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 Ace Degenerate

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Hoù Sennin
Hoù Sennin
Terrien
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MessageSujet: Ace Degenerate   Ace Degenerate ClockMar 2 Fév 2021 - 2:39
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Pouah... Il fait encore nuit. Il doit être six heures. 'Vache ça caille.
Coucou Satan-City. J'espère que t'as bien dormi.


Haaaan...


Soyons réalistes, en pratiquement en cinq mois révolus le pack « réveil douillet » ne m'était pas coutumier. Et jusqu'ici bien peu m'importait. Le chemin d'héroïne était pavé d’embûches, et contrairement à ce qui racontait l'adage, il n'y avait pas la place pour du fer dans de la soie. Mais tout de même, la poussière dans le gosier de bon matin... J'avais mes limites.


Allons ma grande, 'p'tit effort !


J'avais quitté ma couche constituée en tout et pour tout d'un grand anorak orange appartenant au Maître. En me retournant du côté de l'entrée, je vérifiais en vain s'il n'y avait personne. Question d'habitude, la pudeur ça se perdait pas à mon âge. En deux temps, trois mouvements motivés par le froid, j'abandonnais la tendre chaleur de mes habits pour saisir une une bassine cabossée. Marquant une pause fatale qui me coûta la glaciation de l'échine, je m'ordonnais de me décrotter plus loin de mon lit cette fois. Je fis trois pas plus loin dans mon antre qui contraignirent mes pieds à se remémorer la raison pour laquelle ils ne voulaient pas quitter le rempart synthétique de l'anorak. Je pris une seconde pause respiratoire en guise de préparation mentale, que la rude brise asséchant ma peau ne me laissa pas.


Brrrr-Baaah nique !


J'avais monté le récipient au-dessus de ma tête, à la limite du bout de bras puis je l'avais renversé sans demander mon reste. Pfiou ! Ça faisait du bien ! Le premier quidam venu serait tenté de croire que la douche froide relevait de la pratique sado-masochiste. Et je ne lui donnerais pas tort ! On aurait beau dire, on ne s'habitue pas au choc. La seule variable qui est amenée à changer c'est le délai que l'on passe à être une chochotte appréhensive. Alors pourquoi diable s'infliger ça ? La discipline. C'est ce que mon enseignant appelait un acte de foi.


« 'Début la peau l'est douc', mais elle pourras t'protéger qu'après qu'l'ait souffert  »


Derrière les solécismes chers à Hoù Sennin se cachait une vérité qui avait valeur de Mantra. Rien ne naît fort. Pas de guerrier sans enfance. Pas de muscles sans déchirure. Pas d'acier sans minéral. L'école du poing simiesque préconisait l'application de ce mantra en toute circonstance. Pour cette raison, chaque journée importante débutait par le premier acte de froid. S'infliger volontairement pareil désagrément dès les premières minutes de la journée tonifie les muscles mais aussi et surtout conditionne le mental. En effet, adieu les récalcitrances ou autres abandons fortuits ; l'esprit n'ose plus se mettre en travers de la volonté quand il craint la menace de la douche froide. C'est sur cette base que repose l'acte de foi. Accepter un moindre mal fugace pour réprimer continuellement ses propres limites. C'est un pari en somme.


Envoyant paître toute considération pour ma peau juvénile, je récurais aux ongles hâtivement le gros de ma surface corporelle. En principe à la fin de la semaine j'aurais le droit au savon, y'avait pas mort d'homme. Le séchage abouti et mon Gi enfilé, j'attaquais subséquemment la seconde partie de mon programme quotidien : l'endurcissement.


Clic.




Dans la lignée de la domination de soi, le renforcement faisait corps avec la vie de martialiste. Plus encore en ce qui me concernait, car je me devais de rivaliser avec des salauds capables de cracher du feu par les mains et de voler sans fatigue. Étant donné que je n'étais pas vraiment ce qu'on pourrais appeler une «génie du contrôle du Ki », mes efforts en préparation physique étaient adaptés en conséquence. Là encore, le maître-mot demeurait discipline. Mes poings devaient pouvoir briser un crâne en un coup. Mes tibias oblitérer une cage thoracique. Mon mental se fortifier pour ignorer l'offense d'une lame. Ma peau évoluer vers un cuir à l'épreuve des brûlures. Mon corps entier devait tendre vers mon idéal de justice. Afin d'y parvenir, je n'avais pas trente-six solutions. Une seule à vraie dire existait. Encore et toujours plus de masochisme. Ainsi de la contrainte que nous avaient imposés les criminels ayant ravagés notre ville en notre absence était né mon temple vers l'absolution. Et ce n'étaient pas les outils propices à ce but qui manquaient. J'avais du goudron de partout !


