Partagez | 
 

 Garde à vue [solo]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Le Grand Méchant Loup
avatar
Demon
Masculin Age : 28
Date d'inscription : 30/04/2016
Nombre de messages : 473
Bon ou mauvais ? : Neutre
Zénies : 1020

Techniques
Techniques illimitées : Rôga Fû Fû Ken / Les Griffes de la Nuit / Croc-Magnon
Techniques 3/combat : Télouportation / Wolf Storm
Techniques 1/combat : Happy End

MessageSujet: Garde à vue [solo]   Mar 14 Mar 2017 - 20:45
Cela faisait plusieurs dizaines de minutes qu'il attendait là, seul, dans cette petite pièce vide qui n'avait pour mobilier qu'une table en métal, dont la surface, froide comme la glace, reflétait la faible lueur d'une simple ampoule accrochée au plafond, ainsi que trois chaises, deux d'un côté de la table et une de l'autre. Ses mains menottées étaient posées sur la surface lisse de la table, ses doigts de la main droite tapotant frénétiquement dessus dans un rythme rapide et régulier.

Il ne savait pas vraiment ce qu'il faisait là. Quelques heures plus tôt, il se promenait innocemment dans le zoo, où un étrange extra-terrestre un peu radical avait décidé d'en libérer tous les animaux en détruisant les grilles qui les maintenaient enfermés. Curieux de connaître les raisons qui avaient poussé la créature blanche et verte à faire de tels ravages, il s'était avancé vers cet étranger pour lui adresser la parole. Après une brève discussion, il était parvenu à comprendre ses raisons, sans toutefois les approuver. Bien qu'il partageait certaines de ses opinions à propos de l'effet néfaste de la société humaine sur l'environnement, les humains ne lui ayant, jusqu'à lors, pas vraiment fait bonne impression, il trouvait les propos de l'extra-terrestre trop extrémistes. Cet être voulait tout simplement éradiquer la plupart des êtres humanoïdes intelligents de la planète en pensant que ça ne pourrait qu'améliorer l'état de la nature. Wolfgang ne pouvait être d'accord avec de telles méthodes, lui qui cherchait, tant bien que mal, à devenir quelqu'un de bien, et par conséquent à éviter de tuer. C'était là son objectif, parvenir à ne plus faire le mal, parvenir à se contrôler afin de ne plus tuer les autres. Laisser vivre et pardonner ceux qui causaient du tord, plutôt que de chercher à se venger ou s'adonner à la colère et au massacre qui la suit inexorablement. Il en était encore bien incapable pour le moment, mais il espérait qu'un jour il y parviendrait.

Puis, la police était arrivée sur les lieux. Bien que Wolfgang n'avait rien à voir avec cette affaire, ils l'avaient appréhendé, et il n'avait pas opposé de résistance. Le vrai responsable, quant à lui, était parvenu à s'enfuir. Ensuite, on avait conduit le Loup dans ce commissariat, et on lui avait dit d'attendre dans cette pièce. Il ne savait pas du tout ce qui l'attendait, il ne connaissait rien des procédures judiciaires du monde des humains. Il se disait qu'il était victime d'un malentendu, mais qu'il n'aurait pas trop de mal à rétablir la vérité à propos de ce qu'il s'était passé au zoo, le véritable coupable ayant lui-même avoué ses méfaits.  Cela ne devait probablement être qu'une simple formalité, et il avait donc de grands espoirs de regagner rapidement sa liberté.  

