a-t-il été contraint d’utiliser la force contre vous ?

En vérité, Narumi attendait une réponse de la part de l’inconnu, mais les gardes s’empressaient de se justifier.

Mais m’dame… c’est qu’un clochard, probablement bourré ou drogué, ou les deux… il va forcément causer des soucis, alors on ne voulait pas qu’il rentre… pis,... ça donne... pas bonne image…” avança le deuxième garde d’un air mal assuré.

La louve lâcha le bras du garde. Cette dernière sera son poing gauche de plus en plus fort, visiblement sur le point d’exploser.

Les gardes n’osaient plus tenir l’individu. Ils relâchèrent leur étreinte et commencèrent à reculer instinctivement.

Le brouhaha dans la salle avait diminué, de plus en plus de personnes s’étaient rendu compte de la scène et y prêtaient toute leur attention.

L’alpha se mordit la lèvre, son torse se souleva péniblement sous toute l’accumulation de l’air dans ses poumons. En un éclair, chacune de ses mains tenaient fermement par le col les deux gardes et les soulevaient du sol. Ses yeux jaunes étaient parsemés d’éclat rougeâtre, comme pour accentuer son état de colère.

“ça ne fait pas bonne image ? Pas bonne image ? !” répétait-elle. “C’est exactement le genre de discours que les imbéciles et les oppresseurs tiennent ! Les terriens anthropomorphes aux apparences animales ne faisaient pas non plus “bonne image” fut une époque, et je ne vous parle pas des loup-garou, alors qu’ils sont des terriens comme les autres, et ce racisme perdure dans notre société. Est-ce cela que vous insinuez ? Que nous ne sommes pas des terriens, que nous ne sommes pas vos frères et soeurs à cause de notre particularité ?” Ses canines se dévoilèrent et s’allongèrent, elle était à deux doigt de se transformer. “Oh, excusez-moi, je m’emporte. Il ne s’agit pas là d’un problème de racisme, étant donné que vous n’avez certainement pas remarqué que cet homme est un loup-garou ! Alors c’est à cause de son apparence négligée, c’est bien ça ?

Celle-ci se retourna vers les autres personnes présentent dans la pièce, tenant toujours en l’air et par le col les deux gardes qui suaient à grosses gouttes.

Regardez autours de vous. Ce bar a été créé par les citoyens pour les citoyens. La majorité d’entre-nous sommes des ouvriers et des soldats. Regardez-moi, j’ai l’air d’une princesse peut-être ? Qu’est-ce que ça peut bien vous faire mon accoutrement, qu’est-ce que ça peut vouloir dire de moi, au final ? Est-ce que la présence de ce nouveau venu dérange quelqu’un ? Personne ne le remarquerait ici, à part peut-être “le gratin” comme on les appelles - et ne me mettez pas dans cette case, désolée pour vous ô nobles gens, mais je souhaite être affiliée au peuple et pas à l’argent, qui nous donne souvent des priorités matérielles et non fraternelles.

La musique s’était arrêtée, le bruit aussi. Un calme plat régnait, et seul la voix portante d’une cheffe enragée se faisait entendre.

Je vais me répéter car c’est nécessaire: TOUT le monde est le bienvenu. Nous travaillons ensemble, nous évoluons ensemble, nous grandissons ensemble. C’est votre comportement l’ennemi, c’est lui qui nous divise ! Seules les personnes aux mauvaises intentions méritent d’être expulsées, et pour l’heure cet homme n’a rien fait de répréhensible. S’il a besoin du gîte et du couvert, l’armée lui trouvera une place dans l’un de nos nombreux camp de fortunes, mais nous ne laisserons personne de côté.

Cette dernière ne regardait pas la foule, mais les gens applaudirent. Narumi n’était pas douée pour faire un discours devant une assemblée, mais le fait qu’elle soit si “vraie”, si “elle”, naturelle et sincère, c’était cela qui arrivait à émouvoir le public malgré ses lacunes en terme de charisme. Ses yeux passaient continuellement d’un garde à l’autre. Les deux compères croyaient qu’ils allaient finir par mourir foudroyé par ce regard assassin. L’un deux s’était clairement pissé dessus, ce qui alimenta un fou rire général.

Narumi les relâcha brusquement, les deux gardes tombèrent fesses les premières au sol. Ils se relevèrent péniblement.

Vous êtes viré de votre poste. En remplacement, vous irez aider les réfugiés aux camps en leur confectionnant des vêtements, en leur faisant la cuisine, la lessive, et en vous assurant de leur bien-être. J’espère que cela vous montrera à quel point votre réaction a été stupide.

L’alpha venait de sortir un genre de téléphone de sa poche pour contacter un duo de remplacement pour l’entrée du bar, sous un nouveau tonnerre d’applaudissements pour sa “punition” qui semblait juste.

Aller, aller m’sieur ‘dames, le drame est passé, on s’remet à ‘piccolé ! Qui c’est qui veut des shooter offert par m’dame Karuzaki ?” Hurla Annie, la gérante de ce bar, afin de remettre l’ambiance au beau fix suite à ce événement déplaisant. Une phrase, et tout était revenu: la musique, le brouhaha, les gens qui dansent, qui fument de l’opium, qui jouent, qui chantent, qui boivent.

L’odeur désagréable de l’étranger était étouffée dans cet amas d’individu, mais au vue de son apparence d’homme des cavernes on savait déjà, rien que visuellement, qu’il avait besoin d’un bon bain.

La louve lança un regard doux à l’étranger. Cette dernière se dirigea vers la table de poker, prit sa chope de bière et la lui tendit simplement. Elle sentait sa déshydratation. Il avait faim, soif, il sentait la solitude et le désespoir, la haine et la vengeance.

Bienvenue camarade. Je suis Narumi, fille d’Oméga, le premier-né des loup-garou sur cette planète.” L’alpha mettait toujours un point d’honneur à se présenter respectueusement de cette manière, même s’il devait probablement déjà la “connaître” de par les médias. “Je crois que tu as compris que je suis désolée pour l’accueil que tu as reçus.” Un sourire amer se dessina sur ses lèvres. “Il n’y a pas un seul loup que je ne connais pas sur Terre, et pourtant je ne te connais pas. Je sens ta détresse mon ami, dis-moi comment je peux t’aider.

Elle ne fit aucune remarque sur son apparence. Tout le monde traversait une époque difficile. Peut-être s’était-il retrouvé mis à part et avait été contraint de survivre seul. Peut-être n’avait-il pas osé demander de l’aide. Mais maintenant que Narumi l’avait trouvé, elle ne le laisserait pas comme ça.

Celle-ci resta à bonne distance de lui, bien que son instinct lui donnait tout de suite un genre de proximité naturelle avec ce dernier.

Bon, on la joue cette partie de poker, ou quoi ?” S’impatienta Van Bröghen, alors que la démone et la magma semblaient lancé dans un débat sur l’éducation des enfants.

Narumi roula des yeux et se retourna brièvement vers l’humain.

Trouvez-vous un autre partenaire de jeu, notre partie est remise à plus tard. Vous voyez bien que j’ai plus urgent à faire que de m’asseoir pour vous prouvez que vous avez tort d’être aussi confiant en vos capacités.

Cela aurait pu être du sarcasme s’il aurait s’agit de quelqu’un de plus plaisantin que la louve, mais ce n’était pas son genre de se moquer. Son ton glacial était donc encore plus vexant, et l’homme tira nerveusement sur son noeud-papillon, froissé par sa remarque.
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MessageSujet: Re: The big bad wolf [PV]   The big bad wolf [PV] ClockSam 18 Jan 2020 - 0:30
La mystérieuse créature aux longs cheveux mauves et aux yeux jaunes avait détourné le vagabond de son objectif principal. Il ne pouvait pas détourner le regard d'elle, et des centaines de questions virevoltaient dans sa tête. Il était venu ici dans le but de tuer quelqu'un... et voilà qu'il rencontrait quelqu'un. Quelqu'un qui semblait exceptionnel. Il ne saurait pas l'expliquer. C'était simplement ce que son instinct lui dictait. Habituellement, le Grand Méchant Loup considérait tous les autres êtres vivants comme des proies, des repas potentiels, à l'exception des canins puisqu'il n'était pas cannibale. Mais cette personne, à l'apparence humaine, il ne la voyait pas comme un repas. Il la voyait comme son égale. Et c'était quelque chose d'extrêmement rare, si bien que cela le troublait profondément. Et puis, il y avait cette odeur... Son odorat sur-développé lui permettait de repérer l'odeur de chaque individu. L'odeur d'un individu était comme une signature qu'il laissait partout derrière lui, c'était ce qui permettait aux chiens de les pister sur de longues distances avec une très grande précision. Chaque individu avait une odeur différente. Mais entre les individus, on trouvait parfois des similitudes dans la composition, des caractéristiques particulières. Par exemple, les odeurs de deux anges étaient plus proches que celles d'un ange et d'un humain. C'était valable pour quasiment toutes les espèces. Ainsi, il était capable de connaître l'espèce d'un être vivant à son odeur, à condition d'avoir déjà rencontré un individu de la même espèce par le passé. Parfois, deux espèces différentes pouvaient avoir une odeur très proches qui incitaient à la confusion. Par exemple, l'odeur du Moojuu Doki, son seul ami, qu'il avait perdu de vue depuis des mois, avait une odeur très proche des chiens, mais ce n'était pas un chien. Cette personne à l'apparence humaine qui était assise à la table de Poker, avait une odeur particulière et familière. Sa signature olfactive était très proche de celle des loups. Mais il y avait également un petit côté humain, bien qu'elle n'était clairement pas humaine, du moins pas totalement. C'était comme si... elle était un mélange des deux. Mi-louve, mi-humaine. Ou quelque chose s'en rapprochant. Mais ce n'était pas que son odeur. Quelque chose d'autre se dégageait d'elle. Une impression... de puissance. De dominance.

Il sentit les membres des gardes l'étreindre, pour essayer de l'immobiliser. Mais en réalité, le Loup s'était déjà immobilisé, dés lors qu'il avait repéré l'être exceptionnelle. Il aurait pu facilement se défaire de ces gardes. Mais il n'en ressentait ni l'envie, ni le besoin. En fait, il faisait complétement abstraction de la gène qu'ils représentaient, car toute son attention était focalisée sur la dame aux yeux jaunes. Des yeux qui ressemblaient beaucoup aux siens. Après s'être levée, elle s'approcha de lui tout en le fixant droit dans les yeux. Leurs regards ne pouvaient se détacher l'un de l'autre. Ils s'étaient repérés mutuellement. Chacun des deux savait. Les poings du Loup, initialement serrés depuis qu'il avait pénétré dans ce bâtiment avec toute sa rage et son envie de meurtre, se desserraient petit-à-petit. Le fait de rencontrer quelqu'un similaire à lui, quelqu'un qu'il pouvait considérer comme son égale sans même la connaître, l'apaisait autant que ça le troublait. Boris était loin dans son esprit, il n'en occupait désormais qu'une petite place. Et pourtant, cela faisait des mois qu'il ne pensait qu'à lui, qu'il ne vivait que dans le but de le retrouver et de le tuer. Depuis ce jour où la Terre fut dévastée. La vengeance était devenue sa seule raison d'exister. Venger sa meute massacrée, sa famille. En réalité, cette meute n'était pas vraiment sa famille. Pas biologiquement, en tout cas. Le Loup n'avait jamais eu de famille. Il était né, sans savoir comment. Il avait appris à se débrouiller tout seul. Malgré cela, les loups de ce monde-ci l'avaient accepté, adopté. Ils s'étaient même soumis à lui. Ils étaient donc devenus sa famille. Et en tant que dominant, il devait les protéger. Mais il n'avait pas su le faire. Lorsqu'il s'agissait de chasser, de traquer et de tuer, il était doué. Mais dés lors qu'il s'agissait de protéger... où était-il ? Était-il à ce point incapable de faire le bien ? Incapable de se battre pour protéger ce qui lui était cher ? Était-il résigné à utiliser sa puissance dans le seul but de faire le mal ? C'était bien la conclusion à laquelle il en était arrivé, à cette époque. Puisqu'il ne savait faire que le mal, alors ce serait ce qu'il ferait. Alors qu'il avait marché dans la vallée de l'ombre de la mort, il avait regardé sa vie passée et constaté qu'il ne lui restait plus rien. Il n'avait pas pu protéger les siens, mais il pourrait au moins les honorer en les vengeant. En punissant ceux qui avaient pris leurs vies. Telle avait été son unique raison de vivre durant ces derniers mois, vagabondant à travers les terres dévastées et les ruines des anciennes villes bombardées, continuellement sur les routes, tel un nomade, à la recherche d'indices et de pistes pour retrouver les bourreaux, et les tuer. C'était tout ce qui comptait. C'était même plus important que de se nourrir, de s'hydrater ou de se laver. Sa quête de vengeance était devenue obsessionnelle.

Et cette obsession avait été balayée par une rencontre inattendue. Elle était désormais proche de lui, et s'en prenait aux gardes. Le Loup n'avait pas la tête haute et fière comme autrefois. Au lieu de cela, il avait un air renfrogné, et le visage légèrement baissé, replié sur lui-même, mais il suivait la demi-louve du regard. Elle venait d'attraper le bras d'un garde, et les réprimanda tandis qu'ils essayaient de s'expliquer. Ils finirent par le relâcher. Lui resta silencieux, et immobile. Seuls ses yeux, et légèrement sa tête, se déplaçaient pour suivre la dominante du regard. Il sentit l'odeur de la pisse qui souillait le pantalon d'un des gardes alors qu'elle les souleva sans le moindre effort. Il aurait pu trouver cela amusant, s'il n'avait pas été complétement déprimé et au bord du gouffre depuis des mois.

La cheffe autoritaire s'emporta sur les gardes, les accusant notamment de racisme. Le Loup n'avait jamais apprécié ce genre de comportement visant à discriminer ou rejeter des individus sur des critères arbitraires. Et pour cause, il en avait lui-même été victime. Dans le Pays des Contes, là d'où il venait, il avait toujours été rejeté par les autres, parce qu'ils avaient peur de lui. C'était bien la raison pour laquelle ils l'avaient nommé "Le Grand Méchant Loup", d'ailleurs. Ce nom, il ne l'avait pas choisi. On le lui avait imposé. Tout comme on lui avait imposé la solitude. Alors, il n'était pas étonnant qu'il éprouvait du dégoût pour les gens qui rejetaient les autres à cause de leur appartenance à une quelconque race ou espèce.

Le regard du Loup, qui mêlait peine, souffrance, haine et fureur, s'écarquilla légèrement sous l'effet de surprise lorsqu'il vit que les canines de la cheffe s'allongèrent. Cela le surprit, car il pouvait faire exactement la même chose sous son apparence humaine. L'une de ses techniques consistait à transformer sa dentition humaine en des crocs tranchants. D'ailleurs, il ne la maîtrisait pas totalement puisque cela lui arrivait également lorsqu'il s'emportait au point de perdre totalement le contrôle. Cette apparence humaine avec des yeux jaunes et des crocs qui s'allongeaient, cette odeur proche des loups... était-il possible qu'elle fût exactement comme lui ? De la même race ? Du même monde ? Une Grande Méchante Louve ? Il eut rapidement sa réponse, puisqu'elle affirma qu'il était, lui, un loup-garou, ce qui sous-entendait d'une certaine manière qu'elle en était aussi une.

Le Grand Méchant Loup connaissait les loup-garous. Cela existait dans le monde d'où il venait. Mais ils étaient peut-être différents de ce monde-ci. Au Pays des Contes, les loup-garous étaient des humains qui se transformaient en loup-garous les nuits de pleine lune, c'était une malédiction causée généralement par une morsure d'un autre loup-garou ou parfois d'un loup, selon les histoires contées.
Mais lui n'était pas un loup-garou. Tout du moins, pas selon la définition qu'il en avait. En fait, il ne savait pas très bien lui-même ce qu'il était. Un loup, ça c'était certain. Il avait l'apparence, l'odeur et le comportement d'un loup, il était juste beaucoup plus grand que ceux de cette Terre. Et doué du don de la parole, ainsi que de celui du déguisement. Mais dans ce monde-ci, loin du Pays des Contes, il était considéré comme un démon, et avait la faculté de se faire passer pour un humain en masquant sa véritable apparence et son aura maléfique et effrayante. Finalement, il était assez difficile de le définir, sans doute parce qu'il venait d'ailleurs, il avait l'air de n'entrer dans aucune catégorie.

Il écouta sagement la suite du discours de la cheffe, toujours sans bouger ni réagir. Elle avait l'air d'être une personne bienveillante. Contrairement à lui. Elle parlait d'union et disait que les ennemis étaient ceux qui divisaient les gens. Elle avait raison. Mais lui avait toujours été séparé des autres. Que ce fût parce qu'on le craignait et qu'on le fuyait, ou parce qu'il voyait les autres comme des sources de nourriture. Mais qui avait mal agi le premier ? Est-ce qu'on le craignait parce qu'il mangeait tout le monde, ou bien est-ce qu'il s'était permis de manger tout le monde parce que tout le monde le craignait à cause de son apparence ? Quid de l’œuf et de la poule ? Il ne s'en rappelait pas. Cela datait de trop longtemps, il avait déjà vécu plus de six siècles. Ce qui était sûr, c'est que cela avait conduit à une boucle infernale. Plus on le chassait, plus on attisait sa haine, et donc plus il devenait sans-cœur, donc on le craignait davantage et le chassait de plus belle, et ainsi de suite. Il avait fait quelques erreurs de jeunesse, c'était certain. Comme quand il avait dévoré cette enfant vêtue de rouge, ainsi que sa grand-mère. Il avait toujours eu un appétit vorace. Mais devait-il pour autant payer toute sa vie ces erreurs ? Sa vie entière était l'histoire d'une division. Celle de lui seul contre le reste du monde.

Lorsqu'elle affirma que seules les personnes aux mauvaises intentions devaient être expulsées, et que lui n'avait encore rien fait de mal, il baissa légèrement les yeux. Il était clairement venu dans l'intention de tuer quelqu'un. Il était, encore une fois, dans le camp des méchants, de ceux qui devaient être rejetés. C'était simplement parce qu'elle l'ignorait qu'elle le défendait. Il n'en était pas très fier. Malgré cela, son envie de tuer Boris, de se venger, n'avait pas diminué. Que pouvait-il bien faire d'autre ? Tuer était la seule chose qu'il faisait un tant soit peu correctement. Et Boris van Bröghen devait payer pour ses crimes. Car il avait été là, ce jour où sa meute fut massacrée. Il avait tiré sur les loups. Et il avait commandité l'opération. Et le pire... C'était que tout cela ne serait pas arrivé si le Grand Méchant Loup n'avait pas été adopté par cette meute. Car c'était bel et bien pour lui, que Boris avait foulé le sol de cette forêt, ce jour-là. Le Grand Loup avait passé des semaines avec sa meute. Et aux dehors de la forêt, des rumeurs avaient commencé à apparaître. Celles d'un loup géant, de la taille d'un tyrannosaure. Boris avait voulu chasser du gros gibier. Non, pas chasser. Il avait voulu le capturer, pour l'ajouter à sa collection. Lui et ses hommes avaient tué les loups normaux simplement pour faciliter la tâche de la capture du Grand. Puis, ils avaient utilisé quelques fléchettes sédatives très puissantes. Dilué par un facteur de 1/100, le sédatif utilisé pouvait endormir instantanément un gros éléphant. Sur le Grand Méchant Loup, ils l'avaient utilisé pur... et avaient tiré à plusieurs reprises. De quoi le mettre dans le coma quelques jours. La bête, aussi immense soit-elle, n'avait eu aucune chance. Mais si le Grand Méchant Loup était resté seul, s'il n'avait pas rejoint cette meute, van Bröghen ne s'en serait jamais pris à eux, et les loups seraient encore en vie. C'était aussi pour cela qu'il était si obsédé à l'idée de les venger. Car en plus de haïr Boris, il se sentait également coupable... et se haïssait lui-même, plus que jamais. Mais tant pis, il devait aller jusqu'au bout. Même si cela devait être la dernière chose qu'il ferait.

Finalement, les deux gardes se firent virer. La loup-garou n'était pas seulement une dominante parmi les loups et assimilés... elle l'était également parmi les humains. Elle avait su se faire accepter parmi eux, et les dompter. Chose que le Grand Méchant Loup n'avait jamais su faire. Il parvenait à obtenir naturellement le respect des loups. Mais avec les humains, c'était une autre affaire.

Il continua de la suivre du regard alors qu'elle retournait près de la table de Poker. Son regard s'était légèrement adouci. Il s'approcha lentement de la table, toujours en gardant les mains dans les poches d'un jean troué et tâché de sang, de poussière et de terre. Elle lui tendit une chope de bière, tout en se présentant. Elle affirma être la fille du premier loup-garou sur Terre.
Il finit par sortir une main de sa poche. Elle était couverte de sang séché. Sûrement pas le sien. D'un geste assez hésitant, il l'approcha lentement de la chope. Il était d'ordinaire méfiant. Mais elle le mettait en confiance. Son instinct lui disait qu'elle était la seule personne ici à qui il pouvait faire confiance. Alors il saisit la bière, et la ramena vers lui.
Puis il prit enfin la parole. Ou plutôt, il essaya.


"...Je... Je suis..." commença t-il, lentement.

Sa voix était sombre et grave. Il semblait avoir du mal à parler. Non pas à cause d'une timidité quelconque ou quelque chose de ce genre. C'était parce que cela faisait bien longtemps qu'il n'avait pas aligné plus de quelques mots et fait une phrase complète.
Mais surtout, alors qu'il avait voulu se présenter pour répondre à Narumi fille d'Oméga, rien ne lui vint à l'esprit. Qui était-il ? Comment se présenter ? Il n'étais le fils de personne. Il n'avait pas de nom. Wolfgang Wolfwood ? Ce n'était qu'une fausse identité, un nom qu'il avait inventé pour essayer de vivre comme un humain. Cela n'avait pas très bien fonctionné d'ailleurs puisqu'il n'avait fait que s'attirer des ennuies, ce qui l'avait conduit finalement à vivre parmi les loups pour se faire oublier du monde des humains. Devait-il se présenter en tant que Grand Méchant Loup ? C'était ce qu'il avait toujours été, après tout, c'était comme ça qu'on l'appelait... Mais il n'avait pas choisi ce nom, et il aurait même voulu l'oublier, l'enterrer avec son passé. Alors de quelle façon pouvait-il se présenter ? Qui était-il, au juste ? Pas de famille, pas de nom... Il était simplement...

"...Personne." conclut-il.

Il s'empressa aussitôt de boire d'une traite la chope de bière, avalant les gorgées les unes après les autres sans interruption. Il était déshydraté et affamé, c'était certain. Il avait été bien plus préoccupé à traquer sa cible qu'à s'alimenter. Il ne s'était alimenté que le strict minimum pour survivre.

Narumi s'excusa pour le comportement des gardes. C'était plutôt à lui de la remercier. Il n'y parvenait pas. Pas encore, tout du moins. Elle affirma connaître tous les loups de cette planète, mais pas lui. Ce n'était pas étonnant, puisqu'il était né et avait vécu dans un autre monde. Cela ne faisait pas très longtemps qu'il était arrivé dans ce monde. Quelques années tout au plus. D'ailleurs, lui non plus ne la connaissait pas. Même lorsqu'il s'efforçait de vivre comme un humain, il ne s'était presque jamais intéressé à l'actualité et aux médias. Elle affirma ensuite sentir sa détresse et demanda comment elle pouvait l'aider.

Les pensées du Loup convergèrent de nouveau sur Boris, lorsqu'il repensa à son "problème" et surtout la raison de sa venue ici.  Il ne fallait pas qu'il oubliât pourquoi il était venu ici initialement. Et en parlant du loup... Boris venait de prendre la parole, pressé de commencer la partie de Poker.
Le Loup tourna d'un geste vif la tête vers lui, et sa haine reprit le dessus, ses yeux se plissèrent, ses sourcils se froncèrent et ses dents se serrèrent. Il lançait un regard assassin à Boris.
Narumi reporta la partie à plus tard.

Le Loup continuait de fixer Boris. La chope de bière, vidée, éclata en morceaux au moment où il serra son poing. La fureur reprenait le dessus. Il ne prenait même plus soin de masquer son aura maléfique. Progressivement, elle s'élevait autour de lui et s'étalait à travers la pièce. Tout le monde pouvait la ressentir. L'atmosphère qui s'alourdissait, la pression qui augmentait. Ce n'était pas une aura de puissance. C'était plutôt une envie de meurtre et une haine profonde, qui étaient clairement palpables, même pour les gens normaux. C'était quelque chose d'assez effrayant pour le commun des mortels, mais surtout pour celui qui était ciblé par la fureur du Loup. Boris fixa le Loup qui le fixait également. L'inquiétude se dessina sur le visage du joueur de Poker qui avait paru si assuré un peu plus tôt. Le Loup pointa lentement son index en direction de sa cible, et répondit à Narumi qui avait demandé un peu plus tôt ce qu'elle pouvait faire pour l'aider.


"Hmrrrrh... Je veux lui. ...Mort." affirma t-il de sa voix sombre sans lâcher Boris du regard.

Aussitôt, Boris, paniqué, recula avec son fauteuil, le corps tremblant, et lança un regard suppliant à Narumi, comme pour lui demander de lui venir en aide.
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MessageSujet: Re: The big bad wolf [PV]   The big bad wolf [PV] ClockSam 18 Jan 2020 - 12:47
Le temps semblait s’arrêter. Chaque fois que ses yeux croisent les siens… Il y a comme une sorte d’évidence qui lui vient à l’esprit. Mais ce n’est pas un phénomène que l’on peut expliquer aisément. Les alpha ne courent pas les rues; et d’autant moins ceux capable d'exercer une telle… attraction sur vous. Narumi le dévisageait. Comme une bête curieuse, mais une bête des plus agréables à détailler. Il n’y avait rien de malsain, il y avait plutôt tout de doux, bercé dans un intérêt bienveillant à son égard. Pourtant, ce “méchant loup” n’avait rien d’attirant pour l’oeil de n’importe qui d’autre. Il était sale, il sentait mauvais, il était extrêmement négligé, il n’avait visiblement pas conscience “des bonnes manières”, de comment se tenir. Ses yeux étaient effrayants, la manière dont il se tenait faisait rappeler une bête en cage, acculée, prête à bondir toutes griffes dehors sur le premier abrutis qui s’approcherait de trop près.

Mais pas à ses yeux à elle, non. Il était… fascinant. C’était comme si c’était écrit. Leur rencontre, ces émotions qui la traversait jusque dans la moelle en échangeant un regard avec lui, la sensation qu’elle le connaissait depuis toujours. Est-ce qu’il était une sorte d’alter égo à la louve ? Les questions fusaient dans son esprit. Narumi n’arrivait pas à se sortir son ami Tentra de la tête depuis son départ, mais elle venait de trouver probablement un nouveau partenaire de valeur dans sa vie. Personne en pourrait remplacer le saiyan, mais dans son esprit planait toujours cette pensée romanesque selon laquelle Tentra était sa bonne étoile. Par extension, elle le remerciait lui pour cette rencontre d’exception, ce soir.

La bête sauvage n’avait pas bougé d’un iota depuis le début des évènements. Pourtant, une tension largement perceptible se dégageait. Il avait l’air sur le qui-vive, de telle sorte que la foule prenait tout de même ses distances avec lui par précaution. Seule la militaire se dressait devant lui sans craintes, comme si cela était impossible qu’il puisse sans prendre à elle. Mais pourquoi diable avait-elle cette conviction ? Pourquoi quelque chose lui murmurait cela à l’oreille telle une vérité absolue ? Jamais elle n’avait connue plus forte attraction envers un inconnu. Cela réveillait son anxiété et l’oppressait, mais sa curiosité et l’envoûtement qu’il exerçait sur la louve étaient plus forts que les sentiments négatifs.

La louve fit un signe de loin à la patronne du bar, Annie, qui gardait un oeil sur eux. Forcément, si ça dégénérait elle voulait s’assurer d’être là pour tenter de régler le problème. Narumi lui fit comprendre qu’elle voulait que son amie lui apporte de quoi boire et manger. Cela rassura un peu Annie, qui se disait que la militaire était là pour protéger les citoyens en cas de pépin. Et puis, elle ne commanderait pas de quoi boire et manger si elle ne comptait pas arranger les choses, pas vrai ?

