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 Simple détour

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Garou
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MessageSujet: Simple détour   Simple détour ClockSam 28 Sep 2019 - 19:55
'chier. J'avais fini par crever, la poisse. A vrai dire, le plus douloureux était de ne pas avoir pu en coller ne serait-ce qu'une à cette enflure de dieu-démon. Où allais-je donc finir ? En enfer, si seulement il existe ? Ou bien est-ce simplement terminé, ma conscience subsistant pour quelques derniers instants ? Peut-être allais-je en réalité avoir droit à mon entretient, après avoir abattu "l'avatar" ?

"Pas vraiment, non."

Cette voix qui résonnait donc mon crâne, je la connaissais. L'instant d'après l'avoir perçu, il semblait que je reprenais conscience, ressentant à nouveau le poids de mon corps. Doucement, j'ouvrais même les yeux, pour contempler un ciel aux teintes sombres qui n'avait rien à voir avec celui du hameau. Où étais-je ?

"J'te félicite pas, mon gars. T'as réussi ton coup, clamsé en beauté, et pourquoi ? Rien. Enfin, t'as la chance d'incarner mon vaisseau, 'fallait bien que je te garde pour espérer atteindre mon objectif. Bah ouais mec, j'te rappelle que t'étais sensé m'aider à sortir de ce trou. Alors bon, moi le royaume des morts, c'pas trop mon truc, du coup j'en ai profité pour faire un p'tit détour par ici, l'ancien sanctuaire du maître. Ne reste plus que de vieilles âmes en peines, rien de bien intéressant."

Je grimaçais, mon expression dissimulé sous le masque qui s'adressait à moi. Il m'était toujours impossible de prononcer le moindre mot, mais lui m'entendait bien. Ca craignait, si j'avais su qu'il me suivrait jusque dans la mort, j'aurais réfléchi à deux fois avant de l'enfiler. Je me relevais, et constatais rapidement d'un chose : j'avais retrouvé mon corps, désormais nu. Mais entier toutefois, puisque mon bras était de retour, et disposant de ses véritables forces et capacités. Quel plaisir, j'étais bel et bien sorti de cette prison. Avec mes forces recouvré, il m'était même possible de retrouver Demigra et de la lui mettre pour de bon ! Jubilant à cette idée, il restait néanmoins un détail à régler. Si j'étais en partie reconnaissant envers le masque pour m'avoir emmené ici, il était temps de reprendre le contrôle total de mon co-...

"Hep là, pas si vite. Ne crois pas que mes services sont gratuits, ton corps est à moi désormais, jusqu'à ce que j'en trouve un de meilleur facture. Ravis de constater que t'es bien plus fortiche en vrai que tu ne l'étais là-bas, n'empêche t'as décidément rien de bien monstrueux l'ami, faut que tu te soignes."

Bon sang, impossible de bouger. Du moins, je n'étais plus capable de décider de mes gestes, puisque mon poing se fermait devant mes yeux, avant que le bras ne se baisse. L'enfoiré avait pris les commandes ! D'un bond, je m'élançais sans même le vouloir au beau milieu de ces plaines quasi désertiques, où semblait roder toutes sortes de monstres. La plupart disposaient d'une apparence humaine, mais bien vite je me rendais compte qu'ils étaient horriblement déformés... Eux aussi étaient des monstres. L'un d'entres eux me repéra, un type enroulé dans des bandelettes sombres semblable à une momie, mais dont l'unique oeil globuleux s'écarquilla en percevant sa proie. Il se jetait sur moi, tandis que le masque utilisait l'une de mes techniques pour lui perforer l'abdomen, puis le déchiqueter en lambeau en enfonçant ses deux mains dans le trou béant qu'il venait de former. Le sang s'écoulait sur ma peau, tandis que je saisissais les bandelettes ensanglantées.

"C'est pas que t'es mal foutu, hein, mais se trimbaler à poil comme ça c'est tout de même pas correct. Ca devrait faire l'affaire. Bon, on va trouver la sortie, maintenant. Et au passage, on butera un ou deux damnés !"

Ainsi, je me retrouvais enroulé à mon tour dans les bandages du cyclope. Mieux que rien, comme il disait. Il usait de ma voix pour ses ricanements ridicules, et je commençais à en avoir sérieusement ma claque de ses bêtises. Il fallait trouver un moyen de reprendre le contrôle, de détacher ce foutu masque de mon visage... Mais comment ? Tandis que j'étais prisonnier de mon propre corps, le masque s'en servait pour abattre nombres de créatures morbides sur son chemin, élevant une voix que je ne reconnaissais plus comme la mienne.
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MessageSujet: Re: Simple détour   Simple détour ClockDim 6 Oct 2019 - 20:33
"... et ainsi continuèrent-ils leur chemin. Le marionnettiste qui n’était qu’un visage et son pantin bandé. Ils marchèrent et marchèrent, massacrant et cherchant la sortie de ce cimetière infernal où les hideux habitants se relevaient quelques minutes après leurs morts. Ce fut une aventure rocambolesque qui se déroula durant les quelques heures qui suivirent, heures durant lesquelles le masque oublia que son corps déjà bien affaibli devait être régulièrement nourri et abreuvé. C’est ce qui les amena bientôt à chercher un lieu où il serait possible de sustenter, car même le ridicule démon se sentait troublé par l’idée de faire preuve de cannibalisme envers les brutes mort-vivantes qui habitent les Champs-Désolés. C’est pourquoi ils arrivèrent bientôt sur le pas de la porte du manoir du maître des lieux, avant de s’écrouler. Ce fut à ce moment là que je me présentai à eux, achevant d’épousseter l’entrée de l’immense demeure et remarquant ainsi les ordures. Mes mains habiles séparèrent rapidement le jeune homme de son maître, que je jetai dans les oubliettes le temps qu’il se calme et cesse de résonner dans le reste du bâtiment. Je plaçai le jeune convalescent dans une couche une couche, avant de lui préparer un déjeuner modeste à base de viande et de riz que je plaçais à côté de son lit alors qu’il restait dans l’inconscience. De véritables vêtements furent également déposés prêt de lui. Et depuis, j’attends qu’il se réveille… Excellente narration. Mon élocution ne se perd pas...”

Aristidès Othon Frédéric Wilfrid Blondeaux Georges Jacques Babylas, communément appelé Tim, majordome personnel de sa majesté carmine et homme de culture, aux yeux clos et à la barbe blanche et soyeuse, au monocle lustré et au costume excellemment repassé, aux gants délicats immaculés et aux souliers anthracites, un maître dans les tâches ménagères et l’être vivant le plus discret de l’univers, ainsi que le seul personnage d’absolue confiance de l’empereur des damnés, venait de terminer de parler devant le miroir pour vérifier si son dialogue ne s’était pas ternis avec l’accompagnement d’un être aussi taciturne que son employeur. Ce dernier n’était pas chez lui, corrompant le mental d’un guerrier abandonné dans un autre monde. C’était pourquoi l’humble combattant de la poussière et de la saleté décida de revenir prendre place dans la chambre qui logeait le pauvre garçon à l’idéologie confus. Cet enfant avait du potentiel, il en était sûr. Mais il était probable que Légion le taille à son aise comme un vulgaire bout de bois, afin d’en faire une autre statuette à l’effigie de l’incompréhensible terreur qu’il incarnait. Ce serait typique de lui de recruter ainsi des personnalités guerrières sans leur véritable consentement. Mais il n’était pas là pour le juger. Monsieur Caligone avait toujours été un chenapan qui cherchait à tout prix à utiliser les autres pour se sentir heureux. Le serviteur était habitué aux actes de son maître depuis des millénaires. Peut-être pourrait-il lui révéler quelques secrets vis-à-vis de leur passé en commun ? La mémoire défaillante de la liche lui avait ôté quelques précieux souvenirs durant l’épisode éthylique de son existence. Enfin, il venait de gagner l’occasion de discuter enfin avec l’un des (quoi que futur) membres de cette alliance atypique que l’empereur des morts tentait de construire.

"Monsieur Garou semble s’être réveillé...”

dit-il en ouvrant la porte et laissant la lumière fatiguée du monde des morts entrer dans la pièce sombre qui avait aidé le guerrier à somnoler. Les grande jambes d’Aristidès Othon Frédéric Wilfrid Blondeaux Georges Jacques Babylas, généralement surnommé Tim, firent le tour de la chambre improvisée. Des tableaux de personnages et d’évènements inconnus au garçon l’entouraient, mais cela ne pourrait le distraire longtemps. Le froid d’un stéthoscope sur son torse devait l’aider à se recentrer sur la réalité. L’étrange majordome lui faisait un simple check-up, sans changer son expression faciale.

"Inspirez et expirez lentement… Quelle mésaventure vous a-t-elle donc amené dans ce lieu maudit, jeune homme ? En dehors de la mort, si j’ose dire. Un combattant comme vous n’a pas pu s’écraser dans cette cage par hasard… Pas de soucis au coeur, c’est bien...”

D’un mouvement de main, il sembla faire disparaître son outil avant de le remplacer par un autre avec plus de talent que le plus grand des prestidigitateurs. C’était un otoscope qui était à présent entre ses doigts, dont l’embout se plaça dans le creu de l’oreille du gamin.