Au bout d'un moment, il s'adossa confortablement tout au fond de sa chaise, croisa les jambes, et leva les bras de sorte à faire passer ses mains au-dessus de sa tête, afin de les croiser derrière son crâne. Il pencha légèrement la chaise en arrière et ferma les yeux quelques instants, d'un air décontracté. Une partie de la lumière qui émanait de l'ampoule au plafond parvenait à passer à travers ses paupières, créant une sorte de rideau orangée devant ses yeux fermés. Pendant quelques instants, il s'amusa à imaginer des formes diverses formées d'ombre et de lumière dans cet épais rideau, faisant, petit-à-petit, abstraction des odeurs de café dans laquelle la pièce baignait, ainsi que des bruits de pas précipités, de paroles et de sonneries de téléphone qui se mélangeaient hors de cette pièce dans une espèce de cacophonie infernale.
Soudain, l'unique porte de cette petite pièce claqua bruyamment. Surpris, il leva subitement les yeux tout en basculant en arrière, éjecté de ses rêveries. Il perdit l'équilibre de sa chaise, et chuta lourdement et bruyamment en arrière, non sans plier l'un des pieds de la chaise de sorte à la rendre inutilisable.

Il se releva rapidement, un peu honteux, et épousseta brièvement ses vêtements autant que faire se peut malgré les menottes qui entravaient ses mouvements, avant de faire face à deux policiers qui venaient d'entrer. Il leur adressa un sourire un peu hébété et s'exclama :


"Ça va, je n'ai rien ! Au cas où vous vous poseriez la question..."

Les deux policiers le regardèrent avec indignation durant quelques secondes. L'un d'eux, le plus grand et le plus vieux, un visage dur et sévère orné de quelques rides, fit un bref signe de tête à son équipier. Aussitôt, ce dernier remplaça la chaise cassée de Wolfgang par l'une des deux chaises situées de l'autre côté de la table, et posa la chaise cassée contre le mur. Son supérieur fit alors signe à Wolfgang de s'asseoir sur sa nouvelle chaise, d'un vague geste de la main. Sans un mot, ce dernier obéit. L'homme aux traits durs s'assit à son tour, face à Wolfgang, tandis que le deuxième policier resta debout, à côté de la table. Le premier prit la parole.

Spoiler:
 

"Monsieur Wolfwood, permettez-moi de me présenter : inspecteur Dickinson de la brigade du crime. Et voici mon adjoint, le lieutenant Young. Savez-vous pourquoi vous êtes ici, M. Wolfwood ?"

Le suspect haussa des épaules, avant de répondre :

"J'imagine que ça a un rapport avec ce qu'il s'est passé au zoo. J'me suis trouvé au mauvais endroit au mauvais moment, et donc vous voulez avoir plus d'informations sur ce qu'il s'est passé, non ?"

L'inspecteur Dickinson eut un petit rictus qui n'avait rien de bienveillant.

"Et bien, en réalité, pas du tout. Celui qui est responsable du tremblement de terre et de la libération des animaux du zoo est un extra-terrestre très dangereux et bien connu de nos services. Si nous vous avons interpellé aujourd'hui, c'est pour une toute autre affaire. Voyez-vous, j'enquête actuellement sur le meurtre de la famille Veine survenue il y a quelques jours."

Wolfgang haussa un sourcil.

"Jamais entendu parler !"

L'inspecteur enchaîna aussitôt :

"Voilà qui est fort étrange, puisque de nombreux témoins affirment avoir vu un homme correspondant en tout point à votre description, muni d'un parapluie similaire à celui que possédait Thomas Veine le soir de son assassinat, et ce à proximité de la ruelle dans laquelle les Veine ont trouvé la mort. En outre, mon enquête m'a, peut-être par chance ou par instinct, conduit à un couple du quartier résidentiel, M. et Mme Cumberdale, mais vous les connaissez sans doute mieux sous leurs prénoms Robert et Maria. Nous avons, par ailleurs, retrouvé le parapluie de M. Veine à quelques mètres de leur maison, et nous les avons interrogé. Ils affirment qu'un homme correspondant à votre description est entré chez eux par effraction en défonçant leur porte, accompagné d'une jeune femme aux cheveux mauves et d'une taille avoisinant les 1m65. Se sentant menacés, ils ont appelé la police, avant de finalement changer d'avis et de prétexter une fausse alerte. Alors je ne vais pas passer par quatre chemins, M. Wolfwood, et je vais vous le demander très clairement : avez-vous, de près ou de loin, un rapport avec cette histoire ou avec la mort des Veine ?"


