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 Le coeur de l'homme de fer [PV][+18]

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Kym la Renégate
Kym la Renégate
Moojuu
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MessageSujet: Le coeur de l'homme de fer [PV][+18]   Le coeur de l'homme de fer [PV][+18] ClockJeu 28 Nov 2019 - 14:04
C’était un endroit incroyable. En faite, il ne signifiait sûrement rien pour les autres, mais pour elle il voulait tout dire. Sur le pont de la flèche d’Argent, à l’orée de partout et nul part. Elle se voyait, un cigare au bec, aux côtés de Gilean, observant cet horizon improbable. Il n’y avait qu’eux, et un peu de musique rétro des années cinquante. Mais c’était parfait. Il n’y avait rien à ajouter, rien à retirer. Leurs doigts s’étaient timidement entremêlés et ils se tenaient la main d’une manière à la fois douce et sauvage. Comme s’ils se repoussaient autant qu’ils se désiraient. En faite, c’était ça le coeur de toute leur foutue relation tortueuse.

Ce moment était figé, infini. Kym ne ressentait que de la paix, comme lorsqu’elle vivait dans ce monde à part à ses côtés. Celui où le Dieu loup les avaient enfermés. Celui dont elle était sortie à cause de cet enculé d’Edward…

Une grande inspiration, un sursaut. Elle se redressa sur son lit, les yeux écarquillés.

PUTAIN DE MERDE. C’était qu’un foutu rêve. UN FOUTU RÊVE !


















Cela fait plus de deux mois que vous êtes dans le coma madame Stinger…

Sa seule réaction, alors qu’elle venait de s’arracher le gros tube qu’on lui avait fourré dans la gorge - son réveil avait été brutal, soudain, et l’infirmière qui venait lui faire ses soins avait fait un bon de trois mètres sur le coup - était à peu près ceci, d’une voix enrouée et malade :

Madame… quoi ?...bordel…

Madame Stinger. Depuis quand je suis mariée avec Gilean ou légitimement reconnue comme étant… ouais non, c’est moi qui suis complètement conne. Les gens se rattachent à ce qu'ils peuvent, après tout y'reste pas grand chose de son empire. Je me suis trimbalée et pavanée à son bras devant tous ses hommes pendant des mois et des mois. Faut croire qu’il avait jamais rameuté une nana à bord avant moi, ou alors il l’avait planqué.  Pas comme moi quoi, du coup. Ouais, parce qu’on en a fait des sacrées quand même lui et moi ! Haha ! Ses hommes ont dû nous entendre niqué plus d’une fois, ça c’est certain. Surtout sous la douche.

Mouais, bref, ça fait quand même bizarre de se faire appeler “madame” et “stinger” juste derrière alors que je viens de me réveiller avec un mal de crâne des enfers. Je sais même pas où j’suis. Le dernier truc que je me souviens, c’est cet enfoiré d’Edward qui ressemble à une loque humaine et plus à un poulpe. Putain.

Pourquoi… pourquoi vous m’avez réveillé pauvre conne ? J’étais bien dans mes rêves, au moins j’étais pas ici avec vous et votre sale gueule. Y’a pas de la coke dans le coin ? Je vais vite péter une durite sinon.

L’infirmière baissa les yeux en croisant le regard mauvais et souffrant de Kym. Elle mit probablement ses paroles sur le compte de sa douleur, mais c’était une grave erreur. La militaire n’était pas du tout une enfant de coeur, qu’elle souffre ou pas ne changeait rien à ses paroles détestables.

Je n’ai rien fait madame… à vrai dire nous pensions que vous alliez rester dans le coma encore plus longtemps…

La moojuu enfonça son dos dans l’oreiller derrière elle et soupira. Ses yeux valsaient à travers la pièce. Elle était dans l’hôpital le plus haut de gamme de Métamol à n’en pas douter. Même alors que la Stinger Industry était tombée en ruines, on continuait de la traiter comme une reine. Bah. Après tout, avant tout ça, avant qu’elle ne rencontre Gilean et qu’ils ne fricotent, elle avait mené à bien les plans de son entreprise pour rénover Métamol. Elle s’était faite une réputation sans lui. Mais, forcément, marcher aux côtés du grand Stinger n’avait fait que renforcer sa fameuse réputation pour la propulser vers une gloire intergalactique.

Je vais prévenir de votre réveil madame.