"Rien dans celle-là… le masque, mmh ? Oh, je m’en suis débarassé. Peut-être qu’il servira à autre chose. Vous êtes un guerrier, non ? Cela se voit à votre carrure et vos cheveux. Les culturistes ne sont pas à ce point excentriques… Rien non plus dans l’autre oreille.”

Il n’ouvrait pratiquement pas les yeux, mais pouvait observer à la perfection, un phénomène que l’on ne pourrait croire possible que dans des oeuvres de fiction. De plus, de l’ombre les cachait. Son visage ne laissait ressortir aucune émotion, mais sa voix était calme et douce, reposante, presque berçante. Une petite lampe torche à présent dans sa paume, il continua sa manoeuvre.

"Dites “aaaah !” Tous ceux qui habitent dans les Champs-Désolés ont un passé dans la guerre et la bataille. C’est un valhalla bien plus triste, en quelque sorte… Fort heureusement, je n’en suis pas originaire. J’y ai juste transporté mon maître afin d’en faire le roi de ce lieu. Vous avez conservé votre santé mentale… C’est quelque chose de peu commun dans ce désert. La plupart des monstres ici ont un esprit aussi creu que s’ils avaient vu des titans d’antan… Aucune inflammation, aucune carie. Vous êtes hygiénique… ou bien très chanceux. Vous devriez vous doucher avant de vous habiller. Vos victimes revivent ici, mais leurs fluides continueront de tâcher vos cheveux.”

Il pointa du doigt une porte dans un coin de la pièce, menant à une salle de bain étrangement moderne malgré l’esthétique ancienne de ce manoir. Si le jeune homme venait de se réveiller, il n’avait pas pu toucher aux vêtements susnommés. Une fois levé, il pourrait voir le majordome faire le lit derrière lui.

Aucun autre personnage n’était présent sur la scène.
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MessageSujet: Re: Simple détour   Simple détour ClockMer 9 Oct 2019 - 0:23
Ca n'en finissait pas. Nous traversions ce monde pourrissant en y arrachant chaque pustules, brisant les os et perçant la chair d'un nombre ahurissant de cadavres ambulants, qui finissaient simples dépouilles immobiles. Et à mesure que nous avancions, je sombrais davantage, tandis que lui semblait prendre son pied. Il riait, ma... Non, sa voix résonnait dans cet endroit morbide, tandis que j'étais spectateur de sa joie sanguinaire. Assez, j'en avais plus qu'assez, la plaisanterie avait déjà bien trop duré. Rends-moi mon putain de corps, enflure !

"Tu es bien grossier, l'ami. Moi qui pensait te faire plaisir en t'offrant tout ce sang, un véritable monstre devrait s'extasier devant tant d'hémoglobine !"

Nous faisons face à une véritable petite armée, ils étaient lents, leurs mouvements étaient grossiers, mais ils étaient nombreux. Bientôt, tandis que nous dansions au centre de cette tempête de mort, une lame perça ma chair. Evidemment, c'était moi qui prenait, lui ne semblait pas en souffrir le moins du monde. Au contraire, il riait de plus belle. C'est mon corps que t'es en train de déglinguer, imbécile ! D'autres blessures s'ajoutèrent à celle-ci, et mon corps perdait de sa vigueur, ne lui en déplaise. Il fini par s'en rendre compte, mais il était déjà trop tard.

"Oups, on est mal. Faudrait pas non plus que je casse ton corps, je m'amuse bien avec... Tu sais quoi, t'as raison mon pote, on se barre !"

Fléchissant les jambes, il s'extirpa de la mêlé en un bon, atterrissant à quelques mètres du champ de bataille. Finalement, il usa de toutes les forces qu'il me restait pour fuir l'affrontement. Mon état était déplorable, ça valait bien la peine de me ramener ici. Au moins, voilà qu'il était concentré sur une véritable priorité : trouver la sortie de ce lieu maudit. C'est à la vue de cette unique et étrange bâtisse qu'il prit un décision bien précise, mais je ralentissais à vu d'oeil, mes muscles ne supportaient plus mon poids. Au même instant où mon corps s'écroulait, je perdais connaissances, le râle agacé du masque fut le dernier écho que je perçu. Bon sang, quelle histoire, j'ai bien cru m'en sortir pourtant... Mon esprit allait-il disparaître, maintenant que j'avais atterri dans le royaume des morts ? J'eu tout le temps de me poser la question, avant qu'un éclat lumineux ne m'apporte la réponse.

J'ouvrais les yeux. Où avais-je encore atterri, quelle était cette pièce... J'étais alité ? Mon regard inspecta avec attention la pièce, celle-ci plongée dans la pénombre. A porté de main se trouvait l'origine de cette odeur alléchante, un véritable repas était posé à côté du lit. Par réflexe, sans même prendre le temps d'y réfléchir, j'attrapais et commençais à engloutir ce cadeau inespéré. Le masque n'était plus, j'étais libre, et j'avais la dalle. Je n'en laissais pas une miette, et pour sûr que ça ne suffisait pas, mais je venais de recharger en partie mes batteries et bon sang c'que c'était bon. Tandis que j'étais occupé à ronger l'os qui accompagnait il y a quelques instant la viande, la porte de la chambre s'ouvrit. Aussitôt, je bondis, me dressant et prenant une position défensive. Ainsi, en garde, je faisais face à un bonhomme d'un certain âge, plutôt bien sapé, qui avait tout d'un être humain. Sa voix résonna dans la pièce, en même temps que la lumière blafarde y pénétrait, suivie par sa personne. Confus, je le laissais s'approcher, et à la seconde où il avançait sa main contre mon torse je lui saisi le poignet, grognant. Cependant, son expression ne changea pas d'un pouce, il restait tout aussi calme, alors que je prenais conscience de son intention. Quelques instants d'hésitations, puis je me décidais à le laisser m'inspecter.

"J'peux savoir qui t'es ? Et comment tu connais mon nom, le vieux ?"

Tandis que je me laissais tripoter, m'étonnant moi même de la confiance que m'inspirait cet homme, il me demandait de quel façon j'avais atterri ici. Je comprenais rapidement par cette question que je n'avais pas quitté les terres mortes, et que je devais avoir été recueilli, au porte de ce manoir.

"J'ai moi même du mal à l'expliquer. Un démon à la noix nommé Demigra m'a piégé, et son foutu masque m'a emmené ici alors que je venais de perdre la vie. Mais je ne compte pas rester, j'ai récupéré mes forces et je compte bien me le faire cette fois-ci !"

Mes ambitions ne semblaient pas même perturber le majordome, qui continuait sa petite inspection. Mes ardeurs calmées par un tel détachement, je voulu lui demander ce qu'il était advenu du masque en question, avant qu'il ne me prenne de court. Je grimaçais, qui pouvait-il être ? Il ne semblait pas particulièrement fort, mais son assurance indiquait clairement qu'il n'était pas un vulgaire vieillard. Il continua en m'apportant quelques informations sur les lieux, ces "champs-désolés" comme il les appelait, affirmant qu'il n'en était pas originaire. Le timbre de sa voix sembla changer l'espace d'un court instant, alors qu'il faisait allusion à son "maître". Il n'en fallut pas plus, pour que ce "roi des lieux" n'attise pas ma curiosité. Quelqu'un était donc à la tête de ce cortège mortuaire... Sans même savoir pourquoi, je brûlais de trouver cet homme. En ayant visiblement terminé, il m'invitait à me nettoyer. En effet, j'étais couvert de sang, aussi bien du miens que de celui de ces cloportes rampant à l'extérieur. Mon corps, bien qu'en partie soigné, était toujours couvert de ces bandes noirâtres. Je déglutissais, ravalant les nombreuses questions que j'avais à lui poser, puis décidais de suivre son conseil.

Pénétrant dans la salle de bain, je me heurtais à une première étrangeté, alors que je m'apprêtais à me défaire de ces bandages sanglants. En effet, ces derniers avaient colmatés les plaies les plus profondes, à tel point que leur matière semblait avoir "fusionné" avec ma chair. J'avais beau tirer, gratter, frotter, impossible de les retirer... C'était comme m'arracher la peau. Finalement, je dû me résoudre à nettoyer le sang qui décorait mon corps en même tant que celui de ces bandes. Quel bordel, j'étais devenu une véritable momie. Enfin propre, ou du moins débarrassé des nombreuses traces de sang séchés, je passais l'idée de me couvrir des vêtements bien trop formel qu'il m'avait confié. De toutes manières, il semblait que je n'avais pas réellement le choix de l'accoutrement. Pénétrant une nouvelle fois dans la pièce, plus confiant et assuré que jamais, je toisais mon bienfaiteur.