L'inspecteur Dickinson parlait d'une voix presque monocorde, il était calme et ne dévoilait aucune émotion. Il ne lisait aucune note et n'avait aucun dossier sous les yeux, il récitait ces informations sans la moindre hésitation, témoignant d'une très bonne connaissance de son enquête. Et pour cause, il était doté d'une mémoire infaillible, d'un sens de l'observation très pointu, et d'un instinct pratiquement surréaliste qui le conduisait systématiquement dans les bonnes directions.
Après ce discours, Wolfgang resta silencieux quelques instants, digérant les informations les unes après les autres, le visage impassible, le regard toujours caché par ses lunettes noires, il était impossible de savoir ce qu'il pensait de tout cela. Puis, après plusieurs secondes de silence, il finit par s'esclaffer et affirma d'un ton joyeux avec un très large sourire :


"Ha ! Vous alors, vous êtes vachement doué ! Merde quoi, vous m'avez suivi tout ce temps sans que je ne me rende compte de quoi que ce soit ! La vache, j'ai l'impression que vous en savez plus que moi sur ma propre vie !"

"...Êtes-vous en train d'avouer votre présence chez les Cumberdale ainsi qu'une quelconque implication dans le meurtre des Veine ?"


Wolfgang haussa des épaules, lorsque soudain la porte s'ouvrit brusquement.

"Hop hop hop, on arrête tout !"

Un jeune homme venait de faire son entrée, accoudé contre l'encadrement de la porte. Il était typé occidental, avec de longs cheveux roux attachés, de petits yeux verts et une peau blanche. Il portait un costard noir ouvert qui dévoilait une chemise blanche qui n'était pas rentrée dans son pantalon, et avait l'air assez décontracté. Un sourire sympathique se dessinait sur son visage.

Spoiler:
 

L'inspecteur Dickinson se leva et fit face à l'intrus. D'un ton condescendant, il lui demanda :

"Et puis-je savoir à qui ai-je l'honneur ?"

Le jeune rouquin entra complétement dans la petite pièce, s'approchant de l'inspecteur. Il sortit une carte blanche sur laquelle étaient inscrits en capitales noires son nom et son titre, et plaça cette carte sous les yeux de l'inspecteur tout en se présentant oralement sans perdre son sourire :

"Maître Renard, pour vous servir. Je suis l'avocat commis d'office dans l'affaire Wolfwood. Je vous rappelle, Messieurs, que mon client a le droit de garder le silence et d'avoir recours à une défense optimale et impartiale, défense qu'il trouvera désormais en ma personne. J'ose espérer que vous lui avez au moins récité ses droits, même si vous savez, tout comme moi, que nul n'est censé ignorer la loi. Aussi, vous demanderai-je avec toute la politesse qui vous est dûe de quitter cette pièce immédiatement, afin que je puisse m'entretenir avec mon client et ce, avant que vous ne lui bourriez le crâne avec votre stratégie du bon flic et du méchant flic pour le forcer à avouer des crimes qu'il n'a pas commis."


Il désigna la porte pour accompagner ses paroles, tout en les fixant avec un immense sourire arrogant. Sidérés, mais incapables de lutter face à la justice et aux procédures administratives, les deux policiers n'eurent d'autres choix que d'obéir et se dirigèrent donc vers la sortie.

"Merci bien Messieurs, je vous souhaite de passer une excellente journée !"

L'avocat ferma la porte derrière eux, puis tourna les talons pour faire face à son client. L'un et l'autre restèrent silencieux durant plusieurs secondes, se dévisageant mutuellement. Et soudain :

"Wolfiiiiie !"
s'exclama Maître Renard d'un ton enjoué, en se dirigeant vers lui, les bras écartés.

Wolfgang haussa un sourcil d'incompréhension en voyant son avocat s'approcher de lui avec ce qui semblait être une ferme intention de le prendre dans ses bras.


"Comment ça va, mon pote ?! Ça fait un bail !"