Ma couche pouvait à tout instant se changer en contenant à gravats que j'harcelais de coups simples et répétés pour me désensibiliser partiellement à la douleur. Les surfaces abrasives des murs qui m'entouraient étaient de parfaits formeurs de cals là où mon derme en avait besoin. Enfin, dans l'optique de fracasser un os complexe et rigide comme celui de la boîte crânienne, je me servais d'un référentiel aisé : si j'arrivais à traverser du béton à la main, alors traverser une tête ne serait pas fondamentalement plus ardu. 


La clé pour se faire résidait dans un savoir que m'avait transmit Maître Hoù : l'ostéogénie. Un joli mot désignant un procédé qui l'était un peu moins. A savoir se fracasser les os histoire de stimuler les ostéoblastes en surface du squelette. Les ostéoblastes étant des cellules souches en surface d'un os qui permettaient normalement la reconstruction de celui-ci. Mais par le biais de cette technique de stimulation, on pouvait redéfinir l’intégrité structurelle osseuse d'un individu, devenant aussi résistante qu'un métal.


Spoiler:
 


Et du béton pour procéder à la métamorphose de mon squelette, je n'en manquais vraiment pas comme dit précédemment. Dire que ça faisait mal eut été le pire des euphémismes, cependant rien n'égalais le sentiment de progression que j'y puisais. Telle était la spirale de n'importe quel art martial : une fois qu'on avait goûté à l'allégresse de comprendre le sac à viande dans lequel on tenait depuis tout petit en le voyant progresser, s'affiner, s'aiguiser... On ne pouvait plus s'en passer, quitte à tomber dans des penchants « légèrement » extrêmophiles. 


Alors je cognais, débris après débris, régulièrement entravée par mes poumons saturés des particules grises que libérais brutalement durant mon entreprise. Le soleil finit par pointer le bout de sa couronne incandescente. Je décidais alors de sortir de mon antre et d'aller le saluer comme il se devait. Je descendis la pile de toitures ravagées qui servait d'accès à mon repaire et découvrait une fois n'était pas coutume le paysage lunaire de l'avenue dans laquelle je me trouvais.


Une-deux... Je posais mes pouces contre un endroit où le sol était suffisamment libre et j'entamais mes séries de pompes. L'aurore m'offrait une perspective flamboyante de ce tombeau gris. Constatant une nouvelle facette de l'étendue des dégâts je restais coïte. Quelques semaines auront suffis pour que je finisse par m'habituer à ce désert atrocement silencieux. 

Spoiler:
 

Malgré la contiguïté du sac de Satan-City, je peinais déjà à me souvenir de quoi ça avait l'air auparavant. C'était déprimant. Je haïssait la tendance qu'avait mon cerveau à accepté le changement et passer à la trappe ce qui n'était plus. Il y avait le 7/11 à l'angle de cette rue là-bas... Et puis je crois que là y'avait le rond-point infernal que le Maître détestait au plus haut point...Arf.


Arrêtes un peu, tu veux ?


Parfois j'avais besoin de me sermonner moi même pour m'empêcher de buller. Je n'avais pas accepté pour rien de m'établir ici. Des ennemis de Maître Hoù avaient attaqués la cité pendant qu'il n'était pas là pour la défendre. Les pertes étaient incommensurables. La reconstruction, difficilement envisageable. Mon professeur avait donc choisi de payer son absence à corps perdu. 


Tandis qu'il aiderait plus que jamais les victimes dans le besoin, il était de mon devoir de devenir plus forte par le biais d'un entraînement à la lacédémonienne. Seule dans un milieu hostile à la vie déjà trop oisive à laquelle mon Senseï m'avait conformée, je devais survivre et m'améliorer. Quel meilleur endroit que l'épicentre de notre échec pour cela ?


Même si je n'étais spécialement fan du délire de vie privée de richesses matérielles, je devais bien reconnaître que le train de vie que je menais avait quelque chose de paradoxalement apaisant. Quelle ne fut alors pas ma surprise lorsque dans un lieu où même le vent semblait être mort, un tohu-bohu monstre annonca l'arrivée d'un drone géant doté d'un écran ainsi que de haut-parleurs. 