Son palpitant s’affola de nouveau lorsqu’il allait répondre à sa question. Il avait longuement hésité avant de lui fournir une réponse. Et sa réponse en disait long sur la perception que ce dernier semblait avoir de lui-même. La louve se sentit blêmir, tout le désespoir de cet individu l’écrasa tout d’un coup. Pourquoi se sentait-il si mal ? Que lui était-il arriver pour qu’il soit dans un état de détresse totale ? Cette dernière tentait de montrer une Narumi parfaitement calme, mais ses mains prises de spasmes trahissait son excitation. Mal à l’aise, elle rangea ses mains dans les poches de son treillis, alors que le nouveau venu descendit sa bière à une vitesse phénoménale.

Tu devrais participer au concours de boisson…” Tentait-elle sur un ton léger, espérant détendre l’atmosphère.

Il paraissait particulièrement… vide, mais pas vraiment. Vidé de bons ressentis. Remplit par la haine. Cette constatation donna des sueurs froides à la cheffe, qui tenta de ne pas pâlir de trop. Cela lui rappelait… de très mauvais souvenirs de sa propre vie. Narumi tenta de chasser de son esprit ces pensées dévastatrices, mais les émotions du Grand Méchant Loup se déversaient en la louve comme si elle était lui. Si la cheffe se laissait submerger, cette dernière pourrait perdre son identité propre et succomber à des pulsions instinctives. C’était aussi ça qui était très dangereux avec un alpha. Les plus forts d’entre-eux étaient capable de rallier automatiquement tout les autres loups à leur cause si leurs émotions étaient suffisamment vraie et puissante. Même les autres alpha pouvaient y succomber. Et il fallait dire que cet homme était particulièrement vigoureux dans l’art de faire ressentir à tous ce qui l’animait. Cela émanait de lui tel un halo.

La militaire suivi son regard assassin jusqu’à la table de poker. Elle n’aurait pas pu se méprendre : la cible était claire. L’humain suffisant et bien portant était désigné coupable. Le regard de Personne était tellement mauvais à son encontre qu’il fallait être aveugle pour ne pas le remarquer.

La chope éclata en mille morceaux. Narumi se protégea instinctivement en pliant son bras droit devant elle. Avec le brouhaha environnant et la reprise de la fête, le geste aurait presque pu passer inaperçus. Mais depuis qu’il était arrivé, cet homme éveillait bien des soupçons et des questions, et la majorité des convives aux alentours finissaient toujours par lancer un regard dans sa direction pour savoir ce que cet étranger allait faire. La louve ouvrit de grands yeux surpris lorsqu’une haine plus noire, plus profonde encore que ce qu’elle avait réussi à percevoir jusqu’ici, s’empara de son esprit et étreignit son coeur.

Elle vacilla en reculant d’un pas, se tenant le coeur de sa main gauche comme si quelque chose venait de la percuter à l’instant. La louve baissa la tête quelques instants, troublée. Lorsque la cheffe releva son minois, l’index de Personne pointait vers le richissime joueur de poker humain. Sa voix sombre et gutturale sonna comme un ordre pratiquement irrésistible à ses oreilles, et pourtant Narumi était elle-même une alpha. C’était d’ailleurs ce qui la sauva de ne pas se jeter à la gorge de Van Bröghen. Cette dernière résista à l’appel au carnage, au ralliement de cet autre Alpha même si dans son coeur elle sentait que cette rage violente était justifiée.

La cheffe tourna un regard mal assuré en direction de Van Bröghen. Ce dernier, tassé au fond de son fauteuil, sentait la peur à foison.

Que faire ? Le désespoir était tombé sur tout le monde ici, et bien trop brutalement ces derniers temps. Narumi passait son temps à aider son peuple et à régler leurs problèmes. Mais ici, de quoi en retournait-il ? L’inconnu semblait avoir tout le mal du monde à s’exprimer, ce qui ne rendait pas la tâche facile. De plus, ses instincts lui criaient de s’allier à Personne plus fort que jamais. Mais la louve était elle aussi une Alpha et, en tant que telle, c’était en toute conscience des faits qu’elle voulait prendre une décision. Sa volonté de fer n’avait jamais été brisée.

Même à l’époque où Narumi avait été esclave, et que l’on lui avait fait subir des tortures physiques et psychologiques - tous les esclaves avaient le droit au même traitement - jamais ses tortionnaires n’avaient réussi à la briser. C’était d’ailleurs ce qui l’avait rendu insensible à toutes tentatives de pénétration mentale. C’était ce qui la caractérisait le mieux: sa volonté. Et sa plus grande faiblesse avait été pourtant d’être facilement malléable et influençable par amour. Ce qui allait à l’encontre même de son caractère méfiant. La vie est sadique.

Il fallait tirer cette affaire au clair. Narumi préférait le faire devant le peuple, mais ce n’était ni le moment ni l’endroit. Ce bar, La Renaissance de son nom, était un endroit pour se détendre, pour penser à autre chose que la misère environnante et la dureté de la vie de chaque jours. La militaire ne voulait pas gâcher ce moment précieux pour ses soeurs et ses frères, qui comme chacun vivaient des vies très éprouvantes en ces temps horribles.

La patronne du bar s’approcha d’eux avec un plateau où se trouvait des cacahuètes, des petits fours et deux sandwichs. On y décelait aussi trois verres de Brandy. Elle fit libérer une table pour Narumi juste à côté de l’endroit où se trouvaient les deux loups, et donc pas loin de la table de poker. La louve s’excusa auprès des personnes qui y étaient assises jusqu’ici en leur payant de quoi jouer et boire toute la soirée, ce qui lui valut de nouvelles acclamations joyeuses et des tapes dans le dos. Cela lui redonna quelques instants le sourire.

Assieds-toi, s’il te plaît.” Dit-elle en posant une main réconfortante sur l’avant-bras de l’étranger. “Je vais t’aider. Mais je veux comprendre.


Tout en lui parlant, elle l’invita à s’asseoir près d’elle sur un canapé deux places face à la table. Celle-ci eut du mal à décrocher sa main de son bras. Son premier contact physique avec lui l’avait... électrisé. Narumi faisait de son mieux pour que cela ne se remarque pas. Mais cette sensation très étrange avait secoué son corps d’une piquante et agréable réaction chimique.

Ici, c’est le refuge d’autres personnes qui, comme toi et moi, sont accablés par le désespoir, la peur, la mort, et la tragédie d’avoir perdu quelqu’un. Tout le monde ici a perdu quelque chose suite à la guerre.” Celle-ci prit la nourriture apportée par Annie et la disposa sur la table face à son compère Alpha pendant qu’elle parlait. “Alors je veux que tu te tiennes tranquille. On ne lui saute pas à la gorge, quoi qu’il dise. Pas ici. Tous ces gens n’ont pas besoin de plus de violence et de drame. C’est un lieu où ils trouvent du réconfort, où ils s’amusent et peuvent enfin penser à autre chose. Je ne veux pas que ce bar se transforme en quelque chose qu’ils craignent. Tu comprends, camarade ?

Cette dernière avança un verre de Brandy vers Personne, et prit le sien dans ses mains. Elle tendit son verre pour trinquer avec lui, pour sceller un accord conforme à ses demandes. La militaire voulait que ce compère alpha puisse lui garantir qu’il ne le tuerait pas dans ce bar et qu’il n’aurait aucun geste brutal, par ailleurs, envers Van Bröghen ici.

Nous allons discuter avec lui dans un premier temps. Ici. Pas de violence. Je veux savoir ce qui a créé toute cette… haine en toi. Ensuite, nous aviserons et nous le punirons.

Cette dernière reposa son verre sur la table après avoir bu une gorgée, puis comme pour donner de la lourdeur à ses propos, elle saisit les deux mains de Personne dans les siennes afin qu’il la regarde dans les yeux. Une sorte de chaleur bienfaitrice et sécurisante s’empara d’elle. Impossible d’expliquer comment, mais elle sentit tout d’un coup le poids d’une immense solitude l'accabler. Un flash lui apparut en pensée: un loup craint de tous, un loup gigantesque et magnifique. Cela la fit instantanément frémir et, en guise de réponse, elle ne sera que plus fort les mains de Personne dans les siennes.

Ensemble. Je ne te laisserais pas. Je peux ressentir comme si j’étais toi ce que tu éprouves. Fais-moi confiance.

Le temps se figea à nouveau. Elle n'entendait plus les bruits alentours, ni même la musique. Une toute autre musique, entraînante et envoûtante, remplissait son esprit. Ils s’échangèrent un regard intense pendant quelques instants. Sa gorge restait bloquée. Sa fascination ne fit que croître à mesure qu'ils se dévisageaient ainsi. Cet ensorcellement qui les liaient l'un à l'autre était extraordinaire. Narumi percevait les sentiments de son homologue avec tant de justesse, tant de clarté, comme si elle pouvait... fusionner avec son esprit, voir l'essence même de son âme... c'était si grisant, poignant, hypnotisant ! et troublant...

Spoiler:
 

La louve relâcha doucement les mains de son congénère et se releva du canapé. Une fois de plus bouleversée par ce nouveau contact physique entre-eux, elle tâchait de faire en sorte que cela ne se remarque pas. Cette dernière s’avança jusqu’à la table de poker, devant ce cher Von Bröghen qui n’avait pas pu quitté le duo des yeux depuis que l’inconnu l’avait menacé.

Vous venez avec nous boire un verre. J’ai besoin de vous parler et de comprendre pourquoi cet homme vous en veut.

Sa manière sèche et directe de parler ne laissait place à aucune échappatoire. Il était obligé de venir, il n’avait pas le choix. L’humain l’avait bien comprit. Ce dernier sortit un mouchoir de la poche extérieure de sa veste pour essuyer la sueur qui dégoulinait le long de son front.

Eh bien figurez-vous que… que moi aussi j’aimerais bien comprendre ce que cet…” Il allait certainement employé un mot désagréable, mais devant l’air désapprobateur et menaçant de Narumi, il changea de formule. “... homme me veut.

Le noble se releva de son siège. Narumi récupéra son cigare et le cendrier. La magma musclée et la démone soupirèrent en coeur: elles allaient devoir attendre deux autres joueurs maintenant !

Van Bröghen s’installa dans un fauteuil en face du canapé deux places où s’assit à nouveau la louve, aux côtés de Personne. C’était comme un interrogatoire, mais dans un lieu plus détente, dans un endroit “pacifique” où il ne craignait rien pour l’instant… Enfin, Narumi l’espérait. De toute façon, elle était aux aguets, prête à intervenir si son camarade tentait quoi que ce soit.

La louve avança le dernier verre de Brandy vers l’humain. Ce dernier s’en saisit et le descendit presque d’une traite. Sa nervosité était amplement palpable.

La cheffe tira une longue bouffée sur son cigare, soufflant cette dernière dans la face de Van Bröghen, comme un avertissement lui conseillant de bien choisir ses mots. Elle reposa son black stone dans le cendrier prévu à cet effet, alors que le chasseur clignait encore des yeux et toussotait à cause de la fumée.

Mon bon monsieur…” commençait-il, sur un ton respectueux - et il valait mieux, autrement il sentait que Narumi allait le foudroyer d’un regard pire que le dernier - “Je ne comprends pas ce qu’un homme… simple, tel que moi, ai bien pu vous causer comme tort… Je suis marié vous savez, j’ai une femme et un enfant…

Cette dernière phrase leva un sourcil agacé à Narumi. Il n’y a que les lâches pour avancer cela de cette manière. Celle-ci posa sa main gauche sur la cuisse de Personne en prévention. Encore une fois, la louve sentait quelque chose de très spécial rien qu’en le touchant. Elle se sentait à la fois rassurée, protégée, comprise et comme en pleine fusion avec son congénère au niveau de l’émotion, de la spiritualité et de l’instinct. Comme pour le rassurer et lui montrer qu’il n’était effectivement pas seul. La militaire lui lança un regard réconfortant, essayant du mieux qu’elle pouvait de calmer la fureur de sa nouvelle connaissance.
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MessageSujet: Re: The big bad wolf [PV]   The big bad wolf [PV] ClockSam 18 Jan 2020 - 18:20
Le Loup faisait déjà un effort incommensurable pour se contenir. La seule chose qui l'avait empêché, jusque-là, de sauter à la gorge de Boris van Bröghen, c'était la présence de Narumi. Si elle n'avait pas été là, Boris serait déjà mort, et la plupart des gens auraient quitté le bar dans la panique. Il y avait également de fortes chances que les deux gardes de l'entrée auraient été tués en tentant de l'intercepter. Il se retenait, par respect pour elle. Même s'il ne la connaissait pas vraiment et qu'il venait de la rencontrer. Parfois, il n'y avait pas besoin de passer beaucoup de temps avec une personne, ni de savoir ce qu'elle avait fait durant sa vie, pour la connaître. Elle était proche de lui. Elle était comme lui, une Alpha. Non, elle était meilleure que lui. Parce qu'il se haïssait, parce qu'il était incapable de faire de bonnes choses même en le voulant, qu'il était incapable de se détacher de son rôle de méchant, de passer de l'autre côté de la barrière. Elle était meilleure. Il la respectait. Pour cette raison, il n'avait pas bondi sur Boris, il avait simplement expliqué, en quelques mots simples, ce qu'il voulait. Mais il ignorait combien de temps il pourrait contenir cette rage qui bouillonnait en lui, son corps était sur le point d'exploser. Il entendait l'appel du sang, celui de Boris. Il entendait les battements accélérés de son cœur. Il pouvait chavirer d'une seconde à l'autre.

Elle posa une main sur son avant-bras. Son cœur sembla manquer un battement. Aussitôt, il baissa le regard vers le point de contact. Habituellement, il évitait les contacts physiques, il se méfiait. Mais pas cette fois. Il ne se méfiait pas d'elle, il lui accordait sa confiance aveuglément, comme s'il la connaissait depuis toujours. Peut-être était-ce une erreur de jugement de sa part, mais son instinct lui dictait de faire confiance à Narumi.
Il baissa lentement son bras, sans pour autant chercher à mettre fin au contact de sa main. Il la suivit, et s'assit sur le canapé. Il s'y sentait presque obligé. Non, il n'y était pas contraint. Mais il avait la volonté de faire ce qu'elle demandait. Car s'il exerçait une certaine forme d'influence sur Narumi, il en était de même pour elle sur lui. Chacun des deux influençait l'autre, de façon involontaire et instinctive. Il avait l'impression de ne rien pouvoir lui refuser, de la même manière qu'elle avait envie de se joindre à sa cause. Une forme de domination mutuelle. Mais ce n'était pas un contrôle autoritaire. Aucun des deux n'obligeait l'autre à quoi que ce soit. C'était quelque chose de plus naturel, un ralliement causé par l'empathie et le respect. Tout simplement, il ne voulait pas lui causer du tord, ou la contrarier d'une quelconque manière, parce que c'était comme si... Comme s'il tenait à elle. De la même manière qu'il tenait à sa meute.

Il l'écouta, calmement, son regard alternant entre elle et Boris. Il veillait aussi à ce qu'il ne s'échappât pas. Mais le feu de la fureur brûlait toujours intensément en lui, on pouvait l'apercevoir au fond de ses yeux. Narumi expliqua les raisons pour lesquelles il ne devait pas agir à l'instinct et sauter à la gorge de sa proie. Il devait être civilisé. Elle dit que les autres personnes, autour d'eux, avaient également souffert et perdu des proches. Elle se souciait beaucoup des autres. Pas lui. En dehors des loups et des chiens, il ne s'était jamais soucié des autres. Ils étaient potentiellement des repas, et selon lui, mieux valait ne pas se soucier de ce qui pouvait tomber dans son assiette. Dans cette pièce, la seule personne importante à ses yeux était Narumi. Tous les autres pouvaient bien mourir, il y resterait indifférent.
Mais ces gens étaient tous importants pour Narumi. Leur santé, leur bien-être, étaient importants pour elle. Alors, si c'était important pour elle, il fallait que ça le soit aussi pour lui. Lorsqu'elle lui demanda s'il comprenait, il acquiesça d'un simple signe de tête.

Il prit le verre d'alcool qu'elle lui avait donné, et lorsqu'elle lui tendit son propre verre, il trinqua avec elle en la dévorant du regard. Puis il but son verre cul-sec et le posa sur la table. Il ignorait quelle quantité d'alcool il pouvait boire avant d'être ivre. Cela faisait longtemps qu'il n'en avait pas bu. Cela lui brûlait la gorge... et en même temps, ça l'aidait à délier sa langue, à s'ouvrir.

Narumi donna son plan au Loup. D'abord, discuter avec lui, afin qu'elle puisse être en possession de toutes les informations avant d'émettre un jugement. Puis le punir. Il acquiesça une nouvelle fois.

Lorsqu'elle prit ses mains dans les siennes, il se sentit comme immergé dans une aura bienfaitrice. Alors qu'elle ressentait sa détresse et sa solitude à travers ce contact physique, lui se sentait un peu moins seul. Parce que maintenant, elle était avec lui. Et en parallèle, il ressentit à son tour la détresse et la souffrance de Narumi, malgré ses tentatives pour le cacher. Ce lien si unique qui les unissait, c'était comme un barrage qui s'était ouvert pour laisser déverser les torrents de leurs émotions, et ce n'était pas un passage à sens unique. Les émotions du Loup convergeaient vers Narumi, et celles de la fille d'Oméga voyageaient vers lui. Un partage d'informations mutuel, par un simple contact physique, et un regard profond. Une fusion des esprits, des sentiments et des pensées. Et alors, dans ses ténèbres, tout s'éclaira. Il comprit qu'elle avait perdu, elle aussi, des êtres chers. Une famille. L'amour. Et elle avait subi le rejet. Ils partageaient la même souffrance. La même douleur. Et cela ne fit que renforcer ce lien instinctif qui les unissait l'un à l'autre. Au milieu de cet océan de misère, ils voguaient dans le même bateau. Le Loup ne se sentait plus seul. Parce qu'elle était à ses côtés. Et elle partageait sa douleur, elle la supportait, tout comme il pouvait supporter la sienne. Jamais encore il n'avait rencontré une telle personne. Cela lui fit ressentir d'étranges émotions qui lui étaient inconnues. Des sensations à la fois agréables et effrayantes. Alors qu'il avait l'impression d'être plongé dans les ténèbres et de couler, inexorablement attiré par le fond, Narumi apparaissait comme une lueur d'espoir à la surface. Elle lui tendait la main pour qu'il puisse remonter. Parviendrait-il à la saisir à temps, avant d'être étreint par les chaînes de la haine et de s'engouffrer plus encore dans les profondeurs abyssales au point de ne plus jamais pouvoir en sortir ? Et si elle était la clé ? Le moyen pour lui de s'émanciper de la mention "Méchant" au titre dont on l'avait affublé ? Et si elle était ce qu'il lui manquait pour pouvoir devenir ce qu'il voulait être ? C'était toutes ces questions qui se mélangeaient en lui pendant ce long échange de regard, jusqu'à ce qu'elle décidât de lâcher ses mains.


".... Merci." finit-il par dire juste avant qu'elle ne se relevât du canapé.

Elle revint quelques minutes plus tard en compagnie du bourreau d'animaux, qui fut contraint de s'asseoir en face d'eux. Le simple fait de le regarder et de le sentir intensifiaient sa rage. Mais heureusement, Narumi était là pour le calmer, pour contenir sa rage. Elle parvenait à l'apaiser, juste assez pour qu'il n'explosât pas. L'homme commença sa phrase par une formule niaise et hypocrite, s'adressant à lui par "Mon bon monsieur...". Il parlait comme le Renard. Avec des niaiseries, des flatteries dans l'unique but de manipuler son interlocuteur. "Mon bon monsieur, apprenez que tout flatteur vit aux dépens de celui qui l'écoute". Cette tentative d'amadouement accentua encore plus sa colère. Apparemment, Boris ne l'avait pas reconnu. Il affirma ne pas comprendre pourquoi le Loup voulait le tuer.


===========================================================================

Un courant électrique passe à travers son corps et le réveille en sursaut. Il est toujours sous sa forme bestiale, son apparence originelle, un très grand loup au pelage noir. Il regarde autour de lui. Il est dans une immense cage. Elle est immense pour un humain. Pour lui, elle est juste assez grande pour le contenir. Il n'a même pas la place pour se retourner ou marcher. Un bâton électrique passe à travers les barreaux, c'est ce qui l'a réveillé. Ce bâton électrique est tenu par un homme bien portant, chauve, vêtu noblement. Il s'appelle Boris von Bröghen, mais le Loup l'ignore à ce moment-là. L'animal grogne et pousse de tout son poids contre les barreaux pour tenter de s'échapper. Une puissante décharge électrique l'engourdit, les barreaux sont électrifiés. Il y a autre chose, aussi, à l'intérieur de cette cage. Une sorte de magie qui l'empêche d'avoir recours à toute sa puissance et d'utiliser ses techniques. Il est pris au piège.

"Et voici la pièce maîtresse de ma collection !" s'exclame Boris, tout sourire et fier comme un coq.

Il s'adresse à des amis à lui. Certains d'entre eux étaient dans la forêt lorsqu'ils ont tiré sur la meute. Le Loup les reconnaît à l'odeur.


"J'ai nommé, le Grand Méchant Loup, ha ha ha !"

Une pure coïncidence. Il l'appelle ainsi parce qu'il est géant, et qu'il grogne méchamment. Il ne sait pas qu'il l'est réellement.

"Ce soir, tu seras la vedette de l'avant-première de mon spectacle ! Je compte sur toi pour impressionner mes amis !" s'exclame t-il en s'adressant directement au Loup.

Un rideau s'abat sur la cage, plongeant la bête dans le noir.

Les heures défilent. Le Loup n'a de cesse de s'attaquer aux barreaux, en vain. Il se prend toujours des coups de jus. Il s'épuise. Il abandonne.

Au bout d'un moment, des lumières s'allument, en dehors de la cage. Il les voit à peine à cause du rideau qui recouvre sa prison. Il entend des voix. Boris a invité ses plus proches amis pour l'avant-première. Son spectacle est une sorte de foire aux monstres et aux créatures mythiques ou rares. Mais l'évènement n'est pas public. Il n'y a eu aucune annonce dans les médias. Seules quelques invitations privées ont été envoyées. Essentiellement de la noblesse. Il présente son spectacle devant ses amis.


"Mesdames et messieurs, sous vos yeux ébahis, voici le seul et l'unique Grand Méchant Loup !" s'exclame t-il avec un grand sourire en montrant le rideau derrière lui.

Le rideau tombe. Et parmi les invités, l'on peut entendre des petites exclamations indignées et des chuchotements. Car ce qu'ils voient dans la cage, ce n'est pas un loup. C'est un homme, nu, blessé, mal en point. Il est recroquevillé au fond, les bras entourant ses jambes repliées sur lui-même. Boris écarquille des yeux. Il ne sait pas que le Loup peut se transformer en homme. Les gens sont outrés. Ils s'interrogent.


"Heu.. Boris, tu as enfermé un homme ?!"

"Mais qu'a fait ce pauvre homme pour mériter pareil châtiment ?"


"Mes amis, ce n'est absolument pas ce que vous croyez ! Je vous assure que c'est bel et bien une bête !"

Les invités commencent à partir, choqués et déçus. Boris perd bon nombre de ses amis, ce soir-là. Pour ces gens, enfermer des animaux ne pose pas de problèmes, parce qu'ils mésestiment leur intelligence et leur valeur. Mais dés lors qu'il s'agit d'un homme, ils trouvent cela outrant. Ils placent l'Homme devant toutes les autres espèces.

Après que tout le monde soit parti, Boris ordonne à des sous-fifres de donner une correction à l'homme qui se transforme en loup, et le menace. La prochaine fois, il devra jouer le jeu et rester sous forme bestiale, s'il ne veut pas subir un châtiment plus sévère encore et être privé de nourriture.

Quelques heures plus tard, on entend des sirènes dehors. Des bombes explosent dans les plus grandes villes. C'est l'Enfer sur Terre. La cage du Grand Méchant Loup se trouve dans un hangar privé de Satan City. Il est pris dans l'explosion des bombes. Il est suffisamment loin de l'épicentre d'une explosion pour ne pas être tué, il est juste grandement blessé. Et la cage est détruite. Il est libre, bien qu'en piteux état. Il n'a qu'une idée en tête : se venger.

Cette histoire ne sera jamais divulguée. Beaucoup d'amis de Boris ayant participé à ce spectacle privé sont morts lors des explosions. Boris a réussi à convaincre les autres de ne rien dire. Ils étaient de toutes façons préoccupés par bien d'autres soucis, après les bombes.


================================================================



En repensant à tout cela, il était prêt à bondir sur Boris. Elle posa sa main sur sa cuisse. Le cœur de la bête palpita. Cela le dissuada de se lever. Il prit une profonde inspiration, puis prit la parole.

"Ta femme... Ton fils... Je les ai vus."

Il parlait toujours avec une voix caverneuse. Mais ses mots commençaient à sortir un peu plus fluidement. La présence apaisante de Narumi et l'alcool aidant. La communication humaine lui revenait.
Lorsqu'il prononça ces mots, Boris écarquilla des yeux, et son inquiétude s'intensifia en pensant à ce que ce type avait pu faire à sa famille. Le Loup reprit.


"Ils n'ont rien... Je n'ai pas... pris ta famille."

L'homme devait être un peu soulagé, mais le regard que lui adressait le Loup était de plus en plus agressif. Son aura maléfique s'intensifiait de plus belle. Il avait besoin du soutien de Narumi, plus que jamais, sans quoi il allait éventrer cet homme et déverser ses entrailles sur la table.

"Mais toi... Tu as pris la mienne."

Sa voix était presque étranglée d'un sanglot. Une larme s'écoula de l'un de ses yeux, le long de sa joue.

Spoiler:
 

L'homme eut une expression de stupeur, il regarda Narumi puis le clochard.

"C-comment ? M-mais vous devez faire erreur, cher monsieur ! J-je n'ai jamais tué personne !"

Il se tourna vers Narumi.

"J-Je vous assure, madame, il faut me croire ! Je ne suis pas un assassin !" s'exclama t-il.

"Un chasseur... Il ne tue pas d'humains."

Il tourna la tête vers Narumi pour plonger de nouveau son regard dans le sien, puis ajouta :

"Mais des loups."

Sur cette phrase, cela devint clair comme de l'eau de roche dans la tête de Boris. Il écarquilla des yeux de plus belle. Il ne l'avait pas reconnu plus tôt. Ce n'était pas étonnant, l'apparence humaine du Loup avait beaucoup changé depuis qu'il l'avait vu : de longs cheveux gras et une barbe, ainsi que toute cette saleté. De plus, Boris ne l'avait vu qu'une seule fois sous une apparence humaine, et c'était arrivé des mois plus tôt, il n'avait pas pu retenir son visage entre temps. Et puis, il pensait qu'il avait été tué lors des explosions.

"T-toi !" s'exclama t-il en s'agrippant aux accoudoirs de son fauteuil, à deux doigts de se lever et de prendre les jambes à son cou.

Au fond de lui, Boris se croyait innocent. Il n'accordait pas autant de valeur à la vie des autres animaux qu'il n'en accordait à l'espèce humaine. Pour lui, tuer un animal qui n'était pas doué de parole, ce n'était pas un crime. Il était même plus que probable qu'il n'accordait pas beaucoup de valeur à la vie des anthropomorphes ou des loup-garous.
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MessageSujet: Re: The big bad wolf [PV]   The big bad wolf [PV] ClockDim 19 Jan 2020 - 12:50
Une désagréable sensation pénétra son épiderme. Elle creusa dans sa chair tel un insecte et s'immisça dans celle-ci avec agressivité. Son corps fut foudroyé par le déchaînement de ce ressenti qui lui secoua les sens et instilla dans son esprit des images. Des flash, des souvenirs de Personne certainement. Ce n’était pas tant visuel, plutôt la compréhension de certaines émotions, de certains faits. Elle vit un cirque à monstres. Une meute. Tuée par des chasseurs. La tragédie de la perte d’une famille, qui se mêla aux images des bûchers funéraires de ses enfants. La louve tressaillit, ses ongles se refermèrent plus sévèrement sur la cuisse de son nouvel ami. Son instinct lui intimait l’ordre de sortir ses griffes et ses crocs, et de faire gicler le sang de cet homme. Maintenant.