Wolf brandit ses mains menottées en direction de l'avocat pour le tenir à l'écart et l'empêcher de lui faire un "câlin". Il réfléchit quelques instants, le regardant d'un air suspicieux, puis après une courte hésitation, il s'exclama d'un air surpris :

"....Fox...?"

C'était bien lui. Fox Firecoat, également surnommé le Renard Rusé ou Maître Renard. A la fois rival, pire ami et meilleur ennemi du Grand Méchant Loup. Ils se détestaient autant qu'ils s'adoraient, et s'étaient entraidés aussi souvent qu'ils avaient essayé de s'entretuer. Il était certainement l'une des dernières personnes qu'il pensait croiser ici, si loin de leur monde d'origine. Il n'avait jamais imaginé le Renard suffisamment courageux pour s'aventurer hors de ses terres, hors du Pays des Contes Imaginaires. Il s'était apparemment trompé.


"Et ouais, mec ! Tu me reconnais enfin ! Au passage, qu'est-ce que tu penses de ma nouvelle apparence ? Pas mal, hein ? Je parie que je vais pécho un tas de meufs avec ce corps !"

"Hm... Je n'espérerais pas trop si j'étais toi, les humaines sont plutôt difficiles."

"Sérieux ?! Alleeeez, tu m'fais marcher là ! En plus, toi, avec ton look de beau brun ténébreux, t'as dû en ramasser à la pelle, je parie ! Allez, entre nous, tu t'en es faite combien ? Comme ça, à la louche."

"Hm... Heu... "

"Allez mec, fais pas ton timide ! Combien ? 10 ? 20 ? 50 ? Je parie qu'elles font toute la queue pour s'envoyer en l'air avec toi !"

"Et bien, en fait... Hm, mais dis-moi, qu'est-ce que tu fous ici, au fait ?"

"Bah, je viens te sauver la peau, comme d'hab !"

"Ça n'est jamais que la deuxième fois, hein... Et puis bon, ce n'est pas comme si j'avais réellement besoin de ton aide, là."

"Pfff quel ingrat ce mec ! C'est toujours pareil avec toi, je te sauve la mise, et tu trouves toujours des prétextes pour ne pas m'être redevable !"
rétorqua t-il sur le ton de la plaisanterie.

"Mouais... Bon, et si tu nous refaisais ton petit numéro d'avocat pour me faire sortir d'ici ? Je me souviens que t'as toujours été doué pour défendre les sales types."

"Ouaip, t'inquiète, ça va le faire."


Fox contourna la table et s'assit face à Wolfgang. Il posa un coude sur la table, puis reposa sa joue contre son poing.

"Mais d'abord, commence par me raconter toute l'histoire depuis le début. Il s'est passé quoi après que t'as quitté le Pays ?"
Le Grand Méchant Loup
avatar
Demon
Masculin Age : 28
Date d'inscription : 30/04/2016
Nombre de messages : 473
Bon ou mauvais ? : Neutre
Zénies : 1020

Techniques
Techniques illimitées : Rôga Fû Fû Ken / Les Griffes de la Nuit / Croc-Magnon
Techniques 3/combat : Télouportation / Wolf Storm
Techniques 1/combat : Happy End

MessageSujet: Re: Garde à vue [solo]   Dim 6 Aoû 2017 - 21:28
Et le Loup raconta toute son histoire au Renard. Tout ce qu'il avait fait depuis qu'il avait quitté le Pays des Contes. Son entraînement aux arts martiaux qui lui avait permis de mieux contrôler ce corps humain qui n'était qu'un déguisement, ses rencontres avec Sans, David Baltimore Zeus, Alexandriel, Sinka et Wulhut, tout en s'attardant bien évidemment sur l'affaire pour laquelle il était poursuivi, le massacre qu'il avait fait sur les vrais assassins de la famille Veine, et l'épisode chez les Cumberdale.