A l'image on pouvait voir un petit homme roux replet en uniforme soigné qui scandait avec ferveur un texte qui passait sous prompteur :












Satan-City est tombée. La révérence de notre Tyran n'aura pas été suffisante, il aura fallu que notre précieuse ville subisse à nouveau la fureur de quelconques rejets du diable. Mais nous vallons mieux que cela. Notre ville porte le nom du plus grand martialiste que la Terre ait connue. Satan-City outragée. Satan-City martyrisée. Mais très bientôt, Satan-City relevée ! Aujourd'hui, la municipalité de Satan-City propose une solution au monde entier pour rebâtir notre belle ville. Et ce, grâce au précieux soutient financier du Ruban Rouge, sans qui nous n'aurions rien pu faire. Les temps ont changés et face à l'adversité les anciens rivaux s'allient sous la bannière de l'espoir ! C'est pour cette raison, que la municipalité de Satan-City organiste un grand événement sportif à but caritatif !




J'ai nommé :





Le Nozomu Budokai !






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Un tournoi d'arts martiaux accueillants les disciples de toutes les écoles, de tous les horizons ! Habitants de la Terre et d'Ailleurs ! Au nom de l'entraide, venez témoigner du cri commun d'un millier de cœurs sans toits ! Au nom de l'amour du sport, venez aidez le Ruban Rouge à reconstruire notre belle et glorieuse cité ! Les entrées sont tarifées à la modique somme de 15 Zénies, mais dans le prix d'entrée sont comprises : un accès au buffet à volonté, des places assises dans chaque arène ainsi qu'un accès à notre Web-TV qui retransmettras en direct chaque combat ! Bien évidemment, la charité n'est pas qu'une récompense en soi, c'est pour cette raison que la communauté s'engage à gratifier le Vainqueur d'une place permanente au conseil municipal une fois celui-ci reformé ainsi que des clés de la Ville ! 1000 Zénies Symboliques seront également offerts par notre Sponsor !




Je cru tomber cent fois à la renverse. C'était une nouvelle inespérée, la première bonne depuis que j'étais arrivée à la vérité. Maître Hoù n'était pas afficionados des démonstrations de forces irraisonnées, mais une exception plus que majeure se présentait. Qu'à cela ne tienne que mon entraînement n'était pas terminé, pour le bien de notre ville et de mon Maître, j'allais accepter de participer à ce tournoi !
Hoù Sennin
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MessageSujet: Re: Ace Degenerate   Ace Degenerate ClockMer 3 Fév 2021 - 3:14
Ace Degenerate DBZ


Flap-flap-flap-flap-flap


Le bourdonnement des pales du drone m'invitant à m'éloigner, je rebroussais chemin afin de regagner ma cambuse. Dans mon dos, l'écran stationnaire crachait une nouvelle fois son discours. Visiblement le Ruban Rouge était en recherche de rédemption et il voulait le faire savoir. N'ayant pas grandie durant les heures sombres de la milice, pour moi le nom n'évoquait pas grand chose. Quoique, le fameux « Kafka » là, le sous-fifre de l'emplumé ; il était du Ruban si je ne m'abusais. Y'avait longtemps qu'on en avait plus entendu parler de lui. Baste, si leur armada avait connu un revirement de politique ou si ils visaient la redorure de blason, c'était leur souci. Ce qui comptait c'est qu'ils faisaient un gros, très gros coup. De l'ordre du miracle. Alors à mes yeux, si promesse était tenue, leur tentative serait fructueuse.


Il ne me fallut pas plus de quelques secondes pour que toutes mes affaires fussent emballées. C'était l'un des rares bons côtés du minimalisme. Décidée, je ficelais l'anorak à mon bâton à la manière d'un baluchon, étant donné que mon sac à dos avait rendu l'âme quelques jours avant déjà. J'allais partir en abandonnant ma bassine quand une image mentale de l'itinéraire à venir s’instilla dans ma tête. Je ne pris même pas la peine d'enlever la portion de bâche bleue qui me servait naguère à emprunter de quoi me laver aux éléments, à moitié assurée quant à son utilité future. Par la suite en escaladant la butte je confirmais que je ne m'étais pas encombrée pour rien. Posant la bassine contre un tas relativement stable, je mesurais des doigts la viabilité de mon plan. Les idées dangereusement stupides, je les collectionnais fallait-il dire. Comme toutefois elle échouaient rarement en ma défaveur, je ne voyais pas de raison de ne pas continuer.