L’infirmière s’éclipsa après un silence plus que gênant. Kym jeta un oeil à la porte d’entrée de sa chambre: deux gardes. Ils ne seront pas d’une grande utilité si je veux me barrer bande de cons, pensait-elle. Son regard se focalisait à présent sur la grande baie-fenêtrée de sa chambre de luxe. Elle esquissa un sourire narquois: je baigne dans le fric pendant que d’autres crèvent la dalle. Y’a des choses qui changeront jamais: soit t’as le bon filon, soit tu l’as dans le cul.

Une demi-heure plus tard, c’est un homme qui entra dans la pièce. Un grand brun aux yeux bleus. Un rire s’étrangla dans la gorge de Kym. Il ressemblait à Gilean à cause de ce genre de détails. Mais elle ne fuyait pas son regard. La militaire le défiait du regard, même. Ce dernier avait l’air cependant bien plus sage et calme que Gilean ou elle-même ne le serait jamais. Non, être des bons petits garnements ne leurs iraient décidément jamais.

Je m’appelle…

Et il commença à déblatérer des trucs dont Kym se battait royalement les couilles. Il avait retenu quelques secondes son attention car il ressemblait à son aimé, mais ça s’arrêtait là. Elle comprit vaguement que c’était un psy et qu’en gros il lui donnerait des exercices à la con à faire pour l’aider à “aller mieux”. Putain, c’est à se tordre de rire, mais au moins ça va l’occuper jusqu’à…

Jusqu’au moment où la moojuu aurait enfin pleinement retrouver sa forme et qu’elle se tirerait de là.

Ce pauvre con de psy lui posait des questions sur son enfance. Kym lui racontait des crack et tentait de ne pas lui exploser de rire à la tronche. Qu’est-ce que ça pouvait bien prouver ou dire sur elle tout ça, hein ? C’est comme un foutu bout de papier où on te demande de poser ton CV, mec. Un bout de papier ne voudra jamais rien dire sur quelqu’un, c’est juste stupide.

Le psy avait comprit qu’il n’obtiendrait jamais de réponses sérieuses. De toute façon elle venait d’une planète perdue. Baelfire était détruite et c’était mieux comme ça. Tous ces gros cons de la même race qu’elle n’avaient de cesse de se faire la guerre pour des conneries aussi grosses qu’eux. C’était comme partout, au final. Ils avaient beau être d’une autre espèce que les humains, ils étaient tout aussi cons qu’eux en réalité. Toujours les mêmes vieilles rengaines “c’est nous qui détenons la vérité de ceci ou de cela” donc on doit légitimement diriger et vous devez vous plier à nos croyances, nos rites etc. Putain de dégénérés.

Kym se mit à sourire. Un long et large sourire dévoilant ses dents alors qu’elle revoyait l’explosion de cette planète de merde. Ils ont eut ce qu’ils méritaient. Et moi, je m’en suis sortie bande de gros nazes.

Le psy dont elle n’avait jamais retenu le prénom lui demandait de dessiner ce qu’elle voyait en rêve. Elle haussa les épaules d’un air à moitié emballé, mais c’était assez marrant comme idée. Bon, dessiner c’était pas son truc donc ça allait ressembler à des trucs grossiers et enfantin. M’enfin, au moins ça lui occupait le temps en attendant de se remettre entièrement.

Elle dessinait sur son calepin toujours les mêmes yeux d’un bleu intense. Toujours ce regard qui la poursuit. Un regard qui à la fois la juge, à la fois l’aime d’une manière totalement tarée, et qui la déteste également avec autant de force. Autant dire que c’est un sacré bordel.


























Cela faisait quelques semaines qu’elle était réveillée. Peu, mais assez pour que les syndromes de manque lui défoncent la gueule. Sueurs froides, nausées, hallucinations, brûlures dans le corps, de quoi se taper la tête contre le mur. La vie sans drogue lui était insupportable. Heureusement, on lui apportait en petites doses des substitut pour essayer de la désintoxiquer, mais ce n’était jamais assez.

Quelque chose vous tourmente à ce point et vous n’arrivez pas à avancer. Vous êtes bloqué sur ce…

-Non mais déjà c’est pas quelque chose mais quelqu’un mec, et ensuite je suis bloquée parce que je le veux bien. J’ai pas besoin de toi pour comprendre ce qui m’arrive. T’es pas tombé sur le bon patient trouduc ! Je ne peux pas me défaire de ça. Gilean et moi on est lié dans toutes les réalités. TOUTES. Je le sais, j’ai pris l’épice et j’ai tout vu. Je sais tout. Je sais ce qui va se passer dans cette réalité-là aussi.