A partir de ces informations, le Renard imagina un scénario qui permettrait d'innocenter le Grand Méchant Loup. Réellement, cela s'était déroulé comme suit. Wolfgang errait dans les ruelles tôt le matin et s'était fait agresser par un groupe de loubards qui, la nuit précédente, avaient assassiné la riche famille des Veine. Le chef des loubards avaient gardé le parapluie chic de Thomas Veine. Ils avaient demandé à Wolfgang son porte-feuille, mais ça ne s'était pas très bien terminé. En fait, ça ne s'était pas bien terminé du tout. Wolfgang était sorti de ses gonds une fois de plus et n'avait pu s'empêcher de les massacrer. Il avait ensuite pris le parapluie pour se protéger de l'averse, et des témoins l'avaient vu avec ce parapluie. Plus tard dans la journée, il avait rencontré une jeune fille du nom de Sinka. Afin de se protéger de la pluie, ils avaient demandé refuge à un couple de quadragénaires dans un quartier chic, Roger et Maria Cumberdale. Ils avaient refusé car ne faisaient pas confiance aux inconnus, et pour cause ils avaient perdu leur fille quelques mois plus tôt dans un cambriolage qui avait mal tourné. Soucieux d'être serviable envers Sinka afin de se donner l'impression d'être quelqu'un de bien, il avait cru bien faire en défonçant la porte pour entrer de force dans leur maison afin qu'ils soient protégés de la pluie. Robert Cumberdale avait alors tenté d'attenter à leur vie avec un fusil à pompes mais Wolfgang était parvenu à le neutraliser sans grande violence. Ils avaient fait comme chez eux quelques dizaines de minutes jusqu'au souper, puis étaient partis.
La version modifiée par le Renard était la suivante. Wolfgang était un type tout à fait normal qui se promenait dans la ruelle et qui s'était fait agresser par un groupe de malfaiteurs qui possédaient le parapluie. Soudain, une bête noire avait surgit de nulle part et avait massacré les criminels, ce qui justifiait que ces derniers avaient des traces de griffes sur le corps. La bête était ensuite partie. Wolfgang avait alors pris le parapluie abandonné dans le seul but de se protéger de la pluie avant de quitter les lieux. Pour la deuxième partie, c'était plus compliqué. Comment justifier le fait d'entrer chez quelqu'un par effraction ? D'autant plus qu'ils avaient déjà interrogé les Cumberdale et savaient donc comment ça s'était déroulé selon eux. C'était la parole de l'un contre la parole de l'autre, sauf que les Cumberdale avaient deux voix, contre une pour Wolfgang. En effet, Sinka ayant disparu, elle ne pouvait pas plaider en faveur de Wolfgang. Mais peut-être pouvait-on justement utiliser son absence pour lui faire porter le chapeau ? C'était un peu facile... et en même temps, ça se tentait ! Surtout que ça pouvait coïncider avec la version des Cumberdale. En effet, Wolfgang avait dit à Robert que c'était Sinka qui donnait les ordres, et les Cumberdale avaient probablement dû dire à l'inspecteur que Sinka était très sûre d'elle et pas du tout intimidée par Wolfgang malgré ses capacités extraordinaires. Le Renard et Wolfgang allaient se servir de ces détails... pour prétendre que Sinka manipulait Wolfgang avec un étrange pouvoir ! Il y avait tellement de créatures étranges avec différents pouvoirs que cette version pouvait passer. Voilà donc l'histoire qu'ils avaient inventé : Wolfgang avait rencontré Sinka qui était une sorte de sorcière, et qui avait utilisé une magie pour le manipuler et augmenter ses capacités physiques. Elle l'avait utilisé pour entrer de force chez les Cumberdale, tout en se faisant passer pour une parfaite innocente afin de faire porter le chapeau sur Wolfgang.

Lorsque l'inspecteur Dickinson et l'inspecteur Young entrèrent dans la salle d'interrogatoire, ils s'assirent en face de Wolfgang et Fox, et écoutèrent attentivement leur version des faits. Durant tout leur monologue, Dickinson les fixa, à tour de rôle, d'un air sceptique. Lorsqu'ils eurent enfin terminés, un long silence prit place dans la salle. L'inspecteur Dickinson se frotta quelques secondes les yeux avec son pouce et son index, le coude posé sur la table, puis il croisa les bras et regarda le suspect et l'avocat durant plusieurs longues secondes toujours en restant silencieux. Il cherchait une faille dans leur histoire, une incohérence quelque part par rapport à toutes les informations qu'il avait déjà. Il devait bien y en avoir une... Et pourtant, il ne parvenait pas à mettre le doigt dessus. Leur version était totalement cohérente avec les informations dont il était en possession et il n'avait aucun moyen de les prouver.
Finalement, après un long moment de tension, il prit la parole.