Mmh... Une fois que j'aurais franchi le gratte-ciel ce sera plus casse-gueule.

Faute de mieux et par envie d'aller vite, je me tassais dans le récipient en prenant soin de ramener mes genoux de sorte à ce que les deux poignées me soient accessibles. Puis, en contrôlant l'équilibre de mon véhicule dont le promontoire semblait apprécier fort peu l'ajour de mon poids, je frappais d'un coup sec derrière moi afin de me propulser vers l'avant.





Zou ! Advienne que pourra!





A bord de mon bolide tout relatif, je glissais à une vitesse folle contre la paroi d'un building qui s'était couché sur toute sa hauteur, formant une sorte de pont penché vers le contrebas. Le chuintement de l'acier contre les vitres en double-vitrage venant bazarder le silence autrefois maître n'avait rien de rassurant. D'autant plus alors que l'inclinaison du bâtiment accélérait mes dérapages de façon exponentielle. A plusieurs reprises je manquais de tomber les dents en avant, embrassant de plein fouet tantôt des poutres affaissées, tantôt des éboulis d'autres édifices. En contrebas s'offrait à moi des pans de rues entier qui s'était changés en chenaux à la surface desquels j’apercevais des voitures, des bus, des arbres, des détritus, qui ondoyaient avec peine. Ma catabase suicidaire s'acheva une série de zig-gags effrénés qui faillirent m'envoyer vingt-mètres plus bas.


Pour mon plus grand soulagement, les vitres craquelées qui marquaient le sommet de la tour tinrent bon. Car le cas échéant mon bidou n'aurait fait qu'un avec la charpente de zinc. Après le surf vint la varappe, et à raison d'une dizaine de bonds j'étais parvenue au sommet de la frontière de la cuve épicentrique. A partir de là ma progression devait être plus tranquille. Et elle le fut, parce que quelques minutes plus tard je débouchais sur un quartier de la ville qui -si on exceptait quelques voitures en position de tortue-en-détresse- semblait avoir échappé à la débâcle. Ainsi j'accédais au refuge où mon Maître donnait de sa personne. C'était un vieux café qui avait été réquisitionné en refuge pour les victimes du secteur. Des centres à écorchés-de-la-vie comme celui-là, il y en avait une chiée, rien que dans cette rue. Néanmoins je savais que l'ermite était dans celui-là précisément. C'était son débit de boisson favori, la seule oisiveté qu'il s'accordait à vrai dire, et puis il était très ami avec le patron.




En entrant, je vis des dizaines de personnes de tout âges alitées sur des futons. Je leur adressai un sourire que je tordais un peu pour appuyer la compassion. Je fuyait tout les contacts visuels ; j'avais l'habitude à force d'aider la veuve et l'orphelin, je connaissais déjà leur visages par cœur. J'ancrais mon regard sur un point fixe, vers un escalier en colimaçon qui montait vers la terrasse. Je leur montrais que j'avais un but et donc espérais leur couper toute envie de me solliciter.


Spoiler:
 


>Mademoiselle Hitori ? C'est vous ?


Sa race boulba.. Attends mais cette voix c'est-




Madame Kuchibeni !


>Mon dieu ce que vous avez changée !




Mais qu'est-ce que vous faites ici ?


>Mon mari allait au travail quand un scooter lui est tombé dessus. Il n'est toujours pas capable de se lever et les hôpitaux de fortune sont toujours surchargés alors tant que son état est stable je veille ici sur lui...


Mais je suis navré d'apprendre ça, c'est affreux ! Où est votre mari ? Je peux faire quelque chose ?


C'était tout moi ça, l'interface à réponses socialement acceptables. Sors les violons tant que t'y est Haiko ! Bravo ça, en plus de perdre du temps ça fera une raison de plus pour culpabiliser ce soir !


>Oh le ciel m'en tombe, vous êtes vraiment trop adorable mademoiselle, mais non malheureusement il n'y à rien faire. Mais que vous vous proposiez, comme ça, ça me touche. Vraiment.




C-c'est normal ! Vous avez toujours été si gentille avec moi !


>De nos jours les clients traitent les vendeuses de quartier comme des machines. Alors vous savez moi- Regardez vous autres ! C'est Mademoiselle Hitori, c'est l'élève de Monsieur Sennin !


Passe encore sur le « Monsieur Sennin » mais il fallait que je me sortes de là avant que ça ne devienne trop gênant. Je sentais déjà les regards recommencer à s'accrocher sur moi comme des ventouses glaciales.