Narumi recula dans son siège. Elle retira sa main du même coup de la cuisse de l’étranger. Cette dernière ne voulait pas perdre sa contenance. La louve baissa la tête quelques instants et se concentra sur le Brandy encore présent dans son verre. Le liquide brun se transforma progressivement, dans sa tête, en une mare de sang rouge vive. Cette dernière reposa aussitôt son verre sur la table, grinçant des dents. Il fallait que ces images cessent à présent. Ils étaient deux, à s’influencer mutuellement, et si Narumi n’arrivait plus elle-même à faire la balance avec la colère de l’inconnu, alors tout sombrerait dans le chaos.

La cheffe prit une grande inspiration et ferma les yeux quelques secondes. Elle tourna son esprit vers la sensation de bien-être et de chaleur que lui procurait le contact physique avec l’autre alpha. La militaire espérait que cela la calmerait, au moins quelques instants de plus. Au moins assez pour respecter sa parole: les citoyens n’avaient pas besoin d’un carnage de plus sous leurs yeux. Cet homme sentait la peur, l’alcool, et plusieurs animaux. Comment s’imaginer ce qu’il faisait de ces animaux dont il portait l’odeur ?

Il ne fallait pas être sorcier pour comprendre les grandes lignes de cette situation. L’étranger arrivait tout doucement à s’exprimer un peu mieux maintenant. Il parla de la femme et de l’enfant de Van Bröghen, et Narumi sentit un mal aux tripes la prendre. L’espace de quelques secondes, elle cru vraiment qu’il leur avait fait du mal tant son envie de vengeance était incommensurable. Ce pourquoi cette dernière se décrispa lorsqu’il admit qu’il ne leur avait rien fait, soulagée de l’entendre dire cela. Il faut être si cruel pour tuer des personnes qui ne font pas partie d’un conflit… bien sûr, c’est l’un des meilleurs moyens pour détruire quelqu’un. Mais ils ne méritent pas pour autant pareil châtiment, à part bien sûr s’ils participent à des choses mauvaises.

Un hoquet de surprise la fit se redresser en apercevant une unique larme dévaler le long de la joue de cet homme à l’aspect sauvage. La douleur de sa perte était encore si vive, si dense, que la louve se sentit submergée par ce sentiment. Conjointement leur plus grand malheur: provoquer par leurs décisions et leurs actes la mort de personnes qu’ils aiment. Narumi serra les dents et les poings, elle ne voulait pas que cette émotion l’envahisse. Non, elle ne voulait pas souffrir encore… pas encore… Ses sourcils se froncèrent eux aussi dans une lutte implacable contre ce supplice. Mais sa connexion spirituelle avec Personne et son propre vécu prirent le dessus. Une larme, exactement comme lui, s’écroula sur sa joue et mourut en tombant sur sa cuisse. Cette dernière avança son poing fermé vers son visage pour effacer la trace du désespoir.

Peu importe ce qu’elle avait dû enduré, c’était sa force de caractère qui l’avait chaque fois sauvée de la dépression ou du laisser aller. Jamais elle ne rendrait les armes, jamais elle ne deviendrait faible et laisserait tomber. La flamme qui brûlait intensément au fond de la louve s’intensifia ce jour-là. Galvanisée par la présence de Personne, par l’envie de le soutenir et d’accomplir sa vengeance à lui comme la sienne.

L’humain tenta de clamer son innocence, parce qu’à ce moment-là il ignorait encore qui lui faisait face. Narumi lui adressa un regard mauvais, ce qui fit vite détourner les yeux à Van Bröghen. Ce gros bonhomme chauve semblait ridicule, là, transpirant, épongeant son front à grand coup de son mouchoir de poche, alors qu’en face de lui un duo de bêtes dangereuses l’accusait à raison.

Personne la regarda et elle fit de même. Soutenir ce regard était difficile à l’heure actuelle, mais pas impossible. Narumi ne détournait pratiquement jamais les yeux. Pas devant l’adversité ou devant les fumiers, en tout cas. Et là, il fallait affronter la dure réalité: cet humain était de ceux qui ne considérait pas les animaux comme “au même niveau” en terme de respect de la vie que des êtres humanoïdes. Malheureusement, rien n’interdisait à ces enflures de tuer les enfants de la nature, comme si les dirigeants eux-même ne reconnaissaient pas la valeur de leurs vie à juste titre.

Finalement, ses yeux quittèrent ceux de l’alpha pour observer la réaction de l’humain. Ce dernier s’était agrippé aux accoudoirs de son fauteuil. Il semblait enfin le reconnaître. Narumi ne voulait pas rentrer maintenant dans les détails : tout devait être encore trop frais, trop douloureux pour que Personne puisse en parler. Surtout pas maintenant. Il lui expliquerait peut-être plus tard, ou alors elle ne saurait jamais et ne garderait, en guise de compréhension, que les émotions intenses et les flash des souvenirs de son compagnon. Cela lui allait aussi bien. La guerrière comprenait qu’il n’était jamais évident de parler d’une plaie encore ouverte. Même une blessure qui guérit avec le temps ne s'efface jamais. L’on peut en parler plus facilement, mais rien n’est jamais oublié.

La militaire avait besoin de voir de ses propres yeux l’ampleur de cette cruauté. Elle se releva, lentement, saisit son verre et le vida. La louve le reposa sur la table, s’empara de son cigare, le déposa au bord de ses lèvres et se dirigea vers Van Bröghen. Cette dernière posa sa main sur son épaule, fermement.

Nous y allons “mon bon monsieur”.” Dit-elle simplement.

N-nous… ? Mais où diable allons-nous donc ? Cet animal veut ma mort !

Narumi soupira. Cela faisait un peu trop longtemps qu’elle essayait de contenir sa colère. Trop pour quelqu’un au sang chaud de sa trempe.

Cette dernière attrapa le noble par le col et le fit se relever de son fauteuil. Une fois sur ses deux pieds et stabilisé, elle lui lança un regard sombre qui lui glaça le sang.

Vous allez me montrer l’endroit où vous gardez vos bêtes de foire.” Narumi lâcha le col de l’homme et passa son bras autours de ses épaules à la place, histoire de le garder près d’elle et faire mine que tout allait bien par rapport aux autres personnes présentes ici.

M-mais comment pouvez-vous...savoir…” murmurait-il, comprenant qu’il valait mieux pour sa survie qu’il parle à voix basse.

Cette dernière le regardait d’un air si angoissant qu’il détourna les yeux et se contenta, tremblotant, de suivre le chemin qu’elle indiquerait pour sortir du bar.

La louve lança un regard à Personne. Elle lui tendit sa main libre. Une invitation. La continuité du pacte qui les avaient liés dès leur premier regard échangé : ensemble.

Les deux compères et le truand déambulèrent dans le bar. Ils se firent bousculer par des danseurs et des alcooliques, mais tout le monde riait et s’amusait. Narumi faisait comme si de rien n’était, répondant aux tapes sur l’épaule qu’on lui donnait par des sourires et saluant ses soeurs et frères terriens aimablement.

Une fois à l’extérieur de la Renaissance, Narumi lâcha son étreinte sur les épaules de Van Bröghen pour qu’il les guide vers les entrepôts dans lequel il devait garder ses bêtes. Il se pourrait que toutes les cages aient été ouvertes depuis, “grâce” à la guerre. Mais Personne avait certainement eu beaucoup de chance. Il en restait d’autre comme lui, condamné à être des monstres, pas des êtres respectés.

Le monde n’a jamais eu de cesse de m'émerveiller et de m’épouvanter. Chaque siècle se déroule des guerres infâmes, voit naître des individus inhumain qui détruiront les autres. Mais j’ai aussi assisté à la renaissance d’espèces censée éteinte, ou à la naissance de prodiges qui défendent les autres personnes sans distinction de race, et sans y avoir d’intérêt personnel. C’est comme s’il existait une sorte de force régulatrice. Elle fait naître des élus bienfaisants pour contrecarrer les élus malfaisants. Mais pourquoi les choses doivent-elles toujours suivre une sorte… d’équilibre ? Cela ne fait aucun sens. Autant de mort et de souffrance pour autant de tranquillité et de bonheur…

Narumi parlait à voix haute. Ses yeux d’un jaune sauvage ne quittaient pas Van Bröghen des yeux, qui ne savait plus où se mettre. Il craignait qu’elle ne se transforme en loup-garou. Il en avait déjà vu de ses propres yeux, de loin, dans les montagnes rocheuses - là où la plupart d’entre-eux vivaient sous leur forme bestiale la majorité du temps. Mais il s’inquiétait car, même si la cheffe des armées était reconnue pour être quelqu’un de juste avec son peuple, elle était une tueuse et cette dernière ne s’en cachait pas.

La militaire était pour les exécutions et pas les peine de prison pour les cas les plus extrêmes bien sûr, pas pour des voleurs ou ce genre de crimes mineurs. La louve promettait la souffrance à ceux qui l’avaient eux-même propagé. Elle n’avait rien à voir avec l’une des protectrices de la Terre et d’ailleurs, nommée Claire, qui avait passé plusieurs années à arrêter les êtres malfaisants pour les rendre aux forces de l’ordre et qui était contre le meurtre. Non... Narumi n’avait décidément rien à voir.
Ils débouchèrent sur une grande cour à moitié détruite. Plusieurs bâtiments. Ceux du côté droit étaient détruits pour la majorité.

N-nous y sommes… Il ne me reste qu’une dizaine de bêtes vous savez… ces fichues explosions ont détruit la plupart de mes propriétés…

Il sortit un grossier trousseau de clés de sa veste en velour et ouvrit une grande porte donnant sur les bâtiments du côté gauche.

Une fois dans l’entrepôt, on distinguait de nombreux articles de spectacles, comme dans un cirque, rangé par-ci et par-là. Narumi leva les yeux en l’air, où se trouvait d’horribles têtes empaillées d’animaux, tout comme chez lui. Cette dernière porta sa main à son estomac, sentant une forte pression opéré en elle. Ce spectacle épouvantable lui donnait la nausée. Comment pouvait-on se permettre d’empailler une personne morte ? Eh bien, la réponse est la suivante: quand l’on ne considère pas celui que l’on a empaillé comme une personne…


Vous serez libérer de ce destin funeste, je vous le promet…” chuchotait-elle en regardant les têtes empaillées aux murs.

Cette dernière émit un grognement qui fit sursauter Van Bröghen, alors que ce dernier venait d’allumer les lumières. L’entrepôt était immense et diviser en plusieurs petites cellules disposées dans des renfoncements.

La louve, qui avait tenue la main de Personne si ce dernier avait accepté de la lui donner jusqu’ici, la relâcha un peu hâtivement. Ses sens s’affolaient, et le monde tourna au ralenti quelques instants autours d‘elle. Comme si elle nageait en plein cauchemar. Mais il fallait qu’elle garde la tête sur les épaules pour l’instant, jusqu’à libération de ces pauvres gens.

Comme vous pouvez le constater, même si la majorité de mes possessi… euh, de mes employés…” il toussota légèrement, ne sachant plus comment appeler “ses monstres” sans se faire tuer par ses invités “... sont morts ou sont parti… de leur plein gré bien entendu ! après la guerre…

Narumi s’avança vers les cellules. Elle ouvrit de grands yeux, alors que derrière des barreaux se trouvaient des mutations génétiques de plusieurs espèces. Ce n’était pas tant le fait qu’elle n’en avait jamais vu de telle ou telle sorte qui l'interpella, mais plutôt la résignation sur leurs visages. Une lueur d’espoir traversa les yeux de chaque créature lorsqu’elle s’approcha d’eux, mais elle était mince. Ils étaient, pour la plupart, doués de la parole. Cela ne faisait aucun doute.

Van Bröghen, comme s’il faisait une visite de “ses propriétés” énonçait les espèces et les hybridations de celles-ci à mesure que les deux alpha s’avançaient dans le couloir.

... et enfin, j’ai un échantillon très rare d’une espèce normalement éteinte sur Terre. Cela ne va pas vous faire très plaisir, mais il s’agit…

Avant qu’il n’ai pu finir sa phrase, Narumi avait comprit. Ses yeux s’écarquillèrent. Son instinct s’affola de plus belle, et malgré elle ses doigts et ses ongles s’allongèrent pour laisser place à ses griffes. Un mécanisme de défense.

... d’un vampire.

Il ressemblait à un ange, pas à un vampire. Et c’était bien là le problème avec ce type de démon. Ils sont extrêmement habiles pour tromper leurs proies. C’était un homme, aux longs cheveux blonds, presque blanc. Ses yeux étaient gris. Il ne bougea pas d’un iota en apercevant Narumi et son compère, même si cette dernière avait instinctivement commencé à se transformer en le voyant.

Le plus étrange, c’est qu’il paraissait parfaitement calme. Quelque chose ne tournait pas rond.

Les loup-garou terriens avaient un lourd passé avec les vampires, qui avaient fait d’eux des esclaves pendant environ quatre siècles. Ils étaient un genre d’ennemi inné. Narumi avait bon nombre de bonnes intentions, mais comme toute personne ayant subi un traumatisme, elle avait foutrement du mal à se dire qu’il était possible que ce… vampire, soit un innocent.

La militaire échangea un long regard avec le vampire qui ressemblait à une sorte d’elfe angélique. Ils se soupesaient l’un l’autre. Mais Narumi avait l’air bien plus agressive que lui.

Celle-ci se détourna de cet individu désagréable à son sens. Elle jeta un regard affligé à Personne, qui lui aussi devait être dans tous ses états psychologiquement parlant. Ces pauvres gens, ces “créatures détestables et risibles” aux yeux de gens comme ce perfide humain…

Cette dernière se tourna vers Van Bröghen.

Libérez-les. Je suis venue ici pour ça.”

Le petit gros se sentait lésé, mais en même temps il se dit qu’elle avait été plutôt gentille jusqu’ici et qu’il valait mieux éviter de la provoquer.

D’accord, mais vous me laisser partir après ça, hein ?” Celui-ci recula de quelques pas, près d’une manette où il inséra une clé qu’il ne tourna pas tout de suite. “Vous savez bien, j’ai un enfant et une femme tout de même ! … Je ne peux pas retourner dans le passé et changer ce que j’ai fait, mais je vous promet que je vais me repentir et arrêter ! La chasse et la capture des monstres de foire c’était le business de ma famille, j’ai été élevé et baigné dans cela depuis petit… alors ce n’est pas vraiment de ma faute si j’ai perpétué la tradition !

La louve posa une main sur l’épaule de Personne, l’air de lui dire: “laisse-moi me charger de ça”. Cette fois, il était temps qu’elle agisse enfin tel qu’il le méritait.

C’est ainsi qu’à mesure que la louve se rapprochait de Van Bröghen - qui suintait chaque fois un peu plus de sueur - son apparence se transforma. Son corps s’allongea, son torse devint large, une queue touffue lui poussa à l’arrière-train. Son visage s’allongea lui aussi, laissant place à un museau, deux grandes fentes rouges et une gueule pleine de dents acérées. Un loup-garou immense, dépassant de plusieurs têtes le petit noble grassouillet.

Van Bröghen tomba le cul à terre lorsque la bête fut enfin à quelques centimètres de lui. Son regard le transperçait et lui provoquait des douleurs imaginaires, causée par la peur, car aucun loup-garou n’était connu pour avoir des pouvoirs psychiques comme les vampires. Dans sa chute, le malheureux avait laissé la clé dans la fente du mécanisme pour ouvrir les cages.

Les parents sont la ligne de départ, pas la ligne d’arrivée. Vous seul avez décidé de devenir qui vous êtes.” Sa voix était maintenant aussi gutturale que celle de Personne. Narumi ne ressemblait d’ailleurs plus du tout au sexe féminin sous cette forme, ou du moins l’image que l’on peut s’en faire habituellement. “Vous allez payer d’être un fumier.”

N-n-n-non ! S-s-s’il vous p-p-plaît…

Il avait l’air si pitoyable qu’on aurait presque pu ressentir de la pitié pour lui. Mais ce n’était pas le genre de Narumi, malheureusement pour cet humain.

Tu préférerais que je tue ta famille ?”

Les yeux de l’homme cherchaient un moyen d’échapper à son destin. Ses globes oculaires bougeaient à grande vitesse, balayant la pièce comme si un miracle allait le sauver. Ce dernier sembla cependant se calmer quelques instants. Il réfléchissait à ce que venait de lui dire la bête. Après quelques secondes, il ouvrit la bouche.

Ma vie est plus import…

Il n’eut pas le temps de finir sa phrase. Les griffes de la bête s’étaient engouffrés dans sa bouche. Elles se plantèrent dans sa langue et la lui arrachèrent d’un coup sec.

Toute la rage, la colère, l'envie de vengeance de Personne la submergea telle une marée montante, violente, inévitable.

Privé d’un de ses organes primordiaux lui permettant, entre autre la phonation, son cri d’intense douleur fut cruellement étouffé. La louve jeta l’organe sur les genoux de l’homme sans trembler un seul instant.

Ce n’est pas à moi de décider ce qu’il va advenir de toi. J’ai seulement jugé bon de t’arracher cette langue de vipère, pour le bien de ta famille.

Et elle tourna la clé dans le mécanisme. Les cages s’ouvrirent. Les bêtes sortirent de leurs cages, se jetant des regards entre-elles puis aux deux alpha qui étaient venu les aider.

Narumi laissa le champ libre à cette assemblée et à Personne, c’était à eux de faire ce qu’ils voulaient de Van Bröghen. Elle ne s’y opposerait pas. Ceci dit, elle se mit à bonne distance. La présence de ce vampire lui hérissait les poils, et ses instincts confus lui disaient à la fois de lui arracher les tripes et de le laisser vivre, car après tout leur conflit datait d'il y a des décennies... et il n'était pas forcément mauvais...

Son regard se reporta sur Personne. Tous les monstres semblaient attendre son aval avant de faire quoi que ce soit, d'un commun accord silencieux entre-eux. Ils devaient se rappeler de lui, de l'aura qu'il dégageait. Van Bröghen continuait d'hurler d'épouvante en voyant sa propre langue se tordre sur ses genoux. Il hurlait sans que l'on ne puisse vraiment l'entendre de douleur aussi. Mais surtout, ses yeux manquèrent de sortir de leurs orbites en voyant l'assemblée de "ses bêtes de foires" devant lui, attendant de donner l'assaut.
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MessageSujet: Re: The big bad wolf [PV]   The big bad wolf [PV] ClockDim 19 Jan 2020 - 17:40
Alors qu'il s'adressait péniblement à l'homme qu'il désirait tuer, le Loup avait senti les griffes de Narumi se crisper sur sa cuisse. Il avait alors légèrement tourné le regard vers elle. Il savait que sa propre haine influençait Narumi, tout comme il était influencé par le self-control de la louve et son envie de ne pas causer un carnage dans ce bâtiment. Depuis qu'elle lui avait pris ses mains et que leurs esprits avaient en quelque sorte fusionnés par un intense échange de regard, il savait qu'elle partageait sa douleur et sa colère bien qu'elle les refoulait au fond d'elle. Et il avait compris que si elle était capable de le comprendre aussi parfaitement sans même qu'il n'eût à s'exprimer, c'était parce qu'elle avait vécu la même peine que lui. Le fait de voir les cicatrices mentales du Grand Méchant Loup, de ressentir ce qu'il ressentait, ça devait aussi rouvrir ses propres plaies. le Loup se sentait désolé pour cela. Bien qu'il appréciait son aide, son empathie et le fait qu'elle lui tenait compagnie et que, par conséquent, il n'était plus seul, il culpabilisait de lui faire ressentir des sentiments aussi négatifs alors qu'elle était certainement venue ici pour oublier ses problèmes. Il avait l'impression de lui faire du mal, non pas physiquement, mais moralement, et c'était sans doute ce qu'il souhaitait le moins. Peut-être aurait-il dû continuer de faire ça seul ? Il n'avait jamais eu l'intention de mêler qui que ce soit à sa quête personnelle de vengeance. Mais puisqu'ils s'étaient rencontrés par hasard, et que de surcroît, il était actuellement sur le territoire de Narumi, il devait faire les choses à la manière de la louve. Il sentait qu'elle était suffisamment puissante pour supporter à la fois sa propre douleur ainsi que celle du Grand Méchant Loup. Après tout, elle était une Dominante, une Alpha.

Après qu'il lui eût expliqué que van Bröghen était un chasseur et qu'il avait tué des loups, elle se releva pour se diriger vers le bourgeois, qu'elle força à se lever en l'attrapant par le col avant de mettre son bras autour de son cou, probablement pour éviter que les autres gens aient des soupçons sur ses intentions. Puis elle tendit l'autre main vers le Loup pour l'inviter à la suivre. Il resta immobile quelques instants, hésitant. Puis, il finit par se relever du canapé, et saisit la main qu'elle lui tendait. Cela raviva une nouvelle lueur d'espoir en lui. En la tenant par la main, il avait l'impression que le lien spirituel qui les unissait se renforçait encore un peu plus, et qu'il ne serait plus jamais seul. Cela le faisait se sentir un peu mieux. Il se sentait accepté tel qu'il était. Sans avoir besoin de jouer la comédie. De jouer le rôle de Wolfgang Wolfwood.

Laissant les sandwichs sur la table sans y toucher - bien qu'il n'avait pas beaucoup mangé ces derniers temps, son estomac était inexplicablement noué - il se laissa conduire par Narumi sans la lâcher, tout en marchant tête baissée et en ignorant les autres personnes. Elle voulait voir de ses propres yeux les bêtes de foire de van Bröghen. Le Loup ignorait si l'humain en avait encore actuellement. En fait, il avait été tellement obnubilé à l'idée de le retrouver pour le tuer, qu'il n'avait jamais pensé à essayer de trouver les autres bêtes pour les libérer. C'était sûrement très égoïste de sa part, mais lorsque ça ne concernait pas les canidés, ça ne le touchait pas particulièrement. Sans doute était-ce parce qu'il voyait les autres comme des proies ou parce qu'il avait toujours été haï. Il était très loin d'être fondamentalement bon.

Une fois dehors et alors qu'ils marchaient, la loup-garou entama une discussion sur sa vision du monde, du bien et du mal.

Le Grand Méchant Loup se sentit visé lorsqu'elle parla des êtres inhumains qui détruisaient les autres. Car il l'avait été. Jadis, il avait vraiment pris du plaisir à se sentir tout puissant et craint, à dévorer qui il voulait sans rendre de compte à personne, faisant régner la terreur. Ça l'avait amusé, pendant cinq ou six siècles. Puis au fur et à mesure, il s'était lassé. Car être craint, cela impliquait souvent d'être seul. Pas d'amis, pas de famille, personne à qui parler, à qui se confier. Ne pas se sentir aimé. Comprendre que son existence n'a pas le moindre sens. Ne plus parvenir à savourer la vie. Vouloir revenir en arrière, vouloir se racheter, et ne pas pouvoir. Être condamné.

Selon Narumi, il y avait les élus bienfaisants d'un côté, et les élus malfaisants de l'autre, le tout formant une sorte d'équilibre naturel. Le Yin et le Yang. Le bien et le mal. Elle et Lui. Ils représentaient également cet équilibre. Il était un élu malfaisant, et elle était l'élue bienfaisante qui était parvenue à le contenir, jusque là.

Cette vision manichéenne, on la retrouvait aussi dans le Pays des Contes. Dans bon nombre d'histoires, il y avait les gentils et les méchants. Le Loup avait toujours été considéré comme un méchant, d'où son nom. Mais un être malfaisant, comme lui, était-il condamné à le rester toute sa vie ? La bête noire des contes de fées ne croyait pas que l'on pouvait classer tout le monde dans ces deux catégories, les bons et les méchants. Pour lui, il était plus question de proies et de prédateurs. Mais un prédateur pouvait toujours être la proie d'un autre. Lui-même, prédateur ultime de son monde, avait été la proie d'un simple être humain. Quelle ironie. Mais il avait apprit une chose au cours de sa longue vie. Ceux qui étaient trop bons finissaient bien souvent par être dévorés les premiers.

Étonnamment, le Grand Méchant Loup prit à son tour la parole quand Narumi eut fini de parler. Il marchait à ses côtés toujours en lui tenant la main lorsqu'il ouvrit la bouche.


"L'élu malfaisant... Est-il condamné... à le rester ?"

Il voulait avoir son avis là-dessus. S'il y avait des élus malfaisants et des élus bienfaisants comme le pensait Narumi, et en sachant que lui était clairement parmi les élus malfaisants... Du point de vue de la louve, y avait-il une petite lueur d'espoir pour qu'il puisse devenir autre chose ?

Après plusieurs minutes, ils atteignirent enfin les lieux. Plusieurs bâtiments similaires à celui d'où le Loup s'était échappé. Boris ouvrit un entrepôt et ils pénétrèrent à l'intérieur.



C'était un lieu sinistre où les morts étaient exposés comme des trophées. C'était quelque chose que le Loup ne parvenait pas à comprendre. Certes, il avait tué des milliers d'individus d'espèces différentes au cours de sa vie, et il avait pris plaisir à les traquer et leur porter le coup fatal. Mais il avait toujours chassé dans le but de se nourrir, et il ne gardait aucun souvenir matériel de ses proies. Contrairement à cet humain, qui chassait pour le plaisir et qui exposait ses victimes en trophées. L'intérêt d'une telle décoration lui échappait.

Narumi chuchota, s'adressant aux têtes d'animaux empaillés et accrochés aux murs, en leur disant qu'ils seraient libérés de ce destin funeste. Le Loup resta silencieux.

Les lumières s'allumèrent, et ils entrèrent dans un couloir du long duquel se trouvaient des cellules. La louve lui lâcha la main. Elle était troublée, et encore une fois, il pouvait sentir sa détresse. Il pouvait ressentir l'empathie qu'elle avait à l'égard de ces bêtes en cage, au fur et à mesure qu'ils s'avançaient et les découvraient les uns après les autres. Le Loup n'était pas doté d'autant d'empathie qu'elle, pour les autres espèces. Non, en réalité, il était presque totalement dénué d'empathie à l'égard de ceux qui n'étaient ni des loups, ni des chiens, ni des loup-garous. Il était donc beaucoup moins troublé qu'elle en découvrant ces lieux. Car ce qu'il voulait plus que tout, c'était d'en finir avec cet homme inhumain. Ou peut-être justement trop "humain". Se croire au-dessus des autres espèces, c'était typiquement humain. Combien d'espèces avaient-ils massacrés ou conduits à l'extinction, pour étendre leur territoire ou créer des industries afin d'améliorer leur confort de vie ? Combien d'espèces avaient-ils réduits en esclavage et torturaient-ils tous les jours afin de créer des nuggets et des steaks hachés à la chaîne ? Le tout contribuant à détruire la planète et à menacer d'autres espèces. A bien y réfléchir, les humains n'étaient-ils pas les pires créatures de cette planète, n'étaient-ils pas les plus destructeurs ? Leur régulation par la prédation n'était-elle pas une nécessité ? Pour rétablir cet équilibre naturel.

Soudain, le Loup sentit Narumi frémir. Les griffes et les crocs de la loup-garou s'allongèrent. Elle paraissait angoissée. Boris venait de présenter une créature rare, un Vampire. Il y en avait un également dans le Pays d'où venait le Grand Méchant Loup, un certain Dracula qui vivait dans un château. Mais il ne l'avait jamais rencontré. Contrairement à Narumi, le Loup n'avait pas de problème particulier avec les vampires. Il n'avait pas eu de conflits particuliers avec eux ou avec Dracula, dans son monde, notamment parce qu'ils ne vivaient pas du tout au même endroit. Mais par ce lien qui les unissait, il ressentait la méfiance et l'agressivité de sa camarade à l'égard de la créature à l'apparence angélique qui leur faisait face. Pour tenter de la rassurer, il posa une main dans le dos de la cheffe des armées, dans un geste qui se voulait réconfortant, pour lui montrer qu'il était avec elle, et qu'elle pouvait compter sur lui en cas de danger. Dans le même temps, il lança un regard menaçant à l'encontre du vampire, un regard qui voulait certainement dire : "si tu la touches, t'es mort". Le Loup ne le craignait pas, peut-être était-ce par ignorance ou témérité. La seule chose qu'il craignait vraiment, c'était le feu. Ce qui ne l'empêchait pas d'être méfiant, par précaution, envers la plupart des individus. Il y avait une nuance entre la crainte et la méfiance.