"Tu disais l'avoir mené ici pour qu'il prenne le pouvoir... Je veux le voir, ton "maître". Ensuite seulement je me tirerais d'ici."
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MessageSujet: Re: Simple détour   Simple détour ClockSam 12 Oct 2019 - 19:14
"Durant mes longues années d’existence, nombreuses furent les appellations utilisées pour me qualifier. Mais de nos jours, je préfère… Tim… quand bien même mon identité officielle utilisée dans les registres des vivants est “Aristidès Othon Frédéric Wilfrid Blondeaux Georges Jacques Babylas”. Je l'ai pris dans une bande dessinée. Ce serait malhonnête de dire que ce n’était pas pour embarrasser les bureaucrates cherchant à traquer tous mes aléas que j'eus choisi un tel titre. Quoi que je songe régulièrement à le changer pour… “Grzegorz Brzęczyszczykiewicz de Chrząszczyrzewoszyce”. Cela devrait ennuyer tout le personnel administratif des terriens. Vous ne les appréciez pas, mmh ?”

Aristidès Othon Frédéric Wilfrid Blondeaux Georges Jacques Babylas, nommé comme susdit, passa sa main derrière son dos, avant de la présenter devant le garçon. Mais c’était ce qu’elle tenait soudainement qui l’intéresserait davantage : journaux où figuraient des titres connus du bagarreur :

”OBTENANT LA CEINTURE NOIRE POUR TOUS LES ARTS MARTIAUX CONNUS, IL MASSACRE SES CAMARADES DE CLASSE”; “JEUNE GARÇON REMPORTE PLUSIEURS TOURNOIS LOCAUX, REFUSE LES RÉCOMPENSES”; “LE NOUVEAU CHAMPION DE LA CAPITALE DE L’EST SE NOMME GAROU. UN CHANTEUR PORTE PLAINTE”; “LE CHAMPION EST PORTÉ DISPARU : LA VILLE S’INQUIÈTE”; “PLUSIEURS BOÎTES NOIRES SUSPECTES ENTERRÉES DANS LES CENTRE-VILLES : LE MINISTRE DE LA GUERRE AFFIRME QUE CE NE SONT PAS DES BOMBES”.

"Oups… La dernière ne vous concerne pas. Mais sachez que malgré vos efforts, vous êtes bien connus des humains que vous détestez. Pour le coup, certaines autorités furent chanceuses d’avoir été trop distraites pour reconnaître dans le vainqueur de toutes ces compétitions l’adolescent misanthrope qui voulait de la justice pour les monstres… Et, oui, en effet, cela signifie que je n’ai pas deviné votre passé belliqueux par votre carrure. M’excuserez-vous pour ces balivernes ?”

Il se mit à légèrement et doucement rire à la suite de cette blagounette.

"Demigra… ? Oh, c’est donc là qu’il a fini. J’imagine qu’il s’amuse à piéger des âmes fragiles pour son amusement, et que c’est sur vous que le sort est tombé. Vous n’avez pas de chance. Mon maître vous aurait probablement sauvé s’il avait été choisi par ce Diable de pacotille. Il lui a déjà cassé la figure une fois… C’est d’ailleurs dans son ancienne demeure que vous résidez. Elle fut transposée du monde des démons une fois son lien avec son locataire brisé par la volonté de Monsieur. Il est un crachat dans l’oeil de tous ces dieux maléfiques. Cela m’amuse de penser que c’est l’une d’entre eux qui le lança sur le sombre chemin qu’il arpente de nos jours… Mais je vois la curiosité qui se creuse dans votre regard : profitez de votre douche pour aérer votre esprit et mettre vos pensées au clair.”

Ainsi sauva-t-il la chronologie de toute cette scène. Il était facile pour cette faible temporalité de se briser. En ordonnant au garçon de garder ses questions pour plus tard, il empêchait à la confusion que ce dernier ne pouvait pas voir de s’installer. Ainsi put-il profiter d’une confortable séance de lecture courte des quelques strips des journaux qui figuraient encore dans sa main durant le peu de temps que lui apporter le nettoyage corporel et spirituel de son invité. Cela fut perturbé par les bruits du masque qui se plaignait quelques étages en dessous. Vif comme le vent, il alla rapidement le piétiner en lui ordonnant de se taire avant de revenir dans la pièce où il avait laissé le novice de la monstruosité lors de son rétablissement. Ce dernier sortait de la douche, l’air énervé par quelque chose. Ne cherchant pas à se couvrir, Grzegorz Brzęczyszczykiewicz de Chrząszczyrzewoszyce, officiellement connu comme Aristidès Othon Frédéric Wilfrid Blondeaux Georges Jacques Babylas, mais communément surnommé Tim, comprit rapidement que les bandelettes qui couvraient plusieurs parties de son corps le gênaient, car il devait être incapable de les enlever. Il pouvait comprendre qu’elles puissent l’énerver, en particulier car elles cachaient bassin. Si elles restaient, il ne pourrait plus déféquer ou uriner, et surtout ne pourrait plus jamais utiliser son sexe. Et si quelque chose troublait au plus profond les humains, c’était bien de ne plus pouvoir orgasmer. Avant que le majordome puisse lui proposer son aide pour se défaire de cette calamité, il écouta la première question qui lui était donnée, avant d’y répondre :

"Mon maître n’est pas encore de retour de sa précédente sortie… Et de toute façon, il vous serait incapable de sortir d’ici sans son aide. Seuls ceux qu’il désigne comme méritant peuvent ouvrir les portails permettant de sortir d’ici. Moi, je préfère attendre son autorisation avant de laisser des visiteurs de renom fuir ces lieux maudits.”

Il pointa alors du doigt les pansements amovibles qui entouraient certaines parties du corps du monstre.

"Avez-vous besoin d’aide pour vous défaire de ces bandelettes ?”

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MessageSujet: Re: Simple détour   Simple détour ClockDim 27 Oct 2019 - 21:55
Il en savait des choses, ce Tim. J'avais eu le temps de réfléchir à toutes ses révélations, tandis que l'eau emportait avec elle le sang de mes victimes. Avant toute chose, j'avais compris que ce vieillard aux allures de majordome n'était pas bon qu'à servir son maître. Les quelques articles qu'il m'avait présenté, et qui me mentionnaient pour la plupart, retraçaient une grande partie de mes prouesses. Le fait étant qu'il soit en possession de ces documents, et qu'il m'accueillait désormais dans ce monde pourrissant. Je pouvais concevoir que ce bon vieux Tim soit un féru d'informations en tout genre, mais ce genre de coïncidences j'avais grand mal à les avaler. Il cachait un truc le papi, il fallait que je reste sur mes gardes. Pour revenir à ce "maître" qu'il disait servir, j'avais enregistré sans broncher les révélations à son sujet, mais celles-ci avaient bel et bien piqué mon intérêt. Un type ayant vaincu Demigra par le passé, usurpant son royaume et sa demeure par la même occasion, demeure dans laquelle son majordome m'avait recueilli. Il fallait à tout prix que je le rencontre, que j'en apprenne plus à son sujet. Une fois l'idée de me tenir face à lui solidement installé dans ma caboche, il ne fallut pas longtemps pour que je ne quitte la salle de bain et rejoigne à nouveau le seul compagnon digne de ce nom des environs.

Tim balaya sans la moindre retenu mes réclamations, suivant visiblement à la lettre ses petites directives. Il était bien un serviteur, ce p'tit vieux aux connaissances bien trop importantes. Je grimaçais, tandis qu'il me proposait son aide pour retirer ces maudites bandelettes qui remplaçaient les vêtements qu'il m'avait confié. Je ne répondis pas, peut-être bien vexé d'encaisser ce refus, mais surtout obnubilé par cette fable qu'incarnait ledit maître de ce très cher Tim. A la place, je me contentais d'observer plus attentivement la grande porte par laquelle il était entré, avant de m'en approcher d'un pas assuré.

"Dans ce cas tu diras à ton maître que je n'ai pas de temps à perdre à l'attendre. Si il ne se décide pas à venir à ma rencontre, alors je mettrais moi même la main sur lui."

Le monstre que j'étais avait certes beaucoup de choses à accomplir dans le monde des vivants, mais si un type avait vaincu Demigra, alors je me devais de le rencontrer. L'étudier et le comprendre signifierait obtenir la clé pour abattre le dieu-démon à mon tour, et lui montrer que sa prétendu cruauté ne représente rien face à ma monstruosité. Ainsi je poussais la porte, étonnamment lourde en y pensant, sachant que ce maigrichon de Tim la passait à de nombreuses reprises. Finalement, de l'autre côté, je distinguais un long couloir aux couleurs blafardes. Sans laisser le temps au majordome de me retenir, je m'avançais dans la demeure de son maître, bien décidé à en trouver la sortie. Si l'endroit était ici aussi décoré de nombreux tableaux et autres tissus, c'est la vue qui attira le plus mon attention. Une fois encore, je contemplais ce désert morbides, où déambulaient ces non-morts dont le sang tâchait les bandes qui couvraient mes plaies.

"Ton maître à des goûts bien étrange pour avoir décidé de s'installer ici, Tim. Bien qu'il soit certainement tranquille, les journées ici doivent être incroyablement chiantes. Ca m'donne encore plus envie de le rencontrer, le pauvre type."