Je- à ce sujet justement-


>Tous les mardis matins à la première heure elle vient faire ses courses et elle me fait des grands sourires ! C'est une enfant bien éduquée, des comme on en fait plus !


Quelque chose me tira la manche. Une vieille dame, avec les yeux cernés d'entailles superficielles m'adressa une petite tape sur le dos de la main.


>C'est vraiment important ce que vous faites pour nous, vous savez...


Par pitié sortez moi de là. Même si je m'arrête de respirer je suis sûre qu'elle vont continuer à être péguantes. Je ne dois pas rentrer dans leur jeu, sinon j'en finirais pas avant demain soir !




Je suis sincèrement désolé messieurs-dames, je suis justement à la recherche de mon Maître, c'est vraiment très important et-


Mes paroles fusaient de telle sorte que j'avais l'impression qu'elles sortaient toutes en un seul bloc sonore inaudible, que j'accompagnais d'une courbure du dos si âpre que je fis un angle droit.


>Oh oui pardonnez-moi mademoiselle ! Allez-y, il est juste en haut, il s'occupe de mon Mayu !


Et vlan, en définitive ce n'était pas si compliqué d'échapper à l'étreinte d'Azukibabaa! Je me pressais de gravir quatre par quatre les marches courbées, qui menèrent à une grande salle qui avait des allures de charnier. Si je ne savais pas qu'il y avait eu des tables de mah-jong à la place des pieds à perfusions, jamais je ne m'en serais doutée. Mon Mentor était là, assis aux côtés d'un garçon de mon âge qui semblait en parfaite santé. Puis j'aperçus ses iris, qui avaient la teinte blanchâtre du polystyrène. Quelque chose de sacrément brillant avait du lui cramer les mirettes. C'était qui ces types au juste ?




P'tit gar' ?


Sans même que je ne signales ma présence, alors qu'il me faisait dos, mon Maître s'était levé avec toute la pesanteur que son embonpoint impliquait, pour ensuite se tourner en arquant ses sourcils bourrus.




B-bonjour Maître.


Cela devait faire grosso-merdo à peine 3 petites semaines que je ne l'avais pas vu et c'est néanmoins au moment où je revis son air bouffi que je réalisais qu'il m'avait beaucoup manquée. L'espace d'un instant, je fut presque tentée de lui sauter dans les bras. Mais voyant que l'huile de la clepsydre ne s'était arrêtée de couler pour laisser du temps à mon esprit, je me retins et effectuais un salut incliné qu'il me rendit.


>Vous devez être Haiko j'imagine ?


Spoiler:
 


Aïe. Foutus yeux, toujours à être attirés comme des pies par ce qui brille ou est coloré. J'avais plus tôt fait la mention de mon regard auprès du Ruban Rouge. Mais force était de constater que de faire face à quelqu'un portant l'uniforme en chair et en cuir, ne me faisait pas le même effet.




Eeeeuh oui. Bonjour ?




J't' présen' Kras'n- K'an- Krans'v ! 'L'est là pour m'aider passqu'on est vrâiment d'bordés 'ci !


>Krasnoï. Officier de santé du RR.


Spoiler:
 



Je vois ça ! Vous êtes là pour le Nozumi Budokai ?


>Négatif, ça c'est nouveau pour moi aussi. Normalement on devrait être plusieurs de ma section pour prêter main forte mais même nous on est débordés. Quoiqu'il en soit, ravie de vous rencontrer.




De même !


Si sa tenue vestimentaire était irréprochable, la réciproque n'était pas de mise concernant son apparence physique. Ses cheveux abîmés et ses yeux pochés révélaient une négligence qui en disait long sur son implication ici. J'avais un souci avec ses yeux. Le rapport expressivité/taille n'était pas respecté. On n'attribue pas des globes entiers pour un regard de poisson crevé.


>S-s-s'il vous plaît...


>J'arrive monsieur Houjou !




B'en. Kess'tu fais là Haiko ? T'y'a une s'maine d'avance presqu' ! J't'manquais tant qu'ça ?




Tandis qu'il fronçais les sourcils pour paraître sévère, ses lèvres se contorsionnaient pour ne pas dévoiler une dentition rieuse.




Non Maître ! Enfin si mais si j'ai interrompu mon entraînement c'est pour vous parler du tournoi caritatif !




J'vois. Bon, 'n'en parl'ra 'près. 'Abord on aide.