Par la suite, la fille d'Oméga ordonna à Boris de libérer les créatures, affirmant qu'elle était venue pour ça. Le bougre inséra une clé dans une manette, puis se chercha des excuses et tenta de leur faire croire qu'il allait se repentir. Cela eu le don d'agacer le Grand Méchant Loup, qui fit, à son tour, pousser ses griffes et ses crocs, de la même manière que Narumi. Leurs formes humaines se ressemblaient beaucoup plus que leurs formes bestiales, puisque le Grand Méchant Loup était quadrupède tandis que Narumi, en forme de loup-garou, restait bipède, et qu'il était plus grand qu'elle.

Mais alors qu'il venait de dévoiler son impatience à l'idée de le tuer en sortant ses griffes et ses crocs, la louve mit une main sur son épaule pour lui demander de la laisser se charger de ça.

"Hmrrrrh..." grogna t-il légèrement pour exprimer son mécontentement.

Il aurait voulu régler cela lui-même, car cela faisait des mois qu'il attendait cela, c'était avant tout son affaire personnelle. Il hésita quelques instants à se mettre en travers de son chemin pour prendre les devants et en finir lui-même avec Boris, comme s'il s'agissait d'un concours à celui qui porterait le coup fatal, comme s'il fallait déterminer un dominant entre les deux dominants. Mais la vérité, c'était qu'il la considérait comme une égale, il ne pouvait ni ne voulait la dominer. Et il n'eut même pas le temps de prendre une décision qu'il vit le corps de Narumi se métamorphoser. En quelques secondes, elle arbora sa forme bestiale. Elle était plus grande, plus imposante.  Alors que, pour un être humain, elle semblait avoir perdu toute féminité, le Grand Méchant Loup ressentit une forme d'attraction particulière à l'égard de cette créature magnifique. A ses yeux, cette forme était beaucoup plus appréciable que son apparence humaine. En voyant ainsi une Alpha, créature exceptionnelle, sous une forme si parfaite, cela causa une accélération des battements cardiaques du Loup. Son cœur brûlait.

Au fur et à mesure qu'elle s'approchait de Boris et le menaçait, l'expression du visage du Loup se modifiait. Il avait l'air moins peiné, moins déprimé. Ses lèvres commencèrent même à esquisser un semblant de sourire, il commençait à ressentir de la satisfaction alors qu'il sentait venir la fin de Boris. Lorsqu'elle lui arracha la langue d'un coup de griffe vif et précis, le regard et le sourire du Grand Méchant Loup se firent plus sadiques encore. Il avait véritablement ressenti du plaisir en la voyant mutiler cette ignominie. Il avait l'impression de torturer lui-même l'humain. Comme si Narumi était devenue une extension de ses membres, comme si elle agissait exactement comme il le souhaitait. Il se délectait de la souffrance et de l'odeur du sang qui sortait de la bouche de Boris. Le mal que Narumi engendrait lui procurait du bien. Était-ce là l'équilibre dont elle parlait plus tôt ? Entre lui, Narumi et Boris, où étaient les malfaisants et les bienfaisants ? Le Loup avait l'impression que tout était noir. Lui. Narumi. Boris. Tout représentait le mal. Il n'y avait aucune place pour le bien quand il s'agissait de vengeance.

L'Alpha fille d'Oméga affirma que ce n'était pas à elle de décider du destin de l'humain, avant de libérer toutes les bêtes, y compris le vampire qui avait suscité chez elle une vive réaction. Les bêtes les regardèrent puis attendirent une action du Loup, tandis que Narumi s'écarta légèrement.


"Grrrrrrrrhhhh...."

Le Loup se mit à grogner. Puis, à son tour, son corps grandit et grossit. Ses vêtements déchirèrent, et une fourrure noire poussa sur tout son corps. Son visage s'allongea en un museau, une queue poussa à son arrière-train de la même manière que Narumi. Mais contrairement à elle, il se pencha en avant et se mit à quatre pattes, alors que son corps continuait de grandir et de grossir, jusqu'à atteindre des proportions énormes. Heureusement, l'entrepôt était très grand et très haut. Lorsqu'il eut fini sa métamorphose, il mesurait environ six mètres de long de la queue au museau, et environ trois mètres de haut au garrot. Le haut de sa tête touchait presque le plafond. Les autres bêtes s'étaient reculées pendant sa transformation pour lui laisser la place. Il fit un pas vers Boris pour que sa gueule soit à sa portée. Bien entendu, il n'avait pas d'utilité à se transformer dans ces circonstances. Mais il voulait tuer Boris sous sa véritable forme, pas sous un déguisement humain. Car c'était sous cette forme-là que Boris l'avait capturé. Il avait voulu s'attaquer au Grand Méchant Loup, il l'avait désormais sous les yeux. Cette forme était beaucoup plus imposante et effrayante, et c'était essentiellement pour une question de fierté qu'il l'avait prise pour en finir avec Boris. C'était aussi pour montrer à Narumi sa véritable apparence, puisqu'elle avait montré la sienne. Son apparence causait naturellement la peur chez la plupart des espèces, même sans avoir à déployer son aura effrayante par le biais de sa technique Happy End (qui causait une phobie irrationnelle chez n'importe qui).

"Alors, humain... Te crois-tu toujours supérieur à nous, désormais ?"

En reprenant sa véritable forme, il avait aussi, inexplicablement, retrouvé sa faculté de parler convenablement, comme s'il avait retrouvé pleinement confiance en lui et en ses capacités. Il n'était pas impossible que le fait de s'être fait capturer eût grandement endommagé son égo et l'eût enfermé dans une sorte de semi-mutisme. D'ailleurs, c'était la première fois qu'il reprenait son apparence originelle depuis sa capture. Comme si le fait d'avoir atteint son objectif avait débloqué quelque chose en lui, une sorte de verrou psychologique qui l'empêchait, jusque là, de se transformer.

Sa voix était différente de celle de sa forme humaine. Elle était encore plus bestiale, plus monstrueuse et terrifiante, et portait beaucoup plus. Elle vibrait dans le cœur et les poumons de chacun alentour, comme un énorme caisson de basse qui résonnait. Mais c'était également une voix posée, pleine d'assurance et assez lente.

Le Grand Méchant Loup approcha lentement sa gueule de l'humain et lui dévoila ses crocs acérés.


"Il serait si facile de te tuer... que cela n'en serait même pas amusant."

Sur ces belles paroles, il planta ses crocs dans une jambe de Boris, ce qui lui broya les os, et le souleva, avant de le balancer, d'un coup de tête, au fond d'une cellule. Boris percuta lourdement le mur et retomba sur le sol, la jambe en sang et complétement broyée, à moitié déchirée. Il pleurait et hurlait de douleur en se tenant la jambe.

Le Loup se lécha les babines pour se délecter du sang de Boris qui s'était répandu dans sa gueule béante, puis il reprit la parole en tournant la tête vers lui.


"Nous ne te ferons pas le cadeau de mettre fin à tes souffrances. Au lieu de cela, tu subiras le même sort que celui que tu nous as fait subir."

Il se tourna vers les autres bêtes et Narumi, et désigna, d'un signe du museau, la commande permettant de refermer les cages, avant d'ordonner :

"Qu'on l'enferme."

Le verdict était tombé. Boris était condamné à se vider de son sang, ici, enfermé dans une cellule, seul et dans le noir, jusqu'à ce que mort s'ensuive.
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MessageSujet: Re: The big bad wolf [PV]   The big bad wolf [PV] ClockLun 20 Jan 2020 - 15:16
Les yeux de Narumi brillaient d’excitation et d’admiration, alors que Personne laissait enfin sa forme véritable s’exprimer. La beauté de ce mythe, de cette créature semblable aux divins la fit frissonner. Il était d’une taille cyclopéenne, un véritable trésor universel. Il était… magnifique. Aucun mot inventé ne pouvait décrire l’ampleur de sa beauté. Il inspirait le respect, la crainte, l’unité, la sauvagerie… la chasse. L’émotion lui fit monter les larmes aux yeux, mais elle se tenait droite et silencieuse. Il ne fallait pas gâcher ce moment de vengeance méritée.

C’était donc lui. LE loup. Ce n’était qu’un conte, et pourtant il était là, sous ses yeux ébahis. Jamais elle n’aurait cru rencontrer en personne cet être esprit sacré pour son peuple. La louve hésita à se mettre à genoux devant lui.

Elle décida de ne poser qu’un seul genou à Terre afin de saluer son avènement. Après tout, Narumi était également un esprit sacré pour son peuple, mais cette dernière avait tendance à l’oublier. Après tout, L’Alpha se considérait comme quelqu’un du peuple, et ne voulait pas que ça en soit autrement.

Le Grand Loup et le Loup Ancestral réunis. C’était du jamais vu. Personne ne devait pas être au courant de la signification d’un tel événement puisqu’il ne venait pas d’ici. Mais bientôt, il saurait.

Narumi se releva droite comme un i après avoir exprimé son respect envers le Grand Loup. Son corps tremblait, prit de spasmes incontrôlables qui la secouait de plus en plus. Un rictus de bonheur et de peur se figea sur les traits de son visage animal. La voix de Personne la traversait comme s’il brisait le mur du son. Il était devenu la seule voix à écouter, et la seule voie à suivre.

Le loup-garou se tenait à bonne distance et observait la scène avec émerveillement. Jamais de sa vie elle Narumi n’avait vécu l’ascension d’un esprit divin, et elle se sentait extrêmement privilégiée d’avoir fait une telle rencontre en cette soirée bénie. Le moindre geste de Personne la faisait se sentir toute petite. Toute grisée. Elle l’aimait déjà au delà du rationnel.

Elle jubila intérieurement lorsque le Grand Loup perfora la jambe de Van Bröghen et le balança dans une cage. Sa sentence était juste, cruelle comme il le méritait. L’alpha ne pouvait qu’approuver. Voir cette raclure pleurer à s’en arracher les poumons, c’était là tout ce qu’il méritait. Il allait mourir comme il avait vécu: comme du purin.

Les “bêtes curieuses” enfermèrent le noble sous les ordres du Grand Loup. Ils acclamaient le chef de cette rébellion avec une joie éclatante. Ils étaient enfin libre. Libre de vivre, de faire de choisir leur destinée.

Suite à cela, les bêtes de foire s’échangèrent des regards et regardèrent à tour de rôle Personne et Narumi. La louve comprit qu’ils étaient perdu. Certains devaient être enfermé ici depuis des années, voir depuis leur naissance… Cette dernière s’approcha de la troupe de “monstres”, qui, à ses yeux, étaient des évolutions génétiques que l’on devait bénir.

Vous ne serez plus jamais seul. Je vais vous aider à vous réintégrer dans la société. Si vous le souhaitez, bien sûr. Si vous préférez vivre librement et avec la nature, les loup-garou vous accueilleront dans les montagnes rocheuses. Si vous voulez vivre en ville, alors dirigez-vous au nord. Vous verrez un camp de réfugiés. Là-bas, mes hommes, les militaires, vous accueilleront. Je vais les prévenir de votre arrivée, pour ceux d’entre-vous qui souhaitent y aller.

Cette dernière tapote gentiment l’épaule de chacune de ces bêtes de foire pour les encourager. Elle s’empara de son téléphone de fonction et laissa un message à ses hommes en leur expliquant la situation.

Lorsque ce fut au tour du vampire de passé devant elle, Narumi eut un mouvement de recul. Ce dernier, une fois à son niveau, s’inclina respectueusement devant elle.

Je suis Jilaiya. Je sais que ça va être stupide de vous dire ça, mais… N’ayez crainte. Je ne cherche pas à vous faire du mal. C’est même le contraire.

Lorsqu’il se redressa après avoir fait sa courbette, ses yeux gris croisèrent ceux de l’alpha, dont les crocs dévoilés et les grognements n’arrivaient pas à s’arrêter. Elle affrontait son regard sans peur. Narumi était immunisée aux pouvoirs psychiques des vampires, et s’il tentait quoi que ce soit elle le saurait. Il fallait bien avouer que la militaire était à deux doigts de plonger sa patte dans sa gorge pour lui arracher les cordes vocales.

Avec votre accord je vais me diriger vers le camp des réfugiés de la ville. J’espère que vous voudrez bien vous entretenir avec moi à l’avenir…

Le dénommé Jilaiya fit une dernière courbette, puis il suivit à la trace les autres monstres se dirigeant vers le nord de la ville. Quelque chose clochait chez ce vampire… Sans arrière pensée pleine de préjugés, bien sûr !

Narumi fut soulagée qu’il soit enfin parti et son corps se décrispa. Cette dernière décrocha chacune des têtes d’animaux empaillés avant de sortir de l’entrepôt en compagnie de Personne. On entendait les gémissements étouffés et suppliant de Van Bröghen se faire de plus en plus discret, alors que la louve scella l’entrée de ce bâtiment démoniaque.

Je souhaite leur donner des funérailles décentes.” Exprima la cheffe en parlant des animaux empaillés.

Aux côtés de son égal, le loup-garou se dirigea vers la forêt. Lorsqu’ils furent profondément enfouis dans celle-ci, la louve déposa respectueusement les animaux face contre terre en formant un cercle. La louve se plaça au milieu du cercle, se mit à genoux et posa ses deux mains à plat sur le sol.

Mère, je viens apporter la paix à tes enfants !

Son corps scintilla d’une lueur verdoyante. De ses bras crépitaient des faisceaux d’énergie magique qui entrèrent dans la terre. Les corps mutilés et empaillés se firent enchevêtré dans des racines en provenance du sol, tout en douceur. Les corps inertes de toutes ces vies prises sans aucun respect s’enfoncèrent lentement dans le sol, alors que la scène baignait dans la lumière magique en provenance du corps illuminé de l’alpha.

Une fois que la nature avait repris ses enfants sous son aile, il ne restait plus aucune trace de ce rituel magique. Narumi se releva et son corps cessa de produire cette énergie verte et crépitante. Le monstre s’approcha de son acolyte sans crainte, mais avec tout l’amour du monde sur le visage et dans le fond de ses yeux. Le loup-garou posa son front contre l’une des joues du Grand Loup et déposa ses mains dans sa fourrure pour lui offrir une accolade sincère, aimante. Elle se sentait enfin complète à ses côtés.

J’ai senti l’odeur des autres chasseurs amis de Van Bröghen, tout comme tu as dû les ressentir toi aussi.” Le loup-garou desserra son étreinte pour regarder son égal dans les yeux. “Nous sommes enfin réuni mon aimé. Il est l’heure de la purge. Nous ne pouvons pas tolérer des êtres aussi… inhumains.

Les yeux de Narumi étincelaient d’un rouge encore plus vif. Elle semblait… presque qu’immatérielle à présent. Comme si elle appartenait à ce plan, mais pas vraiment. Un pied dans la réalité, l’autre… ailleurs. Dans un univers abstrait pour les mortels. L’esprit du Loup Ancestral, dont elle était la réincarnation mortelle, se manifestait plus fort que jamais en présence du Grand Loup.

La louve le sentait. Bientôt, le Loup Ancestral allait s’emparer d’elle totalement. Ce n’était qu’une question de minutes avant qu’elle ne perde le contrôle et devienne l’esprit. Après tout, elle en était son incarnation, et ce soir c’était une légende qui s’accomplissait. La réunification du Grand Loup et du Loup Ancestral.

L’esprit était elle, elle était lui. Le Loup Ancestral sommeillant en l’alpha n’était qu’autre que le compagnon de toujours du Grand Loup. Ensemble, ils formaient le duo ultime…

Narumi lui adressa un dernier regard plein de compassion et d’amour. Avant que l’esprit du Loup Ancestral n’envahisse totalement son être.

Le loup-garou émit un rugissement impressionnant qui résonna à des kilomètres à la ronde. C’était un cri de ralliement, un appel, une invitation. C’était à la fois agressif et mélodieux, irrésistible pour toutes les bêtes réceptives à l’appel. Un mythe pour certains, et d’autres découvriraient aujourd’hui qu’il était pourtant avéré.

La faune et la flore s’animèrent. Certains arbres, ceux qui étaient assez forts pour ça, se décrochèrent de leurs racines et se mirent à déambuler vers le duo. Des plantes firent de même. Des animaux de toutes espèces se réunirent eux-aussi, ensemble, sans s’attaquer, qu’importe leur race. C’était un soir exceptionnel. C’était une réunion sacrée et pacifique entre les enfants de la nature.

Sur des kilomètres, des loups et des loup-garou se réunirent pour assister à ce spectacle incroyable. Lorsqu’ils aperçurent le Grand Loup aux côtés du Loup Ancestral, ils s’inclinaient tous un à un, à genoux devant eux. Ils n’en croyaient pas leurs yeux. Cette légende se profilait devant eux. Le père et la mère des loups de tout horizon étaient bel et bien réel et réunis. Ils étaient des miroirs à Orion et Ariel, eux-même réincarnation, respectivement, de Kurnous et Isha. (Référence: Warhammer)

Ensemble, ils étaient la Chasse Sauvage.

Ils étaient les Roi et Reine de la forêt Terrienne, le coeur de la nature de cette planète.


Mes frères et soeurs, enfants de la nature… Le Grand Loup est descendu du ciel pour se joindre à nous !

Cette métaphore “descendu du ciel” signifiait que le Grand Loup, son esprit en tant que divinité, s’était réincarnée dans Personne. Les loup-garou croient en la réincarnation de leurs divinités à travers les âges dans des mortels. Pour eux, ils existaient même déjà dans d’autres mondes, dans d’autres univers, avant la naissance même des loup-garou sur Terre.

Sa présence sonne le début d’une glorieuse époque… et le début de la Chasse Sauvage !

Leurs partisans hurlaient en coeur de joie. Une émotion vive se faisait sentir, de l’amour, de l’admiration, une exaltation gargantuesque que de le voir en chair et en os. Lui, le père des loups. La béatitude était à son comble.

Mais qu’en était-il de cette Chasse Sauvage ?

Ce soir, nous allons nous mettre en chasse. Nous allons éliminer tous ceux qui perpétuent ces tueries à l’encontre de nos frères et de nos soeurs, de la forêt et de ses enfants ! Seuls ceux qui chassent pour manger en respectant leurs proies ont le droit de le faire. Les autres n’ont aucun motif légitime à ravager nos terres et à tuer la vie sur notre planète !

Alors, ce soir, il n’y aurait que les terriens qui tuent pour se sustenter qui pourraient survivre à cette terrible ascension brutale de la Chasse Sauvage. Tous les braconniers, chasseurs par plaisir, psychopathes menant des expériences insensées sur des animaux, tous les êtres malfaisants envers la vie et la nature allait périr.

La Chasse Sauvage ne pouvait avoir lieu qu’en la conjointe présence du Grand Loup et du Loup Ancestral, car ces deux êtres hors-temps représentent l’équilibre et la justice. Seuls eux peuvent dénicher les coupables et guider leur peuple.

Dans les légendes, on dit que tout être sensible à la Chasse Sauvage devient irrémédiablement son obligé en entendant son appel. Il paraît que l’on perd toute notion du temps et de qui l’on est durant cette période. C’est un genre d’envoûtement magique sans escapade possible. L’on dit que cette chasse dure des jours, parfois des semaines ou des mois. Une traque perpétuelle des ennemis qui perturbent l’équilibre naturel des choses et de la nature. Cette légende dit aussi que cet événement surviendrait lorsque la Terre se retrouve en détresse. Elle fait appel à ses enfants pour “remettre tout en ordre”.

La Nature allait reprendre ses droits. Punir les êtres malfaisants par le biais de ses champions. Dans cette époque critique de terreur et de reconstruction, la Chasse Sauvage ne faisait que continuer le dessein ultime: ils allaient rendre sa splendeur à la nature et lui permettre de renaître plus belle des cendres de ses agresseurs.

Narumi, ou plutôt le Loup Ancestral, rugit à nouveau en brandissant son bras droit en l’air, poing serré. Les animaux, la faune en colère, les loups, et les loup-garou étaient prêt à suivre la marche endiablée de la Chasse Sauvage. Ils allaient suivre en premier les pistes olfactives que Personne et Narumi avaient retenu dans leurs têtes, celles qui menaient aux acolytes de Van Bröghen. Ensuite, tous les opposants de la Vie y passeraient, sans pitié.
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MessageSujet: Re: The big bad wolf [PV]   The big bad wolf [PV] ClockMar 21 Jan 2020 - 20:11
C'en était fini. Sa quête personnelle et égoïste de vengeance venait de toucher à son terme. Boris était condamné à mourir, et son agonie allait être longue. Le Grand Méchant Loup se nourrissait de la souffrance que l'humain ressentait et allait continuer de ressentir quelques temps encore, jusqu'à ce qu'il perde connaissance suite à l'hémorragie. Était-ce juste ? Était-ce bien ? Certainement pas. Mais cela remontait au moins un peu le moral du Loup. Un plaisir éphémère, certes faibles en comparaison de la souffrance qu'il avait pu ressentir, mais c'était mieux que rien. Le plaisir de la réussite, d'avoir accompli quelque chose. Il se sentait soulagé d'un poids. Ses frères et ses sœurs étaient vengés et pourraient reposer en paix, désormais. Il l'espérait. Malheureusement, cela n'allait pas les ramener. Ils ne pourraient jamais revenir. Jamais plus il ne pourrait jouer avec eux, leur courir après, leur faire la toilette, les nourrir, leur faire profiter de la chaleur de son immense corps. La mort de Boris ne changerait rien à ce qu'il avait déjà fait. Le mal commis était irréparable. C'était trop tard. Ça l'avait toujours été.

Narumi donna quelques conseils aux bêtes qu'elle avait libérées. Sa bienveillance était admirable. Le Grand Méchant Loup aurait aimé qu'elle la lui enseigne. Mais il craignait que ce soit l'inverse qui se produise. Que ce soit lui qui la fasse plonger dans les ténèbres. Ils pouvaient s'influencer mutuellement, et c'était quelque chose de dangereux. Chacun pouvait être tenté d'emprunter le chemin de l'autre. Mais celui du Méchant Loup n'était pas glorieux et encore moins lumineux, il n'était pas recommandable. Ce soir-là, elle avait d'ores et déjà commencé à suivre sa voie. Celle de la vengeance, de la haine et de la colère. Celle qui faisait de lui le Méchant de bon nombre d'histoires. D'une certaine manière, le Loup s'en voulait de l'influencer ainsi. Elle était juste et bienveillante, et c'était certainement ça qui lui avait permis d'être appréciée et respectée par tous. Il fallait qu'elle le reste. Il ne fallait pas qu'elle devienne comme lui, sans quoi elle devrait faire face au rejet et à la haine des autres. Il ne voulait pas l'embarquer sur cette voie-là. Mais avait-il le choix ? Toutes ses tentatives pour combattre ce qu'il était au fond de lui s'étaient soldées par un échec. Depuis qu'il avait perdu sa meute, il n'avait plus aucun espoir de rédemption, il ne croyait plus en la possibilité, pour lui, de changer son comportement. De devenir bon. Il avait accepté l'idée qu'il était un outil du Mal, qu'il amenait le Mal partout où il allait, et qu'il ne pouvait engendrer que le malheur et la destruction. C'était avec cette idée en tête qu'il était parti à la recherche de van Bröghen pour le tuer. Mais depuis sa rencontre avec Narumi, il avait un maigre espoir. Elle pouvait le sortir de là, si elle ne sombrait pas avec lui. Quelle attirance allait-être la plus forte ? La Lumière de Narumi, ou les Ténèbres du Grand Méchant Loup ? Lorsque l'équilibre prendrait fin, de quel côté penchera la balance ? L'avenir était incertain. Mais le Grand Méchant Loup avait tout de même un grand espoir, qui relevait presque de la conviction. Quelle que soit la voie qu'ils décideraient de suivre, ils la suivraient ensemble. Il ne voulait plus être seul.

Lorsque le vampire s'approcha de Narumi, le Loup surveilla ses moindres faits et gestes, par précaution. Le vampire joua le jeu de la flatterie, y allant de courbettes et de formules de politesse exagérées. Le Grand Méchant Loup ne connaissait que trop bien cette méthode, pour l'avoir lui-même pratiquée et avoir vu, bien trop souvent, le Renard faire la même chose. La musique sonnait faux. Trop exagéré, pas assez naturel. Lorsqu'il affirma rejoindre le camp des réfugiés, une pensée traversa l'esprit du canidé. Il se dit que là-bas, le vampire aurait de quoi faire un véritable festin, d'autant plus qu'il devait être assoiffé de sang vu le temps qu'il avait passé dans cette cellule. En tant que créature méfiante et presque paranoïaque, il n'aurait pas laissé le vampire retrouver le camp de réfugiés. Peut-être aurait-il mieux valu le tuer tout de suite. Mais c'était les hommes de Narumi, son domaine, c'était à elle de décider. Il prit tout de même la peine de lui donner son avis.


"S'il décide de sucer le sang des réfugiés, tes militaires seront-ils assez forts pour le retenir ?"
demanda t-il simplement.

Après cette intervention, la loup-garou décrocha les têtes d'animaux sur les murs en expliquant qu'elle voulait leur donner des funérailles décentes. Le Grand Méchant Loup n'était pas un être très spirituel. Il ne croyait pas en la vie après la mort ou la réincarnation. Il ne comprenait pas l'intérêt des rituels post-mortem, mais il voulait le comprendre et était curieux de voir ce qu'elle avait en tête. Il serait mal avisé de la juger, car si elle trouvait cela important de soigner leurs funérailles, alors ça devait probablement l'être, même s'il ignorait pourquoi.

Ils gagnèrent une forêt dans laquelle ils s'enfoncèrent. Après quelques minutes, le Loup, toujours sous sa forme originelle, prit la parole. Il voulait revenir sur quelque chose qui l'avait quelque peu perturbé un peu plus tôt.


"Lorsque j'ai revêtu ma véritable apparence tout-à-l'heure, je t'ai vue poser le genou à terre, devant moi. Narumi, nous sommes égaux, toi et moi. Jamais je ne demanderais à ce que tu te soumettes."

Le fait de s'incliner devant lui était une marque de respect, mais elle induisait une forme de soumission à une autorité. L'on s'inclinait devant un roi, devant un supérieur hiérarchique. Il ne voulait pas être cela pour elle. Il ne se sentait pas supérieur à elle. Il voulait qu'il n'y ait aucune forme de domination entre eux.

Ils arrivèrent enfin à la destination souhaitée par la loup-garou. Elle disposa les têtes d'animaux empaillés en cercle puis se plaça au centre, alors que le loup géant resta en retrait un peu plus loin, observant avec un intérêt curieux le rituel. Soudain, elle posa ses mains sur le sol et se mit à briller d'une lueur verte, et des racines sortirent du sol pour s'enrouler autour des restes des animaux.


"Impressionnant." affirma t-il d'un ton sincère.

Le Loup était admiratif devant la magie de sa partenaire Alpha, décidément elle ne cessait de l'étonner et de l'impressionner. Il était loin de posséder de tels pouvoirs. En quelques secondes, les animaux furent absorbés par la terre et disparurent.

Puis la loup-garou s'approcha de lui, et enfouie ses mains dans sa fourrure noire tout en posant son front contre sa joue. Il ressentit un frisson de plaisir parcourir son corps, et son cœur palpiter. Une sensation qui lui était jusqu'à lors inconnue mais tout-à-fait agréable. Il ne savait pas bien ce que cela signifiait. Il n'avait jamais reçu beaucoup de marque d'affection auparavant. Machinalement, sa queue touffue s'agita en l'air, témoignant du plaisir et de l'excitation qu'il ressentait en la sentant contre lui.
Elle affirma avoir senti les odeurs des amis chasseurs de Boris, tout comme lui. Il acquiesça d'un signe de tête.
La phrase suivante, en revanche, fut comme une onde de choc pour lui. Deux informations particulièrement troublantes venaient de surgir d'une même phrase, ce qui lui fit retourner le cerveau dans tous les sens. Tout d'abord, elle affirma qu'ils étaient enfin réunis. Qu'est-ce que cela signifiait ? Ils venaient à peine de se rencontrer, le Grand Méchant Loup ne la connaissait pas auparavant. À moins qu'il n'eût oublié qui il était ? Il n'avait pas beaucoup de souvenirs de son enfance, il savait juste qu'il avait toujours été seul, sans parent, sans aucune famille. Est-ce qu'il connaissait Narumi autrefois et l'avait oubliée ? Cette première partie de la phrase était déjà un mystère en soi, mais la suite était tout autant troublant, si ce n'était plus.
Elle l'avait appelé "mon aimé". En dehors de sa meute de loups, jamais personne ne l'avait aimé de toute sa longue vie. Il n'était même pas sûr de savoir correctement ce que cela impliquait. Il avait lu des choses dans des livres et des contes, comme le fait que l'amour avait le pouvoir de transformer un crapaud en prince, ou ce genre de choses. Mais il ne l'avait jamais ressenti lui-même. Comment savoir vraiment à quoi cela ressemblait ? Était-ce en lien avec la façon dont il se sentait en présence de Narumi ? Ces changements soudains dans son corps. Le cœur brûlant, la respiration haletante. Cette envie, ce besoin, de rester près d'elle depuis qu'ils avaient échangé leur premier regard. Cette attirance qu'il ressentait devant la forme bestiale de la Loup-Garou. Pour lui, tous ces changements étaient tout nouveaux et encore trop récents, si bien qu'il avait beaucoup de mal à les interpréter.