Sûrement le serviteur me suivait-il, histoire de surveiller que je ne foute pas trop le bordel, ou bien simplement puisqu'il en était chargé. Quoi qu'il en était, j'atteignais le boût du couloir, pour en découvrir deux autres qui partaient dans des directions opposées. Je soupirais, les grandes maisons étaient toujours de vrais labyrinthe. Comme à chaque fois, je m'en remettais à mon instinct, et décidais de prendre à droite. Je continuais comme ça pendant de longues minutes, peut-être même un heure, et malgré l'atmosphère solennel de l'endroit je commençais à perdre sérieusement patience. Bien heureusement pour Tim, dont les vitres allaient être épargnés, il me semblait enfin atteindre le hall d'entrée. Tout en haut de ces nombreuses marches, j'affichais un sourire satisfait, tandis qu'en bas ce trouvait l'arrière de la porte devant laquelle je m'étais écroulé. J'accélérais le pas, chacun d'entres eux étaient un de plus vers l'être ayant défait le diable.
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MessageSujet: Re: Simple détour   Simple détour ClockSam 2 Nov 2019 - 23:54
"En vérité, M. Garou, personne ne le trouve. Ce sera lui qui viendra à votre rencontre quand il le désire.”

Il était vrai que M. Caligone prenait son temps à revenir de son dialogue avec Wyatt. Qu’est-ce qui donc le retenait ainsi ? Probablement un coup de force de la part de sa nouvelle recrue. Ou peut-être bien qu’il avait décidé de faire un détour imprévu durant son retour. Quoi qu’il en soit, Grzegorz Brzęczyszczykiewicz de Chrząszczyrzewoszyce, officiellement connu comme Aristidès Othon Frédéric Wilfrid Blondeaux Georges Jacques Babylas, mais communément surnommé Tim, illustre majordome de la maison Caligone et second homme le plus dangereux de l’univers n’avait pas prévu quoi que ce soit pour empêcher le garçon de quitter les lieux du drame. Il ne désirait pas se débarrasser de ses bandelettes, inconscient des problèmes que cela engendrerait dans son génotype ainsi que sa vie amoureuse. Il n’était pas le premier gamin stupide à arpenter ces couloirs, et ne serait pas le dernier, après tout. Le serviteur le suivait alors qu’il déambulait dans les couloirs en cherchant précisément cet homme qui n’était toujours pas là.

"Un maître des morts s’installe dans le royaume des morts. Je doute vous voir devenir roi des mages avec vos talents dans les arts martiaux. Ce n’est que naturel que sa régence recouvre le monde qui lui corresponde le mieux. Là où vous voyez un désert, il voit autre chose. Peut-être le verrez-vous bientôt, vous aussi ?”

Il observait toujours ces effroyables bandelettes. Elles s’étaient mélangées à sa peau. Son épiderme déjà se modifiait à vue d’oeil. Ou bien, seulement à la vue du sien. L’étrange barbu avait marché aux côtés de Garou qui durant les vingt-quatre heures de marche n’eut que quelques mots à dire… En vérité, il ne s’était pas passé une journée entière, mais il pouvait deviner que la courte mèche représentant la patience de ce maître du combat précoce avait flambé durant cette promenade moyennement longue. Grzegorz Brzęczyszczykiewicz de Chrząszczyrzewoszyce, officiellement connu comme Aristidès Othon Frédéric Wilfrid Blondeaux Georges Jacques Babylas, mais communément surnommé Tim, lui, n’avait pas grand chose à dire, alors qu’il observait le combattant s’approcher d’une porte qui, selon lui, porterait probablement vers la salle du trône. Et puis il se prit une porte dans la figure.


”Tim...”


Les gonds de l’immense porte de fer ouverte si prestement ouverte étaient arrivés dans le visage de Garou. Assommé comme il devait l’être, sa vue trouble put se poser sur un homme immense qui s’approcha de son majordome, habillé non pas d’une cape carmine mais d’un costume noire mettant en avant ses larges épaules. Il était bien plus grand que lui. Mais cette vision bientôt se changea. Comme s’il était témoin d’un Présage Funeste. Seul lui pouvait témoigner des horreurs qui accompagnent ce personnage qui bientôt continua son discours. Sa voix monotone berçait comme le plus doux des conteurs et terrorisait comme le plus infâme des sadiques, alors que le sujet de sa conversation était bien banal :

”Que penses-tu de ce costume ?... J’ai eu l’idée d’organiser une véritable fête d’anniversaire pour Leixy. Pour me pardonner de celle de l’année dernière. Lui offrir de véritables retrouvailles. Quelques remords perdurent malgré la douceur...”


Le majordome l'attrapa par les épaules, esquissant pour la première fois depuis un long moment un sourire.

"Et bien, notre chère liche libère son humanité ! Enfin je vois du progrès dans votre comportement !... Mais soyons honnête, dans votre lassitude habituelle, rien ne vous va.”

Les deux ricanèrent un instant, avant que l’un d’entre eux ne tourne la tête vers le bandelé.

”Un revenant. Sait-il se battre ?”


"Oui, vous n’avez rien à lui apprendre.”

”Parfait.”


Deux flammes dans le vide spatial. Deux étoiles dans l’abîme sous-marin. Deux lumières dans l’obscurité totale. Deux yeux qui traversaient l’âme comme des lances traversent l’air. Comment faisait-il ? Comment parvenait-il à avoir l’air du plus chic des diables et du plus décharné des morts-vivants en même temps ? Comment parvenait-il à séduire et terrifier ? Le silence semblait plus pesant que celui d’une nuit dans la forêt, sans aucun autre être vivant vous accompagnant. Ses souliers faisaient l’écho d’un glas sonnant le départ de votre âme vers l’enfer. On croirait entendre son coeur battre contre le vôtre. Il ne mettait pas ses mains dans les poches de son pantalon. Il n’avait pas l’air d’un playboy. Il n’avait pas l’air d’un maître des morts. Il n’avait pas l’air de quoi que ce soit d’autre qu’un grand gaillard au teint pâle, aux yeux lumineux et aux dents acérées cachés sous des joues mal rasées. Pourquoi donc Garou pouvait-il parvenir à ressentir tant de panique dans chacun de ses nerfs ?

”Sais-tu qui je suis ?”


Il était proche. Trop proche. Leurs visages étaient à la même hauteur.
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MessageSujet: Re: Simple détour   Simple détour ClockMar 5 Nov 2019 - 20:03
Personne ne le trouve, hein ? Et bien ce très cher Tim allait apprendre que je n'étais pas personne. Ce lieu tristement sinistre commençait à m'ennuyer, et mon sang bouillonnait à l'idée de rester une seconde de plus à attendre dans ce sanctuaire morbide. J'avais échappé à la mort, ou du moins en partie, et ne comptais pas perdre plus de mon temps en ce lieu. J'allais rencontrer ce "maître des morts" et comprendre ce qui nous différenciait, ce qui faisait de lui un être capable de vaincre le diable et ses pouvoirs omnipotent. Tim me suivait, sans mot dire, ne m'empêchant aucunement de descendre cet escalier colossale. Il faisait bien, et autant de bien lui fasse de me suivre dans cette aventure, car il allait sans aucun doute être surpris. Dirons-nous que je le sortais là de sa vie monotone, en échange de son accueil. Enfin alors, mes talons claquèrent sur le parterre qui faisait face à la grande porte. J'esquissais un sourire, satisfait, tout en avançant à grandes enjambées.

"Ton désert ne me plaît pas, et je pense que ça ne changera jamais. J'ai un monde à conquérir vois-tu, des héros à défaire, ainsi qu'un léger différent à régler. Il est temps pour moi de m'y mettre sér-..."

Le lourd matériau qui faisait l'un des battant s'écrasa contre ma figure, avant même que je ne puisse tendre la main pour pousser celle qui devait visiblement être tirée. Assurément étonné, de ne rien avoir vu venir avant tout, je me retrouvais rapidement affalé au sol tandis que mon sang se mettait à goutter de ma narine. Je grimaçais, portant ma main à mon visage tout en basculant la tête en arrière, toujours assis. J'eu envie de jurer, avant que cette voix ne s'élève pour me couper l'herbe sous le pied. Le nom du majordome résonna dans mon esprit, cette voix sourde, caverneuse, et pourtant imprégnée d'une éloquence envoûtante rendait sa mention effroyable. Mon oeil glissa, tandis que je gardais la tête penché en arrière, pour toiser la carrure imposante qui venait de pénétrer la demeure. Ce frisson d'effroi, les battements de mon coeur résonnant dans mes tempes, mon souffle s'accélérant... Cette réaction en chaîne, provoqué par sa venue seule, paraissait surnaturel. Je compris, alors, que j'avais trouvé mon homme... Qu'il m'avait trouvé.

Il riait, amusé, avant de tardivement se rendre compte de ma présence. Un revenant, moi ? Et comment ça m'apprendre ? Soudainement mes muscles se bandèrent, ma mâchoire se crispa, et j'effectuais une roulade avant de pousser sur mes bras pour effectuer une relevé acrobatique. Pour qui il se prenait, ce type, aussi effroyable paraissait-il. J'étais le seul véritable monstre en ce lieu, et j'allais le lui prouver. J'essuyais le sang séché qui décorait le dessous de mon nez, le reste ayant suffisamment colmaté pour empêcher l'écoulement. Je me craquais la nuque, faisant face à ce spectre effrayant, tandis que le silence s'installait. Mon regard plongea dans les deux braises rougeoyante qui faisaient le sien, inspirant à mon corps une profonde terreur. Je le savais, puisque je dû serrer le poing pour empêcher mes doigts de trembler. Pourtant, j'enrageais, à tel point que mon esprit parvint à faire abstraction de son aura menaçante. Son comportement m'était insupportable, et il fini par s'approcher.