Nous passâmes les heures qui suivirent à panser, éponger et rassurer les éclopés. Quand la nuit enveloppa le ciel gris de sa robe sidérale, nous prîmes une pause pour manger une moitié de sandwich. Du fait qu'il constituait mon unique repas de la journée, je l’accueillis avec la plus solennelle des bouchées. En fin de compte, on se coucha sans même avoir pu échanger un mot qui n'avait pas de rapport avec nos tâches. On m'attribua une « chambre » dans la remise au sous-sol. Toutefois pas franchement tentée par l'expérience du dortoir collectif, je décidais d'aller faire un tour avant d'aller dormir.


L'état d'entropie très inférieur des bâtiments de ce quartier m'inspiraient une sécurité que le capharnaüm gris que j'avais quitté ne m'avait jamais procuré. Ce n'était pas relaxant pour autant. Une mesure de frustration battait dans ma tête, probablement jouée par la Haiko qui n'avait pas réussie à en placer une auprès de son Maître. Incapable de lâcher prise, sans que je ne le décides vraiment, je me mis à bondir de mur en mur. L'heure n'était pas vraiment venue pour m'entretenir physiquement, mais je n'avais rien de mieux à faire.




Oh 'tit sinj' ! 'Qu'on s'la donne ou quoi ?





N'importe quel Senseï, n'importe quel adulte responsable même dirait à une fille de 14 ans de ne pas se défouler à vingt-trois heures et quelques. Le charme de mon Maître résidait aussi là-dedans. Si il n'était pas tout ridé et tout grisonnant, ce serait compliqué de ne pas le voir en gamin irresponsable.




'Lors mont'e un peu ! J'veux vouère l'fruit d'ton ent'raîn'ment !


Nous sautions de paroi en paroi au même rythme. Nous nous échangions cordialement quelque coups pour aussitôt nous réceptionner les deux bras pendus sur un lampadaire. A la lumière Maître Hoù examina de sa grande main velue la mienne.




'Gard' toi un peu ! J'vais pas vu ! T'es tout' enflée d'partout ! C'du bon cuir ça !


Il n'avait pas tort, je ressemblais à une rescapée de l'armée du salut. A force de la forger aux endroits stratégiques, ma peau n'était plus qu'une sorte de carapace sèche brunie. Je ne faisait pas attention à mon apparence, cela dit j'en étais tout de même perturbée. Fière, mais perturbée quand même. Le Maître me dévisageait avec son air malicieux habituel, puis il se laissa tomber du réverbère, m'attendant en-dessous.




Euh Maître...


De gêne je me frictionnais la bouche au point d'ouvrir quelques gersures.




Je n'ai- J'ai toujours pas réussi à domestiquer mon Ki...




C'pas grav' mon garçon. Ça viendra.




Oui mais pour le tournoi ! Je vais encore me confronter à des manieurs de Ki et je suis pas sûr de pouvoir retenter un coup de bluff comme l'autre fois !




Ah, l'tourno'.




Vous... Vous êtes d'accords pour que j'y participes, pas vrai Maître ?




J'sais pô trop. La 'tite Kars'n m'plaît b'in mais l'R'ban... C'l'R'ban. J'ai un passé 'commun 'vec eux, j'crois pas vrai'ment en leur r'demption.




Ils ont envoyés des renforts pour soigner les gens ! Et le tournoi n'est pas vraiment organisé par eux, mais par la municipalité, ils ne sont que sponsor. Je pense que ça vaudrait le coup d'essayer. Et puis, un tournoi c'est une belle occasion pour voir mes progrès !




M'ouai'. On 'erra d'main ! L'progrès j'peux l'voirs main'nant !


Les heurts reprirent de plus belle. Sans vraiment être capable d'expliquer pour quoi, je voyais qu'il était moins moqueur que d'habitude dans ses esquives. Cette réalisation ne plu pas du tout à je ne sais qu'elle partie de mon cerveau en sous-traitance, mais dès que je fus repoussée, j'allais chercher le goudron des deux mains pour y prendre appui. Propulsés par une détente fulgurante, mes pieds partirent s'abattre contre la mâchoire du Maître qui faillit déchanter.




Ah-ah !




'V'la qu't'm'fais la port' d'ciel toi ! 'Vache !




C'était bien ?!




'Peu qu'c'était bien, t'm'as r'fait la m'choîre j'vais m'ger des brocolis p'dent deux s'maines maint'nant ! Un vrai coup d'panard Sifu !