"Que... Que veux-tu dire ?"

Il était si décontenancé qu'on pouvait lire la stupéfaction et l'incompréhension sur son visage, malgré l'assurance qui le caractérisait habituellement.


Soudain, elle poussa un hurlement lunaire qui s'entendit à des kilomètres à la ronde, traversant toute la forêt et les alentours. C'était un hurlement magnifique, majestueux, puissant et galvanisant. Un torrent d'émotions submergea le Grand Loup devant cet appel. Le brouillard dans son esprit se dissipait, des choses s'éclaircissaient. Tout doucement, il commençait à comprendre.


Il comprit pourquoi il avait toujours été seul. Pourquoi il avait toujours été rejeté. Le monde d'où il venait, le Pays des Contes, ce n'était pas son vrai monde, ce n'était pas son monde d'origine. Il y avait simplement été envoyé à un moment de sa vie, et avait oublié qui il était vraiment. Il était devenu le Grand Méchant Loup aux yeux de tous, et avait été rejeté tout simplement parce qu'il n'appartenait pas à ce monde. Sa place avait toujours été ailleurs.
Il comprit également pourquoi il ressentait ce lien si fort avec Narumi depuis leur premier échange de regard. Ce sentiment de pouvoir lui faire confiance aveuglément, de vouloir rester à ses côtés, cette fusion des esprits. Cet équilibre qu'ils représentaient. Elle était là, la raison de son existence. Sa raison de vivre. Le Grand Loup regardait le Loup Ancestral avec une grande et profonde admiration.


"J'ai passé ces six derniers siècles à chercher quelque chose dont j'ignorais l'existence, quelque chose qui me manquait, sans avoir la moindre idée de ce que c'était. J'essayais en vain de comprendre qui j'étais, qui je devais être. De trouver ma place dans le monde. Aujourd'hui, je viens enfin de me rendre compte que je l'ai trouvée. Je T'AI trouvée, Narumi. Ma place est à tes côtés. Elle l'était depuis le début, et le demeurera jusqu'à la toute fin. Toi et moi, nous ne sommes qu'Un. Nous formons l'équilibre. Le bien, et le mal. Autant de mort et de souffrance pour autant de tranquillité et de bonheur. Tout fait sens, désormais."

De nombreux animaux de diverses espèces ainsi que des arbres répondirent à l'appel, s'approchant des deux Alphas et s'inclinant devant eux.

Le Loup Ancestral fit un discours pour les mener à la bataille. En l'écoutant, l'espace d'un instant, le Grand Loup s'interrogea. Ce qu'ils s'apprêtaient à faire, était-ce bien ? Était-ce nécessaire ? Moral ? Il ne s'était jamais vraiment encombré de la morale par le passé... et pourtant, voilà qu'il avait une once d'hésitation alors même qu'il semblait avoir trouvé sa place. Mais il chassa rapidement ces interrogations. Il était bien trop heureux d'être auprès du Loup Ancestral, et d'avoir enfin trouvé sa voie, sa raison d'être. Et c'était grisant de voir toutes ces bêtes s'incliner devant lui. De se sentir aimé, admiré, adulé, respecté.

Lorsque Narumi eut fini son discours, le Grand Loup marcha autour de l'assemblée des bêtes en les regardant, puis s'écria d'une voix puissante et galvanisante :



"Debout, les damnés de la Terre !
Voici venir le temps des griffes et des crocs.
Nous allons semer la mort et la souffrance parmi les humains. Et de cette semence, nous ferons naître la tranquillité et le bonheur, pour l'ensemble des espèces !
Ensemble, nous rétablirons l'équilibre naturel de la vie sur cette planète !
Ce soir, la nature reprend ses droits ! Ce soir, c'est la lutte finale !
Puisqu'à leurs yeux, nous ne sommes rien... ALORS SOYONS TOUT !"



Il ouvrit alors la marche tout en poussant un hurlement lunaire, aux côtés de sa compagne. Il tourna la tête vers elle.

"Je me suis déjà débarrassé de quelques amis de van Bröghen lorsque je le traquais. Il ne reste plus que trois d'entre eux."

Cela avait été compliqué pour le Grand Méchant Loup de retrouver la piste de Boris, cela lui avait pris des mois et il avait dû d'abord retrouver certains de ses amis pour les interroger. Mais avec la présence du Loup Ancestral à ses côtés, il avait l'impression que son odorat était boosté et qu'il avait une sorte d'instinct qui le guidait naturellement vers leurs ennemis.

Ils devaient traverser la forêt pour atteindre un village de quelques centaines d'habitants, au sein duquel habitait l'un des amis chasseurs de van Bröghen. Mais alors que le Loup marchait en tête du cortège avec la Louve, une voix familière se fit entendre dans sa tête.

*Arrête-toi, Loup, pendant qu'il en est encore temps.*

Cette voix, c'était celle qu'il avait autrefois, lorsqu'il jouait le rôle de Wolfgang Wolfwood. Il visualisa mentalement ce même Wolfgang, qui lui faisait face. Il était vêtu comme autrefois, d'un costard-cravate bleu nuit, avec des lunettes de soleil ronde pour cacher ses yeux jaunes. Ses cheveux étaient bien plus courts que son apparence humaine plus récente, et il avait simplement une barbe de trois jours.
Le Loup lui répondit, dans sa tête, communiquant mentalement avec son ancienne forme humaine.

*Dis-moi, toi qui ne représente plus rien, qui n'est plus qu'un résidu de pensées humaines issu de l'époque où nous essayions de nous comporter en humain, pourquoi devrais-je t'écouter ?*

*Parce que je suis bien plus que cela. Je suis le miroir de ton âme, le reflet de tes actions passées et présentes. Je suis tout ce qu'il reste de ta bonne conscience. Et parce que ce que tu t'apprêtes à faire est mal.*

*Le mal est parfois nécessaire, pour le plus grand bien. Ce que nous allons faire est juste.*

*Mais qui êtes-vous pour décider de ce qui est juste ? Écoute-moi, Loup. Le mal engendre le mal. Le meurtre n'est pas la solution. Il y a toujours un autre moyen. Il faut discuter avec eux, les convaincre, leur prouver que vous valez mieux que ce qu'ils pensent, que vous n'êtes pas des monstres.*

*Peu importe ce qu'ils pensent de nous et ce que nous sommes. En massacrant nos frères et sœurs, ils ont fait leur choix. En les punissant, en faisant d'eux des exemples, ceux qui auront survécu nous respecteront.*

*Mais vous serez craints. Et seuls.*

*Si je suis aux côtés de Narumi, je ne serai jamais seul.*

*Est-ce que tu penses que c'est vraiment ce qu'elle veut ? Tu l'as bien regardée, non ? Elle est l'opposée de toi. Elle est bienveillante avec les autres personnes, quelque soient leurs espèces, elle cherche à protéger les gens. Elle était censée te guider vers la lumière... pas plonger avec toi dans les ténèbres. Si vous vous aventurez vers cette voie-là, il n'y aura plus aucun retour en arrière possible, et vous finirez par vous perdre.*

*Dés lors que nous nous sommes réunis, plus rien ne pourra nous séparer. Wolfgang. Je t'ai créé parce que je voulais vivre parmi les humains, parce que j'avais besoin de compagnie. Mais désormais, je suis accepté pour ce que je suis. Aux côtés de Narumi, je peux être moi-même, sans avoir à me cacher.*

Symboliquement, et toujours dans sa vision mentale qui se déroulait dans son esprit, il donna un coup de pattes à son corps humain et transperça son torse avec ses griffes avant de le plaquer au sol.

*Je n'ai plus besoin de porter un masque. Je n'ai plus besoin de toi, ni de ton humanité.*

La vision du corps agonisant de Wolfgang Wolfwood disparut de son esprit. Autrefois, le Loup avait voulu changer, devenir humain, pour ne plus avoir à être seul. Aujourd'hui, il avait compris qu'il pouvait être aimé tout en restant lui-même. Il n'avait donc plus aucun intérêt à se faire passer pour quelqu'un d'autre. Afin de rester aux côtés de Narumi, il irait jusqu'au bout.


Ils atteignirent enfin le village susmentionné. Il commençait déjà à se faire tard dans la soirée, il n'y avait plus beaucoup de monde dans les rues, mais les bruits et les cris des bêtes avaient conduit beaucoup de gens à sortir de chez eux ou regarder par la fenêtre pour voir de quoi il en retournait. En voyant cette armée de la nature elle-même, ils furent terrorisés et commencèrent à se barricader et à éteindre les lumières pour ne pas se faire remarquer. Certains appelèrent la police ou les pompiers sous prétexte qu'il y avait un énorme attroupement d'animaux sauvages à leurs portes. Les bêtes marchèrent à travers les rues du village en suivant le cortège de tête représenté par les deux loups. Ils bifurquèrent à quelques embranchements, puis le Loup finit par s'arrêter devant la troisième maison sur la droite après une bifurcation.


"C'est ici." affirma t-il.

C'était une maison de taille modeste, d'une famille typique de la classe moyenne, plutôt vers le milieu-bas de l'échelle. Le chasseur qui habitait là vivait avec son mari. Après la guerre, ils avaient adopté deux enfants qui étaient devenus orphelins le jour où les bombes avaient dévasté le monde. En dehors du fait que l'un des deux hommes chassait, ils étaient des gens comme tout le monde. Ils n'avaient jamais eu de problèmes avec la justice, n'avaient jamais volé, arnaqué, agressé et encore moins tué un être humain ou anthropomorphe. Mais l'un d'eux tuait des animaux sauvages par loisir, parce que les lois de la société humaine l'y autorisaient.  Pour ce crime contre la nature, il allait périr.

Le Grand Loup prit une profonde inspiration durant plusieurs secondes. Puis, une fois que ses poumons furent gonflés, il souffla de toutes ses forces, faisant usage de sa technique Wolfstorm. La maison n'était pas de pailles ni de bois, elle était faite de briques. Mais face à la puissance du souffle, elle s'effondra en quelques secondes, dévastant tout sur son passage. Les murs et les meubles furent complétement dévastés. Le Loup n'avait pas pris la peine de vérifier qui se trouvait à l'intérieur. Ou peut-être qu'il savait, à l'odeur, qu'il y avait le mari et les enfants adoptifs du chasseur, mais que cela ne l'avait pas arrêté malgré tout.

Fort heureusement pour la famille, le chasseur avait reconnu le Grand Méchant Loup en le voyant par la fenêtre. Juste avant que le Loup ne souffle sur leur maison pour l'emporter dans une bourrasque, ils avaient eu le temps de sortir et de s'échapper par l'arrière-cour. Ils s'étaient jetés à terre juste à temps, les deux hommes couchés sur leurs enfants pour les protéger, alors que la bourrasque était passée juste au-dessus d'eux. Par miracle, ils n'avaient rien.

Le chasseur et son compagnon se relevèrent et aidèrent les enfants à se relever, tout en les cachant derrière eux, comme pour les protéger. Mais ils savaient bien que c'était inutile, qu'ils ne pourraient pas les protéger. Face aux deux loups et à la Chasse Sauvage qui se trouvait derrière eux, ils étaient tétanisés et sentaient leur dernière heure arriver. Les enfants pleuraient.
Soudain, le chasseur s'avança vers les loups, et plaça ses bras devant sa petite famille. Il avait compris et accepté son destin.


"Je sais pourquoi tu es là !" s'exclama t-il à l'égard du Grand Méchant Loup.

Il voulait se montrer fort mais les tremblements de sa voix trahissaient son état d'esprit.


"Si tel est ton souhait, prends ma vie. Mais... je t'en prie, laisse m-"

Il n'eut pas le temps de finir sa phrase. La mâchoire du Grand Méchant Loup s'était refermée sur lui pendant qu'il était en train de parler. Il le croqua de sorte à déchirer son corps en deux, au niveau du ventre. Il avala le haut du corps, alors que le bas du corps retomba mollement sur la pelouse dans une effusion de sang.
Son mari et ses enfants poussèrent des cris de souffrance puis des pleurs, et l'homme prit ses enfants dans ses bras pour leur cacher les yeux, trop tardivement. Le Loup se contenta de se lécher les babines après ce petit apéritif, puis tourna la tête vers Narumi.


"Passons au suivant."

Il avait dit cela simplement, comme si rien ne s'était passé, ignorant totalement la peine et la souffrance des victimes. Trois innocents, dont deux enfants, avaient perdu leur maison et toute leurs possessions matérielles, un mari pour l'un, et un père pour les deux autres. Mais le Grand Méchant Loup avait l'air indifférent à leur sort. Le Loup Ancestral et la Chasse Sauvage l'avaient poussé à redevenir celui qu'il avait toujours été et tant détesté être. Wolfgang Wolfwood semblait très loin, désormais, et il avait emporté avec lui les derniers vestiges de son humanité.


Dernière édition par Le Grand Méchant Loup le Mer 22 Jan 2020 - 19:18, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: The big bad wolf [PV]   The big bad wolf [PV] ClockMer 22 Jan 2020 - 11:12
L’esprit du Loup Ancestral ne s’était jamais emparé d’elle avec tant de violence. Est-ce que la Narumi que nous connaissons existait encore, enchaînée au fond de sa propre âme ? C’était une question ardue. Être l’hôte d’esprits de légendes, c’était s’exposer à leurs mœurs féroces. Ils venaient du big bang, d’une époque dans laquelle, justement, le terme “cruauté” n’avait pas la même signification que maintenant. Les esprits du Grand Loup et du Loup Ancestral étaient des mythes, soit-disant des divinités se réincarnant tous les x siècles à travers des individus mortels de leurs choix. La chance - ou la malchance ? - s’était déversée sur nos deux acolytes. Ils étaient les hôtes d’un dessein qui les dépassaient.

Les divinités observaient à travers les corps de leurs hôtes, mais ils n’étaient plus pour autant vraiment en phase avec le monde actuel. Tant de choses s’étaient passé. Leur peuple et la nature en avait toujours prit plein leurs grades, ils avaient toujours souffert des conflits, même si ceux-ci ne les concernaient pas de base. Tout bonnement car les humains qui sont en guerre incluent tout le monde avec eux dans leur conflit sans même y faire attention. Des égoïstes, comme toujours.

Les loup-garou, ou plutôt la grande famille des Loups pour y inclure la totalité des espèces affiliées; avaient essuyé durant des années les affres de la chasse. Comme si les guerres humaines ne suffisaient pas; comme si leur asservissement par les vampires n’avait été que le prémisse, (loup-garou et loups leurs servaient conjointement d’esclaves) les Loups avaient été, à la toute base, rejeté par les autres terriens à cause de leurs apparences bestiales. Ils avaient été longuement chassé par ceux-ci. Ils tuaient leurs enfants qui jouaient dans la forêt, leur prenait leurs jeunes, leurs aînés, sans distinction aucune. La grande famille des Loups n’avaient pas protesté. Ils sortaient depuis à peine quelques années de leur condition d’esclaves. Les vampires les avaient contraint à commettre des crimes contre l’humanité impardonnable. Dans leur grande sagesse, le conseil régissant les Loups avait décidé de ne pas répliquer. Ils pensaient que cela était leur rédemption et que, de toute évidence, la haine n’engendrerait qu’encore plus de haine.

Narumi faisait déjà partie de ce conseil à cette époque datant de plusieurs siècles. Elle avait été d’accord avec cette résolution. Mais elle sentait que quelque chose ne cessait de bouillonner au plus profond de ses entrailles. L’esprit du Loup Ancestral, indomptable, sauvage, primaire, ne pouvait pas approuver une pareille décision. Ceux qui veulent la mort méritent la mort. Voilà sa manière de concevoir les choses. Mais, à cette époque, il n’y avait point de Grand Loup à ses côtés pour permettre au Loup Ancestral de se manifester pleinement. La présence de son partenaire était un prérequis primordial pour qu’il puisse prendre le dessus sur son hôte. Ce phénomène, cette réunification de ce duo vieux comme le monde avait opéré en cette soirée funèbre.

Emportée par le Loup Ancestral qui gouvernait à présent ses faits et geste, la Chasse Sauvage fut convoquée. Narumi était à la fois terrifié et émerveillé dans son fort intérieur. Toutes ces espèces réunis, ensemble, s’unifiant sous une seule et même bannière… C’était d’une beauté incomparable. En dépit de cela, il s’avérait que les projets des divinités était lui bien moins réjouissant. Il y avait eut assez de tueries. Il était vrai que tout ceux qui tuent des êtres vivants par plaisir ou parce qu’ils ne considèrent pas leur vie comme “aussi importante” que d’autres ne sont pas de bonnes personnes : cela restait un crime aux yeux de la louve. Mais cela avait toujours été la pire erreur possible que de perpétuer des tueries. Cela ne cessait jamais si l’on continuait… Un camp le faisait, l’autre répliquait, et c’est comme ça que les conflits durent des siècles et à jamais. Je n’ai jamais voulu en arriver là Suppliait-elle, en cage à l’intérieur de son propre corps. Mais personne ne pouvait l’entendre.

Bien qu’elle était désespérée, le discours soudain de son homologue la prit aux tripes. Narumi ne pleurait plus depuis longtemps. La guerre lui avait arraché tout. Son peuple, incluant Loups, animaux, nature et tous les terriens, ses enfants… elle avait bafoué sa notion d’amour, avait piétiné son coeur sous sa botte inépuisable. La guerre avait asséché ses réserves de liquide lacrymal. Ou presque. Le Loup Ancestral tendit l’une de ses pattes pour caresser, du revers de sa griffe, la joue de son partenaire. Il souriait d’un air attendri. Au moins, cette fois, la militaire était en parfaite adéquation avec les gestes de la divinité.

Toi et moi, nous avons trop longtemps été des parias. Notre peuple a toujours payé l’égocentrisme des autres terriens qui se croient au-dessus de nous. Nous avons enduré sans rien dire. Et de nos propres frères terriens, nous recevons toujours des balles. Nos vies ne valent même pas les leurs à leurs yeux perfides. Mais maintenant que nous sommes réunis, c’est à nous de restaurer l’équilibre. En tuant tous les ennemis des Loups et de la Nature. Il n’y a qu’avec toi à mes côtés que cette prophétie est réalisable.

Sa voix était puissante et portante au naturel. Mais ce n’était rien en comparaison de celle de son compagnon. Lui avait la taille et la force pour que sa voix résonne à travers le coeur et le corps de chacun. Le Loup Ancestral, bien plus vaniteux que Narumi, regardait avec bienveillance et tendresse son compagnon, mais se donnait des airs d’être invincible. Il se tenait si droit, le torse bombé, toutes griffes dehors, le regard barbare et sûr de lui… Personne ne devait se mettre en travers de sa route, ou il ne ferait aucun doute qu’il le massacrerait.

Le Loup Ancestral fut emplit de fierté lorsque ce fut au tour de son camarade d’encourager leurs troupes avec des paroles percutantes et galvanisantes. Il bomba encore plus le torse et donna son plus beau hurlement pour acclamer la fin du discours de son partenaire. Ils hurlaient à l’unisson. La Terre avait conscience de leur retour, elle ne pouvait en faire autrement. Ces divinités des vieilles légendes, même dans des livres humains de magie noire ou affilié elles y figuraient… aux côtés d’autres créatures considérée comme étant “des ténèbres”.

Le corps du Loup Ancestral commença à se métamorphoser, signe que son retour était complet. Son corps devint recouvert partiellement d’un genre d’écorce, mais l’on comprenait qu’il s’agissait d’une sorte de carapace osseuse bien plus résistante. L’on distinguait dans sa poitrine une sorte de pomme de pin, enchevêtrée dans des lianes faites de cette écorce osseuse et de chaire. Il s’agissait visiblement du coeur de la bête, exposé comme si elle ne craignait rien. Un rire profond et mauvais s’échappa de la gueule du Dieu réincarné.

Les amants maudits prirent la tête du cortège et s’engouffrèrent à travers la forêt, qui s’ouvrait devant eux comme si ces derniers étaient maîtres de celle-ci.

Leurs esprits avaient pratiquement fusionné. Narumi avait perçus des bribes de la conversation en interne qu’avait eu son compagnon. Si cela faisait jubiler le Loup Ancestral, alors il était logique qu’à l’inverse, cela glaçait le sang de la cheffe.

Loup Ancestral, tu vas commettre la plus grosse erreur que l’on pourrait faire… Si l’on répond par la violence, jamais cela ne cessera ! Tu ne l’a donc pas compris ? Si nous vivons en paix depuis des décennies avec nos frères et soeurs terriens, c’est parce que nous avons milité pacifiquement pour nos droits !

Mais le Loup Ancestral ne lui lança qu’un regard méprisant à travers son esprit. La bête sauvage ne savait pas écouter. Comme la plupart des Dieux. Imbus d’eux-même, pensant détenir la vérité absolue… Ils ne pouvaient être résonner. Les imbéciles… Narumi rageait. Il ne fallait pas le supplier, ce serait en vain. Non, elle devait…laisser la colère la submerger à son tour. Il était crucial que la louve n’arrive à reprendre le dessus sur lui avant qu’il ne soit définitivement trop tard. Et cette dernière ne pourrait y parvenir qu’en dominant le Loup Ancestral. Il devait courber l’échine et retourner dans son terrier !

Narumi ruminait la conversation entre l’humanité de Personne et lui-même dans son état actuel. Cela la fit se crisper. Le Loup Ancestral émit un grognement discret mais agacé en constatant qu’elle avait un impact, même minime, sur le corps qu’ils partageaient. Cette petite insolente tentait de remettre en question son autorité. Mais c’était impossible ! Maintenant que le Grand Loup était à ses côtés, son ascension était complète, totale !

Ils arrivèrent aux abords d’un village. Les gens se cloîtrèrent, à raison, chez eux en remarquant cette véritable horde déambuler dans les rues de leur patelin. Le Loup Ancestral remarquait des corps inertes d’animaux sur des étalages ou dans les bas-fonds des ruelles. Des loups, des porcs, des chiens, des chats… il y en avait pour tous les goûts. Les avaient-ils laissé mourir ? Les avaient-ils torturés ou forcé à se battre entre-eux pour leur bon plaisir ?... Cela ne fit que renforcer sa rage.

Leurs deux apparences suffisait à terroriser petits et grands. Entre le loup gigantesque, véritable force de la nature, et le loup-garou fusionné avec cette chère mère nature à l’air arrogant et au moins aussi féroce que son acolyte… Il y avait de quoi prendre ses jambes à son cou. Leur cortège était si long et large que l’on aurait dit que la totalité des animaux, des arbres, des plantes, et des Loups avaient fait le voyage pour se réunir en cet instant crucial.

La maison du porc - navrée pour nos amis les porcs - de chasseur avait été dénichée. Le Grand Loup et son souffle à qui rien ne résiste fit s’écrouler la bâtisse. Le couple d’hommes et leurs enfants avaient eu le temps de s’enfuir par la porte de derrière. Mais cela ne changeait rien à leur condition. Le Loup Ancestral se gaussa même d’eux: s’en était ridicule d’essayer jusqu’à la dernière seconde d’éviter un tant soi peu son destin. Mais il ria moins, la seconde d’après. Son rire s’estompa. Quelque chose n’allait pas. Quelque chose clochait sérieusement, mais il fit mine que rien.

Cet imbécile de chasseur se fit engloutir comme un moins que rien avant qu’il n’ai pu prononcer sa dernière phrase. Le silence cinglant de cette nuit noire alourdissait l’horreur de la scène. Pauvres enfants. Pauvre mari. Vous avez perdu un être indigne. Quel malheur ! Plutôt, quel honneur d’avoir été dévoré par son homologue. Il était l’heure de passer au suiva…




































































































































Un frisson parcourut l’épiderme du Loup Ancestral.


Il ploya le genou quelques instants, se tenant la tête. Sort de là, sale garce ! Je n’aurais jamais dû te choisir comme enveloppe mortelle ! Tu ne représentes pas l’esprit de la Chasse Sauvage ! Hurlait silencieusement la divinité, puisqu’il s’écriait cela dans sa propre tête.

Après plusieurs instants de lutte mentale intense, il se releva. Son regard devint plus calme.

La petite famille s’était recroquevillée autours de quelque chose, au sol. Ils tremblaient et ne pipaient pas mot.

Le Loup Ancestral se tourna vers son ami de toujours. Il s’avança tranquillement jusqu’à lui et, une fois à portée, il lui ouvrit grand la gueule de sa force herculéenne. De là, il plongea l’une de ses mains dans son gosier. Il fouilla quelques instants dans celui-ci, visiblement à la recherche de quelque chose.

Lorsqu’il trouva “la bonne prise”, il retira de la gorge du Grand Loup un membre de sa précédente victime. Le Loup Ancestral s’éleva de quelques centimètres dans les airs et brandit l’arme du crime juste sous le nez du Grand Loup.

Il ne s’agissait pas d’un membre humain… mais d’une jambe arrière de loup !

Le cortège se figea dans l’incompréhension et la peur.

La Chasse Sauvage est une hérésie ! Depuis tous ces siècles où elle n’a pas été réalisée, à un tel point que nous la croyons n’être qu’une légende, nous avons connu la paix entre tous les peuples terriens ! Et cela doit continuer ! Bien sûr qu’il reste toujours de mauvaises personnes. Il y en a toujours ! De notre côté aussi ! N’y a t-il pas quelques Loups malintentionné qui chassent les autres espèces terriennes ? Mais vous oubliez le plus important: Nous sommes tous des terriens, filles et fils de la Terre ! Nous devons combattre ensemble, et pour cela nous devons faire prendre conscience. Pas perpétué des tueries !

L’apparence du Loup Ancestral commença à s’estomper. L’écorce laissa à nouveau place à de la fourrure, et l’exposition singulière de son coeur cessa également. Narumi reprit même apparence humaine, progressivement, afin d’appuyer ses propos.

Notre ami chasseur est toujours en vie. J’ai utilisé ma technique de transposition pour échanger son corps avec celui d’un loup qui était déjà mort avant qu’il n'atterisse dans ta gueule, Grand loup.

Narumi déposa à terre le membre du loup mort qu’elle avait précédemment récupérer dans la gueule de son partenaire. Elle s’écarta un peu, et derrière cette dernière le chasseur était effectivement toujours en vie.

Celle-ci se retourna vers le Grand Loup. Le feu qui brûlait dans ses yeux était telle une spirale infernale.

Apprenons-leurs à respecter et à aimer la nature, pas à la craindre. Ensemble. Je te l’ai dit !

Cette dernière s’approcha à nouveau de Personne. Son apparence humaine était ridicule face à la gueule béante de l’animal géant, mais aucune peur n’émanait de son être.

Je me suis inclinée devant toi car tu es celui que j’attendais. Mon égal, comme tu l’as souligné. Mais saches aussi, que si je suis capable de ployer le genou devant toi, je peux également te remettre les idées en place.

Cette dernière serra le poing si fort. Toute sa rage se libéra en un coup de poing dans la joue du Grand Loup. Blasphème ! Aurait pu crier certain. Mais Narumi n’avait rien à se reprocher, elle était le Loup Ancestral.

Le cortège retenait son souffle. Un silence de mort régnait, mais ils avaient compris le message. La louve se retourna vers le chasseur et sa famille.

Ne recommencez plus jamais à chasser par plaisir. Tuer pour s’amuser est un acte ignoble. Chassez en respectant l’animal, afin de vous nourrir, ça c’est naturel et louable. Regardez le cortège de la nature, regardez sa diversité. Nous sommes tous Terriens. Nous nous devons d’être unis. Accordez autant de crédit aux animaux qu’aux humains, et vous comprendrez les trésors qu’ils ont à vous offrir.