Elle alluma un cigare. Un des fameux cigare de Stinger. Elle en avait gardé plusieurs boîtes. Le psy ne dit rien mais ouvrit la fenêtre.

ça fait chier que je sois tombé sur cette réalité, sérieux. J’aurais préféré celle où on nous fout la paix, celle où Gilean n’aurait pas décidé de se suicider. Cet acte a tout précipité. Heureusement que notre fille l’a sauvé. Et tout ça pour quoi ? Parce que je ne lui appartiendrait jamais vraiment ? Mais il s’attendait à quoi bordel ? Il savait très bien quelle genre d’indomptable bête je suis. J’ai pas envie qu’on me colle des chaînes.
Et moi, j’ai pas d’amour à donner. C’est soit tout, soit rien. J’ai pas de demie-mesure. Les hommes sont quand même bien prétentieux s’ils croient qu’on peut leur être dévoué corps et âme toute la vie comme des bonnes petites brebis.
Merde ! Je cherchais pas le grand amour moi, je cherchais un partenaire de vie.
Quelqu’un qui m’accompagne, qui reste à mes côtés. ça c’est pour moi la plus grande loyauté. Pas cette connerie de grand amour à l’eau de rose ou je ne sais quoi.
Je veux un meilleur ami et un amant, pas un foutu prince.
J’pas besoin d’être protégée.
Mais il a fini par le comprendre, et je ne saurais pas dire si c'est ce qui a précipité sa perte ou si c'est ce qui a encore plus consolidé notre foutue relation.
Tout ce que je sais c'est qu'il m'est impossible d'ouvrir un œil sans penser à lui, bordel de merde !


Pourquoi je dis tout ça à voix haute ? Bof, on s’en fout. De toutes manières j’en ai rien à secouer. Il n’y a que Fen’harel qui pourra choisir ce qu’il adviendra de moi. Les autres mortels n’ont pas d’emprise sur moi à ce stade, alors je peux bien dire ou faire ce que je veux… c’est comme si j’étais dans un genre de monde fictif qui n’existe pas vraiment pour moi.

Et puis un jour, c’était l’heure de se casser d’ici. Kym pouvait marcher normalement à présent. Les tumeurs sur son corps s’étaient arrêté. Ses deux mains cassées s’étaient remises. Ouais, j’ai pas décrits ma douleur et mes petits problèmes jusque-là. Quelle importance ? J’ai tabassé cet enculé d’Edward à juste titre. Je ne sais même pas par quel miracle il m’a laissé filé. Je ne comprendrais jamais les Hommes. Oui-oui, avec un grand H connard.

Qu’importe.

















L’infirmière qui s’occupait d’elle débarqua dans sa chambre alors que Kym fumait à la fenêtre. Le vent était frais et revigorant. Elle se revoyait dans le passé, à la fenêtre des appartements de Gilean. C’est impossible d’oublier ces moments simples qui sont pourtant l’essence même de toute votre vie.

Madame Stinger…” l’infirmière se racla la gorge d’un air gêné inhabituel. Bon, c’est le genre de gamine à se laisser malmener par les autres, mais là ça sonne bizarre. Kym tourna sa tête vers elle d’un air ennuyé.

Nous vous avons fait des tests de routine… et il s’avère que… que… vous devriez éteindre votre cigare…

Kym haussa les sourcils. Elle lui éclata de rire au nez et fit un geste de la main comme pour lui dire d’arrêter ses bêtises.

Vous...madame… vous êtes enceinte…

Un tic apparut soudain sur le visage de la moojuu, soulevant sa lèvre supérieure nerveusement. Cette dernière se redressa de sa position avachie sur la fenêtre. Elle tira une longue bouffée sur son cigare et la rejeta directement dans la tronche de l’infirmière qui se mit à tousser comme un gamin qui se prend sa première soufflette.

Décidément ma vie est VRAIMENT une grosse blague.

Et elle n’ajouta rien de plus, comme si Kym se fichait de savoir comment c’était possible. Rien ne l’intéressait guère plus de toute façon. Seul Gilean persistait dans son esprit. Même son ancien acolyte, Sid, ne revêtait plus l’importance qu’il avait autrefois à ses yeux.