J'ai senti qu'il était meilleur que d'habitude c'est vrai héhé !


Subitement, il s'arrêta de rire avec moi. De prime abord, je crus que c'était mon coup qui l'avait plus fait souffert qu'il ne le disait, à son âge après tout. Mais ensuite, je vis qu'il ne regardait pas dans le vague, mais quelque chose par terre. Au pied d'un autocar renversé, il y avait la porte de celui-ci qui avait été détachée nette. La carrosserie s'était froissée d'une manière étrange, pareille à une spirale.




C'est quoi ?




L'marqu' d'n'art mar'ial qu'j'connais.





Allons, vous me menez en bâteau ! Aucun art martial humain pourrait faire une marque pareille ! Avec quels membres ? Non, ça doit être un kikoha qui-




'L'poing d'struct'eur fluc'uant t'connais ?




Non ?




C't'un style ens'gnié par un c'pain à moi. C'veut dire qu'l'type à l'origine d'ça c'est son élève.




Comment ?




D'main matin 'n'aura des r'cherch' à fair'. 'N'attendant, 'n'à pas f'ni ton entraî'ment.




D'accord... En garde !




Nah. Ton renforc'ment s'sent. T'as franchi la b'rrière qui s'pare l'homme du gorille. 'Trairement à nous, l'gorilles ont des musc' naturellement pu puis'ants. 'S'ont pas b'soin d'se déchirer les musc' comme nous. 'A'y'est, t'as la force. Mais là ç'va pas c'qui à dans tes z'yeux. C'bien d'avoir l'physiqu'. F'aut 'ssi l'cacatèr' qu'va 'vec ! T'vas fuir. T'dois pas ripost' ! T'fais pas chopper sinon gard' ! Hop !


Spoiler:
 




Ouah !


Je crus voir un véritable primate me surgir dessus la main tendue pour faire de ma tête un concasseur à fruits à coques.  
Hoù Sennin
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MessageSujet: Re: Ace Degenerate   Ace Degenerate ClockLun 8 Fév 2021 - 1:27
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Une ruée, je sais comment ça s'évite,
Un poteau, comment ça s'agrippe,
Un Maître, comment ça cogite,
Une prise, comment ça s'anticipe.


Mes quatre membres s'affairaient à rendre les surfaces qu'ils rencontraient en trampoline truculents conjointement à l'éclair cramoisi qui s'ahanait à me garder dans son axe. A l'écoute du doublage de mes dérobades silencieuses dérobades silencieuses doublées par les plaintes de sa douloureuse mécanique cervicale, je me réfugiais dans un chéneau, voulant lui laisser une seconde de répit. Moi parfaitement perchée sur la gouttière humide, lui presque rampant contre le macadam tépide ; à bien des égards la supériorité me revenait de droit. Cette pensée serinait mon esprit depuis que j'avais éludé son ouverture. Aussi était-il difficile de ne pas toiser mon Senseï gagnant mollement le pied du bâtiment nous séparant.


Les jours évanouis m'eurent appris que le septuagénaire pouvait tourner vicieux. Et que l'âge de platine lui offrait ordinairement toute la fougue nécessaire à mater une adolescente. Cette tromperie-ci était à mille lieues des ruses vipérines dont il avait eu usage pour amadouer sa pauvre disciple. Je penchais à peine le menton afin de le surveiller. A cet instant j'entendis un sifflement atroce en provenance de Maître Hoù. Pas le genre de stridulations qui poussent à s'inquiéter de la santé d'un gâteux, mais plutôt de celles qui invitent à craindre pour la sienne. Par la seule force de ses phalanges, Maître Hoù avait fait hurler la gouttière d'un cri produit uniquement par le fracas de deux métaux.


Le hurlement du cuivre se prolongea en son sein, faisant trembler la structure de mon piédestal bistre dans son ensemble. Il n'en fallu pas davantage aux secousses pour me ramener à mon enseignant. Durant ma chute j'aperçus son air faussement pantois, désireux de me laisser croire que lui-même en était stupéfait. Sa provocation fit mouche et je virais au rouge la seconde d'après. Le revirement de vapeur et ma confiance récemment gagnée faisaient semble-t-il un ménage sacrément mauvais. Faisant fi des règles énoncées, tandis que ma tête subsistait toujours en première ligne pour faire un bisou au bitume, j'armais mon poing fulminant pour l'abattre sur son plexus solaire lorsque je fus à portée.