La cheffe tendit sa main au chasseur. Il était au sol, encore sonné, et entouré par son mari et ses enfants. Ce dernier jeta un regard autours de lui, comme s’il avait peur d’un piège. Mais cette sensation se perdit très vite lorsqu’il tourna ses yeux vers ceux de la louve. Il sentait sa sincérité. Il prit sa main et se releva.

Je suis Narumi Karuzaki, fille d’Oméga, le premier-né des loup-garou sur Terre. Et je vous demande d’ouvrir votre coeur à la nature, je vous demande d’apprendre à la respecter. Vous, moi, eux, nous sommes tous des enfants de la Terre. Nous avons mieux à faire que nous entre-tuer, nous devons unir nos esprits et nos efforts pour faire de cette planète quelque chose de meilleur... Pour nous rendre meilleur.

Le vent porta ses paroles. Les policiers et militaires qui s’étaient amené ici avaient assisté à toute la scène. Certains d’entre-eux étaient d’ailleurs des loup-garou. Ils n’avaient pas répondu à l’appel de la Chasse Sauvage car ils se trouvaient trop loin de l’appel à ce moment-là, et l’envoûtement ne les avaient donc pas affecté. Ces derniers s’en félicitaient, au final.

Les citoyens qui avaient prit peur étaient sorti de chez eux en entendant les paroles lourdes de sens de l'Alpha. Aucun membre du cortège n’était agressif, au contraire. Les animaux et les terriens commencèrent à s’approcher et à s’apprivoiser, comme si c’était là le véritable pouvoir caché de la Chasse Sauvage que Narumi venait de révéler au grand jour : la compréhension mutuelle.

Les militaires s’approchèrent, et la cheffe s'arrangea avec eux et la famille sans habitation pour, justement, réparer ce soucis. La nuit noire sembla se dissiper, comme si c’était la Chasse Sauvage qui avait précédemment obscurcit les cieux. La nuit était belle, pleine d’étoiles et d’espoirs à présent.

Personne devait avoir prit une sacrée gifle, en plus du coup de poing au sens littéral qu’il s’était probablement mangé. La militaire ordonna au cortège de se dissiper et d’aider les humains à reconstruire leur maison; ce qui fut donc fait en un rien de temps au vue de tout le beau monde qu’ils avaient à disposition. Les animaux se mêlèrent aux humains et anthropomorphes terriens du village comme si c’était la première fois. Ils se redécouvraient. Des enfants criaient de joie en caressant les fourrures des loups, des chiens, des chats, même un ou deux ours accepta d’être approché et domestiqué.

La cheffe retourna enfin auprès de Personne. Cette dernière marcha silencieusement à ses côtés tout en s’éloignant du village, qui au lieu de baigner dans l’horreur, baignait dans une sorte de fête joyeuse pleine de compréhension.

Nous sommes dangereux l’un pour l’autre, Grand Loup. Je n’ai pas pu contenir la folie du Loup Ancestral. Ton appel était si puissant qu’il a prit le dessus. C’est une très vieille divinité qui, paraît-il, existait bien avant la création de notre planète. Elle n’est pas en phase avec son temps. Elle n’est faite que de rage, elle ne sait qu’instiller la peur et le malheur. Ce n’est pas le chemin que nous devons emprunté. Ni toi, ni moi, ni la nature, ni les animaux et notre peuple. Cela fait des décennies que nous œuvrons pour la paix, et nous l’avons. Des méchants, des gentils… et des gens tout gris, il y en aura toujours, partout, dans tous les camps, de toutes les espèces. Ne sombrons pas dans la folie pour ça : ils ne représentent qu’une minorité. Continuons plutôt d’inspirer nos semblables Loups autant que nos semblables humains, anthropomorphes, et bien d’autres encore. Car, après tout, nous sommes tous natif de la Terre. Nous représentons les terriens autant qu’eux.

Narumi soupira d’un air soulagé en zyeutant, de loin, le cortège qui s’était dissipé, les terriens, les animaux, les loup-garou et les loups se familiariser davantage. C’était ça, ce à quoi ils devaient tous aspirés.

Et, oui, ne t’inquiètes pas, au faite. Mes militaires seront apte à arrêter ce vampire. Pour être franche, il y en a quelques-uns dans l’armée. Mais ils ne sont pas originaire de la Terre à la base, ceux-là. Ils sont venu s’y installer progressivement, et ils n’ont donc rien à voir avec ceux qui nous avaient opprimés.

La louve reporta enfin son regard dans celui de son acolyte. Cette fois, le feu ardent s’était évaporé. L’admiration et la tendresse étaient revenu en elle.

J’ai perçus des bribes de la discussion qui s’est opérée en toi. C’est vrai : je t’accepte, je te respecte et je t’aime tel que tu es. Mais ta vraie nature n’est pas d’être inhumain. Je le sens. Tu as été poussé à devenir insensible pour te préserver. Ensemble, nous prendrons le mal qui s’immisce et se partage, pour le transformer en du bien. Tu en es capable autant que moi.

Cette dernière reporta son attention au loin, sur le village en fête. Les éclats de rire arrivaient jusqu'ici. Cela réjouissait son coeur.

Nous sommes enfin réunis. Qu’importe ce que nous étions dans des vies antérieures, nous avons les moyens de faire encore mieux maintenant.” Celle-ci sentit un courage et une volonté inarrêtable l’envahir; alors qu’elle croisait à nouveau le regard de Personne. “Ensemble... nous sommes la Chasse Sauvage, celle qui unira les Terriens.
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MessageSujet: Re: The big bad wolf [PV]   The big bad wolf [PV] ClockMer 22 Jan 2020 - 22:51
"Narumi...?"

Le loup-garou, qui avait modifié son apparence un peu plus tôt pour se doter d'une carapace et faire apparaître un cœur à moitié végétal, venait de ployer un genou à terre. Le Grand Loup la regarda d'un air inquiet. Quelque chose n'allait pas, il le sentait. Elle avait l'air de souffrir, elle criait en se tenant la tête. Le Grand Méchant Loup n'avait pas remarqué que Narumi et le Loup Ancestral étaient deux entités différentes, raison pour laquelle il continuait de s'adresser à elle en tant que Narumi. Puisqu'il avait lui-même oublié qui il était jadis, il n'avait sans doute pas encore complétement retrouvé la mémoire. Il n'avait été guidé que par des émotions instinctives qui le poussaient à vouloir suivre Narumi, ou en l'occurrence le Loup Ancestral, à cause du destin qu'ils partageaient. Mais il ne faisait pas la différence entre ce loup-garou métamorphosé et la vraie Narumi, il croyait suivre la même personne depuis le début. Malgré la puissance qu'il lui connaissait, il fut presque pris de panique en la voyant souffrir ainsi. Il voulait faire quelque chose pour l'aider, mais quoi ?

Finalement, elle finit par se relever, comme si de rien n'était. Le Grand Méchant Loup s'en trouva soulagé. Elle s'approcha de lui, et alors qu'il s'attendait à une accolade affectueuse, elle lui prit la mâchoire de part et d'autres et le força à l'ouvrir.


"OUARHGHKRRR !!!" s'étrangla t-il alors qu'elle plongeait ses bras au fond de sa gorge.

Ses yeux étaient écarquillés. Il ne comprenait pas. Pourquoi est-ce qu'elle lui faisait du mal ? N'était-elle pas censée l'aimer ? Pourquoi se retournait-elle contre lui ? Il était déboussolé, il ne savait plus quoi penser. Ses pensées tournaient dans sa tête, formant une tornade aussi destructrice mentalement que sa technique du souffle sur le plan matériel. Il se sentit trahi, et un voile noir s'abattit de nouveau sur lui. Une immense peine, une douleur encore plus profonde que jamais auparavant. Car après lui avoir fait don du plus beau cadeau, elle le lui reprenait de force, elle l'arrachait à son cœur. Il n'aurait jamais dû lui faire confiance. Il savait pourtant qu'il ne fallait faire confiance à personne. Tout le monde était immonde. Tout le monde était indigne. Tout le monde était détestable. Elle avait ravivé en lui la flamme de l'espoir, celui d'être enfin compris, accepté et aimé pour ce qu'il était, celui de sortir de sa solitude et sa damnation éternelle. Et puis, elle venait d'éteindre cette flamme et de piétiner son cœur.

*Pourquoi, Narumi...? Pourquoi me rejettes-tu ? Qu'ai-je fait pour mériter un tel mépris ? Je croyais que nous resterions ensemble... Je croyais que tu m'aimais...*

Il était perdu, désorienté. Il ne savait même plus quoi ressentir, partagé entre la peine, bien sûr, l'incompréhension, la fureur, mais aussi toujours l'amour. Se faire arracher une proie de la gorge n'était déjà pas très agréable en soi, mais la douleur physique n'était rien en comparaison de sa blessure morale si profonde. Il pensait pourtant agir comme elle le voulait, faire les choses pour lui plaire, tout en étant lui-même.

Lorsqu'elle eut fini sa séance de torture, elle sortit du fond de sa gorge un morceau qu'il avait avalé... Une patte de loup ?! Son incompréhension s'intensifia. Il n'avait jamais mangé de loup, il n'était pas cannibale. Les loups étaient les seuls êtres qu'il appréciait, jamais il ne leur aurait fait du mal. Qu'est-ce que cette patte faisait là-dedans ?

Puis Narumi proclama un discours, tout en reprenant sa forme humaine. Ce qu'elle disait était l'inverse de ce qu'elle avait affirmé un peu plus tôt sous forme de loup-garou, cette forme qui l'avait transcendé et lui avait fait comprendre des choses qu'il ignorait jusqu'à lors, même s'il lui manquait encore une partie des informations. Ses paroles, c'était celles de Wolfgang, celles de sa partie humaine qu'il avait chassée de son esprit. Il comprit alors qu'il y avait deux Narumi, tout comme il y avait deux Lui. Mais laquelle des deux devait-il croire ? Pour laquelle avait-il des sentiments ? Cette Narumi-là, c'était celle qui l'avait aidé à se venger, celle qui avait été avenante dés le début de leur rencontre, qui l'avait aidé dans le bar. Il avait un lien fort avec elle, c'était évident. Mais l'autre Narumi, aux idées opposées, avait également été gentille et affectueuse avec lui, et ce flot d'émotions qu'il avait ressenti lorsqu'elle avait poussé un mélodieux hurlement tandis que son regard était embrasé, ces sentiments qui lui avaient fait comprendre tant de choses, qui lui avaient fait croire qu'il avait trouvé sa place, cela venait de la deuxième Narumi, celle qui voulait tuer les chasseurs. Il ne savait plus qui croire ni que ressentir. Il était complétement plongé dans le brouillard. Il était perdu. Il l'avait perdue. Wolfgang avait-il raison ? S'étaient-ils perdus en empruntant cette voie-là ? Il se sentit abandonné, il avait l'impression d'être de nouveau seul.

Une partie de ses interrogations trouva des réponses lorsqu'elle expliqua comment elle avait interchangé l'humain avec un loup mort pour le tromper. Elle l'avait piégé et s'était moquée de lui. Malgré cela, il n'arrivait pas à la détester ni à avoir la volonté de lui faire du mal. Pourtant, quiconque lui ayant fait engendrer une telle souffrance en jouant avec ses sentiments aurait subi son courroux, il aurait eu la volonté de tuer n'importe qui d'autre se moquant de lui ainsi. Mais pas elle. Il ne le pouvait pas.

Elle lui dit qu'ils devaient apprendre aux humains à apprécier la nature et les animaux et non pas à les craindre, comme Wolfgang l'avait dit un peu plus tôt. Elle répéta qu'ils devaient le faire ensemble, comme pour le réconforter, lui montrer qu'elle ne l'abandonnait pas. Mais c'était trop tard. Il s'était fourvoyé. Il n'arrivait plus à lui faire confiance désormais. Que reste t-il quand la seule personne qui compte pour vous se dresse contre vous ? Il ne reste plus rien. Il avait perdu sa raison d'être.

Le coup de poing dantesque qu'elle lui assena finit de réduire en charpie le peu d'estime qu'il lui restait. La violence du coup fut telle que sa gueule se tourna à 60°. Il n'avait même pas cherché à éviter ou à se défendre. Tout cela était vain. Il tourna lentement la tête pour la regarder à nouveau, en lui adressant un regard de chien battu qui ne comprenait pas tout le mal qui s'abattait sur lui.

En face de lui, une silhouette masculine, et imposante pour un humain, se dessinait. Une autre vision qui se déroulait dans son esprit. L'homme aux longs cheveux noirs était légèrement penché vers le côté, le poing droit serré et tendu vers le côté opposé à son épaule, dans une position qui laissait à penser que c'était lui qui l'avait frappé et que son corps avait été emporté dans son élan.

*Wolfgang ?!* s'exclama le Grand Méchant Loup.

L'homme se redressa lentement, tête baissée. Puis il releva la tête, et plongea ses yeux jaunes dans ceux du loup, avant de prendre la parole d'une voix grave et mélancolique :

*Mon nom... est Personne.*

Ce n'était pas Wolfgang qui était face à lui. C'était bel et bien Personne, avec l'apparence que Narumi lui connaissait sous forme humaine. Avec ses vêtements sales et déchirés, sa barbe et ses longs cheveux gras.

*C'est impossible, je t'ai chassé !*

*Tu ne peux me chasser. Je suis toi.*

Puis, d'un geste brusque, Personne brandit son index vers le côté, au loin, et affirma d'un ton sec :

*Va t-en.*

*Que je m'en aille ? Insignifiant humain, ceci est mon corps, et nous sommes dans mon esprit. Je suis à ma place !*

*Ta place n'est nulle part. Ne l'as-tu pas compris ? Personne ne veut de toi.*

*Et qu'en est-il de toi ? Toi qui n'es justement personne, toi qui as si piètre opinion de toi-même que tu es incapable de te définir, penses-tu avoir une quelconque place ? N'oublie pas que c'est moi qui t'ai créé, humain. Si je n'ai pas ma place dans ce monde, sache que tu n'en as guère plus.*

*Tu ne m'as pas créé. Tu as créé Wolfgang Wolfwood, un simple rôle, une interprétation. Je me suis créé tout seul, en vivant au contact des humains, peut-être... Non, avant cela. Le premier jour où tu as ressenti de la peine et de la lassitude. Le jour où tu en as eu marre de vivre seul, d'être craint et d'être rejeté. Je suis né ce jour-là, quand tu as commencé à ne plus ressentir de satisfaction en tuant. Quand tu as commencé à ne plus t'apprécier. À ne plus t'accepter. C'était moi.*

*Tu es la raison pour laquelle je me sens si mal. Une simple idée, qui s'est immiscée dans mon cerveau, que je n'ai pas su chasser, qui s'est développée, et qui est devenue une obsession. Celle de changer, celle de devenir bon. Pourquoi ne puis-je pas me débarrasser de toi ? Pourquoi ne puis-je plus m'accepter tel que je suis ? Pourquoi faut-il que tu existes ?*

*Parce que tu es de l'histoire ancienne, Loup. Tu as fait ton temps. Ton Conte aurait dû se conclure il y a fort longtemps, déjà. Tu veux cesser de souffrir ? De te détester ? Alors laisse-moi prendre le relais. Aux côtés de Narumi, nous deviendrons quelqu'un d'autre. Quelqu'un que nous pourrons apprécier. Nous pourrons faire des choses qui nous rendront fier.*

*Mais je... Je ne veux pas partir. Je ne veux pas être seul.*

*Nous ne le serons plus. Nous serons avec Narumi. Mais ce n'est pas du Grand Méchant Loup dont elle a besoin. Je t'ai laissé le contrôle trop longtemps. Il est temps que nous nous reprenions en main. Pars, et ne reviens jamais.*


Le Loup baissa la tête, ainsi que la queue, et s'en alla en marchant lentement et en faisant la tête, il disparut au loin.

Dans le monde réel, le Grand Loup rapetissa tout en se redressant sur ses deux pattes arrière, reprenant en quelques secondes son apparence humaine. Son humanité était parvenue à reprendre le dessus. Il y avait, en tout et pour tout, trois versions différentes de sa personnalité, selon sa forme et son état d'esprit. Ce n'était pas totalement des personnalités différentes, c'était toujours la même, mais certains aspects de sa personnalité étaient plus marqués que d'autres en fonction des circonstances. Il y avait, tout d'abord, la personnalité bestiale et malveillante du Grand Méchant Loup. C'était son lui originel. Peut-être n'était-il pas né ainsi, peut-être l'était-il devenu avec le temps, mais une chose était sûre : il était resté ainsi durant des siècles. C'était une personnalité fière à l'appétit vorace, qui ne ressentait de l'empathie pour personne, hormis Narumi, désormais. Il aimait s'adonner à ses pulsions meurtrières. Il ne se contrôlait pas beaucoup sous cette forme. Il avait apprécié et conservé cette condition durant des siècles.
Mais un jour, un trait de personnalité était né. Au début minime, il avait fini par se développer, s'agrandir avec le temps. Ce trait était né de la solitude. La solitude, qui l'avait toujours caractérisée, avait fini par le lasser. Et au fur et à mesure, il s'était déprécié et avait voulu changer. C'était toujours le Grand Méchant Loup, mais qui ne voulait plus être le Grand Méchant Loup, qui se cherchait, sans savoir vraiment ce qu'il devait être. C'était lui qui avait pris la décision de quitter le Pays des Contes et des Fables, pour commencer une nouvelle vie et devenir quelqu'un d'autre.
A cet effet, le Loup avait créé une identité et une apparence humaine : Wolfgang Wolfwood. Il avait également imaginé ses traits de personnalité pour tenter de se fondre dans la société humaine. Il se faisait passer pour un type sympa et rigolo. Mais tout cela était faux, au début.
Néanmoins, à force de jouer ce rôle et d'être au contact des humains, le Loup s'était humanisé, dans le bon sens du terme. Ainsi, le mélange des traits humains de Wolfgang et du trait de caractère qui poussait le Grand Méchant Loup à se déprécier et vouloir changer, avait donné Personne. Personne, c'était le Loup, mais en plus humain. C'était le Loup qui cherchait à réprimer son comportement bestial et qui cherchait des moyens de faire le bien, le Loup qui détestait plus que tout sa forme bestiale et cherchait à la fuir. Cela lui était déjà arrivé, en tant que Wolfgang, de redevenir lui-même, d'arrêter de jouer le rôle du type drôle et sympa qui faisait des vannes. Quand Wolfgang avait pu être plus sérieux, inquiet ou déprimé, c'était qu'il laissait entrevoir sa vraie personnalité... celle de Personne. Et lorsqu'il perdait le contrôle, s'adonnait à la colère et devenait agressif et très violent, il laissait la bête, le Grand Méchant Loup, prendre le contrôle.

Il avait été mentalement absent quelques minutes, on avait dû croire qu'il se remettait difficilement du coup de poing dans la figure, mais la douleur avait été plus mentale que physique. Maintenant qu'il était parvenu à retrouver son humanité - dans tous les sens du terme puisqu'il avait aussi repris son apparence humaine - il allait un peu mieux. Disons qu'il comprenait les actions de Narumi, et était même content qu'elle l'eût arrêté avant qu'il ne fût trop tard. Cela ne signifiait pas pour autant qu'il respirait la joie, loin de là. Il restait toujours déprimé, et ce pour plusieurs raisons. D'une part, il n'avait toujours pas digéré le massacre de sa meute, cela le peinait au plus profond de son âme. Mais d'autre part, il s'en voulait pour tout le mal qu'il avait commis depuis qu'il s'était échappé de la cage. Toutes ces morts et ces souffrances qu'il avait infligées lorsqu'il était sur le chemin de la vengeance. Il culpabilisait aussi pour cela. Certes, ils avaient commis des crimes et méritaient d'être punis. Mais autrefois, peu de temps après la création de Wolfgang Wolfwood, il s'était promis de ne plus jamais tuer. En dehors de la chasse pour se nourrir, qui restait naturelle, surtout pour un carnivore. Il n'était jamais parvenu à tenir cette promesse. Il n'avait de cesse de tuer. Bien souvent sous des accès de colère qui laissait tout loisir à la Bête de reprendre le contrôle. Ces derniers mois, ça avait davantage été une colère froide. Pas un accès incontrôlable de rage qui survient quelques minutes. Cela avait duré des mois. Plus que de la colère, c'était de la haine, une obsession pour la vengeance qui l'avait dévoré de l'intérieur, consumé son âme. Et il lui faudrait du temps pour s'en remettre, pour que les cicatrices se referment.

Les choses avaient bougé autour de lui durant son absence mentale. Des animaux et des humains travaillaient main dans la main pour reconstruire la maison, les êtres vivants étaient heureux, ils apprenaient à s'accepter et à vivre en symbiose. Et c'était Narumi qui était parvenue à un tel prodige, elle seule. Cette femme était incroyable. Elle parvenait très bien à rallier les autres à sa cause. Personne était à la fois impressionné et admiratif devant cette prouesse. Son incroyable capacité à faire le bien, et surtout à le répandre, à pousser les autres à faire le bien.

Elle revint le voir et ils s'éloignèrent quelque peu du brouhaha causé par les rires des humains et des animaux. Elle lui adressa ensuite la parole, pour revenir sur ce qui s'était passé en expliquant la situation à propos du Loup Ancestral, et en expliquant en quoi leurs agissements étaient mal. Personne gardait la tête baissée, honteux d'avoir si mal agi, pas seulement en cette soirée et en présence du Loup Ancestral, mais depuis des mois, aveuglé par la haine et la souffrance. De temps à autre, il acquiesçait d'un signe de tête.





Après être revenue sur l'histoire du vampire ayant rejoint le camp des réfugiés, pour le rassurer, elle lui dit qu'elle avait pu entendre des bribes de sa conversation intérieure, lorsque leurs esprits étaient plus ou moins fusionnés en tant que Loup Ancestral et Grand Loup. Elle révéla qu'elle l'acceptait et l'aimait tel qu'il était, qu'elle était convaincue qu'au fond de lui, il n'était pas méchant, et qu'elle allait l'aider à le guider sur la bonne voie. Bien qu'il aurait aimé pouvoir la croire sans sourciller, et qu'il appréciait grandement son aide, il était si déprimé, avait une si mauvaise opinion de lui-même, qu'il restait dubitatif quant à ses paroles. Il ne doutait pas de la sincérité des paroles de Narumi, mais il avait plutôt l'impression d'être une cause perdue, surtout après tout ce qu'il s'était passé dernièrement. Quelque chose d'autre le laissait perplexe. Elle disait l'accepter et l'aimer tel qu'il était, mais comment le savoir ? Comment savoir si c'était vraiment elle qui ressentait cela, et pas plutôt le Loup Ancestral qui sommeillait en elle ? Ils venaient tout juste de se rencontrer et ne se connaissaient pas, contrairement aux deux Loups qui étaient faits pour vivre ensemble. Personne était un peu perdu. Lui-même ne savait pas vraiment comment interpréter ses sentiments. Il appréciait la présence de Narumi à ses côtés, c'était certain, il était admiratif devant elle et ne voulait pas la quitter, elle lui faisait ressentir des choses qu'il n'avait jamais ressenties avant. Mais comment être sûr que c'était bel et bien lui qui ressentait cela vis-à-vis de Narumi, et non pas le Grand Loup vis-à-vis du Loup Ancestral ?

Elle conclut en disant qu'ensemble, ils étaient la chasse sauvage, non pas celle destructrice qui tuait les chasseurs, mais celle qui allait réunir toutes les espèces terriennes.



Il finit par relever la tête pour plonger ses yeux sauvages dans ceux de la cheffe des armées. Puis, il s'efforça à faire un petit sourire, bien que sans grande conviction.


"Narumi... Merci." commença t-il, doucement.

Sa voix était moins caverneuse que celle qu'il avait eue lors de leur rencontre, il y avait moins de rage, moins de haine. En revanche, elle était tout autant mélancolique. Par la suite, il s'exprima bien plus fluidement qu'il ne le faisait avant de se transformer en Grand Loup.


"Rencontrer quelqu'un comme toi m'était inespéré... C'est sans doute la meilleure chose qui me soit arrivée. Mais... pour être honnête, je ne pense pas le mériter. Bien trop de sang a coulé par ma faute... Je ne suis pas quelqu'un de bien, Narumi. Je me suis plongé dans une quête absurde de vengeance... Je pensais que cela me soulagerait, mais il n'en est rien. C'est même pire encore. Et ça n'a pas ramené mes amis, rien ne le pourra... J'ai agi de façon stupide, et égoïste. C'est ce que je suis... Un être malfaisant. Et ce soir, je t'ai fait plonger avec moi dans les ténèbres. Tu dis m'accepter et m'aimer tel que je suis, mais... je ne crois pas que tu le puisses. Après tout ce qu'il vient de se passer, je me sens... perdu. Comment savoir si nos sentiments sont réels ? Comment savoir si c'est toi qui ressens cela, ou bien si c'est le Loup Ancestral qui te le fait ressentir via son influence ? Après tout, nous venons de nous rencontrer, nous ne connaissons rien l'un de l'autre..."

Personne n'avait pas envie de la quitter. Il ressentait véritablement quelque chose de fort à son égard, il y avait un lien puissant entre eux. Mais il avait des doutes sur l'authenticité de ce lien, il craignait que la seule raison pour laquelle ils étaient attirés l'un à l'autre, ce fût à cause des divinités qui vivaient à travers eux, ce qui serait une mauvaise chose au vu des divinités en question. Il voulait pourtant y croire, croire qu'il pouvait changer. Qu'il pouvait aimer et être aimé. Qu'il pouvait devenir quelqu'un de bon, quitter ce sentier parsemé de mort et de souffrance pour emprunter celui empli de tranquillité et de bonheur, aux côtés de Narumi. Mais était-ce seulement possible ? Il était devenu pessimiste avec le temps, et la mauvaise image qu'il avait de lui-même, à cause de sa partie bestiale, n'arrangeait pas les choses. C'était comme si le bonheur lui était devenu inaccessible. Mais Narumi restait la petite lueur d'espoir, qui continuait de briller fébrilement au milieu des ténèbres.

" Cependant... j'aimerais apprendre à te connaître davantage. Et qui sait... Peut-être qu'en nous côtoyant plus longtemps, nous constaterons que je m'étais encore fourvoyé. J'aimerais tant que tu aies raison à notre sujet..."
Narumi Karuzaki
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MessageSujet: Re: The big bad wolf [PV]   The big bad wolf [PV] ClockVen 24 Jan 2020 - 10:18
Le Loup Ancestral était à nouveau enfouis quelque part, entre le monde réel et l’immatériel. Ce concept de réincarnation dans la chair d’un mortel n’est pas simple à saisir. On ne sait pas qui était vraiment le Loup Ancestral au début de la création de cet univers. C’est un ancêtre des loups, certes. Mais quel était son but ? Si c’est lui et le Grand Loup qui ont inventé la Chasse Sauvage, un pouvoir si grandiose, féroce, et destructeur, pourquoi en sont-ils venu à une telle extrémité ? était-ce dans leur nature cette violence en guise de réponse, comme quelque chose de naturel, d’évident ? Peut-être. Narumi ni personne d’autre de l’époque actuelle ne pouvait s’imaginer les guerres primaires qui avaient éclaté à leur époque à eux. Ils ne savaient rien de la cruauté qui opérait non plus jadis. Et c’était même bien trop compliqué pour le cerveau de s’imaginer cela, déjà que d’arriver à saisir le fait que l’univers est immense, qu’il y a plusieurs galaxies, et plusieurs mondes c’était… incroyablement dur à assimiler.

Tout comme le fait que, d’une manière bien spécifique, l’âme du Grand Loup et du Loup Ancestral avaient survécu à travers les âges. Et s’étaient réincarné, immiscer à l’intérieur du corps de nos deux acolytes. Entièrement, ou une partie d’eux seulement, peut-être. Tel des horcruxes. Leur présence pouvaient exacerbé certains des sentiments de leurs hôtes. Les consumer. Si l’on ne faisait pas attention, l’on pouvait vite se retrouver à échanger les places, comme Narumi l’avait expérimenté ce soir. Le Loup Ancestral l’avait écartée pour prendre les commandes. Mais c’était… La présence de Personne, la clé à toute ceci.