"J'en sais déjà bien assez, seigneur des morts, ton Tim m'a pas mal briefé."

Je plissais les yeux, avant d'hausser les épaules, tâchant de me soustraire à cette pression faramineuse en jouant les clowns. Ainsi, je fis un pas de côté, puis un autre, et commençais à effectuer un arc de cercle autour du maître des lieux, continuant dans ma lancée.

"Ca tombe vraiment bien que tu te décides finalement à te pointer, parce que j'ai appris de belles choses à ton sujet. Alors bon, je passerais sur le patelin que tu te tapes hein, les goûts et les couleurs... Seulement vois-tu, il paraît que t'es du genre à assassiner et voler le diable en personne. En fait, c'est ce même diable qui s'est foutu de ma gueule pendant de trop longues journées, et qui est en partie responsable de ma présence en ces lieux. Ma question, très cher maître...

Comment tu te l'ai fait ?!"


Alors que je venais d'achever le tour de sa petite personne, je ponctuais ma question d'un geste brusque, envoyant mon poing siffler à toute vitesse en direction de son visage. J'allais lui apprendre, décidément, à péter des nez !
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MessageSujet: Re: Simple détour   Simple détour ClockVen 15 Nov 2019 - 18:03
"Evitez de trop salir mon joli tapi, je viens de le nettoyer.”

Et comme ça, Tim disparut. Il ne resta pas pour protéger Garou, quand bien même il apprécia grandement d’avoir eu la chance de dialoguer avec lui avant son inévitable départ dans l’antre de son maître. Un monde de terreur, si horrible était-il qu’il semblait être le nôtre. Mais quelque chose clochait. Si ce n’était pas les murs aux courbatures tendues ou bien les grincements du silence qui accélérait le coeur des visiteurs, alors les yeux de l’hôte suivant les vôtres telle un tableau de trois siècles passés seraient la clé libérant la folie emprisonnée dans les oubliettes de votre âme. L’air était le sien, la lumière était la sienne. Il tissait une toile si complexe que de simples mots ne pourraient la décrire. La peur qu’il inspirait était, c’était tout. Dans les Champs-Désolés régnait un seul Roi Carmin, maître du colysée des horreurs et du désert des morts vivants. Qu’importe les mouvements que pourrait faire ce jeune idiot, il ne pourrait jamais le détrôner. Il tournait autour de lui, sa tête tournait sur elle-même, ignorant ses vertèbres comme il ignorait les lois de la vie. Lui qui avait failli être défait par une simple porte, que représentait-il aux yeux de celui qui résistait à l’extermination divine ? Et c’est alors qu’il porta son coup.


Du sang. Des os. C’était chaud et… délicieux. Pour un combattant, il n’y avait pas beaucoup de callosité. La jeunesse de ce poing était à croquer. Ses dents s’étaient glissées entre les phalanges de son agresseur, sans pour autant le distraire de leur bataille de regard. Ses crocs affreusement acérés étaient à la vue de tous, réfléchissant la pathétique lumière du soleil rouge des Champs-Désolés. Des gouttes rouges vinrent se mélanger au noir de son costume. Sa nuque craqua, non ! se déchira, laissant sa tête partir en retrait avec une partie de la main de son adversaire. Ses flammes toujours dirigées vers les iris du guerrier, sa grimace laissait à son futur disciple l’occasion de voir sa mâchoire dévorer une partie de son être, un morceau de Garou particulièrement savourant. Sa longue langue écoeurante contrastant avec son minois séduisant fit un tour autour de ses lèvres, redonnant à sa peau sa pâleur immaculée d’avant leur rencontre. Cela avait le goût de… rêves brisés. D’idiotie juvénile. De désirs de justice pour ceux qui n’en avaient pas, et qui ne le méritait pas. D’envie de vengeance envers ceux qui aidaient leurs pairs. Et enfin, de terreurs.

”Garou… ? Un loup solitaire, coincé dans un corps d’homme qu’il ne désire pas. Un nom assez poétique. J’aime bien.”


Je me demande ce que Garou pouvait entendre. Les battements de son propre coeur ? Ses poils qui se dressent dans un désir instinctif de fuir ? Le sang cognant contre ses tempes dans l’espoir de se tirer d’ici ? Face à Légion, il était difficile de savoir ce qui était vrai ou était faux. Mais sa peur était bien plus réelle que son existence. Elle était tracée, encrée et vernie, tandis que son corps restait coincé dans le monde des morts. Ses émotions ne lui mentaient pas : elles lui disaient de ne pas se battre, de simplement rester à l’écoute, afin qu’il n’y perde pas plus que ses doigts.

”Tu te veux monstre. C’est adorable. Chercherais-tu à transformer ton corps pour t’approcher le plus possible de ton idéal carnassier ? Pauvre de toi… Ton humanité est bien suffisante.”


Il se laissa s’approcher de ce jeune idiot qui avait tant à apprendre. Ses pas ponctuaient l’audible terreur qui temponait dans les tympans de ce tueur de héros.

”Il y eut un temps où je n’avais pas des yeux perçant la nuit, ni des dents trahissant mon appétit inhabituel. Où la mort ne m’avait pas tendue la main pour devenir mon alliée dans ma quête, où je n’étais qu’un jeune roturier rêvant de l’immortalité. J’étais pris de passion pour la prise de la justice entre mes mains. Oh, c’était l’ancien temps. Moins de pugilat aérien et de vagues d’énergies, plus de magie et de duels d’épées. J’étais devenu particulièrement talentueux à l’usage de masse et autres objets lourds fracassant l’acier comme si de rien n’était. Traquant ces êtres abominables et transhumains, cherchant à gagner du pouvoir pour laisser court à l’ombre cachée dans leurs coeurs. Leur orgueil travaillait mon appétit.”


Il n’était pas sous l’emprise de la douceur. Sa voix était imprégnée d'une allégresse tranquille et mélancolique, grondant comme si c’était une panthère qui parlait à une souris qu’elle prévoyait de manger. Il s’asseya face à ce jeune idiot qui devait être dos à terre, empêchant la blessure de sa main d’empirer.

”Ils sacrifiaient à tort et à travers pour agrandir leurs territoires, accentuer leurs beautées, améliorer leurs maîtrises des arts martiaux et magiques, devenir des monstres. Je… respectais cela. Mes yeux étaient pris d’admiration pour les nouvelles apparences de ces créatures. Mais leurs transformations n’entraînait que davantage de meurtres. J’avais une réputation à faire grandir et de futurs collègues à impressionner. Alors je mettais un terme à leurs misérables existences. Seuls ma détermination et ma masse me suffisaient à les vaincre. Mais c’était durant leurs derniers instants que je voyais les bribes de leurs humanités se dévoiler et que je me reconnaissais comme étant pire qu’eux. C’était ma partie préférée.”


L’une de ses mains laissa l’ongle de son auriculaire l’espace entre une canine et une prémolaire contenant un peu de cartilage de son interlocuteur.

”Ils me suppliaient de les laisser vivre. Cette volonté de vivre était admirable. Ils promettaient de changer. Ils m’imploraient de reconnaître qu’ils avaient une famille à nourrir. Certains gardaient leur honneur, me croyant preux chevalier, pensant que j’allais leur laisser une deuxième chance si leur trempe m’impressionait. Mes favoris restaient les incubes, succubes et autres vampires qui déliaient leurs corsets, baissaient leurs bries et tentaient de me convaincre que malgré leurs nez cassés et le sang qui coulait de leur front jusqu’à leurs bassins, ils étaient encore baisables. Ils me hurlaient de les utiliser, par pitié, au lieu d’écraser leurs crânes et de dévorer leurs organes...”


Son expression changea alors. Sa voix perdit son ton enjoué.

”Je n’ai jamais satisfait leurs requêtes.”


Il attendit une réaction de la part de Garou, avant de souffler du nez.

”Quand bien même mes crocs, ma peau et mon visage sont loins d’être aussi humanoïdes qu’avant, mon sang reste complètement humain. J’ai le cerveau humain qui me permit de comprendre les fondements tremblants de notre réalité. J’ai la volonté humaine avec laquelle je refuse de mourir. J’ai l’empathie qui m’a permi de dompter la terrible monture qui mène mon armée. J’ai l’armée d’hommes et de femmes qui continue de marcher au pied malgré la mort qui les accable. Nous avons… simplement fait notre âge. Mais c’est bien notre humanité si monstrueuse qui nous a amené ici.”


Il pencha légèrement la tête sur le côté.

”Ne fuis pas ton humanité, Garou, où tu n’atteindras jamais ton rêve.”