KAH !


Il répondit d'un Kiai massif, préservant de la sorte sa respiration d'être coupée par mon offense. Ce qui n'arrangea pas ma frustration. Puis, avant même que je ne puisse préparer ma roulade de récupération, il m'intercepta des deux mains comme un frisbee et me fit pivoter d'un geste savant. Je me retrouvais debout et impuissante, face à lui, prête à subir ma correction bien méritée.


Spoiler:
 
Son épaule me prévenue qu'un train en direction de mes gencives était parti en gare avec une avance assumée. L'air comprimé vint également me faire ses adieux, prédisant l'âpreté de mon futur proche. Contre toute attente néanmoins, mes dents restèrent intactes. Mon rappel à l'ordre fut un « j'ai-volé-ton-nez » administré avec brio par une main décidément bien trop velue. C'eut pour moi l'effet d'une douche froide.



T'pas capté l'jeu Haiko ! C'toi l'sinj' !






Fit-il, en détallant comme un lapin, laissant pareillement à l'accoutumée ses bras pendre derrière lui. Comprendre ce qu'il s'était passé me fut long. Toutefois l'espièglerie de mon Maître m'avait rappelée à l'état naturel de nos interactions et cela me suffisait.



Tartuffe ! C'est pas juste vous m'avez retenue par la main avec votre gras-double !



Qué Tartruf' ? Késs'tu'm'chantes encore ?



Je sais pas, j'ai appris ce mot dans des restes de journaux !



Mal'eur ! Dieu préserv' l'jeunesse d'la lecture !




Les cartes étaient distribuées, et ainsi nous écumions la rue à grands renforts de crapahutages ponctués de saisies redéfinissant les rôles dans notre partie. Une fois le rythme instauré et les tactiques naturelles définitivement apprises et parées, je dû mettre en œuvre des tactiques simiesques pour creuser l'écart entre Professeur et Élève. Quand furent caduques la cécité par « rempart vestimentaire », le saut retenu par les jambes croisées autour d'un réverbère ou encore le plongeon dans le feuillage d'un arbre d'alignement urbain, je dus me résoudre à aller plus loin encore dans les singeries !



Et hop !



'V'la aut' chose !


Usant ma ceinture à la manière d'un véritable appendice caudal en l'entortillant en ruban autour de ma taille, j'étais parvenue à me retenir sur mon repaire lumineux.



Héhé ! Fallait pas m'bourrer le crâne avec le comportement des singes !



T'sais c'qu'font l'macaqu' quand 'z'en ont marre ?


A ces mots, il saisit un sac poubelle gisant précédemment éventre au cour d'une cascade pour me le jeter en pleine figure !


Spoiler:
 




'Y jettent leur 'xcréments !



Boah ! Maître !


M'indignais-je entre deux ricanements, tentant de retirer les détritus faisandés de mon visage.



'V'la un 'gard qui m'plaît !



?


T'es d'venue 'pu forte mon garçon. Mais 'ssaie d'pu jamais 'voir d'yeux comme t'avait t't'à l'heure. Un sinj' c'doit pas êt' sérieux. Ni en colèr'.



C'était la fatigue je pense !



Meuh oui l'fatigu', c'ça !


Il m'ébouriffa les cheveux en refoulant sa prose dans une des chansons dont lui seul avait le secret. C'est donc en chanson que nous rentrions, alors que le cadran affichait un « 01:44 » auspicieux. La nuit fut courte, toutefois reposante après la capharnaüm nocturne. Quand au petit matin, je fus surprise de constater que le premier repas de la journée du Maître ne faisait pas la part belle au groupe hydroxyle. Il fut néanmoins pourvu d'un petit bonbon noir.


Cet autre jour passé à affronter les conséquences de la destruction de la ville me permis de convaincre Hoù Sennin de prêter sa bénédiction à ma participation au tournoi. L'argument vendeur avait été que la place à la municipalité en poche, le Maître pourrait faire bouger les choses de l'intérieur pour le bien de ses concitoyens. Le tout saupoudré de références à la jambe amputée du mari d'une amie de Mme Kuchibeni dans l'idée de bien enfoncer le bouchon. Krasnoï me fut d'ailleurs d'une grande aide, son flegme emprunt d'une envie concrète de voir son héros se mettre en scène se conjuguant délicieusement avec mon entrain bouillonnant. C'était acté : au surlendemain nous irions participer au Nozomu Budokai !
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