Il lui faisait perdre ses repères les plus élémentaires. Ses sens s’affolaient et ne se concentraient plus aussi bien sur le reste lorsqu’il était à côté. Son corps frémissait, son nez frétillait. Même si dans sa forme humaine il était crasseux actuellement, c’était les phéromones irrésistibles qui émanaient de lui qui prenaient indubitablement le dessus sur le reste. Cela rendait folle de rage Narumi, dans le fond. Quel était ce sentiment incoercible ? Bien qu’elle soit une véritable furie, capable de s’énerver en un rien de temps, ce n’était jamais sans raison valable. Et surtout, cela l’agaçait de ressentir un tel engouement pour Personne. Parce qu’elle ne le connaissait de nul part, et en même temps… elle croyait le connaître depuis toujours. C’était irritant.

Son acolyte semblait s’être calmé. Il avait changé. Narumi avait pu ressentir d’autres bribes de ce qui s’était passé en lui. Une sorte de renaissance, comme le nom du bar. Son humanité était revenue au galop. En dépit du fait que le Grand Loup lui faisait ressentir de la pitié pour sa condition - il se sentait trahi et rejeté, encore - il fallait préciser que c’était parce qu’il n’arrivait pas à comprendre le fait que ses envies, ses projets, étaient des desseins baigné dans la noirceur la plus totale. Il était comme le Loup Ancestral, incapable de comprendre les autres. Les autres seulement devaient les comprendre et accepter leurs points de vu, leurs manières de faire. Ils n’étaient que de vieilles reliques du passé qui voulaient avoir l’ascendant sur l’ère actuelle. Mais ils n’apporteraient que chaos si l’on les laissait faire ensemble.

Ses yeux se plissèrent en un rictus méfiant lorsqu’il la remercia sans grande conviction. La mélancolie qu’il ressentait lui chatouilla l’échine dorsale désagréablement, ce qui mit fin à son regard suspicieux bien vite.

Cette dernière le laissa s’exprimer. Le changement était flagrant. Sa voix rocailleuse lui provoqua des frissons. Il y avait quelque chose de plus sensuel dans sa manière de s’exprimer maintenant. C’était encore pire ! pensait Narumi en pestant dans son fort intérieur. Ses propres instincts l’énervait. Pourquoi ressentir des sentiments... ces sentiments liés à l’amour et au désir pour quelqu’un d’inconnu ? Tout ça parce qu’il est un Alpha ? Non… Il y a bien d’autres Alpha. Mais atypiques comme lui… C’est drôlement rare. Après tout, c’est son éternel compagnon… mais le compagnon de qui ? Le Loup Ancestral… Il n’avait vraiment pas tort dans ce qu’il disait là. La louve resta cependant muette et attentive. Personne exprimait enfin le fond de sa pensée et de ses ressentis. Cela lui tordait le ventre dans tous les sens, autant de plaisir que d’appréhension. Elle sentait son envie ardue de rester à ses côtés et la partageait.

La vive lueur d’espoir qui chatoyait et virevoltait entre eux se manifesta dans ses dernières paroles. La louve se mit à sourire en détournant le regard. Ses paroles l'émeut plus qu’il ne le faudrait. Cette dernière serrait les dents. Ressentir ces sentiments-là l’avait amené à perdre ses proches et perdre son peuple. Et cet homme en face d’elle avait des traits en commun avec son précédent amant. Sous sa forme humaine, la ressemblance était probante : un grand brun ténébreux. Ce qui les différenciait c’était leurs traits faciaux. Seishiro était plus fin, imberbe, il faisait hautain. Personne était plus bourru mais tendre à la fois, sincère et… ses pensées s’envolèrent. Elle l’admirait tellement… Narumi pensait déjà tant de bien de lui… et cela la fit rougir de honte.

Comme pour dissiper ce sentiment qui la prenait à la gorge et la dégoûtait tant - elle avait tout perdu en écoutant l’amour - celle-ci attrapa par le col son homologue. La jeune femme lui lança un regard difficilement descriptible. Il y avait du doute. De la colère. De la peur. De la tendresse. De la compassion. Et un rejet de ses instincts qui la poussait dans ses bras alors qu’ils n’avaient peut-être rien pour s’entendre, au final. Mais ce qui avait éveillé réellement sa fureur de base, c’était ce qu’il avait dit sur lui-même.

Tu n’es pas un être malfaisant ! Mon instinct ne m’a jamais trompé. Je ressens tes émotions comme si nous n’étions qu’un. Je sais que tu es capable du meilleur, toi qui a déjà fait le pire. Tu étais rejeté et perdu dans une spirale de noirceur infinie fut une époque. Mais mets-toi bien dans la tête qu’elle est révolue. Je ne tolérerais pas d’avoir un égal qui coule lentement vers l’obscurité. Je serais là pour te mettre d’autres coups qui vont te remettre les idées en place si tu redeviens instable et vicieux.

Cette dernière décramponna le col de Personne avec un petit grognement. Il fallait qu’il croit dans le fait qu’une rédemption était possible. Il ne serait pas aisé de lui faire comprendre cela, mais Narumi ne comptait pas lâcher l’affaire.

Tu soulèves des questions intéressantes et logiques. Il me semble évident que nos sensations sont intensifiées à cause du Grand Loup et du Loup Ancestral. Et alors ? Comme je te l’ai dit, mon instinct ne m’a jamais fait défaut. Je sais qui je suis, je sais où je vais. Je sens que ma place est à tes côtés. Je me fiche bien de savoir si cela tient uniquement aux esprits en nous de base. Nous apprendrons à nous connaître, à nous aimer ou à nous détester s’il le faut. Mais nous sommes fait pour marcher ensemble. Je sais que nous apporterons bonheur et compréhension dans notre sillage. Notre présence, à l’unisson, permet à la nature, la faune et la flore, d’être apaisée et de suivre la direction que l’on prend. Alors, prenons la bonne pour continuer de donner l’exemple.

Celle-ci croisa les bras sous sa poitrine. Quand est-ce que la présence de cet inconnu allait cesser de la tourmenter, de la troubler de la sorte ? Ils ne faisaient rien d’autre que parler, et pourtant elle avait envie d’être plus proche de lui. Autant spirituellement parlant que physiquement. Cette sensation, qu’elle soit dictée par son instinct ou non, restait contrôlable pour l’heure. Alors, elle se tenait à distance respectable de lui.

Ce village deviendra le premier à considérer les animaux et la flore à sa juste valeur. D’autres le rejoindront. Ils vont voir le bonheur que leur apporte la Nature. Nous continuerons de faire en sorte qu’ils se rapprochent.

Cette dernière changea momentanément de sujet. Un sourire honnête gagna à nouveau ses lèvres. Elle était soulagée, heureuse d’observer une telle entente.

Celle-ci lui fit signe de la suivre. Ils marchèrent en direction de la ville.

Nous devrions nous reposer. La nuit a été longue et éprouvante pour toi comme pour moi.

La louve lui jeta un regard en coin. Il se pouvait que Personne redevienne agressif au contact de certains terriens. Ce dernier avait l’air tellement éloigné de tout contact avec d’autres êtres humanoïdes lorsqu’elle l’avait rencontré il y a de cela quelques heures… Mais s’il redevenait plus animal que diplomate, elle saurait freiner ses ardeurs.

Ils débouchèrent dans une grande rue qui semblait en bon état à côté du reste. Bien entendu, depuis plusieurs mois à s’activer pour tout reconstruire, la ville ressemblait déjà plus à quelque chose qu’au départ. Mais il y avait encore de nombreux bâtiments délabrés à restaurer.

Narumi les guida jusqu'à un hôtel. Cette dernière n’avait pas de maison, sauf dans les montagnes rocheuses là où vivait la plupart des loup-garou. Ils s’étaient naguère installé là-bas pour ne pas déranger les terriens humains et anthropomorphes qui les craignaient encore. Certains y restaient par tradition, mais beaucoup habitait maintenant la ville aux côtés de leurs confrères terriens de toute horizon.

La louve ne s’achetait pas de maison, elle préférait contribuer tel qu’il lui était possible de le faire. Dont en louant des chambres dans divers hôtel, pas forcément côté d’ailleurs. Ce soir, ils allèrent au Martens; un hôtel en pleine rénovation depuis la guerre.

Au guichet, l’être anthropomorphe semblable à un corbeau les accueillit avec une joie non dissimulée. Il se mit à rougir en voyant la louve. Elle faisait cet effet-là à pas mal de monde, il était donc difficile de dire pourquoi ils se sentaient gêner. Ceci dit, la militaire espérait toujours que ça ne soit pas à cause de son statut de cheffe, elle qui s’évertuait à montrer qu’elle n’était qu’une personne parmi tant d’autres.

Bienvenue au Martens à vous Mme Karuzaki !” S’exclamait-il gaiement. Ce dernier lança le même sympathique à Personne. “Vous aussi ! Je ne vous avais jamais vu auparavant l’ami, qui êtes vous ? Une nouvelle recrue de la cheffe ?

Narumi n’aida pas son homologue à trouver une réponse, elle était curieuse de voir comment il allait lui répondre.

Après leur échange, le corbeau répondant au prénom d’Ahéïs leur donna un jeu de clé et leur indiqua le cinquième étage. La louve prit l'ascenseur en compagnie de son partenaire, alors que le corbeau transmit à la cuisine leur commande en matière de nourriture et de boissons. Ils pourraient venir manger au restaurant comme décider de rester dans la chambre pour déguster leur repas.

En attendant, il fallait supporter la sensation de confinement de l'ascenseur - qui n’avait de cesse, même avec l’habitude, d’oppresser Narumi. Celle-ci garda les yeux rivés sur les étages qu’ils gravissaient  - malencontreusement pour elle - assez lentement. Cet appareil devait avoir quelques soucis techniques.

Une fois au cinquième étage, ils découvrirent leur chambre. C’était chic juste ce qu’il fallait, dans des tons sobres. Ahéïs leur avait donné l’appartement sur le thème de la nature, probablement pour qu’ils se sentent plus comme chez eux. Il y avait donc des décorations agréables avec des plantes, de l'encens naturel et les couleurs se définissaient par différentes nuances de verts et de blanc. Narumi passa un coup de téléphone à l’un de ses amis, Darcia. C’était le premier loup-garou à s’être aussi bien intégré dans la société terrienne. Il détenait l’une des franchises les plus connues de Satan-City, dont il était l’inventeur: Le Hamona. C’était des hôtels-bars-restaurants réputés.

Elle le contacta pour qu’il leur amène des affaires de rechange et d’autres choses du même acabit qui pourraient s’avérer utile. Ce dernier n’ayant que peu de temps, surtout à cause des évènements récents - il investissait et aidait grandement la ville - délégua la tâche à l’un de ses subordonnés. Des affaires leur serait apportée sous peu dans leur chambre.

Narumi commença à se déshabiller. Les loup-garou vivaient en groupe, en meute, en famille, et la nudité était normale entre-eux. Ils évitaient devant les autres terriens, qui ne vivaient pas du tout comme eux sur ce point-là, du moins en général. Ils étaient bien trop pudique à côté d’eux. Mais les loup-garou mettaient toujours un point d’honneur au respect, de ce fait ils n’aimaient pas brusquer leurs semblables.

La salle de bain est grande, nous pouvons prendre un bain ensemble. Ceci dit, tu ferais bien de prendre une douche pour te décrasser avant de rentrer dans le bain, au vue de ton état.

C’était sans arrière-pensée qu’elle entra, une fois nue, dans la salle de bain. En effet, la baignoire ressemblait plus à un jacuzzi qu’à une baignoire traditionnelle. La louve amena un cendrier et ses cigarillos pour les déposer sur l’un des rebords de la baignoire. Elle déposa également deux pintes de bière bien pleine.

Cette dernière aussi prit une douche et se débarbouilla avant d’entrer dans le bain, bien que son hygiène soit impeccable à côté de celle de son nouvel ami. Enfin, elle se glissa dans le bon bain chaud qui leur était réservé.

Cette dernière laissa sa tête aller contre l’un des appuis-têtes prévu à cet effet. Elle tendit sa main et attrapa l’un de ses cigares, qu’elle alluma. Enfin, un peu de repos…. enfin, elle s’accordait du temps au lieu d’avoir la tête constamment dans la gestion, l’administration, la reconstruction… Elle soupira de plaisir tout en recrachant la fumée précédemment inhalée.

Soudainement, en relâchant toute cette tension, elle eut le besoin de se confier. Cela ne lui était pas habituel, mais avec lui… tout était différent. Absolument tout. Il était comme un miroir à sa propre personne. Elle ne le connaissait ni d’Adam ni d’Eve, et pourtant elle voulait qu’il la cajole et la rassure, au plus profond de son esprit; et elle désirait lui donner cela également. Qu’ils se soutiennent l’un l’autre.

Tu sais, on pourrait croire que mon instinct m’a trahi, puisque j’ai soutenu et aimé une ordure pendant des années. Mais mon instinct m’avait prévenu et avait tiré la sonnette d’alarme plus d’une fois. C’est moi qui l’ai ignoré.” Avouait-elle pour donner du galon à ses propos d’avant. Cela lui transperçait le coeur de l’admettre, mais il fallait savoir reconnaître ses erreurs. “SK a bombardé la planète natale de celle qui a porté ses enfants, et dans son geste il a emporté deux de nos héritiers. Je crois même qu’il n’en fera pas grand cas quand il l’apprendra un jour. Il remettra ce fait sur mes épaules en prétextant que c’est ma faute. C’est comme ça qu’il agit : il retourne les choses contre les autres pour qu’ils croient que c’est toujours leur faute, jamais la sienne.

Le vide. Il n’y avait plus rien dans sa voix ou dans ses yeux de vivant lorsqu’elle racontait cela. Même si sa voix grelottait à cause de la forte tristesse qui sommeillait, enfermée au fond d’elle-même, Narumi en parlait en tentant d’être objective. Elle n’aurait rien à gagner à se lamenter et pleurer davantage. Celle-ci devait garder la tête sur les épaules et séparer ses sentiments de sa raison. Il le fallait si elle voulait pouvoir tuer son ancien amant et ses sbires à l’avenir. Surtout qu’elle était quelque part, seule, sans Tentra pour l’accompagner dans cette terrible tâche.

Cette dernière haussa péniblement les épaules après un moment.

Maintenant tu sais ce qui hante mes nuits comme mes journées. Ce n’est pas la première fois que je perds des enfants, mais aucun père n’avait condamné sa propre géniture avant SK. La vengeance est souvent vaine et n’apporte que plus de souffrance.
Mais le conflit n’est qu’entre lui, les membres de son alliance qui ont continué à le suivre malgré sa fourberie, et moi. Je dois lui faire payer pour mon peuple, pour mes enfants… Concernant ses sentiments à mon égard, c’est différent. Il m’aime, comme lui est capable d’aimer… C’est à dire égoïstement. Je suis son jouet, et tant que je tenais mon rôle il m’accordait de temps en temps ses faveurs. Et moi j’étais un bon labrador à sa botte. J’ai tué des innocents pour lui.
Tu vois, on a tous à un moment fait des erreurs monumentales et causer le mal autours de soi à cause de ça. Mais je fais de mon mieux pour me racheter. Les plaies guérissent avec le temps mais ne s'effacent jamais.


La militaire saisit la pinte de bière et commença à la descendre à grande gorgée. Comme si cela aidait à faire passer le tout. La mélancolie dans sa voix était caché par la puissance de son esprit, par le fait qu’elle se démenait chaque jour pour ne pas sombrer.

Lorsqu’elle reposa sa pinte sur le rebord du bain, elle s’autorisa alors à poser la question qui lui brûlait les lèvres.

Tu as été évasif quand je t’ai demandé qui tu es. Racontes-moi d’où tu viens, racontes-moi ce qui a fait de toi… Personne.
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MessageSujet: Re: The big bad wolf [PV]   The big bad wolf [PV] ClockSam 25 Jan 2020 - 2:33
Les yeux du Loup s'élargirent légèrement et sa bouche s'entrouvrit à peine, témoignant d'une pointe de stupeur, lorsqu'elle le prit par le col de façon assez brusque. Il continuait de la regarder dans les yeux, de soutenir son regard, qui débordait d'émotions puissantes et contradictoires. Le Loup n'était pas du genre à fuir les regards, même lorsque ceux-ci pouvaient à la fois l'assassiner et faire fondre son cœur. Il sentit d'ailleurs son propre rythme cardiaque accélérer, augmenter en intensité. Mais ce n'était pas de la peur, malgré la relative brutalité du geste de Narumi. C'était cette proximité, ce contact physique indirect alors qu'elle s'était agrippé à son col en se rapprochant de lui. C'était à la fois agréable et troublant, car il ne savait pas comment appréhender cette sensation nouvelle et inconnue. Son odeur était si enivrante et envoûtante. Plus il était proche d'elle, et plus elle était intense. C'était très différent de l'excitation qu'il ressentait à l'idée de chasser une proie alléchante. Parce qu'elle n'était pas une proie, et qu'il ne voulait pas la chasser. Il ne ressentait même pas d'appétit. Il ressentait simplement le désir d'être encore un peu plus près d'elle, de s'imprégner totalement de son odeur et de ne plus jamais s'en défaire. Son sang se mit à bouillonner et il ressentit comme une vive chaleur monter à son visage. Ses joues, habituellement pâles, se rosirent, éclairées par la lumière de la lune.

Tu sens si bon.

Elle s'exclama qu'il n'était pas un être malfaisant. Il aurait aimé pouvoir la croire, partager sa conviction.
Son instinct ne la trompait pas. Elle pouvait ressentir ses émotions. Il la croyait, tout comme il parvenait à deviner celles de la louve. Il entendait les battements de son cœur. Il ressentait lorsqu'elle frissonnait. Il avait même pu ressentir la douleur qu'elle avait enfouie au plus profond d'elle. Il avait l'impression de se voir en elle, d'une certaine manière, comme dans un miroir. Mais un miroir qui ne reflète que le meilleur. Ils partageaient tant d'émotions, avaient tant de sentiments en commun... Pourquoi lui était-il si dur de s'accepter comme elle l'avait accepté ? Comme lui, elle était une Alpha. Une égale. Mais il avait pourtant l'impression qu'elle était meilleure que lui. Et il lui faisait confiance plus qu'à n'importe qui d'autre. Alors, si elle croyait en lui, il devait faire confiance à l'instinct et aux paroles de Narumi. Peut-être était-il temps qu'il recommence à croire également en sa faculté à être bon. Cela n'allait pas être facile, mais ça ne servait de toutes façons à rien d'abandonner et de s'apitoyer sur son sort. Il se dit qu'il allait faire un effort. Il lui devait bien cela. Il devait se montrer à la hauteur, prouver qu'il était son égal comme elle le pensait, et non pas un moins que rien. Cela n'allait pas être facile. Ça allait prendre du temps. Son égo était en lambeaux, il avait été broyé à de multiples reprises ces derniers temps. Il fallait qu'il recolle les morceaux, petit-à-petit, pour retrouver confiance en lui. Qu'il reconstitue le puzzle, mais dans le bon sens. Car l'image finale devait être celle d'un humain, pas celle d'une bête. C'était aussi le risque en retrouvant confiance en soi, car la bête était aussi caractérisée par sa grande fierté à l'inverse de Personne. Il fallait qu'il parvienne au juste milieu, qu'il obtienne une opinion honnête de lui-même. Pas une trop haute estime comme le Grand Méchant Loup, ni une trop basse comme c'était le cas actuellement.

Elle lui dit qu'elle serait là pour lui donner de nouveaux coups pour lui remettre les idées en place s'il recommençait à faire des conneries. Cela le fit sourire, tendrement.

"Je l'espère bien..." répondit-il.

Cela pouvait paraître un peu maso. Mais le coup de poing de Narumi, c'était ce qui avait permis à son humanité de reprendre le dessus sur le Grand Loup. Enfin, ça avait été le coup décisif, le Grand Loup ayant déjà préalablement été ébranlé. D'une part, par le départ du Loup Ancestral quand Narumi avait reprit le contrôle. Grand Loup ne s'en était pas rendu compte, mais le fait de ne plus avoir le Loup Ancestral à ses côtés avait grandement diminué l'influence qu'il avait lui-même dans ce corps. D'autre part, par le retournement de Narumi contre lui, lorsqu'elle avait retiré sa proie de sa gorge et l'avait piégé avec une technique de transposition. Le Grand Méchant Loup s'était senti trahi et rejeté, il avait été très ébranlé psychologiquement. Le coup de poing n'avait été que le coup de grâce, permettant à son humanité de revenir et de reprendre les commandes. L'échange verbal entre le Grand Méchant Loup et Personne, dans sa tête, n'avait été que symbolique et n'avait pas eu un véritable impact sur son changement. C'était la combinaison de tous ces éléments - la chute du Loup Ancestral, le rejet de la part de Narumi et enfin son coup de poing - qui avaient permis à l'humanité du Loup de devenir plus forte que sa bestialité. C'était bel et bien elle qui l'avait sauvé. Il n'aurait jamais pu reprendre le contrôle sans l'intervention de Narumi. Alors, il comptait sur elle pour lui donner d'autres coups si le Grand Méchant Loup se manifestait de nouveau.

Par la suite, Narumi se décrocha de lui et recula légèrement pour se tenir à une distance convenable. Lorsqu'elle était proche de lui, il avait eu l'impression d'étouffer sous une intense chaleur, comme si sa cage thoracique s'était resserrée pour empêcher ses poumons et son cœur de gonfler. Le fait qu'elle le relâchât et prît plus de distance, que son odeur se fît moins forte, lui permit de se sentir libéré d'une sorte de pression à la fois infernale et agréable. Et en même temps, il se sentit à la fois soulagé et déçu. Ses pensées, ses sensations, étaient contradictoires. Il ne parvenait pas à interpréter les signaux de son corps. Lorsqu'elle était proche, il avait l'impression d'avoir le cœur comprimé dans son torse et d'étouffer, mais lorsqu'elle s'éloignait, il ressentait presque comme un vide, un manque. Bien sûr, même à cette distance, il pouvait parfaitement sentir son odeur, ses phéromones, grâce à son odorat de chien. Mais il avait l'impression que cela ne lui suffisait pas, plus elle était proche et plus son odeur était intense, par conséquent il voulait se tenir encore plus proche d'elle pour plonger pleinement dans son odeur, c'était comme une drogue qu'il voulait reprendre immédiatement.

Et alors qu'il tentait tant bien que mal de comprendre et d'interpréter ses sentiments, elle répondit à ses interrogations quant à ceux-ci. Pour elle, le fait que leurs sentiments mutuels fussent amplifiés par les loups divins n'était pas un problème, car elle avait confiance en son instinct. Elle affirma savoir qui elle était et où elle allait. C'était tout l'inverse de lui. Il ne savait même plus vraiment qui il était, et encore moins où il allait. Il avait simplement une vague idée d'où il devait se diriger, sans toutefois savoir quel chemin emprunter. Mais tout cela allait changer désormais. Narumi allait l'accompagner dans ce voyage, elle lui indiquerait la voie. Au fur et à mesure qu'elle parlait, avec tant d'espoir, tant de conviction, d'assurance, le Loup sentit la flamme de l'espoir s'agrandir en lui et éclairer un peu plus ce monde de ténèbres. Grâce à leur lien si fort, si unique, elle parvenait à lui faire partager son espoir. Son cœur s'emballa de plus belle. Il croyait en elle, et commençait déjà un peu à croire en lui. Oui, ensemble, ils pourraient y parvenir. Il ressentait tant d'admiration à son égard, il était complétement ébloui. Elle était la lumière qui le guiderait dans le noir, celle qu'il recherchait depuis déjà un bon moment alors qu'il s'égarait. Elle était son phare.
Mais Narumi ne se contentait pas seulement de le guider et de lui faire croire qu'il pouvait réussir à changer. Elle lui donnait véritablement un rôle à jouer, un objectif, une véritable raison d'exister, et c'était peut-être ce qui lui avait toujours manqué.


Je t'ai trouvée.


"Oui, tu as raison... Ensemble, nous y parviendrons."
finit-il par affirmer, emporté par l'élan d'espoir de Narumi.

Bien sûr, cela ne signifiait pas qu'il était définitivement convaincu. Il y croyait vraiment, sur l'instant présent, grâce aux paroles de Narumi et à leur partage d'émotions. Mais l'esprit et la volonté du Loup étaient instables, les choses pouvaient basculer facilement. Toutefois, Narumi était à ses côtés désormais pour le ramener sur le droit chemin chaque fois qu'il dévierait.

Elle s'éloigna légèrement et lui fit signe de le suivre, ce qu'il fit. Elle affirma qu'ils feraient mieux de se reposer. Malgré leurs péripéties et l'ascenseur émotionnel dans lequel ils s'étaient engouffrés, le Loup ne se sentait pas vraiment fatigué. D'une part, parce que depuis des mois, il avait adopté des horaires très différentes des humains : il dormait le jour et vivait la nuit. Il ne s'était donc réveillé que peu de temps avant leur rencontre. Mais d'autre part, parce qu'il était par nature très endurant physiquement, il ressentait donc moins la fatigue et pouvait tenir des efforts longtemps, par conséquent il dormait beaucoup moins qu'un loup ordinaire ou qu'un être humain. Aussi, il faisait davantage de petites siestes de quelques heures (trois ou quatre maximum) entrecoupées de périodes d'activités de plusieurs heures, plutôt qu'une bonne et longue journée de sommeil. Néanmoins, bien qu'il ne se sentait pas fatigué, il n'était pas contre un peu de tranquillité. Après tout ce qu'il s'était passé, il voulait se tenir éloigné de l'action, des conflits et de la mort.

Il acquiesça d'un signe de tête avant de dire sur un ton culpabilisé :


"Désolé d'avoir gâché ta soirée."

Il y avait repensé quand elle avait dit que la nuit avait été longue. Dire qu'à la base, elle était simplement censée se reposer tranquillement dans un bar, faire la fête et disputer une partie de Poker. Il était arrivé et l'avait embarquée dans une histoire qui ne la concernait pas de base, il avait encore une fois l'impression d'avoir tout fait foirer.

Puis ils marchèrent en direction de Satan City, côte à côte, et silencieusement. Narumi se tenait à sa gauche. De temps à autre, il lui jetait des regards en coin. Comme un chien qui tourne la tête vers son maître pendant une promenade, mais en beaucoup plus discret tout de même. Puis, petit-à-petit, après quelques minutes, sa main gauche se rapprocha de la main droite de la militaire, timidement. Leurs doigts s'effleurèrent. Un frisson parcourut son corps. Puis, après quelques hésitations, il finit par lui prendre la main dans la sienne. Le contact physique les rapprochait davantage. Ce n'était que comme ça qu'il ne ressentait pas ce manque. Qu'il se sentait complet. Et même, heureux.


Je te suis.

Au bout de plusieurs minutes de marche, ils entrèrent dans un hôtel. Au guichet se trouvait un homme à tête de corbeau qui rappelait au Loup un personnage du nom de Maître Corbeau. Espérons que celui-là ne se fasse pas chaparder son fromage. Il avait l'air extrêmement heureux de voir Narumi, ce qui n'étonna guère le Loup puisqu'il avait déjà pu constater qu'elle était célèbre et appréciée dans cette ville, ce qui contribuait aussi à susciter de l'admiration à son égard, puisqu'elle avait réussi là où il avait échoué, à savoir se faire apprécier des gens.

Le visage de Personne s'était un peu refermé en présence de l'inconnu, car il était resté à l'écart des interactions sociales pendant longtemps et il n'y avait qu'avec Narumi qu'il parvenait à s'ouvrir pour le moment. Le corbeau, pourtant, était également jovial avec lui, l'appelant "l'ami" et lui demandant s'il était une nouvelle recrue.

*Quel drôle d'oiseau...* pensa le Loup.

Il répondit vaguement :


"Un... compagnon de voyage. J'imagine..."

Il avait déjà fait le coup de répondre Personne à cette question, il n'allait pas le faire à chaque fois. Et puis, cette définition était plutôt juste. La cheffe des armées et lui n'allaient peut-être pas forcément beaucoup voyager en terme de distance, mais ils étaient en voyage vers la voie de la rédemption.

Ils commandèrent des repas puis prirent l'ascenseur, peut-être en continuant de se tenir la main si Narumi l'avait voulu. Une fois encore, il ressentit la sensation qu'avait Narumi d'être opprimée à l'intérieur de cette cage, et il la partageait. Lui non plus n'aimait pas les cages.


"La prochaine fois, nous prendrons les escaliers." affirma t-il d'une voix plutôt réconfortante.