"Laissez-moi récapituler. M. Wolfwood s'est fait agresser par les gangsters que nous avons retrouvés morts dans une ruelle non loin de celle où les Veine ont été tués. Mais une bête féroce est surgie de nulle part pour les massacrer, tout en laissant M. Wolfwood partir sans encombre. Ce dernier a alors cru bon de prendre le parapluie qui traînait par terre, qui je le rappelle est une pièce à conviction, afin de s'abriter de la pluie, puis a simplement quitté les lieux sans chercher à appeler les secours, ni même la police, pour alerter de ce qu'il venait de se passer sous ses yeux. Nous sommes bien d'accord ?"

Wolfgang ouvrit la bouche pour répondre mais le Renard le devança :

"Tout d'abord, mon client ignorait que le parapluie était une pièce à conviction. Il n'était pas au courant de l'affaire des Veine. Il a cru que ce parapluie appartenait à ses agresseurs, et ces derniers ayant été tués par la créature, il a pensé qu'il pouvait se permettre de le prendre pour se protéger de l'averse. Concernant l'appel des secours ou de la police, mon client était particulièrement choqué après cette scène d'une violence inouïe, il n'avait pas les idées claires et voulait juste s'empresser de fuir cette vision cauchemardesque."

"Il a donc sciemment commis un vol, sur un cadavre. Il a pris le temps de s'emparer du parapluie pour se protéger de l'averse malgré son choc émotionnel. Il a pensé à prendre ce parapluie, mais pas à appeler les secours, ce qui, vous le reconnaîtrez, est assez curieux comme réaction."

"Mes amis me disent toujours que je suis curieux !"
s'exclama Wolfgang avec un large sourire.

Il eut, pour seule réponse, un vent de quelques secondes. Alors, il ajouta :


"Que voulez-vous ? Parfois, j'agis sans réfléchir, je ne sais pas ce qui m'a pris. On ne contrôle pas toujours nos actions, surtout dans une situation pareille !"

"... J'ai beaucoup de mal à croire à votre version des faits, M. Wolfwood. En trente ans de carrière, mon instinct ne m'a jamais trompé. Et voici ce que mon instinct en dit. Je pense que vous êtes bien plus puissant et dangereux que vous ne voulez bien le laisser croire. Je pense que vous avez bel et bien rencontré les assassins des Veine par hasard, et il est également probable que ce soit eux qui vous aient attaqué. Toutefois, je pense que c'est vous, et non pas une bête sauvage surgie de nulle part, qui les a massacré. C'est la raison pour laquelle vous n'avez appelé ni les secours, ni la police. Vous vous êtes ensuite permis de prendre leur parapluie sans savoir qu'il s'agissait d'une pièce à conviction, pensant probablement que personne ne prêterait attention à vous ou que la mort de ces criminels passerait inaperçu aux yeux de la loi. Puis vous avez rencontré cette Sinka dont nous savons très peu de choses, cependant je ne pense pas qu'elle vous ait manipulé ou forcé la main. Les Cumberdale m'ont fait de vous le portrait d'un homme imprévisible, instable, avec parfois des accès de colère. C'est pour cela que vous avez massacré les criminels quand ils vous ont agressé. Et c'est pour cette même raison que vous avez défoncé la porte des Cumberdale pour entrer par la force. Vous êtes tout de même parvenu à vous contrôler suffisamment pour ne pas tuer M. Cumberdale, j'ignore pourquoi, peut-être est-ce parce que vous essayez de ne tuer que les gens dont vous pensez qu'ils le méritent, ou peut-être est-ce la fille qui vous a demandé de ne pas le tuer. Mais peu importe. Le fait est que vous avez tué quatre personnes, peu importe qu'elles l'aient mérité ou non, ce n'est pas à vous d'en juger. Vous avez enfreint la loi à de multiples reprises. Vous êtes un meurtrier, un voleur et un menteur. Voilà ce que dicte mon instinct."
affirma t-il sur un ton calme mais avec un regard sévère.