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MessageSujet: Re: Simple détour   Simple détour ClockDim 17 Nov 2019 - 0:39
Mon poing fusait en sa direction, mais lui ne flanchait pas. Mon Analyse me permettait de percevoir chacun de ses gestes, de décomposer cette frappe fulgurante en un très long instant, et je n'y trouvais aucune trace de réaction. Pouvait-il simplement réagir ? Ce soi-disant "seigneur des morts" n'était-il qu'un beau parleur placé sur le trône par un coup du hasard ? Mon poing n'était qu'à un demi-centimètre de ses royales narines, et je grimaçais en comprenant qu'il était un piètre adversaire. Du moins, cette déception se mua soudainement en une terrible appréhension. Je levais les yeux, réalisant que les siens n'avaient cessé de poursuivre les miens. Il voyait.

Un craquement sourd, un éclat écarlate, ainsi qu'une vive douleur m'arrachant un grognement qui finalement devint un hurlement. Une fraction de seconde lui avait suffit, et cet enfoiré venait littéralement de boulotter mon attaque. Ses dents, semblable à des crocs, n'eurent aucun mal à fendre ce poing que j'avais mis des années à forger, au point qu'ils n'en devienne plus solide que n'importe quelle roche. Je serrais les dents, restreignant mon cris, tandis qu'il finissait le boulot en arrachant la bouilli d'os, de chair et de sang qu'il venait de broyer. D'un bond, je prenais un distance nécessaire, tombant à genou et quittant son regard de braise pour constater de l'état de ma main. Inutilisable, bordel. Je levais les yeux, la main gauche serrant le poignet de celle en charpie. Je percevais ainsi la silhouette de cet "homme" en costume, tâché de mon sang, ainsi qu'une ombre titanesque. Elle l'englobait, se tordait, et m'inspirait une seule et unique chose : la peur.

Je pouvais l'entendre, ce coeur qui battait dans ma poitrine, ce détecteur à émotion inutilement placé là, qui brouillait mon instinct de chasseur. Je ne parvenais pas à trouver une solution, une ouverture, un quelconque moyen de me tirer de ce pétrin. L'abattre devenait compliqué, j'avais été bien trop imprudent. La fuite s'annonçait encore plus complexe, j'étais sur ses terres après tout. Je plissais les yeux, tâchant de rationaliser ces foutues pensées, de combattre cette terreur qui me rendait plus faible encore que je ne l'étais. De son côté, finissant de dévorer ce qu'il m'avait voler, le maître des lieux pris la parole, s'approchant d'un pas assuré. Je n'osai pas même reculer, et engloutissais chacun de ses mots malgré moi. Sa voix rauque résonnait dans mon crâne, au rythme du sang qui frappait mes tympans, et j'écoutais ce qu'il avait à raconter. C'était un long monologue qui prenait vie dans mon esprit, il était bon conteur à vrai dire, et ma rancune sembla s'estomper à mesure que je voyais la vie du roi des damnés défiler. Son existence, bien qu'en tout point différente, trouvait certaines similitudes à la mienne. Un véritable monstre naissant en tant qu'homme, pour finalement prouver à chacun sa véritable nature, sa supériorité ne pouvant qu'être constaté. Il était un être froid, exterminant le mal par un plus grand encore, qui semblait s'enorgueillir de sa justice impartiale.

Non, il n'était pas un monstre, pas comme je l'entendais. Cette simple révélation me donna la force de briser ces chaines fictives qu'il avait dressés dans l'espoir de me convaincre, de me dresser. Je tremblais, de rage plus que de peur, ma nervosité forçant un ricanement dément à s'échapper d'entre mes dents. Je relevais la tête, les yeux injectés de sang.

"Ne me fais pas rire, tu ne vaux pas mieux que ce dieu-démon de mes deux, pour qui tu te prends à me raconter ta vie comme si je devais la prendre pour leçon ?! Ta toute puissance, aussi funeste et terrible soit-elle, ne représente rien. Qu'est-ce que tu sais de moi, hein ?! Tu n'es rien de plus qu'un pauvre type enchaîné à un trône qui n'est pas le siens, condamné à régner sur tout autant de malheureux qui n'ont plus rien si ce n'est tes beaux discours. Toi, ton histoire, et tous ceux-là, vous appartenez au passé ! J'ai bien plus important à penser, à accomplir... Alors ne me fais pas perdre plus de temps."

Il restait impassible, inébranlable, encaissant mon discours comme un parent écouterait son enfant raconter ses histoires. Ils me tapaient sérieusement sur les nerfs, tous ces dieux et rois de l'autre monde... N'étaient-ils que des obstacles bien trop grand à surmonter ? Il soupirait, annonçant contre toute attente une vérité que je me refusais d'admettre. Cette "monstrueuse humanité" dont-il parlait, je ne la compris pas. Le monstre était à l'homme ce que la mort était à la vie... Alors comment pouvait-il simplement qualifier l'être humain de monstre ? J'étais monstre, lui humain... Rien de plus. Mon corps se décrispa l'espace d'un instant, tandis que j'assimilais malgré moi ses dernières paroles, avant de secouer la tête pour reprendre mes esprits.

"Pour la dernière fois... Ne me prends pas de haut !"

Ainsi je bondissais, retrouvant la force nécessaire pour me dresser sur mes deux jambes. Une main seulement ondulant, celle qui le pouvait encore, tandis que j'abattais mon Poing Destructeur Fluctuent sur le monarque ténébreux, le maître des lieux, le mort-vivant.
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MessageSujet: Re: Simple détour   Simple détour ClockSam 23 Nov 2019 - 16:19

Une tortue retournée, les pattes en l’air. Sa carapace ne peut plus la protéger. Pourtant, elle continue de mordre ceux qui s’approchent et d’agiter ses jambes dans l’espoir de vaincre. C’était un phénomène commun chez les êtres vivants dotés d’assez d’intelligence pour développer un égo. Ils rencontraient un être supérieur et refusaient de le considérer comme tel. Il y avait quelque chose de satisfaisant à voir ces dieux parmi les hommes, enchaînés seulement par la mortalité et la fragilité d’esprit communes à toutes les espèces avancées, s’enrager et tenter de vaincre le maître carmin des morts, quand bien même il était bien plus téméraire qu’eux. Sa volonté surpassait celle de tous les autres. Pourtant, ceux qui connaissaient bien la liche savait qu’elle était bien plus… attentionnée qu’avant. Il était un dieu, et pourtant ne l’était pas. Comme si une certaine humilité était présente en son coeur. Comme si un coeur était présent dans sa poitrine. Et c’était cette modestie étrange qui s’était couplée à son sadisme, alors que Garou s’élançait dans un énième monologue qui trahissait la faiblesse de sa rhétorique. Il avait beaucoup à apprendre, non pas dans le combat, mais dans la connaissance du monde.

Il s’élança avec la grâce d’un danseur et la haine d’un nourrisson affamé. Ses mains se contorsionnaient pour prendre des formes inconnues des amateurs d’art martiaux. C’était une nouvelle forme d’attaque, des coups de poings inconnus des simples bretteurs et battants du monde. Légion bondit afin de se redresser immédiatement. On pourrait croire que c’était pour se défendre, afin d’adopter une meilleure position de combat. En vérité, il voulait juste se prendre l’enchaînement entier de Garou. Allons donc, mes enfants ! Temps de compter. Un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf, dix… et ça s’accélère, de plus en plus vite, plus rapide qu’un mitrailleuse et plus fort qu’un mortier, c’était l’ouragan de coups que Légion se prenait dans ses organes vitaux. Mais cela ne l’empêchait pas de fixer le jeune homme dans les yeux, quand bien même ce dernier pensait mettre en miettes le maître des morts. Il n’y parvint pas. L’enchaînement dura peut-être trop longtemps, car il vint un moment où le Roi Carmin se vit las de cette suite d’attaques ne menant rien. Empoignant les cheveux excentriques de son adversaire, il l’amena rapidement vers son genou propulsé vers le ciel, provoquant un contact à toute vitesse entre son nez déjà affaibli par sa défaite face à une porte et la rotule pointue du Damné. Le voilà qui partait certainement en retrait de quelques pas afin de comprendre ce qui venait de se passer. La réponse à ses questionnements sortit d’une myriade de dents effilées.

”Attaquer les points vitaux d’un homme déjà mort. Tu es plus naïf que je le croyais.”


Son costume était à peine plié, courbé et creusé à certains endroits. Il avait à présent l’air d’un gentleman dégageant avec panache un baroudeur de son bal, le sang tachant le noir feutré du tissu comme si c’était une simple signature d’un artiste atypique. Beaucoup de gens rêvaient de pouvoir se battre dans un tel costard. Il ne pouvait pas vraiment dire de quel type il s’agissait. Les vêtements n’avaient eu aucune importance à ses yeux. Ils remplissaient le vide dans la confiance des hommes. Le seul intérêt qu’il voyait était tactique. Et tactiquement parlant… Leixy adorait cet handicap à cravate et souliers qui réduisait ses mouvements. Tandis que ses chaussures étroites s’approchaient du jeune homme, le rythme de leurs pas s’accordant avec le coeur de Garou, il pensait aux détails qu’ils pouvaient ajouter dans ce hall. Peut-être qu’il pourrait décorer un chandelier ou deux ?

”Je ne suis pas “enchaîné” à ce trône. Je ne suis pas “condamné” à régner. Je n’agis comme maître des morts non pas parce que c’est mon devoir, ou parce qu’il faille le faire, mais parce que j’adore simplement ce que je fais.”