Arrivés au cinquième étage après un moment un peu tendu dans la cage d'ascenseur, ils pénétrèrent dans l'appartement aux décors représentant la nature. Wolfgang regarda autour de lui d'un air curieux. Pour lui qui avait dormi dans des cavernes durant ces derniers mois, il avait l'impression de se retrouver dans un palace 5 étoiles. Malgré la décoration proche de la nature, c'était très différent de ce dont il avait l'habitude.


"On se croirait presque à la maison..." affirma t-il, sans doute avec une pointe d'ironie.

Après avoir passé un coup de fil à un ami à elle, Narumi se déshabilla. Cela ne choqua pas le Loup, qui trouvait cela plutôt normal. Les vêtements terriens étaient inconfortables, à la longue. En tant que loup, ce n'était pas non plus naturel pour lui de porter des vêtements. Il le faisait simplement pour se fondre dans la masse. D'ailleurs, comme sa métamorphose en humain était issue de sa capacité de race de Démon, c'était quelque chose de magique, par conséquent il pouvait faire réapparaître ses vêtements à sa guise lorsqu'il reprenait son apparence humaine après être passé par le stade bestial. Mais l'état de ses vêtements reflétaient bien souvent son état d'esprit. Un costume chic et élégant lorsqu'il jouait Wolfgang. Désormais, c'était surtout des lambeaux encrassés qui le couvraient.

Narumi affirma qu'ils pourraient prendre un bain ensemble mais qu'il devait d'abord se décrasser dans une douche. Il l'avait regardée dans les yeux tout du long bien qu'elle fût dévêtue. Il n'avait pas détourné le regard sur son corps, comme d'autres hommes auraient pu le faire. De base, il ne ressentait aucune forme d'attraction particulière pour les corps humains. Les humains étaient des proies. C'était d'ailleurs pour cela qu'il préférait l'apparence bestiale de Narumi. Mais il n'accordait pas beaucoup d'importance à l'apparence physique de toutes façons, contrairement à beaucoup d'êtres humains. Cela était superflu pour lui. Sans doute accordait-il moins d'importance à son sens de la vue qu'à celui de l'odorat.

Il retira ses vêtements poisseux en les arrachant littéralement à son corps. Inutile d'en prendre soin, ceux-là, il ne les porterait plus. Son corps était athlétique, mais couvert de cicatrices ça et là. Il avait une musculature assez impressionnante, mais pas non plus au point d'être un bodybuilder comme Sylvester Stallone.
Il entra dans la salle de bain puis dans la douche après que Narumi eut fini la sienne. Il ouvrit le robinet, et laissa le jet d'eau couler sur sa tête pendant un bon moment. L'eau qui s'écoulait à ses pieds était noire à cause de sa crasse. C'était comme si les ténèbres suintaient de sa peau mais qu'il était en train de se purifier. L'eau seule ne suffirait pas à le rendre propre, même en se rinçant il allait souiller l'eau du bain. Alors il prit des produits et se moussa les cheveux, le visage et le corps. Cela piquait les yeux, c'était désagréable. Mais le contact de l'eau sur son corps, lui, était assez agréable. Il avait l'impression que cela revigorait son esprit. Le noir disparaissait petit-à-petit. Il se sentait mieux.

Lorsqu'il sortit de la douche, il agita la tête et les cheveux dans tous les sens, envoyant de l'eau partout, comme un chien mouillé. Un réflexe qu'il n'avait jamais su réfréner.
Il s'approcha ensuite de la baignoire, Narumi était déjà à l'intérieur, en train de fumer un petit cigare. Il avait déjà remarqué qu'elle aimait bien fumer ce genre de trucs, au tout début de leur rencontre dans le bar. Lui avait autrefois un penchant pour les cigarettes. Un moyen de garder le contrôle, de ne pas céder à la bestialité. Il avait arrêté en redevenant un loup sauvage. Il n'avait pas repris, même après le massacre de sa meute.


"Tu sais que ça tue, ces trucs-là."
affirma t-il avec un petit sourire en coin, en désignant les cigarillos d'un mouvement de tête.

Un trait d'humour un peu ironique, mais aussi un peu vrai. L'humour, un moyen de défense ultime. Un moyen de se cacher, de cacher ce que l'on pense vraiment. Typique de Wolfgang. Était-il de retour ? Mais Wolfgang n'était qu'un rôle inventé par le Grand Méchant Loup pour manipuler les autres et leur cacher qui il était vraiment. Ou peut-être que Wolfgang était ce que le Loup voulait être au fond de lui ?

Il approcha une main d'un cigarillo et demanda :


"Je peux...?"

Ironique de vouloir en prendre un après en avoir dénoncé le danger.
Il attendit la réponse de Narumi avant d'en prendre un ou non, car après tout, c'était les siens et si elle ne voulait pas partager, il n'en prendrait pas de force.
Après avoir pris ou non le bâtonnet de drogue, il entra à son tour dans le grand bain et s'assit à côté de la louve.




Rapidement, Narumi reprit la parole pour se confier. Elle affirma que l'on pouvait croire que son instinct l'avait trompée auparavant car elle avait aimé et suivi un sale type, mais qu'en réalité elle avait volontairement décidé d'ignorer son instinct. Le Loup ignorait tout de cette histoire, mais il avait plus ou moins deviné qu'elle avait perdu un genre d'amour, lorsque leurs esprits avaient fusionné. Il s'appelait SK, le Loup ne le connaissait pas. Oui, il avait véritablement vécu dans une grotte. Et même à l'époque où il jouait le rôle de Wolfgang parmi les humains, il ne s'était pas tenu au courant des informations, il ne s'était jamais intéressé à la politique ou ce genre de choses. Du discours de Narumi, il comprit que c'était à cause de ce SK que des bombes avaient ravagé la Terre. Même ça, il l'ignorait. Certes, il avait bien remarqué que les grandes villes avaient été grandement détruites le jour où il avait pu se libérer de sa cage, mais, obnubilé par la haine et la vengeance, il ne s'était jamais intéressé à ce qui s'était passé pour que la planète soit ainsi ravagée. Il n'avait jamais vraiment voulu savoir ce qui avait causé cela, car ses pensées avaient été entièrement tournées vers van Bröghen et ses amis.

Ce ne fut pas tant le discours de Narumi, mais plutôt son état d'esprit, qui plongea de nouveau le Loup dans l'obscurité en l'entendant. Il pouvait sentir la douleur qu'elle ressentait, visualiser ses blessures mentales, encore vives et brûlantes, et il ne pouvait que partager sa peine. Sur le coup, il se sentit abattu en l'écoutant. Il ne savait pas quoi dire pour la réconforter ou la rassurer. Rien de ce qu'il aurait pu dire n'aurait pu changer quoique ce soit, de toutes façons. Sa souffrance était tellement profonde qu'aucun mot ne pourrait la soulager. Alors, il fit la seule chose qui lui vint à l'esprit. Sous l'eau, il prit la main de Narumi dans la sienne, pour lui montrer qu'il était avec elle. Chaque contact physique ouvrait un pont entre eux, un pont qui permettait à leurs émotions de fluctuer de l'un à l'autre, de ressentir chaque peine, chaque souffrance, de l'autre. Ils étaient en symbiose, en harmonie. Le Loup n'avait jamais eu d'enfants, et il n'avait jamais été amoureux par le passé. Il ne pouvait pas comprendre ce que cela faisait de perdre tout cela. Ce qu'il avait perdu de plus cher, c'était une famille adoptive de loups qu'il n'avait côtoyé que quelques semaines. Cela avait déjà été terrible pour lui, insurmontable sans l'intervention de Narumi. Et pourtant, ce n'était rien en comparaison de ses blessures à elle. Mais alors qu'il lui tenait la main, il put ressentir sa peine, sa souffrance, avec la même intensité qu'elle. Il put alors comprendre pleinement ce qu'elle traversait et ce qu'elle avait dû endurer. Des larmes coulèrent des yeux du Loup et le long de ses joues. Car si Narumi avait déjà pleuré toutes les larmes de son corps jadis, ce n'était pas son cas. Il n'avait jamais subi pareille perte, pareille peine. C'était trop atroce. Comment pouvait-on supporter cela ? Comment pouvait-on encore avoir de l'espoir et voir la lumière après avoir subi cela ? Cela ne fit qu'amplifier son admiration pour elle, elle était si forte pour pouvoir endurer pareille souffrance. Il se sentait pitoyable à côté d'elle, il avait l'impression de se plaindre pour rien en comparaison de ce qu'elle avait vécu. Il n'aurait jamais eu la force de se relever de cela, et encore moins tout seul. Sa main serra plus fort celle de la louve. Ce pont mental qui leur permettait de partager leurs émotions avec autant  de justesse lorsqu'ils se touchaient, ça permettait aussi d'en absorber une partie. En ressentant toute la peine et la souffrance de Narumi, le Loup pouvait l'en soulager d'un peu. En d'autres termes, il prenait une partie de sa souffrance, pour la ressentir à sa place, car c'était beaucoup trop pour une seule personne. Ils devaient porter ce fardeau ensemble. Il espérait ainsi lui faire du bien.

Elle reprit ensuite sa confidence. Le Loup l'écouta en se séchant les yeux, sans la lâcher du regard. Elle affirma que cette affaire se jouait entre SK, ses sbires et elle seule, car elle devait venger son peuple et ses enfants. Lorsqu'elle eut fini, il prit enfin la parole.


"Narumi... J'avais déjà pu ressentir une partie de ta peine tout-à-l'heure, dans ce bar... Mais je n'imaginais pas à quel point elle était aussi intense et profonde... Tu as eu du courage et une force incroyable pour te relever après cela. Je ne peux m'opposer à ta quête de vengeance, elle est bien plus légitime que la mienne. Ce 'SK' mérite de mourir. Mais tu n'es pas obligée de le faire seule. Je suis avec toi, désormais. Toutefois, si tu veux t'en occuper seule, je le comprendrais, et je ne m'y opposerais pas."

C'était une question de fierté, le Loup le savait bien et il n'irait pas à l'encontre de cela. Narumi n'était pas une princesse à sauver ou un truc du genre, elle était tout-à-fait capable de se défendre seule, mais aussi d'attaquer, et le Loup le savait. C'était une prédatrice dominante, une Alpha. C'était pour cette raison qu'il respecterait sa volonté de vouloir s'occuper de cela seule si c'était ce qu'elle voulait, car lui aussi, par fierté, il pouvait vouloir régler une affaire seul.

Il but à son tour une gorgée de la pinte de bière pour essayer de se détendre un peu après avoir emmagasiné autant d'émotions négatives. Il avait lâché la main de Narumi. Elle lui demanda de lui raconter à son tour son histoire, comment il en était arrivé à devenir personne.

Il prit une profonde inspiration, posa la tête en arrière sur le bord de la baignoire, fixant le plafond, puis expira longuement par le nez. Il n'avait pas l'habitude de s'ouvrir. Il n'avait jamais révélé sa vraie identité dans ce monde. Mais Narumi en savait déjà beaucoup sur lui, et il ne voulait rien lui cacher.
Il prit enfin la parole après un bon moment de réflexion.



"Il ne te sera pas difficile de trouver des informations à mon sujet. La plupart des librairies possèdent des livres qui racontent certaines parties de ma vie, souvent de façon détournée et romancée... Tu as sûrement déjà entendu parler de l'histoire du Petit Chaperon Rouge ? Des Trois Petits Cochons ? Ou encore de Pierre et le Loup ? Je suis le méchant de chacune de ces histoires. Dans ce monde-ci, ce ne sont que des contes pour enfants, ou des fables. Mais là d'où je viens, tout est vrai, à quelques détails près. Il existe plus d'une dizaine d'autres contes ou fables de ce genre. Ce sont mes faits les plus marquants. Je n'ai guère beaucoup de souvenirs de mon enfance, il y a plus de six siècles. Aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours été seul. Je n'avais pas de parents, pas de meutes. Pas de nom. Les gens m'ont appelé le Grand Méchant Loup. Ils me craignaient, et je les dévorais. Cette vie m'a plu pendant près de six siècles. Et puis, il y a plusieurs années, j'ai commencé à m'en lasser. L'impression de vivre toujours la même chose, de faire la même chose, de rester le même, et d'être toujours seul. J'ai cherché de la compagnie, mais personne ne voulait du Grand Méchant Loup. Malgré mes efforts, ils continuaient de me craindre et de me rejeter. Alors, récemment, j'ai fui ce monde-là. Le Pays des Contes et des Fables, le Pays des Mondes Imaginaires, il a plusieurs noms... Je suis arrivé ici, avec la faculté de me transformer en humain et de cacher ma malfaisance. Alors, j'ai inventé un personnage, une identité, et je l'ai interprété. Pour pouvoir changer de vie, vivre au contact des humains. Mais quoique je fasse, tout finissait par aller mal, je finissais toujours par tuer des gens malgré moi, ou mettre des innocents en danger. Par conséquent, j'ai décidé de fuir la société humaine... J'ai réussi à trouver une meute de loups, qui m'a accepté tel que je suis. J'ai vécu avec eux jusqu'à... enfin, tu sais."


Il reprit le silence soudainement, regardant toujours le plafond d'un air pensif.
Narumi Karuzaki
Narumi Karuzaki
Demon
Féminin Age : 30
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MessageSujet: Re: The big bad wolf [PV]   The big bad wolf [PV] ClockLun 27 Jan 2020 - 21:13
L’incarnation mortel du Loup Ancestral se sentait fébrile et à la fois inexplicablement puissante. La compagnie du Grand Loup la renforçait, tout en faisant d’elle une proie potentielle pour les autres. C’était le prix de leur retrouvailles : ils étaient meilleurs, plus forts ensemble, mais aussi terriblement à nu. L’un définissait la plus grande faiblesse de l’autre dans les deux cas. Narumi ne connaissait pas Personne, mais elle sentait pourtant que sa place était ici, auprès de lui. Ce pourquoi elle se fichait bien d’avoir le fin mot de l’histoire : que ça soit à cause - ou grâce - aux divinités qu’ils représentent dans les légendes des loups, cela n’était pas important. Son instinct, ça, ça l’était. C’était son plus fidèle allié, et elle l’avait trahi en refusant de l’écouter. Ses plus proches amis l’avait pourtant mise en garde également. Mais Narumi avait préféré suivre aveuglément, comme le bon toutou qu’elle fut, celui dont elle voulait accomplir les rêves par amour sincère.

Cette dernière se sentait sereine, à présent. Dans un bain, avec l’un de ses congénères qui n’avait aucun regard vicieux à lui lancer. Les autres terriens avaient cela de gênant: les regards sur la presque nudité ou la nudité. C’était inconcevable pour les loup-garou de regarder avec un intérêt sexualisant l’un de leurs compères, étant donné qu’ils vivaient nu la plupart du temps. (pour ceux élevés dans les montagnes rocheuses) Et, bien que cela soit sous forme animale, cela n’en restait pas moins de la nudité. En somme, cela leur faisait ni chaud ni froid de prime abord de voir d’autres personnes dénudées. Ce n’était qu’avec un intérêt particulier pour quelqu’un qu’il était évidemment plausible qu’un loup-garou observe avec envie l’un des siens.

Ce dernier lui avait fait une réflexion par rapport au fait qu’elle fumait des cigares. À dire vrai, Narumi fumait le calumet comme il était de coutume chez les loup-garou. Les cigares, ce n’était venu que récemment. Avec ses responsabilités croissantes en tant que cheffe de l’armée, c’était l’une de ses mauvaises manie pour décompresser. Cela dit, elle ne fumait pas de cigarette. Uniquement des cigares ou des cigarillos. Une sorte de passe-temps, déstressant et un facteur alourdissant la dépression qu’elle avait faite il y a plus d’un an.

J’ai plus de chance de me faire tuer par notre ancien Roi et son alliance que par ça.

C’est ainsi qu’elle était venue, plus tard dans la conversation, à nouveau sur le sujet. Narumi n’utilisait aucun ton ironique ou railleur. L’on se demande même si un jour ça lui est arrivé de se moquer de quelqu’un ou de quelque chose. Elle est bien trop terre à terre.

Celle-ci fit un signe de tête approbateur lorsque son partenaire lui demanda pour en prendre un également.

L’incarnation parfaite de l’animal sauvage à qui il prend des envies de fumer ? Je n’aurais pas cru que cela t’intéresse. La plupart des nôtres sont malades à cause de la fumée que dégage les cigares. Nous fumons habituellement le calumet, mais ce ne sont que des plantes. Pas des dérivés du pétrole comme dans cette chose abjecte que nous fumons maintenant ensemble.

Cette dernière s’était permise cette réflexion tout en regardant l’objet “du crime” d’un air désapprobateur. Pourquoi fumait-elle, déjà ? Il serait probablement bon d’arrêter… Plus tard. La louve possédait encore trop de responsabilités. Cet engin de mort s’évaporant dans ses poumons lui permettait de se concentrer, bizarrement, lorsque son attention commençait à partir en vrille à cause de la fatigue. C’était donc momentanément encore utile au vue de ses fonctions.

L’émotivité et les larmes de son compagnon l’émue, elle aussi. Bien plus que son propre discours, bien plus que sa propre petite vie. Il avait tenu sa main. Cela l’avait d’abord crispée, parce qu’elle n’aimait pas cet effet dramatique qui l’entourait. Mais la terrienne était forcé d’admettre que son contact la soulageait bien plus qu’elle n’aurait pu le croire.

Cela l’émeuvait d’une manière bien singulière. Comme si Narumi faisait face à son “moi inconscient” et qu’il prenait conscience, justement. Être avec lui, c’était comme discuter avec une partie de soi avec laquelle l’on avait jamais pu dialoguer auparavant. Comme si Personne était une face cachée de la militaire, son double pas si diabolique, son âme-soeur. Ils étaient indubitablement connecté, et cette connexion devenait lourde. Lourde de sens, lourde en émotions, lourde de compréhension et de compassion. Il était pratiquement impossible que nos deux protagonistes en arrivent un jour à mutuellement se haïr tant ils pouvaient réellement se mettre à la place de l’autre, étant donné que les fragments de vécu de leur homologue se répercutaient en eux comme s’ils avaient également été présent durant leurs souvenirs passé. Comme s’ils avaient été l’un et l’autre dans une autre vie, ou dans un autre plan. Comme s’ils pouvaient échanger leur place spirituellement et ressentir absolument tout comme leur acolyte.

Cette dernière relâcha doucement sa main après cette tempête d’émotions.

La vengeance est vaine dans la plupart des cas, et notamment si cela implique des nations entière. Elle ne fait que perpétrer des meurtres et engranger de la haine. Ce pourquoi notre peuple ne s’est jamais vengé des préjudices commis par les humanoïdes non loup-garou. Nous eûmes inspiré la peur chez eux, jadis, et si nous avions confirmé ce sentiment alors jamais ils ne nous auraient accepté comme des leurs. Maintenant, nous vivons unifié et en paix. Il existe bien sûr des cas à part. Il y a toujours des gens mauvais, partout. Mais nous avons gagné : nous ne sommes plus des menaces pour nos congénères terriens.” Lui avait répondu celle-ci lorsqu’il évoqua son courage et la légitimé de son envie de vengeance. “Il ne mérite rien d’autre que de disparaître définitivement. SK est déjà revenu d’entre les morts, malheureusement… Je ne sais même pas comment faire pour me venger. L’idée que je puisse le tuer et qu’il revienne comme si de rien n’était m’insupporte. Je suis également revenue de l’au-delà après la guerre : je suis morte en préservant une partie de la ville. Je me suis envolée avec l’une des bombes. Ce que j’ai vu dans l’autre monde m’a montré qu’il n’y avait aucune justice à part celle que l’on donne nous même. Ce sont toujours ceux qui ont le pouvoir qui décide. Et visiblement, cela amuse certains dieux de laisser des tyrans revenir dans le monde des mortels.

Cela lui laissait toujours un goût amer dans la bouche. L’au-delà était du grand n’importe quoi. Une aberration. S’il devait y avoir un jour une révolution unissant tous les peuples de la galaxie, elle devrait se tourner vers le monde des morts. De manière totalement aléatoire, certains reviennent, d’autres y restent à jamais. Où est donc la logique ? Ce n’est visiblement que pour le bon divertissement d’une poignée d’élus que cela se produit ainsi… comme chaque fois, en réalité.

Mais parler de sa vengeance future la faisait méditer sur la manière de s’y prendre. Si tuer ne servait à rien, que faire pour réduire vraiment SK à néant ? Lui prendre son empire, ses possessions, ses planètes ? Certainement. C’était les choses auxquelles il tenait le plus, lui qui n’avait ni foi ni âme. Il n’avait aucun honneur, il profitait de ce qu’il pouvait. La seule chose à laquelle il attachait de l’importance à part ses biens, c’était ses hommes pour qu’ils continuent de lui lécher les bottes, et ses manières parce qu’il tenait à être classieux en toutes circonstances.

Je ne refuse pas ton aide, mais je ne sais pas moi-même comment je vais m’y prendre. Pour l’instant, je me concentre sur la Terre, qui a grandement besoin de nous pour se remettre de ce chaos environnant.

Contrairement à ce qu’aurait pu croire Personne, la fierté de Narumi n’englobait pas l'obsession de vouloir se venger seule. Chez les loup-garou, il est normal de s'entraider et de montrer ses sentiments afin d’être le plus honnête possible. Cette dernière n’avait donc pas d’objection à ce qu’il l’accompagne, bien que l’idée de le mettre en danger lui collait d’ores et déjà un mal qui ne saurait être soigné.

Son homologue prit un moment pour réfléchir à comment il allait conter sa propre histoire. Ce n’était jamais évidemment de se lancer dans ce genre d’entreprise. Comment décrire sa propre vie ? Avec le temps, nos sentiments changent par rapport à certains événements révolu. Il est parfois difficile de se remettre dans le contexte d’époque et de se rappeler très précisément de ce que l’on a ressenti ou de ce que l’on a vécu. Mais c’est souvent pour le mieux.

L’histoire qu’il lui racontait alors semblait totalement irréelle. Pourtant, ses battements cardiaques, son taux de sudation et la vitesse à laquelle bougeait ses globes oculaires parlaient pour lui : il disait la vérité. Seul un être aussi manipulateur que Seishiro était capable de conserver un calme d’un plat inquiétant lorsqu’il embellissait la vérité. Mais dans ce précis, c’était impossible qu’il puisse raconter de tels bobards. D’autant plus que l’alpha avait des flash dans son esprit à chaque ouvrage qu’il citait. Le petit Chaperon Rouge ? Narumi le vit la dévorée alors qu’il s’était habilement métamorphosé en sa grand-mère. Les trois petits cochons ? Elle entendit les débris des maisons qui cédaient sous la puissance et la ruse du Grand Loup. Pierre et le loup ? Elle entrevit le lasso qu’avait fait le jeune garçon, perché dans un arbre, pour entourer la queue du loup avec celui-ci.

Son corps se tendit alors que le peu de poils qu’elle possédait en forme humaine s’hérissèrent. Vivre ces souvenirs comme c’était les siens était absolument perturbant. Sa respiration cessait à chaque fois qu’elle se sentait être le Grand Loup, acculant sa victime avec un rictus satisfait avant de la croquer. Mais elle comprit qu’il avait répandu le Mal parce qu’on l’avait désigné pour celui-ci. Il n’avait pas de parents, pas de famille. Il était né pour être rejeté par les autres dans son monde d’origine. Ils l’avaient poussé à devenir un être abjecte, parce qu’après tout ils l’avaient toujours désigné comme tel, même alors qu’il n’avait, à la base, rien à se reprocher.

Cela rendit Narumi malade intérieurement. Cette histoire rocambolesque et si réelle était à la fois fascinante et terrifiante. Tant de légendes le concernait. En six cent ans, il avait vécu tant de moments ancré dans le supplice… autant pour lui que pour ses victimes. Il était tantôt bourreau, tantôt martyr. Pourquoi les gens de son univers l’avait poussé à devenir ce qu’ils attendaient de lui, c’est à dire le Mal ?

Tu dis que je suis courageuse, mais tu as enduré le fait d’être le souffre-douleur pour les habitants de ton monde. Ils t’ont tous tourné le dos, alors que tu aurais pu devenir un atout majeur pour eux s’ils ne t’avaient pas aussi mal jugé. Je ne sais pas ce que j’aurais fait à ta place. J’ignore si moi aussi je serais devenue ce que l’on attendait de moi à force de me diaboliser… Probablement. Je crois que la majorité, à ta place, serait devenu un être abjecte, une victime isolée, ou se serait donné la mort. Je crois que j’aurais préféré vivre seule et recluse, quitte à ce que l’on me voit comme un diable. Tu n’avais pas de bonnes options à ta portée. Aucune qui aurait pu t’apporter du bonheur, visiblement. Mais on a toujours le choix, et tu n’as pas fait le bon pour autant, de mon avis tout du moins. Peut-être que si tu t’étais évertué à te montrer pacifique, ils auraient fini par t’accepter. Je ne dis pas qu’ils te méritaient, mais au moins cela aurait évité que tu y perdes ton âme et ton esprit durant toutes ces décennies.

Narumi ne se croyait ni moralisatrice ni mieux placé que lui pour savoir ce qui aurait été le juste choix. Ceci dit, elle exposait clairement son avis, ce qui pouvait sonner donc comme un discours sermonneur aux yeux de certains. Elle grelottait de la voix durant sa prise de parole. Les souvenirs de son compagnon lui glaçait le sang, mais la louve refusait de le montrer. Bien qu’entre loups on ne se cache pas de ses émotions habituellement, c’était un genre de mécanisme de défense qui s’était développé avec le temps. Les autres terriens évitaient de montrer toute leur palette d’émotions pour ne pas incommoder les autres ou divulguer certaines choses privées. Afin d’être respectueuse, la louve avait apprit à en faire de même. Bien que la tâche s’avère difficile en présence de Personne.

Tu ne t’es jamais fait aucun ami dans ton monde d’origine ? N’as-tu jamais vécu de bonnes choses avec quelqu’un ? N’as-tu jamais considéré qui que ce soit comme de ta famille lorsque tu vivais encore là-bas ?” Toutes ces questions étaient sorties toutes seules, c’était plus fort que l’alpha. Malgré sa peur d'en savoir plus, elle devait savoir. “Ici tu trouveras amis, famille, amant… Tout est à ta disposition. L’univers est grand, il est composé de bien des “monstres” tout à fait charmant tel que nous. En général, les apparences aussi spéciales que les autres n'étonnent plus personne. Surtout si un jour tu te rends sur la planète Dösatz. C’est un peu la capitale de notre monde. De toutes les races en provenance de toutes les planètes de notre galaxie viennent y faire des affaires, ou y passent un séjour. Tu as des opportunités infinies, tu as la possibilité de te fondre dans la masse ou de sortir du lot de la manière dont tu le décideras toi, pas les autres.

La louve se sentait encore fiévreuse de part la multitude de souvenirs glauques qui s’étaient déversé dans son flux de pensée. La vie de Personne avait été si solitaire et solitaire… Comment réellement le juger ? Même s’il aurait dû s'effacer et n’être véritablement personne plutôt que d’être le Grand Méchant Loup aux yeux de sa partenaire, il fallait bien reconnaître que c’était au fond vain de tenter de se prononcer quant à ses agissements. Il avait fait ce qu’il croyait être le mieux à faire avec la vie merdique qu’il s’était coltiné. N’était-ce pas le lot de chacun d’entre-nous ?

Imagines. Maintenant que tu as le choix, comment tu veux que l’on t’appel ? Qu’est-ce que tu rêverais de faire ? Qu’est-ce qui t’intéresse ?

Narumi le regardait maintenant droit dans les yeux. On y lisait tout son intérêt: celui d’une femme protectrice qui voulait guider vers l’épanouissement et la lumière son compagnon. Elle voulait tout savoir de lui. Tout entendre de ce qu'il pourrait faire avec cette liberté d'être, de pensée, de voyager, de comprendre et d'être comprit. Il n'était pas le Grand Méchant Loup ici, il pouvait être qui il désirait.

Lorsque la sensation indescriptiblement horrible liant la mort à l’horreur quitta enfin ses tripes, un sourire soulagé berça ses lèvres. Cette dernière s’empara à nouveau de sa choppe et la leva pour trinquer lui.

À ton nouveau départ et à notre rencontre, Personne qui sera bientôt quelqu’un.
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