Fox sourit amicalement, et répondit :


"Et bien, il y a un début à tout, pas vrai ? On dirait bien que votre instinct s'est trompé, cette fois. C'est pour ça que la présomption d'innocence existe. Vous n'avez aucune preuve de ce que vous avancez, tout ce que vous avez, ce sont des témoignages qui s'accordent parfaitement avec notre histoire, le reste n'est que pure spéculation et diffamation. Vous voulez à tout prix trouver un coupable pour clore cette affaire et vous avez jugé que mon client était le coupable idéal. Et bien laissez-moi vous dire une bonne chose, inspecteur Dickinson ! La loi, ça ne fonctionne pas comme ça ! Vous ne pouvez pas faire porter le chapeau à n'importe qui sous prétexte que vous le croyez coupable. Vous voulez inculper mon client ? Très bien, inculpez-le pour vol, car c'est le seul délit qu'il a commis et par conséquent le seul qu'il avouera, ainsi l'affaire Wolfwood sera close."


Quelques heures plus tard... Wolfgang s'en sortit avec une amende de 5000 Zénies pour vol sur un cadavre et dissimulation involontaire de preuve, mais heureusement Maître Renard lui avança l'argent avec ses propres économies. Il fut ensuite libéré non sans un dernier mot de l'inspecteur Dickinson.

"Nous nous reverrons, M. Wolfwood. Cette affaire est loin d'être close, croyez-moi."

Wolfgang sourit hypocritement et répondit d'un ton amical :

"Avec plaisir, inspecteur ! La prochaine fois, on s'appelle et on se fait une bouffe ?"

*Et tu seras le repas.*


L'inspecteur ne répondit pas et tourna les talons pour rentrer dans le commissariat accompagné de son assistant qui ne servait à rien. Le Loup et le Renard s'éloignèrent un peu.

"On l'a bien enfumé, le poulet ! Ha ha ha !" s'exclama Fox en riant.

Wolfgang resta un peu plus sérieux, presque soucieux.


"Oui, mais il n'est pas dupe. Je sens qu'il n'a pas fini de m'emmerder, celui-là."

"T'inquiète Wolfie, Maître Renard sera toujours là pour te servir. Mais la prochaine fois, évite de laisser un tas de cadavres sur ton passage, d'acc ?"

"J'y penserai."

"Bon, je te laisse, j'ai un poulailler à visiter. On se rappelle, et n'oublie pas, tu me dois 5000 Zénies !"

"Oui, oui. A plus."

"A plus amigo !"


Le Renard lui fit une tape amicale sur l'épaule puis s'en alla en prenant un taxi. Wolfgang resta donc de nouveau seul. Il sortit une clope d'un paquet dans la poche intérieure de sa veste, alluma nerveusement un briquet et se dépêcha de l'éteindre dés qu'il eut enflammé le bout de sa cigarette, puis il prit une profonde inspiration en fermant les yeux. Il pencha la tête en arrière, souffla longuement un nuage de fumée, et ouvrit les yeux sur un ciel grisâtre.

*Fox Firecoat, hein ?... Tu ne m'as certainement pas aidé par pure bonté... Qu'est-ce que tu peux bien vouloir de moi...? Pfff... Fais chier.*

Une main dans une poche, l'autre tenant sa clope, il entama une marche en solitaire dans le centre-ville de Satan City.
 
Garde à vue [solo]
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Garde impériale
» 03. Prends garde ! Spider Cochon est là.
» Garde de la Citadelle a cheval.
» garde royal rohan
» Les unités de la Garde Imperiale

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
RPGDBZ :: RPG :: Terre :: Satan-City-