Face à lui, il le gifla d’un revers de la main. Un geste ridicule et insignifiant, une attaque imprévisible. Pourquoi ce mort vivant d’un mètre quatre-vingt dix s’abaisserait à lui mettre une claque de vulgaire maquereau ? C’était exactement pour cela qu’il lui en infligea une, puis une autre, avant de cesser soudainement. Tel un prestidigitateur, il le distraya assez longtemps pour relever soudainement sa jambe avant d’appuyer sur ses orteilles avec le talon de son soulier gauche. L’objectif était de le faire couiner comme le vulgaire louveteau qu’il était, laissant largement à quatre des doigts de Légion d’entrer dans sa bouche. Cet envahissement de son orifice n’était pas bien traumatisant. Juste extrêmement troublant la première fois.

”Ne fais pas le malin. Je sais tout de toi.”


Il appuya sur sa mâchoire afin de le jeter vers le sol, déclenchant ses réflexes de vomissement par la même occasion, afin de le rendre incapable de se défendre pendant quelques autres secondes.

”Je sais que toute ta philosophie tourne autour de ton manque d’amis à l’école. Je sais que sous ton complexe d’infériorité se cache une pleureuse qui n’a jamais osé parler de ses problèmes à un psychologue.”


Il lui mit un coup de pied dans la bouche, dans l’espoir de remplir sa gorge de son propre sang, et d’une ou deux de ses dents.

”Tu es un être ridicule, qui cherche à n’être retenu par personne, tout simplement parce que tu t’es identifié aux méchants dans une émission de télévision sans budget, mal jouée, et aux effets spéciaux pitoyables, et parce que ton meilleur ami Tacchan se moquait de toi dans la cour de récré. Tu es pathétique.”


Il s’accroupit à côté de ce Garou si faible et si fragile, avant de le prendre par les cheveux pour tirer sa tête vers l’arrière. Il le regardait d’un air dégoulinant de faux paternalisme.

”Dans tous les monstres se cachent une origine humaine. Pourquoi tenter de les séparer ? Tu es un adulte, Garou. Ton raisonnement manichéen juvénile ne peut plus tenir la route. Tu es pareil que les autres. Au lieu de détester les adultes, les sportifs, ou les intellos, tu détestes ceux qui ressemblent à une idole télévisée. Tu ne brises pas le moule du tout. Ce n’est qu’une excentricité de bas niveau pour te démarquer du lot. Tu n’es qu’un collégien dans un corps d’adulte qui n’a toujours pas fini sa crise d’adolescence. T’es plus malin que ça, pas vrai ?”


Il repoussa alors soudainement sa tête vers le sol pour lui briser le nez une troisième fois, puis une quatrième, puis une cinquième, et enfin une sixième, ponctuant ses mots.

”TU. ES. UN. ADULTE !”


Son étrange monotone s’était transformé en un rugissement que l’on pourrait croire impossible pour un être humain. Une voix ne pouvait pas descendre si bas dans les octaves. Il reprit rapidement son sang froid.

”Agis comme un adulte et je te respecterais comme un adulte. Mais pour l’instant, tu n’es rien d’autre qu’un gosse coincé dans des évènements passés depuis dix ans.”


Il se releva tout en agitant sa main, afin de se débarrasser des poils coincés entre ses doigts.

”Oh, et quant à Demigra ? J’ai bu une bouteille de vodka, puis l’ait regardé droit dans les yeux jusqu’à ce qu’il comprenne que je lui sois supérieur. Aussi simple que ça.”

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MessageSujet: Re: Simple détour   Simple détour ClockSam 23 Nov 2019 - 23:09


Comment faisait-il, ce type, pour m'inspirer pareils sentiments ? J'enrageais, son air hautain me poussant à bout, tout en luttant contre mes instincts de survies qui me criaient de fuir le plus loin possible. Toutes ces émotions contradictoires, je m'efforçais de les balayer. Qu'importe ce qu'il était, ce qu'il savait, ce qu'il disait.. Qu'importe si ses mots étaient justes, jamais je ne laisserais qui que ce soit m'imposer sa vision. J'étais ce monstre terrible qu'il ignorait tout bonnement, et il allait finir par le comprendre. Ainsi, mes coups heurtèrent son corps sans discontinuer, m'apportant un plaisir sans égal. Il ne bougea pas plus que lors de ma précédente attaque, mais cette fois-ci ne pouvait qu'en encaisser la totalité. Un sourire carnassier déchirait mon visage à mesure que je sentais son corps se tordre sous mes frappes, et je jubilais. Je croisais son regard, écarlate, impassible, et serrais les dents. Il en fallait plus ! J'accélérais, encore et encore, dépassant mes propres limites et assénant bientôt mes coups à une allure considérable. Mes propres muscles manquaient de se déchirer alors que j'atteignais une vitesse qui dépassaient leur capacités à se tendre et se détendre, mais ça n'allait pas m'arrêter. Je n'avais aucune limite, et ne m'arrêterais qu'une fois sa misérable enveloppe réduite en charpie. Pour accompagner cette danse macabre, je poussais un hurlement monstrueux, résonnant à travers chacune des salles de son immense demeure, qui s'apprêtait à devenir sa tombe.

Puis, coupant court à ce beuglement, mon visage rencontra en un instant le solide genou du maître des lieux. Je pris conscience de la chose alors que ma tête se balançait en arrière, et que mon sang s'écoulait joyeusement en retraçant le mouvement de celle-ci. Qu'est-ce que c'était ? Mon enchaînement venait d'être brisé ? Je ne parvenais à saisir l'absurdité de la chose, et ce temps que passait mon corps à être propulsé en arrière paru se dilater alors que je me questionnais. A quel moment avais-je fais une erreur ? Par quel maléfice était-il parvenu à trouver une faille dans mon assaut ? Toutes ces années d'entraînement, cette technique que j'étais parvenu à parfaire avec le temps, j'étais pourtant assuré de vaincre n'importe quel adversaire... Alors pourquoi, et surtout comment, pouvais-je me retrouver là, à planer au dessus de sol ? Revenant au moment présent, mon corps se tordit davantage alors que j'enfonçais mes talons pour freiner mon élan. D'abord l'échine courbé en arrière, je relevais finalement le tout pour ramener ma tête en avant, et toiser à nouveau l'homme qui ne devrait même plus tenir debout. Pourtant, il restait stoïque, affichant ces vilaines lames qui lui servaient de dents. Il se moquait, arguant qu'il était stupide de compter sur cette technique pour l'atteindre, lui qui n'était plus vivant.

J'affichais malgré moi une expression de stupeur ridicule, que je m'empressais de balayer pour laisser chaque muscle de mon visage se contracter sous la colère. Je bandais les muscles, gonflant ma silhouette comme le ferait un animal souhaitant intimider un adversaire, tandis que mes veines gonflaient dans l'entreprise, accélérant par ailleurs le débit de sang qui s'écoulait de mon nez. Bientôt, j'eu l'air de porter un masque écarlate qui dégoulinait sur la partie inférieure de mon visage. Mes dents crissèrent, mes poils s'hérissèrent, et j'hurlais de plus belle en me propulsant. Qu'il soit déjà mort n'allait pas le sauver, je ferais en sorte qu'il n'en reste rien. Lui s'avançait à petit pas, ses talons claquant contre le sol, tandis que je fendais l'air en sa direction. Arrivé à son niveau, je laissais ma main se crisper à la manière de griffe, prêt à lui arracher les entrailles d'un simple geste. Une fois encore cependant, ma tête valsa sur le côté alors qu'il venait d'abattre sa paume puissante contre ma joue. Je grognais, il en fallait plus pour m'arrêter. J'allais rendre Coup pour coup, et une micro-seconde après sa claque, mes griffes s'abattirent contre son flanc. Toutefois, impossible de transpercer sa chair, ni même sa chemise, mon coup provocant simplement une bourrasque à l'impact. L'instant d'hésitation qui suivit lui fut profitable, puisque c'était à son tour d'enclencher un enchaînement... Le plus dégradant que j'avais jamais rencontré. Deux claques s'abattirent succinctement contre ma figure, me faisant valser respectivement à droite et à gauche, tandis que mon sang continuait à tâcher le sol, les meubles, ainsi que les vêtements. Ma tête commençait à tourner, mais cette rage qui s'amplifiait à chacun de ses gestes, tous plus dégradants les uns que les autres, me permettait de rester lucide. Cette façon grossière de me malmener devait avoir de multiples failles, il me suffisait d'entreprendre une Analyse plus poussé de ses gestes pour les débusquer. Ainsi, alors que je perçu un ralentissement, j'en profiter pour effectuer un déplacement rapide. Mon pied d'appui se retrouvait soudainement écrasé par son talon, m'arrachant un grognement d'agacement plus que de douleur, avant qu'il n'enfonce ses doigts dans ma gorge. Par réflexe, je contractais ma mâchoire afin d'en écraser le corps étranger, rendant là aussi Coup pour coup.