Vous avez probablement.. été violée avant qu’on ne vous retrouve… j’imagine que l’homme vous avez tabassé a…

-Ouais-ouais.” Kym lui coupa la parole d’un air insensible. “Les hommes ne trouvent rien de mieux à faire quand ils sont impuissant. Comme si foutre leur zgeg ridicule dans une chatte allait régler leurs problèmes d’égo.
Quand j’ai fait mes classes dans mon clan sur ma planète d’origine, c’était des gros machos comme tu dois bien en connaître toi qui a le grand malheur d’être une gonzesse aussi. Pour fêter mes promotions, quand je prenais du grade dans l’armée, mes compagnons d’escouade me violait. J’étais pas assez forte à l’époque pour me défendre face à une vingtaine de mecs. Et ils avaient la rage parce que j’étais bien plus prometteuse qu’eux. Tu te rends compte ? Une faible petite nana plus balèze que des mecs, haha !
Le truc c’est pas que tu finis par t’en foutre ou plus rien sentir, c’est que t’es obligé de faire en sorte que ça t'atteint plus. Sinon autant se flinguer tout de suite. J’ai préféré attendre d’être sûre que je pourrais tous les buter. Et crois-moi, le jour où j’ai pu leur tendre un piège, je les aient tous massacré avec grand plaisir. Mais ils ne sont pas morts sous mes coups, ils sont mort d’hémorragie interne. Je les aient enculés à mort avec ma propre queue recouverte d’os. C’était un jour glorieux !
Donc tu vois, laisses tomber. Je m’en fou de savoir comment, pourquoi, ou qui est le père.
De toute évidence ce n’est pas Gilean, donc je veux avorter.


L’infirmière était devenue livide. Pourtant, la guéparde parlait de tout cela sans que ceci ne puisse encore l’atteindre. On aurait dit qu’elle parlait d’une autre vie, une vie lointaine dont les fragments ne lui faisaient plus aucun effet.

M-mais… légalement c’est trop tard pour que vous puissiez avorter…

La militaire soupira bruyamment. Elle éteignit son cigare et ferma la fenêtre et n’adressa plus un seul mot à l’infirmière, bien que cette dernière avait tenté de lui glisser quelques mots rassurants qui ne firent qu'augmenter la haine de Kym envers elle.

Ridicule petite chose faible. Se disait-elle en posant les yeux sur l’infirmière qui partait car son service était fini. Il faut bien des gens comme toi, gentil, aimant, pour que des connards profitent d’eux. C’est ça le monde. T’es gentil, on te victimise. Et moi j’ai pas envie d’être bouffé. C’est moi la chasseuse.

Quand elle fut assurée d’être tranquille pour la soirée, Kym sortie de sa poche des ciseaux et des aiguilles stérilisé qu’elle avait piqué à la dernière aide-soignante qui s’était pointé.

Elle s’enferma dans la salle de bain de sa chambre et attrapa un miroir déplaçable. La moojuu colla un tas de linges par terre. La droguée se regarda dans la glace et se dit que putain, elle aurait bien besoin d’un rail. D’accord avec elle-même, la combattante avait piqué une boîte complète de médocs de substitut pour la drogue. Cette dernière réduisit en tout petits fragments les cachetons et les déposa sur le rebord de l’évier.

Elle s’inclina, et dans une révérence suprême inhala cette petite merveille empoisonnée. La droguée secoua frénétiquement la tête, ouvrant de grands yeux vitreux qui s’illuminèrent peu à peu d’une lueur ardente.

Du revers de sa main droite, elle essuya les restes de coco improvisée sur ses narines et le sang qui s’en écoulait.

Dans un élan nonchalant, Kym se laissa glisser contre le sol et les linges étendus par terre. Elle se saisit des ciseaux et des aiguilles avec lesquels elle joua un moment, les yeux dans le vide.


















Je suis une mère
et une tueuse.





























La militaire écarta les jambes, déposa le miroir face à son intimité. La droguée croisa à nouveau son regard et un reflux d’acidité lui brûla la cage thoracique. Elle se frappa le front plusieurs fois avec la paume de sa main ouverte. La timbrée se gifla et ravala les larmes qui s’étaient accumulé au bord de ses yeux. Kym serra les dents et enfonça ses instruments de torture en elle.

Du sang partout. Une forme incomplète, visiblement humaine se détacha enfin de son utérus meurtris et retomba le long de ses cuisses. Elle avait tellement serré les dents que sa bouche était pleine de sang. Le sang ne pouvant être contenu plus longtemps, il déborda mollement sur son menton, dans son cou. Il s'égouttait sur elle et se mêlait au sang maudit de son utérus.