Il ne frémit pas, affirmant simplement qu'il me connaissait parfaitement avant de m'envoyer rencontrer le sol dans un geste brusque. Evidemment, j'eu le droit de rendre le peu de repas qu'il me restait dans l'estomac après coup, désormais affalé à ses pieds, haletant. Il ne comptait pas en rester là pour autant, puisque à travers les larmes provoqué par la nausée et ses mots tranchants je perçu l'ombre de son prochain coup. Son pied se heurta lourdement contre ma mâchoire, ajoutant un sang plus frais à celui déjà présent entre mes lèvres et ma gorge. Je glissais sur le sol, l'hémoglobine agissant comme un superbe lubrifiant sur mon corps. Mon souffle était court, il enchaînait sans me laisser la moindre occasion, et je commençais à perdre connaissance. J'avais pourtant vécu bien pire, pas question de le laisser continuer... Tandis que je me retournais péniblement sur le ventre dans l'initiative de me redresser, je pouvais l'entendre se rapprocher, récitant avec orgueil chaque détail de mon existence. Le bougre parvenait à faire remonter ces foutus souvenirs d'enfance, qui n'avaient plus rien à faire dans mon esprit. Ce gamin, c'était pas moi, ce que je suis aujourd'hui dépasse de loin tout ce à quoi il aspirait. Il me soulevait, tirant mon corps tout entier par ma chevelure, alors que je peinais à bouger mes membres. Je plongeais mon regard dans le siens, continuant le combat d'une toute autre façon.

"Ne me compare pas à ceux-là... Je... N'ai rien de semblable... A ces monstres... Je suis bien supérieur... Je suis LE Monstre. Et... Je n'ai... Rien d'humai-..."

Ma tête rencontrait un énième fois le sol, tandis qu'il m'enfonçait ses mots dans le crâne au même rythme qu'il me le fracassait. Le dernier d'entres eux résonna véritablement, puisque je venais de perdre connaissance, ou du moins était sur le bord de la très fine frontière entre conscient et inconscient. Là, je revoyais tous ces détails de mon passé, qui d'après lui m'aurait menés à ce que je suis devenu. Ce sentiment d'injustice était-il véritablement la source de mes convictions ? Ce gosse stupide aux idées grossières, c'était vraiment moi ? Je ne me souviens pas avoir été un jour aussi faible... Je suis fort, je fais régner ma loi, je ne dois rien à personne... Comment se fait-il, alors, que je me fasse piétiner de la sorte ? Qu'est-ce qui m'échappe ? Ce type, qu'est-ce qu'il a de plus que moi ? En quoi est-il plus digne, plus monstrueux ? Je dois comprendre.

Ma vision était tâché de rouge, et j'avais du mal à respirer. Je baignais dans mon propre sang, manquant de me noyer dans celui-ci. Je n'étais pas mort cependant, et c'était bien son pied que je percevais juste là. J'abattais mon poing sur le sol, m'en servant comme appui pour soulever cette masse d'os et de chair qu'était mon corps. J'étais lourd, bien trop lourd. Doucement, je redressais cette foutu carcasse, pour finalement parvenir à me dresser sur mes deux jambes, les bras ballants. Mon masque de sang s'était répandu sur mon visage tout entier, mais mon regard ambré parvenait à percer le carmin pour rencontrer une ultime fois les joyaux du roi des morts. Je ne sais pas ce que j'espérais prouver par cet acte, mais je m'en satisfaisais suffisamment pour permettre à mes jambes de se relâcher. Ainsi, je tombais à genou face au monstre qui m'avait vaincu, la tête baissé. Un long moment s'écoula, avant que je n'ouvre la bouche.

"Je te servirais. Laisse-moi combattre pour toi, comprendre ce que tu es, ce qu'il me manque. Je te servirais. Ainsi je finirais par combler cet écart, et alors je me dresserais à nouveau face à toi. Je te servirais. Et je te vaincrais, brisant mes chaines, achevant ce qui doit l'être."

Ainsi je m'avouais vaincu, pour la première fois dans toute une vie, moi la bête inarrêtable, défaite par une monstruosité insoupçonnée.
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MessageSujet: Re: Simple détour   Simple détour ClockMar 10 Déc 2019 - 23:08

Le sentiment de l’horloger achevant son travail. Le dernier rouage placé dans la machine. Un tic et un tac et un clic et un clac. Une plus douce percussion que la plus tonitruante des marches impériales. Se savoir supérieur au temps était suffisant au Roi Carmin. Le monotone qui tapait dans ses oreilles n’était pas celui de son coeur. Non, c’était le bruit des pas de son armée. Cette armée qui venait de gagner un nouveau général, un officier. Le pendule circule de gauche à droite. L’horloge se cogne contre les parois. Le temps s’est effacé durant les contre attaques. Légion est indemne et son ennemi ne l’est pas. Il est le maître incontesté de cet endroit. Chaque tentative de rendre coup pour coup résultat en un trou dans la suite continuelle des évènements qui liait les histoires du maître et de l’élève. Dans ce temps effacé, M. Caligone aurait pu perdre sa mâchoire et son bras. Cela aurait pu être un résultat impressionnant s’il fut. Mais il ne fut pas, comme tous ceux que l’empereur à la cape rouge désignait comme inexistants. Ne craignez rien, vivant de tous lieux, chaque existence a sa valeur. Mais vos actions ne se valent pas toutes. Creuser les sillons de votre malheur ne vous aide en rien. Les seules récoltes qui en ressortent seront vos larmes. Non, seul votre bonheur importe. Un bonheur équitable. Parfaitement égal. Une réécriture totale de cette injustice qui empoisonne chacune de vos vies. Une destruction de ce misérable idéal de récompense. Du sang perdu dans des mines, sur des chantiers, à travers des paperasses. Cette réalité insaisissable, frôlant les doigts de Légion. Bientôt il l’attraperait par la gorge et la plierait à ses demandes.

”Tu as bien choisi.”


Les craquements dans la voix de ce loup à genoux, chagriné par sa fierté laissée sur le bord du sentier. Ce n’était pas grave, se disait-il. Il la reprendrait plus tard. Inconscient. Armageddon piétinait déjà de son sabot éternel cette pathétique lanière qui maintenait la confiance du prodige en place. Ah, les surdoués étaient les plus appétissants de tous. Cet égo bâti par l’orgueil, sur des fondations d’inaptitude social, cimenté par le désir de montrer au reste que l’on était meilleur qu’eux. Démolir cette architecture humainement mégalomane était si apaisante. C’est en touchant le fond que l’on parvient à remonter et non en nageant le chien. Garou s’était accroché à cette bouée percée qu’était sa philosophie attardée du monstre et de l’homme. Cette témérité n’était pas inhumaine du tout. Au grand mieux, animalier. Mais même les mules se pliaient plus rapidement que ce guerrier prometteur. Oui, il était amusant de voir ce gamin se débattre pour protéger cette idéologie formée dans la cour de récré d’une école primaire. Légion posa un genou à terre, afin d’arriver au niveau de cet adolescent brisé, avant de placer son index sous son menton afin de le lui relever.

”Ne t'inquiète pas, tu ne seras bientôt plus perdu.”


Sa deuxième main se plaça sur la partie gauche du visage de Garou et sa première fit de même sur sa droite. Il put ressentir une brûlure, apaisante. Il pouvait être soulagé, maintenant. Son esprit se délestait de toute cette… i͕͍d̷̛͍͕̺͍̭̹i̛̮͓̲̪͘͡o̸̤̼̞͟t̤̖͉́ͅi̧̯̥̠̳̻͍̬̫͘͟e̤͘.҉̟̪̖̩͜ Oui, bientôt il n’aurait plus à souffrir de ce manque d’amis à l’école. Il n’aurait plus à souffrir des conséquences de ce harcèlement. Il devenait ce monstre qu’il rêvait d’être, terriblement humain. Adieu, Tacchan. Adieu, Justice Man. Adieu, passé tragique. Bienvenue, homme parmi les monstres et monstres parmi les hommes. Un chiaroscuro délicat devenait son nid. Un oxymore devenait son vêtement. Il montait l’escalier pour arriver au sous-sol. Il tombait dans le ciel. Il volait à mille lieues sous les mers. Il nageait dans l’espace. Il devenait un homme. Il devenait un damné.

”Chuuuut… laisse-toi bercer.”


Un tic. Un tac. Un clic. Un clac. Un rythme de marche et d’horloge. Il n’y avait pas meilleure mélodie pour s’assoupir. La main de Légion quittait son visage. Le prodige n’était plus. Le loup restait, au repos sous l’aile du vautour. Un charognard en guidait un autre. Il savait déjà se battre. Il ne lui fallait pas un entraîneur, un maître bretteur ou un autre officier pour lui dire comment jouer de ses poings. Il lui fallait juste un guide, un berger qui l’aiderait à mélanger sa fourrure à la toison des moutons qu’il détestait et qui étaient pourtant ses pairs. Dors, Garou, le cauchemar te protège de la peur. Laisse les braises te transporter dans cette réalité insaisissable qu’est le rêve. Ton idole s’effondre. Le parfum de la braise, lavande sur ton oreiller, te tient par la main vers ton avenir.

"Dois-je le reconduire dans ses quartiers, M. Caligone ?”

”Oui. Veille à ce qu’il se porte bien. Et qu’il sache où se trouve la sortie, car sa jeunesse le conduira à fuir ce lieu bien vite.”


”Bien, monsieur.”

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