Elle cracha le trop plein de sang contenu dans sa bouche pendant qu’elle commettait l'innommable. Ses jambes grelottaient tellement que la moojuu ne put pas se relever avant une bonne vingtaine de minutes, là, condamnée à voir le cadavre de la vie qui avait grandit en elle jusqu’ici. Et donc, elle allait en faire quoi ? Le foutre vulgairement à la poubelle, hein ?

Cette pensée la fit éclater d’un rire cinglant. Elle se redressa, essoufflée, rincée... à bout de souffle, et à bout de tout.

La misérable releva ses yeux et croisa à nouveau son reflet. On aurait dit une mauvaise parodie de la dame blanche ou d’une de ses conneries-là. Sa longue robe blanche d’hôpital était nimbée d’un sang presque noir. Un sang corrompu, le sang des traîtres et des impies.

Elle frappa une dizaine de fois dans le miroir et l'éclata en mille morceaux. Désabusée, Kym laissa tout ça là. Ouais, elle laissa tout derrière elle dans la salle de bain. Elle se grattait de partout comme si des puces la piquaient à répétition. Son corps grelottait sans s’arrêter. Elle ne toucha à rien à part à son enfant décédé…


Qu’elle décida de manger pour qu’il retourne dans ses entrailles.
D’une certaine manière, elle lui redonnait vie. Personne ne le souillerait, et il ne finirait pas à la poubelle, ou dans le ventre des vers. C’était l’enfant de personne, mais au moins le sien.































Elle monta sur le rebord de la grande fenêtre et regarda dans le vide. Quand il fait nuit et que c’est illuminé, c’est toujours beau. Qui n’aime pas ce genre de vue ? C’est mélancolique, ça nous rappel des choses profondément enfouies.

Kym se mit à rire en levant ses bras vers le ciel. Le vent soufflait fort sur son visage et dans ses cheveux. Il soulevait sa longue robe blanche sur laquelle serpentait une mare rouge qui n’avait pas encore séché.

La droguée posa un pied dans le vide. Puis deux. Et elle commença à marcher en volant. Tout allait bien au pays des merveilles. De la petite Alice devenue adulte perlait de jolies gouttes de son sang le long de ses jambes. Il pleut du sang sur la ville de Metamol.

Ce grand bol d’air frais la fit frémir de plaisir. Cela faisait plusieurs minutes qu’elle déambulait dans le ciel. Elle n’était qu’une tâche dans tout ce décor bien fourni.

Enfin, elle retrouva le parc et la statue. L’oeuvre incomplète. Gilean était toujours figé ici; il n’avait pas bougé. Cela la rassura d’une certaine manière. S’il n’avait pas été là, elle aurait perdu tout ses repairs. Même si Kym ne pouvait pas le voir ou le serrer dans ses bras, celle-ci vivait bien parce qu’elle le savait vivant, quelque part. Pas ici, plus jamais probablement auprès d’elle, mais au moins il était en sécurité... loin d’elle. Et c’est tout ce qui importe, le savoir heureux même si c’était dans un endroit où elle n’était plus.

Avec l’expression d’une enfant bien heureuse et hilare sur le visage, elle descendit du ciel tel un ange déchu pour se poser en face de la statue de Gilean. Son sourire s’amplifia alors qu’elle le redécouvrait, statufié probablement pour toujours dans cette position. Cette étreinte qui voulait tout dire. L’expression de peine et d’amour intense fixé sur son visage. C’était la plus belle oeuvre d’art de toutes.

La pauvre droguée tendit ses mains moites vers le visage de son amant.

... Tu es tellement spécial… et moi je n'ai pas été à la hauteur.
Je suis une cinglée.
Qu’est-ce que je fous ici, hein ? Je n’appartiens plus à ce monde…
pas sans toi...


Les mots se percutèrent dans sa gorge et la bloquèrent. Elle jeta ses bras autours de la nuque de son amant inerte et l’enlaça à son tour.

Kym permit enfin à ses larmes de sortir de là.
Ce n’est pas un secret. Le fait qu’elle espère être transformer à nouveau en statue.
La moojuu n’était pas sous son meilleur jour. Elle ressemblait à une mariée meurtrie et meurtrière. Une pauvre conne monstrueuse à l’amour vorace.

Il l’avait tant rongé, cet amour maudit.
Il les avaient tant rongé.
 
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